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Full text of "Histoire naturelle des oiseaux"

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HARVARD l'MVERSITY. 




I i I B R A R Y 

OF THE 

MUSEUM OF OOMPAKATIVE ZOÔLOGY. 

; i 

GIFT OF 

TH EODORE LYMAN 

OF THE 

Cl as s of 1855. 



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A 




ISTOIRE 



NATURELLE, 

GÉNÉRALE ET PARTICULIÈRE 



AFEC LA DESCRIPTION 



DU CABINET DU ROI. 



Tome Dixième. 






HISTOIRE 

NATURELLE 

DES OISEAUX. 



m 



Tome Dixième. 



r~.» -»"t*T-^nrTnmMr 




A PARIS, 

Suivant la Copie *»-4.« 

DE L'IMPRIMERIE ROYALE. 






M. DCCLXXIX. 



A/4^âuat^4t^4^^/l^lk»A4fiJ!i^A 








TABLE 



De ce qui eft contenu dans 
ce Volume. 

es Demi-fins.. . Page x 

Le Demi-fin mangeur de vers, f 

Le Demi- fin noir & bleu j 

Le Bimbeléou la fauffe linotte. 9 

Le Bananijîe. . . . • 14 

Le Demi- fin à huppe ô gorge blan- 
ches 17 

L'Habit- uni 1 



vj TABLE. 

Le Roitelet.. . . . : 58 

Variétés du Roitelet 71 

Le Roitelet - méfange.. ..... 7 6 

Les Me/anges . : . 78 

La Charbonnière ou grojje Me» 

fange • 99 

La petite Charbonnière no 

Variétés de la petite Charbonnière: 

La Méfange bleue.. , . .• .. 117 

La Mouflache. ....... . ... 13 5 

Le Remi\. ... . .... ...... 141, 

La Penduline 155 

La Méfange a longue queue. 1 5 9 
Le Petitz deuil. . . . 171 



\ 




TABLE. vî) 

La Méfange a ceinture blanche: 

La Méfange huppée. ...... ijf 

ifeaux étrangers qui ont rapport 
aux Méfanges 1 8 1; 

I. La Méfange huppée de la Ca- 
roline.. . . . . . » • Ibid. 

IL La Méfange à collier. . .V. 183 

III. La Méfange à croupion jaune. 

184 

IV. La Méfange grife à gorge jaune. 

186 

V. La groffe Méfange bleue.. 187 

VI. La Méfange amoureufe. . . . 1 89 



viij TABLE. 

La S ht elle > vulgairement le Tor- 
che -pot. . . . 194 

J^ariétés de la Sittelle.. . « . 207 



I. La petite Sittelle. ....... 20 

II. La Sittelle du Canada., . . 209 

III. La Sittelle à huppe noire.. 211 

IV. La petite Sittelle à huppe noire. 

212 
V. La Sittelle à tête noire.. . 21$ 

VI. La petite Sittelle à tête brune. 

2I 4 

Oijeaux étrangers qui ont rapport 
a la Sittelle 1 1 6 

I. La grande Sittelle à bec crochu. 

Ibid. 



TABLE. îx 

IL La Slttelle grivelée.. ... ; . . 217 

Les Grimpereaux 219 

Le Grimpereau. 224 

Variétés du Grimpereau. ... 232 
Le Grimpereau de muraille. 233 

O if eaux étrangers de l'ancien con- 
tinent , qui ont rapport aux 
Grimpereaux.. . . . 240 

I. Le Soûl - manga 243 

IL Le Soui-manga marron - pourpré 
à poitrine rouge 246 

III. Le S oui - manga violet à poitrine 

rouge... 251 

IV. Le Soui-manga pourpre. . . 253 



x TABLE. 

V. Le Soui-manga à collier. . 254 

VI. Le Soûl - manga olive à gorge 
pourpre 260 

VII. VAngala Dlan. ........ 265 

VIII. £.e Soul-mangade toutes couleurs. 

269 
IX. Le Soûl - manga vert à gorge 

rouge 270 

X. Le Soûl -manga rouge j noir & 

blanc. ....... . ♦ ..... 271 

XI. Le Soûl- manga de File de Bour* 

bon 273 

Les Soui-mangas a longue queue. 

275 

I. Le S oui -manga à longue queue 
& à capuchon violet. ... 276 



TABLE. xj 

ÏI. Le Soui-manga vert - doré chan* 
géant à longue queue.. . 278 

III. Le grand Soui - manga yen à 
longue queue. , . ..','••• 280 

IV. VOifeau rouge à bec de Grim- 

pereau. . ,7 282 

,V. VOifeau brun à bec de Grim- 
per eau, , . . 7 V . 7 , 77 t # y 1 287 

VI. VOifeau pourpré à bec de Grim- 
pereau.. , , /. f . .7,7 . . . 288 

JLes Guit- guits d 1 'Amérique \ 29^ 

I. Le Guit- guit noir & bleu.. 291 

Variété du Guit-Guit noir & bleu. 294 

IL Le Guit -guit vert & bleu à tête 

noire. . . . • • • • • •_* tj 9 • 7 2\j|Q 



xij TABLE. 

Variétés du Gult - gult vert & bleu 

à tête noire 300 

II. Le Gult -vert tacheté.. . . 304 

III. Le Gult -guit varié. 506 

I V. Le Gult - gult noir & violet. 

308 
V. Le Sucrier. ♦ • • 309 



Par M. DE MONTBEILLARD. 



Les Pitpits.. .:-'... .. n 

Le Pltplt vert. Première efpèce. 23 
Le Pltplt bleu. Seconde efpèce, 24 

Variétés du Pltplt bleu 25 

£r Pltplt v^r/V.Troifième efpèce. 27 



TABLE. xiij 

Le Pitpit à coiffe bleue. Quatrième 
efpèce 29 

Le Guira - beraba. Cinquième ef- 
pèce.» Y 30 

Le Pouillot ou le Chantre. . . 51 

Le grand Pouillot. 41 

Le Troglodyte vulgairement & im- 
proprement le Roitelet. ... 43 



CSB 



Par M. de Buffon. 

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HISTOIRE 



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NATUREL 





LES DEMI-FINS. 

Il ne faut que comparer les oifeaux 
des deux continens j pour s'apercevoir 
que les efpèces qui ont le bec fort & 
vivent de grains, font auffi nombreufes 
dans l'ancien qu'elles le font peu dans le 
nouveau , & qu'au contraire les eipèces , 
qui ont le bec fpible & vivent d'infec- 
tes , font beaucoup plus nombreufes dans 
le nouveau continent que dans l'ancien ; 
en quoi l'on ne peut s'empêcher de re- 
connoître l'influence de l'homme fur la 
JvTature > car c'eil: l'homme qui a créé le 
blé & les autres grains qui font fa nour-- 



Oift 



\ux t Tome X, 



A 



2 Bijîoirc Naturelle 

riture; & ce font ces mêmes grains qui 
ont vifiblement multiplié les efpèces d oi- 
feaux granivores , puifque ces efpèces ne 
fe trouvent en nombre que dans les pays 
cultivés, tandis que dans les vaftes déferts 
de l'Amérique, dans fes grandes forêts, 
dans fes favanes immenfes , où la Nature 
brute, par cela même qu'elle eft indé- 
pendante de l'homme , ne produit rien 
qui reffemble à nos grains, mais feule- 
ment des fruits, de petites femences & 
une énorme quantité d'infedtes, les ef- 
pèces d'oifeaux infe£tivores & à bec foi- 
ble , fe font multipliées en raifon de l'a- 
bondance de la nourriture qui leur con- 
venoit •, mais dans le paiîage des oifeaux 
à bec fort aux oifeaux à bec foible , la 
Nature , comme dans tous fes autres 
ouvrages , procède par gradations infen- 
iibles \ elle tend à rapprocher les extrêmes 
par l'artifice admirable de fes nuances, de 
fes demi-teintes qui déroutent fi fouvent 
les divifions tranchées de nos méthodes. 
La claffe des demi- fins eft une de ces 
nuances *, c'eft la claffe intermédiaire entre 
ïes oifeaux à bec fort & ceux à bec fin -, 
«ette claffe exifte de temps immémorial 



des Demi-fins. 5 

dans la Nature, quoiqu'elle naît point 
encore été admife par aucun Métho- 
difte (a); elle comprend , parmi les 
oifeaux du nouveau monde, ceux qui 
ont le bec plus fort que les pipits , mais 
moins que îes tangaras \ & , parmi les 
oifeaux de l'ancien continent, ceux qui 
ont le bec plus fort que les fauvettes , 
mais moins que la linotte : on pourroit 
donc j rapporter non-feulement la ca- 
landre & quelques alouettes > mais plu- 



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(a) Lorfque l'on commençoit d'imprimer cet 
article, je me fuis aperça que M. Edwards, dans 
fon catalogue d'oifeaux, &c. qui eft à la fin du 
feptième volume, a rangé , parmi ceux qui ont des 
becs d'une épaitfeur moyenne , les oifeaux fuivans : 

i.° Son oifeau écarlate, qui eft notre fcarlate. 

2. Son oifeau rouge d'été, qui eft notre pre* 
rieur de mouches rouge. 

3. Son manakin au vifage blanc, qui eft notre 
demi-fin à huppe & gorge bianches. 

4.° Son moineau de buiiïbn d'Amérique, qui 
eft notre habit uni. 

5. Son rouge-queue des Indes, qui eft nôtre- 
petit noir- aurore. 

6.° Sa moucheroîîe olive , qui eft notre gobe* 
mouche olive, 

7. Son mangeur de vers , auquel nous avons 
confervé ce nom, 

I A i) 



jjf, HiJIoire Naturelle 

fieurs efpèces qui n'ont été rangées dans 
d'autres claffes, que parce que celle-ci 
n'exiftoit pas encore*, enfin les mélanges 
feront la nuance entre ces demi-fins & 
les bec foibles , parce que bien qu'elles 
aient le bec fin, & par conféqcent foible 
en apparence -, cependant on jugera qu'elles 
l'ont afîez gros fi on le compare à fa très- 
petite longueur, & parce qu'elles l'ont en 
eftet affez fort pour cafler des noyaux & 
percer le crâne d'un oifeau plus gros 
qu'elles , comme on le verra dans ieyjç 
aiftoire. 




3 



des Demi -fins, f 

LE DEMI- FIN 

MANGEUR DE FERS (a): 1 

G» ht oiseau eft tout différent d'un autre 
mangeur de vers dont parle M. Sïoane, 
& qui eft non-feulement d'un autre cli- 
mat , mais encore d'une nature diffé- 
rente (b). Celui-ci a le bec allez pointu 
brun deffus, couleur de chair délions \ h 
tête orangée , & , de chaque coté , deux 
bandes noires, dont Tune pafie fur l'œil 
même, l'autre au-deffus D & qui font fépa- 
réespar une bande jaunâtre, au delà de 



(a) The worm-eater. Le mangeur de vers. 
Edwards,^/. 305. 

Ficedula fupernè faturatè viridi-olivacea , inferni 
albida ; capite , colla injhiore & peBtore aurantiis > 
iuplici utrimque tœniâ, unâ per oculos , altéra fuprœ 
oculos , nigrâ; reclricibus fupernè faturatè virldi-oliva- 
cels , fubtiis cinereis. . . . Ficedula Penfihanica. Le 
figuier de Penliïvanie. Bvijjon, tome VI, Suppléa 
ment , page 102. 

(b) Thewormeatermufdcapapallidè fufca. Jamaïca^ 
page 310, Ray , Synopf. page 186. Il en a été ques- 
tion à i 'article des figuiers; 

A iij 



6 Hijïoire Naturelle 

laquelle elles vont fe réunir près de l'oc- 
ciput \ la gorge & la poitrine auffi d'une 
couleur orangée , mais qui s'affoiblit en 
«'éloignant des parties antérieures, & n'eft 
plus que blanchâtre fur les couvertures 
inférieures de la queue *, le deffus du cou , 
le dos, les ailes & la queue d'un vert-oli- 
vâtre foncé •, les couvertures inférieures 
des ailes d'un blanc-jaunâtre \ les pieds 
couleur de chair. 

Cet oifeau fe trouve dans la Penfiîva- 
nie, il y eft connu pour oifeau de paf- 
fage , ainfi que toutes les efpèces à bec fiij 
& quelques efpèces à bec fort ; il arrive 
dans cette province au mois de juillet, & 
prend fa route vers le Nord , mais on ne 
le voit point reparoître l'automne en Pen- 
iilvanie, non plus que tous les autres oi- 
feaux qui paffent au printemps dans la 
même contrée. II faut, dit M. Edwards, 
qu'ils repaflent vers le Sud par un autre 
chemin derrière les montagnes : fans doute 
que dans cet autre chemin ils trouvent en 
abondance les vers & les iiife&es qui leur 
fervent de nourriture. 

Le mangeur de vers eft un peu plus 
gros que la fauvette à tête noire» 



*->-%r* 



des T)emi-jîns. 



ubvw w %*Mê\*i 'Mmaw a— 1 



LE DEMI-FIN 

NOIR & BLEU ( a ). 

M. Koelreuter 5 qui a le premier dé- 
crit cet oifeau , le donne comme une 
efpcce fort rare venant des Indes. II 
nous apprend qu'il a le bee plus long & 
plus menu que les pinfons (b) y & par 
conféquent il doit fe rapporter à la clafie 
des demi-fins. 

A l'exception du bec qui eft brun , & 
des pieds qui font bruns auiïi , mais d'une 
teinte moins foncée , cet oifeau n'a que 
du noir & du bleu dans fon plumage ; 
le noir règne fur la gorge , la bafe de 
l'aile & la partie antérieure du dos , où 
il forme un demi-cercle , dont la con- 



(a) Frîngilla carulea , mento , gulâ, alavum hajî , 
dorjïque parte anticà nigris. I. T. Koelreuter, Com- 
mentaires de -Pétersbourg, aimée 1765, /âge 434* 
n.° 6, pi. xv ,fig. v 1. 

(b) Longius èf tenuius, dit M. Koelreuter ; on 
ne peut qu'être furpris après cela qu'il fafîe de cet 
oiteau un pinfon. 

A i v 



8 HlJIoire Naturelle 

vexité eft tournée du côté de la queue j 
il y a outre cela un trait noir qui va de 
chaque narine à l'œil du même cote , les 
pennes des ailes font noirâtres bordées 
de bleu , & ce bord eft plus large dans 
ïes moyennes *, tout le refte du plumage 
eft bleu changeant , avec des reflets de 
couleur cuivreufe. 

La grofleur de ce demi-fin eft à peu- 
près celle de la grande linotte *, forr bec a 
cinq lignes & demie de long, & fa quelle 
.eft compofée de douze pennes égales* 




des Demi- fins. 



•Bmaessmasm 



LE DEMI-FIN 

NOIR & ROUX ( a ) 

.M. Commerson a vu cet oifeau à Biié- 
nos-ayres y il a tout ledeflus de la tête' 
& du corps 5 depuis la bafe du bec jus- 
qu'au bout de la queue , d'un noir décidé y 
la gorge ,- le devant du cou & les flancs 
d'une couleur de rouille 5 on voit du blanc 
entre le front & les yeux > à la naiilance 
de ia gorge, au milieu du ventre 3 à la 
baie des ailes & à l'extrémité des pennes; 
extérieures de la queue -, le bec eu: noi- 
râtre •, les narines font très-près de Ç& 
bafe 3 à demi-recouvertes par les petites 
plumes 5 l'iris marron *, la pupille d'un 
bleu-noirâtre v la langue triangulaire 3 nom 
divîfée par le bout : enfin l'ongle pofté- 
rieur le plus fort de tous. 

M. Commerfon , déterminé fans doute 



(a) Frlngilla déjuger à f route aàcauda eMnmimtèîW 
irigva ; gulà, collo jïibteriore , wniris laterhbm y fhm~ 
giireis ; medio abdmninz & gulœ iuiÙQ aLù-kanti&iz* 



to Hijïoire Naturelle 

par la forme du bec qui eft un peu effilé, 
marque la place de cet oifeau entre les 
pinibns & les oifcaux à bec fin (b) ; & 
c'eft par cette raifon que je l'ai rangé 
avec les demi-fins , îe nom de pinfon ne 
pouvant lui convenir , fuivant M. Com- 
merfon lui-même, qui cependant le lui a 
donné faute d'autre. Il eft à peu- près de 
la gro fleur de la linotte. 

Longueur totale, cinq pouces deux 
tiers; bec, cinq lignes*, queue vingt- fix 
lignes , elle eft compofée de douze 
pennes , & dépaffe les ailes de vingt 
lignes > les ailes ont feize à dix - lept 
pennes. 



(b) Motacillis & fringillis çtiafi intermedia , dît 
3VF. Commerfon ; l'on fait que le mot de motacilla 
qui, jufqu'à M. Linnaeus, avoit été le nom propre 
des hoche-queues, eft devenu, dans la méthode de 
€e Naturaiifte, un nom générique qui embraflfe les 
petits oifeaux à bec fin ; & il paioît que M. Com- 
merfon fuivoit, à bien des égards y ia méthode de 
M. Linnaeus. 






des Demi -fins. i i 



*iF3ttïi&i 



LE B I MBEL Ê • 

ou LA FAUSSE LINOTTE. 

Je dois îa connoîflance de cet oifeau de 
Saint-Domingue, à M. le chevalier Le- 
fevre Deshayes, qui a non-feulement un 
goût éclairé , mais un zèle très-vif pouf 
ÎHiftoire Naturelle, & qui joint à l'art 
d'obferver , le talent de deflîner & même 
de peindre les objets. M. le chevalier 
Deshayes m'a envoyé , entr'autres deffins 
coloriés , celui du bimbelé , aînfi nommé 
par les Nègres , qui lui trouvant quelques 
rapports avec un oifeau de leur pays, lui 
en ont donné le nom -, mais il eft probable 
que ce nom n'eft pas mieux appliqué à 
Toifeau dont il eft ici queftion , que celui 
de fauile linotte \ il ne reflemble en eflet 
à notre linotte ni par le chant ni par le 
plumage , ni par la forme du bec \ 
je lui conferve cependant & Tun & 
1 autre nom, parce que ce font les feuls 
fous Iefquels il foit connu dans fon 
pays. 

Av] 



il Uifioire Naturelle 

Son chant ncft ni varié ni brillant , il 
ne roule que fur quatre ou cinq notes ; 
malgré cela on fe plaît à l'entendre, 
parce que les tons en font pleins , doux 
& moelleux. 

II vit de fruits & de petites graines ', 
il fe tient aflez volontiers fur les pal- 
miftes, & fait fon nid dans l'efpèce de 
ruche que les oifeaux palmiftes , & autres 
forment fur ces arbres, à l'endroit d'où 
fort le pédicule qui foutient la grappe y 
3a femelle ne pond que deux ou trois» 
œufs, & c'eft peut-être une des caufes 
pourquoi les bimbelés font fi rares. 

Leur plumage eft encore moins bril- 
lant que leur chant*, ils ont la gorge, le 
devant du cou 5 la poitrine & le haut du 
ventre d'un blanc-fale teinté de jaune } 
îes jambes , le bas-ventre & les couver- 
tures inférieures de la queue d'un jaune 
foible*, les flancs d'un gris-foncé*, toute 
îa partie fupérieure d'un bain plus- foncé 
fur la tête , plus clair fur le dos *, le croupion 
& les couvertures fupérieures de la queue 
d'un vert-olivâtre *, les pennes & couver- 
tures fupérieures des ailes , & les pennes de 
la queue brunes 3 bordées extérieurement 



des Demi- fins. i 

cPtme couleur plus claire*, les deux paires> 
îes plus extérieures des pennes de la queue T 
bordées intérieurement d'une large bande 
de blanc pur vers leur extrémité*, la face 
inférieure de toutes ces pennes d'un gris- 
ardoife -, l'iris d'un brun-clair. 

Le bimbelé pèfe un peu moins de 
deux gros & demi. 

Longueur totale, cinq pouces*, bec ^ 
fept lignes, très-pointu*, narines fort ob- 
longues, furmontées d'une protubérance >■ 
vol, fept pouces*, dix-huit pennes à cha- 
que aile : queue, environ dix -huit li- 
gnes , compofée de douze pennes à peu- 
près égales, dépaffe les ailes d'environ: 
un pouce. 




14 JBifiOirc Naturelle 

LE BANANISTE. 

rvous avons vu parmi les pinfons un 
oîfeau de la Jamaïque appelé bonana y 
qu'il ne faut pas confondre avec celui-ci. 
Le bananifte eft beaucoup plus petit, 
fon plumage eft différent , & quoiqu'il 
fe plaife fur îe même arbre appelé bonana 
ou bananier > il a probablement auffides 
mœurs différentes : c'eft ce qu'on pourroit 
décider , fi celles du bonana de M. Sloane 
étoient aufîi-bien connues que celles de 
i'oifeau dont il eft queftion dans cet 
article , & dont M. le chevalier Lefevre 
Deshaycs nous a envoyé la defeription , 
la figure coloriée & tout ce que nous en 
dirons. Il fe trouve à Saint-Domingue , 
les Nègres affurent qu'il fufpend fon nid 
à des lianes;, on le voit fouvent fur les 
bananiers 3 mais la banane n'eft point fa 
feule nourriture , & plufieurs autres oi- 
feaux s'en nourriifent comme lui \ en 
forte que le nom cie bananifte., il faut 
l'avouer, ne le cara&érife pas fuffi fam- 
me nt ; mais j'ai cru devoir lui conferver ce 



des Demi -fins. ij 

nom, fous lequel il eft connu générale- 
ment à Saint-Domingue. 

Le bananifte a le bec un peu courbé, 
fort pointu & d'une grofleur moyenne, 
comme font les becs des demi-fins : outre 
les bananes , il fe nourrit d'oranges , dé 
cirouelles, d'avocats & même de papayes*, 
on n'eft pas bien fur s'il mange aulii des 
graines ou des infedfces, tout ce qu'on 
iait,c'eft qu'il ne s'eft trouvé nul veftige 
d'infe&ts ni de graines dans l'eftomac de 
celui qu'on a ouvert *, il fe tient dans 
les bananeries, dans les terreins en friches 
& couverts de balliers *, il vole par fauts 
& par bonds , fon vol eft rapide & ac- 
compagné d'un petit bruit -, ion ramage 
eft peu varié, c'eft , pour ainfî dire , une 
continuité de cadences plus ou moins 
appuyées fur le mSme ton. 

Quoique le bananifte vole bien, M. îe 
chevalier Dcshayes le trouve trop délicat 
& trop foible pour foutenir les grands 
voyages, & pour fupporter la tempéra- 
ture des pays feptentrionaux , d'où iî 
conclut que c'eft un oifeau indigène du 
nouveau continent: il a le deffus du corps 
d'un gris-foncé prefque noirâtre ? qui 



1 6 Hljloire Naturelle 

approche du brun fur la queue & îe§ 
couvertures des ailes *, les pennes de là 
queue moins foncées que celles des 
ailes , & terminées de blanc •, les aiîes : 
marquées dans leur milieu d'une tache 
blanche ; des efpèces de fourcils blancs y 
les yeux fur une bande noire qui part 
du bec & va fe perdre dans la couleur 
fombre de l'occiput j la gorge gris-cendré y 
ïa poitrine, le ventre & le croupion 
d'un jaune tendre; les flancs, les cuiffes 
& les couvertures inférieures de la queue 
variés de jaune-clair & de gris*, quel- 
ques-unes des couvertures fupérieures 
blanches & fe relevant fur la queue 5 la 
partie antérieure des épaules d'un beau 
jaune , le bec noir ; les pieds gris-ardoifé. 
Longueur totale , trois pouces huit 
lignes*, bec^ quatre lignes, narines larges 
de la forme d'un eroilfant renverfé , fur- 
montées dune protubérance de même 
forme, mais en fens contraire*, langue 
pointue*, tarfe , fept lignes y vol fix pouces, 
ailes compofées de dix - fept pennes ; 
queue , quatorze à quinze lignes , dé- 
paffe les ailes d'environ fept à huit 
àgmesr 



des Demi -fins. ij 

IHII'JM WIM I W I I I I — ' M il 1 1 li II i n illITTl 

,.. ,.,.,, ,- , ,. m a 

LE DEMI-FIN 

J HUPPE & GORGE BLANCHES(a}i 

Août ce que M. Edwards nous ap- 
prend de cet oifeâu qu'il a defîïné & 
fait connaître le premier, c'eft qu'il eft 
originaire de l'Amérique méridionale & 
des îles adjacentes, telles que celle de 
Cayenne. Sahuppe eit compofée de plumes 
blanches, longues, étroites & pointues, 
qui font couchées fur la tête dans l'état 
de repos , & que l'oifeau relève lorfqu'il 
eft agité de quelque paffion *, il a la gorge 
blanche, bordée d'une zone noire qur 
va d'un œil à l'autre * le derrière de la 
tète , le devant du cou , la poitrine , le ven- 
tre, le croupion, les pennes de la queue, 
îeurs couvertures tant inférieures quefupé- 
rieures , & les couvertures inférieures 
des ailes , d'un orangé plus ou moins 
éclatant *, le haut du dos , le bas du cou 



fa) The white-faced manakiii. Le manakïn a\2 
vlfage blanc. Edwards, pi. 344.. 



i 8 Hijioire Naturelle 

joignant les pennes des ailes /leurs cou- 
vertures fupérieures & les jambes , d'un 
cendré - foncé tirant au bleu plus ou 
moins j le bec noir, droit, allez pointu & 
d'une grofleur moyenne ; les pieds d'un 
jaune-orangé. 

Longueur totale , cinq pouces & un 
quart \ bec, huit à neuf lignes \ tarie, dix 
lignes \ le doigt extérieur adhérent dans 
prcfque toute fa longueur au doigt de 
milieu *, la queue conapofé de douze 
pennes 5 dépaile les ailes de huit à dix 
lignes. 




des Demi -fins. I 9 

UHABIT-UNl(a). ' 

JVl # Edwards fe plaint en quelque 
forte de ce que le plumage de cetoifean 
eft trop (impie, trop monotone, & n'a 
aucun accident par lequel on puifle le 
caradfcérifen je le caraitérife ici par cette 
/implicite même. Il a une efpèce de ca- 
puchon cendré tirant un peu fur le vert 5 
lequel couvre la tête & le cou \ tout le 
defîus du corps , compris les ailes & la 
queue d'un brun roufsitre •, les pennes 
cendrées en deflous \ le bec noir & les 
pieds bruns. 

>■ ! I ■ ! Il ■ ■ ■■ I — mttmmm I p — ■— .!■ 

(a) The American kedge fp&rrow. Moineau de 
buiflbn de l'Amérique. Edwards, pi. 122. 

Ficedula Jîipernè fafio rufefeens , infernè alha, fuf- 
cefeente adnmbrata ; capite & collo cinereo- virefeen ti- 
ens ; redtricibus fupemè fufco-rufefcentibus > fubths cine- 
refeentibus. . . . Cnruca fepiaria Jamaïcenjîs. Fau- 
vette de haie de la Jamaïque. Briffon, tome VI 9 
fupp liment, page 100. 

Motacilla grifea, capite virefeente-cinereo , retlrici* 
bus concoloribus y abdomine albido. . . . Motacilla 
campe/Iris. Linnaeus , éd. XIII, page 329, G. 114* 
Sp. g, 



20 



Hïjlcire Naturelle 



Cet oifeau efl: de la groffeur de la 
fauvette de haie , mais il n'cft pas de 
la niême efpèce , quoique M. Edwards 
lui en ait donné le nom*, car il avoue 
expreflément qu'il a le bec plus épais 8c 
plus fort que cette fauvette j on le trouve 
à la Jamaïque, 




des Pitpits. 2 l 

LES PITPITS. 

(Quoique ces oifeaux reffemblent beau- 
coup aux figuiers , & qu'ils fe trouvent 
enlcmble dans le nouveau continent -, ils 
diffèrent néanmoins affez les uns des 
autres pour qu'on puiffe en former deux 
genres diftindts & iéparés. La plupart des 
figuiers font voyageurs , tous les pitpits 
font fédentaires dans les climats les plus 
thauds de l'Amérique *, ils demeurent dans 
les bois & fe perchent fur les grands 
arbres , au lieu que les figuiers ne fré- 
quentent guère que les lieux découverts , 
$c fe tiennent fur les buiffons ou fur les 
arbres de moyenne hauteur. Les pitpits 
ont auffi les mœurs plus fociales que les 
figuiers, ils vont par grandes troupes & 
ils fe mêlent plus familièrement avec de 
petits oifeaux d'efpèces étrangères *, ils 
font auffi plus gais & plus vifs & toujours 
fautiîians, mais, indépendamment de cette 
diverfité dans les habitudes naturelles , 
il y a auffi des différences dans la con- 
formation y les pitpits ont le bec plus 



2 i Hijloire Naturelle 

gros & moins effile que les figuiers 5 Se 
c'eft par cette raifon que nous avons placé 
les oifeaux à bec demi-fin entr'eux & les 
figuiers , dcfquels ils diffèrent encore en 
ce qu'ils ont la queue coupée carrément, 
tandis que tous les figuiers l'ont un peu 
fourchue : ces deux caraéières du bec & 
delà queue font affez marqués pour qu'on 
doive féparer ces oifeaux en deux genres. 
Nous connoifions cinq efpèces dans 
celui des pitpits , & toutes cinq fe trouvent 
à la Guyane & au Bréfil , & font à peu- 
près de la même grandeur. 




des Pitpits. 1 3 



rmlrii i " 



LE PITPIT VERT(a). 

Première efpece. 

Les Pitpits font en général à peu-près 
de la grandeur des figuiers 5 mais on peu 
plus gros \ ils ont quatre pouces & demi 
ou cinq pouces de longueur*, celui-ci que 
nous appelons le pitpit vert y n'a que la 
tête & les petites couvertures fupcrieures 
des ailes d'un beau bleu , & la gorge d'un 
gris-bleuâtre -, mais tout le refte du corps 
& les grandes couvertures fupérieures des 
ailes font d'un vert-brillant \ les pennes 
des ailes font brunes & bordées exté- 
rieurement de vert *, celles de la queue 
font d'un vert plus obfcur \ le bec eft brun 
& les pieds font gris *, on îe trouve aflez 
communément à Cayenne. 



(a) Ficedula fplendidè viridis , capite & teSirici- 
bus alarum fuperioribus minimis cœruleis ; gutture cine- 
reo aeruhfieiite ; reatricibus fabtus ci/itreo-cœrulefcent.i~ 
bus» lateralibus fupernè fufcis , oris exterioribus viridi- 
bus. . . . Sylvia viridis. Briiïbn , O/nith, tome Lll ? 
page 531 ;&;>/. 2S,fig. 4. 



24 HiJIoire Naturelle 



»SMSU3?T33r3Êïa3!PC*I^£1*^^ 



* LE PITPIT bleu (b) 

Seconde efpèce. 

Le Pitpit bleu eft auffi commun à îa 
Guyane que le pitpit vert *, il eft à peu- 
près de îa même groïfeur , cependant il 
forme une efpèce féparée , qui a même des 
variétés. Il a le front , les eôtés de la 
tête , îa partie antérieure du dos , les 
ailes & la queue d'un beau noir*, le refte 
du plumage eft d'un beau bleu *, le bec eft 
noirâtre & les pieds font gris. 



* Voyei les planches enluminées, n.° 66c) y fig. 2. 

(h) Ficedula fplendidè cœriilea ; bafi roftri aigre 
cirçumdatâ ; dorfo Jhperiore uigra ; remi gibus jiigns , 
oris exteiîoribus vindi-cœruleis ; rc&ricious pe/utus 
nigris. . . . Syhia Cayanenfîs ' cœrulea. ■Brifibn , 
Ornithol. tome III, page 534; fk pi. 28 ,fig. 1. — 
Motacilla cœrrrfea, capijlro , humzris , alis caudàque 
aigris. . . . Motacilla Cayana.himvdQUSjSyft. ftat* 
<sd. XII, page 336. 



VARIETES 



d£S Pitpits. 2 5 



Fariétûs bu PITP1T BLEU. 

UNE PREMIÈRE VARIÉTÉ dli pîtpît bleu, 

eft l'oifeau qu'Edwards a donné fous le 
nom de manakin bleu (c) j car il ne dtfîère 
du pitpit bleu , qu'en ce qu'il a la gorge 
noire , & que le front , ainfi que ie9 
côtés de la tête font bleus comme le relie 
du corps. 

Une féconde variété de cette même 
efpèce, en: l'oiieau qui eft rcpréfenté dans 
les planches enluminées , n»° ôâp j fig* 
I. ere fous la dénomination de pitpit bleu 
de Cayenne y qui ne difière du pitpit 
bleu , qu'en ce qu'il n'a pas de noir far 
le front ni fur les côtés de la tête. 

Nous fommes obligés de remarquer 
que M. Briffon a regardé l'oifeau du 
Mexique , donné par Fernandès (d) 3 
fous le nom d'elotototl comme un pitpit 

(c) Edwards, Gian. page 112, avec une figure 
eoïoriée , ;?/. 263. 

( à ) E.owtod. Fernandès 7 Hift. nov. Hifpan* 
page 5 , cap 209. 

Eloto oit quana. &ay, fyuopf* Av'u page 170. 

Oifeaux j lome X B 



2 6 Hijioire Naturelle 

bleu: mais nous ne voyons pas fur quoi 
il a pu fonder cette opinion -, car Fernan- 
dès eft le feul qui ait vu cet oifeau, & 
voici tout ce qu'il en dit : ce Yelotototl 
:» eft à peine de la grandeur du chardon- 
a» neret , il eft blanc ou bleuâtre, & fa 
ta queue eft noire •, il habite les montagnes 

6 de Tetzcocano *, fa chair n'eft pas mau- 
35 vaife à manger \ il n'a point de chant , 
o-3 & c'eft par cette raifon qu'on ne l'élève 

07 pas dans les maifons. a> On voit bien 
que, par une pareille indication, il n'y 
a pas plus de raifon de dire , que cet 
oifeau du Mexique eft un pitpit qu'im 
eifeau d un autre genre. 




des Pitpits. 1 7 



-•>" '* 



* LE PITPIT varié (e). 

roijieme ejpece. 

Cet oiseau fe trouve à Surinam & k 
Cayenne ; il a le front de couleur d'aigue- 
marine # , le deflus de la tête & du cou & 
le dos d'un beau noir -, le croupion vert- 
doré*, la gorge d'un bleu- violet -, la partie 
inférieure du cou & la poitrine variées 
de violet & de brun \ le refte du defîbus 



#■*—*—»■>■■ » rr i»n in j »i. ii » i« in — en— M—»»)»»;»» 



* Voyez les planches enluminées, n. 9 669 , fig. 3 r 
fous le nom de pitpit bleu de Surinam. 

(e) Red belly'd blue-bird , mufcicapa carulea ventre 
rubro. Edwards, Hifi. ofBirds, page 22. — Lu fei- 
nta ex cœruleo & rubro varia. Klein, Avi» page 75, 
n.° 15. — Ficedula fupernè fplendidè n/gra, viridi- 
Cderuleo admixto , infernè dilaté cœrulea ; f route & uro- 
pygio aureis ; imo ventre caflaneo ; genis virld.bus, c<z~ 
ruleo-violaceo variantibus ; gutture & teâtricibus alarum 
fuperioribus caruleo-violaceis , viridi variantibus ; rec~ 
tricibus nigris > oris exterioribus cœruleis. . . . Sylvitè 
Surinamenfis aerulea. Briftbn, OmithoL tome III, 
page 536. — Motacdla cœruLa, ventre uropygioqug 
flavis. . . . Motacilla velia. Lûinseus , Syfi. Nat* 
e-d. XII, page 336, 

I ' B $ 



2 3 Hijîolre Naturelle 

du corps eft roux -, les couvertures fupé- 
neures de la queue, & les petites cou- 
vertures du deflus des ailes font bleues s 
les grandes couvertures & les pennes des 
ailes, & celles de la queue font noires, 
bordées de bleu -, la mandibule fupérieure 
du bec eft brune *, l'inférieure eft blan- 
châtre ) les pieds font cendrés» 



r 




des Pitpits. 2 9 



*~ 



LE P I TP I T 

A COIFFE BLEUE* 

Quatrième efpèce* 

C»et te espèce eft nouvelle & fe trouve 
comme les autres à Cayenne : nous l'ap- 
pelons phpit à coiffe bleue j parce qu'il 
a une efpèce de coiffe ou de çap^cfim 
beau bleu brillant & foncé , qui p*end 
au front , paffe fur ies yeux & s'étend 
julqu'aû milieu du dos, il y a feulement 
fur le fommet de la tête une tache bîeue 
longitudinale ', il cft remarquable par une 
raie blanche , qui commence au milieu de 
îa poitrine & va en s'élargiffant jufque 
deffous îa queue *, le refte du délions du 
corps eft bleu ; le bec & les pieds font 
noirs. 




IfM 9 ^ 



h ri 



$<3 Hifloire Naturelle 

* * ■ " ■ " ' - ' ■■ . . " ' ■ . - — — » 

LEGUIRA-BERABA(f). 

Cinquième efpèce. 

v^et oiseau, donné par Marcgrave, me 
paroît être du genre des pitprts, quoique 
fa defeription ne foit pas afFez complète 
pour que nous puiffions aflurer que ce 
n'eft pas un figuier, il eft grand comme 
le chardonneret, ce qui excède la taille 
ordinaire des figuiers & même un peu 
celle des pitpits, qui communément font 
plus gros que les figuiers*) il a le defîus 

( f) Guirragaacu beraba BrajiUenjlbus. Marcgrave^ 
Hifl. Nat. Braf. page 212. — Guiraguacu beraba 
Brafdienjîbus. Jonfton , Âvi. page 145. — Guira- 
guacu beraba Brafdienfibus Marcgravii. Wiîïughby, 
OrnithoL page 173. — Guiraguacu beraba Brafilien- 
fîbus. Ray, Synopf. Avi. p.'ge 83, n.° 10. Ficedula 
dilaté viridis ; collo inferiore, imo ventre & uropygio 
ïuteo-aureis ; gutture nigro ; reefricibus dilntè viridi- 
hus. . . . Sylvia Brafilienps viridis-. B ri il on , OrnithoL 
tome III, page 533. — Guiraguacu beraba. Saierne 7 
OrnithoL page 249, n.° 10. — Motacilla viridis , 
fubtus lutea genis gulâque nigris linea lutea einfiïis. . . 
Motacilla guira. Linnaeus , SyJL Nat. ecL XI 1^ 



des Pitpits. 3 î 

de la tête , le cou , le dos , les ailes & 
ïa queue d'un vert-clair-, la gorge noire •, 
ïe refle du deffous du corps & ie crou- 
pion d'un jaune-doré \ quelques pennes 
des ailes font brunes à leurs extrémités *, 
îe bec eft droit , aigu & jaune , avec un 
peu de noir fur la mandibule fupérieure ; 
les pieds font bruns. 

Nous obferverons que M. Briffon a 
confondu cet oifeau avec celui que Pi/on 
a donné fous îe nom de guira perea*, 
quoique ce foient certainement deux 
oifeaux différens*, car le guira pered'ds 
Pifon a le plumage entièrement de cou- 
leur d'or , à l'exception des ailes & de la 
queue qui (ont d'un vert-clair*, & il eft 
de plus tacheté comme l'étourneau fut: 
ïa poitrine & le ventre. II n'y a qu'à 
comparer ces deux deferiptions pour voir 
évidemment que le guira perça de Pifon 
n'eft pas le même oifeau que le guira, 
beraba de Marcgrave , & qu'ils ont feule- 
ment le même nom guira , mais avec des 
épithètes différentes, ce qui prouve encore 
qu'ils ne font pas de la même efpèce. 

' iv 



32 ïïijloin Naturelle 



1 * " ' ' ' ' ' ' •-' ' « « . .1 m m » 



"LE POUJLLO 

on LE CHANTRE Ça), 

.Nos trois plus petits oifeaux d'Europe 5 
font le roitelet , le troglodyte & le 



* Voyei les planches enluminées ^ n. Q 651 , fig, 1, 
(a) En Grec , o'^e/'ç • en Latin , ajllus ; en 
Anglois, green-wren ou fmall y ellow lira ; en Cata- 
lan, xiuxerra ; en Polonais, krolik niec%ubaty ; clans 
îe Bouîonoîs, réatin ; en Provence, fifi; en Bour- 
gogne . feneroret ou fretillet ; en Lorraine, tait; en 
Sologne, /re/or ou frdotte , fouilkt , toute-vive ; dans 
FOrîéanois, vzttive.no, tolitolo; en Normandie, 
pouillot oiipoulio t (tous noms qui fui viennent de 
fon chant, de fon nid ou de fa taille. Saîerne, 
Ornithol . page 242). 

jifilus. Gefner, Av'u page 223. — Jonîton, 
Av'u page 82. — Moehr. Av'u Gen. 35. — Char- 
leton, Kxercit. page 95, n.° 2. — Idem. Onomaft. 
page 89, n.° 2. — Âidrovande donne le pouillot 
deux fois; Pune d'après Bélon, Avi. tome II, 
pa r e 657, fous le nom de ajllus avis; l'autre, 
page 65.3 , fous celui de regulus alius non crifiatus. 
WiSughïiy, qui le copie, fait la même répétition. 
Ornithol. page 164, ajllus Bdlonii ; & dans la même 
page , regulus non crifiatus Alârovanài : on trouve 
lin double emploi pareil dans joniton, page 82. — ■ 
Rzgultis non criftatm Aidrovandi. Ray s Synogf* 



du Pouiîlot , &C. 3 3 

pouiîïot -, ce dernier fans avoir îe corps 
plus gros que les deux autres 5 Ta feule- 
ment un peu plus alongé *, c'eft la tournure , 
la taille & la figure d'un petit figuier , 
car le pouiîlot paroît appartenir à ce 
genre déjà fi nombreux , &s'il ne valoit 
pas infiniment mieux donner à chaque 
efpèce fon nom propre > dès qu'elle ell 
bien connue 5 que de la confondre dans 



t mm . m . » x > n 



page 8o, n.° a îo. — Rzaczynsïd, AubYuar. 

Hifl. Nat. Polon. page 417. — Regulus cinereus, 

Linnseus, Syfl. Nat. éd. VI, G. 82, Sp. 24. — 

Motacilla cinereo-virefcens , fubtus flavefcens , fliper- 

ciliis luteis. Fauna Suecica , n.° 236. — • Motacilla 

cinereo virens, remigibus fubtus flavefcentihus fuperci- 

lus luteis. Trochilus. Idem, Syfl. Nat. éd. X, 

Gen. 99, Sp. 31. — * Trochilus ex flavo cinereus , 

capite nigro. Barr ère , Ornithol. clalT. ni, Gen. 23, 

Sp. 2. — Trochilus capite lœvi. Klein , ^/„ 

page 76, n.° 2. — «Î/hû// green-wren. Regulus non 

criflatus. Edwards, Pref. page xij. — - Ficedula fu- 

jpernè dilutè olwacea, infernè fiavicms; (imo ventre 

albo faemina) tœniâ fupra oculos flavicante ; recïrici- 

eus cinereofufcis , oris exterioribus dilutè olivaceis, 

Jjïlus. Le pouliot ou chantre. BrifTon, Ornithol, 

tome III, page 479. — Chantre ou chanteur* 

Béîon, Nat. des O i féaux , page 344. — Idem, 

P$rt.rait d' Oi féaux j page 86. ~— Roitelet non huppé 

Albin, terne 11 y page 38, 

B v . 



34 Hifloire Naturelle 

les appellations génériques \ on pourroft 
nommer le pouillot , petit figuier d'Eu- 
rope ; & je fuis furpris que quelque 
Nomenclateur ne s'en foit point avifé. 
Au refte , le nom de pouillot j comme 
celui de poul donné au roitelet , paroît 
venir de p allas _> pujillus * & défigne 
également un oifeau très-petit. 

Le pouillot vit de mouches & d'autres 
petits infectes \ il a le bec grêle 5 effilé , 
d'un brun luifant en dehors, jaune en 
dedans Se fur les bords (b) ; fon plumage 
n'a d'autres couleurs que deux teintes 
foibîes de gris - verdâtre & de blanc- 
jaunâtre v la première s'étend fur le dos 
& la tête : une ligne jaunâtre , prile de 
l'angle du bec , paffe près de l'œil & 
s'étend fur la tempe', les pennes de l'aile 
d'un gris aflez fombre , ont , comme celles 
de la queue 5 leur bord extérieur frangé 
de jaune-verdâtre S la gorge elt jaunâtre * 
& il y a une tache de la même couleur 



(b ) « À Te bec longuet & debife, propre à 
éprendre des verms; auiïi vit-ii de betes en vie 
?> & non de femences, & vit en J'ombrage des 
hautes forées, ?> Bélon, Nat. des Oifiausè, pags 3^4, 



iu Pouillot, &C. 3 5 

fur chaque côté de la poitrine, au pli de 
laile *, le ventre & Teftomac ont du blanc 
plus ou moins lavé de jaune foible , 
fuivant que l'oifeau eft plus ou moins 
âgé , ou félon la différence du fexe , car 
la femelle a toutes les couleurs plus pâles 
que le mâle (c) ; en général , le plumage 
du pouillot reilèmble à celui du roitelet , 
qui feulement a de plus une tache blanche 
dans l'aile & une huppe jaune (d). 

Le pouillot habite les bois pendant 
l'été y il fait Ton nid dans le fort des bluf- 
fons ou dans une touffe d'herbes épaif- 
fes •, il le conftruit avec autant de foin 
qu'il le cache \ il emploie de la moufle 
en dehors , & de la laine & du crin en 
dedans , le tout eft bien tiflu 5 bien recou- 

>■— . ■ i ■ i i i m » i ■ i i i i ■ i i , .- . i mmmmU 

(c ) Varie tas eft in ooloribus Âvlmn hujûs gèûeni l 
aliœ enim dilutius , al'ut intenfius virent aut {lavent j 
aliis venter albet , abfque ullà viridis tinëturâ. Wii- 
îughby, Ornithol. pag. 164. 

(à) Regulo per omnia fimilis , pr&ur quoi criflâ 
caret. . . . macula eiiam aibâ qnam mtdià alâ hahzt 
reguluscriftatus. Aldrovande, Avi. tom. Iï , pag. 653.. 
<« Il feroit fembïabïe au poui , qu'avons nommé 
lïryranrws , n'eftoit qu'il n'a pcvnt de crête jaune 
?> fur la telle , & toutes fois a du jaune au piy des 
ailes»» Bélon, Nat. des Oifmux, pag. 344. 

B ri 



3 6 Hifîoire Naturelle 

vert , & ce nid a la forme d'une boule, 
comme ceux du troglodyte 3 du roitelet 
& de la petite mélange à longue queue *, 
il femble que cette flru&ure de nid ait 
été fnggérée par la voix de la Nature à 
ces quatre efpèces de trè$-petits oifeaux 3 
dont la chaleur ne fuffiroit pas fi elle 
n^étoit retenue & concentrée pour le 
fuccès de l'incubation \ & ceci prouve 
encore que tous les animaux ont peut- 
être plus de génie pour la propagation 
de leur efpèce que d'inftinâ: pour leur 
propre confervation. La femelle du pouiî- 
îot pond ordinairement quatre ou cinq 
eeufs d'un blanc terne , piqueté de rou- 
geâtre (e) j & quelquefois fix ou fept ? 
les petits reftent dans le nid jufqu'à ce 
qu'ils puiflent voler aifément. 

En automne 3 le pouillot quitte les 



■ i > n \t*m**MÊm^r**mlÊ*fmam~t~*im* » i ii—o mmtum^t 



(e) Willughhy , Ray. Ce petit oifeau efl très- 
attaché à fon nid , & il ne l'abandonne que diffi- 
cilement. Un de mes amis m'a raconté qu'un jour 
ayant trouvé le nid de cet oifeau, il lui fit pondre 
jufqu'à trente œufs l'un après l'autre, en lui ôtant 
tous les jours fon œuf à mefure qu'il étoit pondu 9 
après quoi il en eut pitié & lui en îaiffa affez poux 
couver. Êalerne, OrnithoL pag. 242», 



du Pouillotj &CC. %y 

bois & vient chanter dans nos jardins & 
nos vergers \ fa voix dans cette laifcm 
s'exprime par tait > mit j & ce fon pres- 
que articulé eft le nom qu'on lui donne 
dans quelques provinces (f) ^ comme 
en Lorraine , où nous ne retrouvons pas 
la trace du nom chofti (g) qu'on y don- 
noit à cet oifeau 3 du temps de Bélon ? 
& qui 5 félon lui , fignîfie chanteur ou 
chantre (h) ; autre dénomination de cet 
oifeau , relative à la diverfîté & à la 
continuité de fon ramage (i) * qui dure 



mi ■ " i , i' n . ii» n< i i " » i . u i i" ". ■ " » • >( • . 



(f) En Tofcane , lui $ h il prononce ce petit 
nom d'une voix plaintive, dit Olina , fans avoir 
d'autre chant. Ceci , fembïeroit indiquer que le 
pouillot ne paffe point l'été en Italie, d'autant plus 
qu'Oliaa dit enfuite qu'on l'y voit en hiver. 

(g) On ie nomme encore ainû dans ia foret 
d'Orléans, fuivant M. Salerne, Ornithol. pag\ 242, 

(h) « Après le roitelet ( troglodyte ) & le pouf 
(roitelet) 7 nous né cognoiffons oifeau de moindre ^ 
corpulence que ceftuy que les Lorrains nom- <* 
ment chofty , qui vaut autant dire en françoîs, « 
comme chanteur. >» Bélon , Nat. des Oifeaux , pag. 344, 

(i ) Ce petit oifeau varie infiniment fon cfyalit. . , 
C'eft un des premiers oifeaux qui annoncent le 
retour du printemps. Je l'ai entendu chanter plus 
de trois femaines avant le ro-fiignol franc. SakviK , 
Qtnithol. pag. 24a, 



38 Hijîoire Naturelle 

tout le printemps & tout l'été. Ce cftan£ 
a trois ou quatre variations , la plupart 
modulées \ c'eft d'abord un petit glouf- 
fementou grognement entre-coupé, puis 
une fuite de fons argentins détachés , 
femblablr s au tintement réitéré d'écus qui 
tomberoient fucceffivement l'un fur l'au- 
tre *, & c'eft apparemment ce fon que Wil- 
lughby & Albin comparent à la Jiridcur 
des fauterellcs (k) : après ces deux eflors 
de voix très-différens l'un de l'autre , 
Toifeau fait entendre vm chant plein : 
c'eft un ramage fort doux, fort agréable 
& bien foutenu , qui dure pendant le 
printemps & l'été -, mais en automne , 
dès le mois d'août , ie petit fifflement 
îuit j mit fuccède à ce ramage , & cette 
dernière ^variation de la voix fe fait à 
peu-près de même dans le rouge-queue 
& dans le roiïignol (l). 

Dans le pouillot , le mouvement eft 

(k ) Voce flridet , ut locuPa , carora eft. Wil- 
Jughby.— - « Leur ramage nflemble au tonrauque 
des faut ère lïes. & Albin, tome II, pnç;. 38. 

( l ) C'efî. apparemment cet accent que Wiï- 
îughby appelle une voix plaintive. Et çanit vote 
fuerulâ. OïïiithoL jfcg. 164, 



du Fouillct y &C, 39 

encore plus continu que la voix -, car il 
ne celle de voltiger vivement de branche 
en branche -, il part de celle où il fe trouve 
pour attraper une mouche } revient , re- 
part en furetant fans ceffedeiïus & deffous 
les feuilles pour chercher des infeâres , 
ce qui lui a fait donner dans quelques- 
unes de nos provinces , les noms de fré- 
tille? j fénêrotet ; il a un petit balance- 
ment de queue de haut en bas , mais 
lent & mefuré. 

Ces oifeaux arrivent en avril , fouvent 
avant le développement des feuilles : ils 
font en troupes de quinze ou vingt pen- 
dant le voyage \ mais , au moment de leur 
arrivée, ils fe féparent & s'apparient, & 
lorfque malheureufement il furvient des 
frimats dans ces premiers temps de leur 
retour, ils font faifîs du froid & tombent 
morts fur les chemins (m). 

Cette petite & foible efpece ne lai/Te 
pas d'être très-répandue -, elle s'eft portée 
jufqu'en Suède , où Linnaais dit qu'elfe 



(m) Ce petit oifeau eft fi foibîe , qu'en lui 
fêtant une motte de terre fur la branche où il fe 
&*n.t, ïa fecoufTe l'étourdit & l'abat. Sakms* 



40 Hijloire Naturelle 

habite dans les Sauflayes (n) ; on ïa 
connoît dans toutes nos provinces $ en 
Bourgogne 5 fous le nom de fénérotet ; 
en Champagne, fous celui de fretillet ; en 
Provence , fous celui de ffi (o) : on le 
trouve auflî en Italie (p) , & les Grecs 
femblent l'avoir connu fous le nom de 
ocftros (afilus) (q)* il y a même quel- 
qu'apparence que le petit roitelet vert non- 
huppé (r)dt Bengale , donné par Edwards 3 
n'eft qu'une variété de notre pouillot 
d'Europe. 



m+ÉÈm 



(n) Fauna Suecica^n. 236. 

(9) M. Guys. 

(p ) In agro Bononhnjî aliquanio capitur. Àîdro- 
yanqe. 

( q ) Ariftote ( lib. vm , cap. % ) , ne fait que 
nommer l'OVe?* entre Vhypolais & ie tyrannus, & 
comme un de ces petits oifeaux qui vivent d'in- 
fe&es. ' — « Deux chofes nous induifent a croire que 
» ceftui efl: afilus ; l'une qu'on Pavoit ainfî nommé 
>» en Grèce, à caufe de fa petite corpulence; l'au- 
*>tre que telle mouche même toujours bruit des 
» aelles^auffi efl: -ce que cet oyfeau ne cefie guère 
de chanter, n Bélon , Nat. des Oi féaux y pag. 344. 

( r) Small green wreii. Regulus non çriftatus, Ed- 
wards., Pref. pag. xij. 



du grand Pouillot. 41 






LE GRAND POUILLOT, 

rsovs connoissons un autre pouillot ? 
moins petit d un quart que celui dont 
nous venons de donner la defcription , 
& qui en diffère auffi par les couleurs: il 
a la gorge blanche , & le trait blanchâtre 
fur l'œil : une teinte roûfsâtre fur un fond 
blanchâtre couvre la poitrine & le ventre : 
3a même teinte forme une îarge frange 
fur les couvertures & les pennes de l'aile , 
dont le fond eft de couleur noirâtre : un 
mélange de œs deux couleurs fe montre 
fur le dos & la tête: du refte,. ce pouillot 
eft de la même forme que le petit pouillot 
commun. On le trouve en Lorraine, 
d'où il nous a été envoyé \ mais comme 
nous ne favons rien de fes habitudes 
naturelles 5 nous ne pouvons prononcer 
fur l'identité de ces deux efpèces. 

A l'égard du grand pouillot que M. Brif* 
fon , d'après Willughby > donne comme 
une variété de l'efpèce du pouillot com- 
mun , 5r qui a le double de grandeur 3 
il eft difficile , fi cela n'eft pas exagéré, 



42 Hijloire Naturelle 

d'imaginer qu'un oifeau qui a le double 
de grandeur , foit de la même efpèce. 
Nous croyons plutôt que Willughby aura 
pris pour un pouillot la fauvette de ro- 
jfeaux qui lui reflemble affez , & qui cil 
effectivement une fois plus groflè quf 
îe pouillot commuç. 




du Troglodyte. 43 

y'* - 1 , - ■-■ _ ■ .». m. .1 1 rm n i l ' ■"■!- ■ — - r - - J — *'" -■■"— -— - — ■*• ■-■•■■ T - - , - - •-, - i n . 1 m — 

"LE TROGLODYTE (a). 

vulgairement & improprement LE ROITELET, 

Dans le choix des dénominations , celle 
qui peint ou qui caraétérife l'objet , doit 

■ " ■ , 1 . . . 1 ■ .. m . , 1 m . 1 1 .,,.,.,..,,. .-^ 

* Koje^Ies planches enluminées, n.° 651 , fîg. 2 9 
fous îe nom de roitelet. 

(a) En Grec, ¥&xfa?t.-à*tt'*%*4 Tpu>y*Mw 9 
en Grec moderne, Tf*x*To ; en latin , trochilus , tro- 
glodytes ; en Italien, reattino , re di fiepe ; en Tofcan, 
ftricciolo ; en Sicilien, perchia chagia; en Allemand, 
fchenee koenig, winter koenig , %aun-koenig) thurn koenig, 
meufi koenig ? zauihfinlopflin ; en Suédois , tumling ; en 
An: lois , wren , commun wren ; en Poïonois, krolik , 
pvkr%ytvska, wolowe oc\ko ; en Turc , bilbil : en 
Provence , vaque-petoué, & roi-bedeltt; en Saintonge, 
roi-bouti : en Sologne, roi-bery ; en Poitou, quionquion; 
en Guyenne, arrepit; en Normandie, rebêtre ; en 
Anjou, berichon ou roi- bertaud ; dans POviéanois , 
Tatillon OU ratereau , petit rat; en Bourgogne , fourre- 
buiffon & roi ie froidure. 

Troglodytes (paffer). Gefner , ^w; page 65 1* 

— Idem, /co/>. ^/^/. pag. 49. — Aldrovande, ^/. 
tom. Il, pag. 654. — Jonfton , Avi. page 82.-— 
Schwenckfeïd , Aviar. SiUf. pag. 324. — Klein , 
Avi. pag. 76 , n. a I. — Linnseus, Syfl. JNat. éd. VI, 
Gen. 82 > Sp. 20. — Wiiîughby , Ornithol. pag. 164. 

— Paffer troglodytes Aldiovandi > perperam régulas* 



44 îliftoîre Naturelle 

toujours être préférée : tel eft ïe nom de 
Troglodyte y qui fignifie habitant des 
antres & des cavernes (b) > que les. An- 
ciens avoient donné à ce petit oifeau 5 
& que nous lui rendons aujourd'hui \ car 



Êibbaîd , Scot. illujl. part. II , lib. m, pag. 18. 

— Paffer troglodytes, Chadetnn , Exercit. pag. 87 5 
n. Q il. — Idem 9 Onomafl. pag. 79, n.° 11. — - 
Trochilus , five paffer troglodytes. Frifch , avec une 
belle figure, tab. 24. — Paffer troglodytes ornitho- 
logis; paffer fepium turnero. Rzaczynski, Hift. Nat. 
Peton, pag. 290. — Trochilus , Idem , AlB. pag. 4^5. 
6 — Paffer fepium. , idem , ibidem , pag. 407. — Tro* 
chilus fulvm. Barrère^ Orniihol. cîaiT. m, Q. 23 , 
Sp. I. — Régulas apricus. Schwenckfeld, pag. 324. 

— Motaciila grifea , atis nigro cinereoque unclulatis. 
Linnscus, Fauna Suec. n.° 232. — Reattino. Olina, 
pag. 6. ~ — Avis nobis roitelet dicla. Belon, Obfcrv. 
pag. 17. — Roitelet , idem, Nat. des Oif. pag. 342. 
■ — Idem , Portrait à' Oif. pag. 86 , a. — Roiteiet 
ordinaire. Albin , tome /, pag. 4 7. — Ficed:rfa fu- 
pernè fifco-rufa, infernè fufco rufefeens 3 Lhïeolis fufeis 
tranfverfim flriata y apicibus pennarum aibidis ; collo 
inferiore & pe&ore fordidè albo- rufefeentibus : tœniâ 
fiipra oculos fordidè albo rnfefcente : reêtricibus fufco- 
rufis , lineolis fufeis tranfverfim flrialis. Régulas. Le 
roitelet. Briffon , tom. III, pag. 425. 

(b) Troglodyten dicunt à fuheundis troglis , id efl 
cavernis, uti etiam populus troglodytes, Àldrovande* 
iome II ' , pag. 6zç. 



du Troglodyte. 4 j 

ceft par erreur que les Modernes l'ont 
appelé roitelet : cette méprife vient de 
ce que le véritable roitelet , que nous 
appelons tout auffi improprement poul 
ou fbuci-huppé j effc auffi petit que le 
troglodyte. Celui-ci paroît en hiver autour 
de nos habitations , on le voit fortrr du 
fort des huilions ou des branchages épais 
pour entrer dans les petites cavernes que 
lui forment les trous des murs : c'eft par 
cette habitude naturelle qu'Ariftote le 
défîgne (c) ; donnant ailleurs fous des 
traits qu'on ne peut méconnoître , & fous 
fon propre nom , le véritable roitelet (d) _, 
auquel la huppe ou couronne d'or , & fa 
petite taille ont , par analogie 3 fait donner 
ïe nom de petit-roi ou roitelet (ej. Or 



(c ) Trochilus & frutzta incolit, & foraxnina , eapl 
àifficilis , fugax. Ariftote, lib. IX, cap. 11. 

( à ) TyraiwQs ( roi ) cui corpus non multb am~ 
plias quam locafta , crijlâ rutila , ex pluma elatiuf* 
çulâ , & catera elegans cantuqut flapis. Ariftote 9 
Jïijl. Animal, lib. VIII, cap. ni. 

( e) " Les grecs de Crète nomment le troglo- 
dyte, trilato dans leur langue vulgaire; nnm« 
çorrefpondant à celui de trochilus dans la langue « 
antique , lequel oifeau jls favent fort bien diftin- «4 



4 6 . Hifîoire Naturelle 

notre troglodyte en eft il différent , pair 
îa figure autant que par les mœurs, qu'on 
n'auroit jamais dû lui appliquer ce même 
nom : néanmoins Terreur eft ancienne, & 
peut-être du temps même d'Ariftote (f) ; 
Gefner Ta reconnue (g) ; mais malgré 
fon autorité (h) , foutenue de celles d'Al- 
drovande & de Willughby , qui: , comme 
lui, diftinguent clairement ces oifeaux (i) _, 
ïa confufion a duré parmi les autres Natu- 
ralisées , & Ton a indiftinéfcement appelé 
du nom de roitelet ces deux efpèces , quoi- 

f> guer d'un autre oifeau moindre que lui , qu'ils 
j» nommoient mtiggon , les Latins tyrannus , & les 
François un poul , fouci ou fourcick, » Béloa , 
Obferv. pag. II. 

^/^ Vocatur idem ( trochiles ) fenator cV rex ; 
quarnobrem aquitain pugnare cum eo référant. Idem , 
lia. IX 9 cap. n. 

( g ) Ûtnïthologi recentiores omnes, ante Gefneram, 
aviculam hanc ( trogloiytem ) pro vttermn regtdo ha- 
iuerunt. Wiiïugbby, Ornithol. pag. 165. 

(h) Voyei Gefner, pag. 625, & la figure qu'il 
donne du troglodyte ? qui eft bien reconnoiflabîe. 

fi ) Turner, fous ia dénomination de trochilus , 
décrit le troglodyte; & JEùus en donne une notice 
très -exacte, en Je diftinguant fort bien du roitelet 9 
fouei. Voyz\ Aldrovande, tome II, page 655. 



du Troglodyte. , 47 

que très-différentes & très-éloignées (h). 
Le troglodyte eft donc ce très-petit 
oifeau qu'on voit paroître dans les villa-, 
ges & près des villes à l'arrivée de l'hiver, 
& jufque dans la faifon la plus rigoureufe , 
exprimant d'une voix claire un petit ra- 
mage gai , particulièrement vers le foir î 
fe montrant un inftant fur le haut des 
piles de bois , fur les tas de fagots où il 
rentre le moment d'après , ou bien fur 
l'avance d'un toit, où il ne refte qu'un 
inftant, & fe dérobe vite fous la couver- 
ture ou dans un trou de muraille ( ' l) ; 
quand il en fort , il fautilie fur les bran- 



1 1 <i i wm»»»in « u m iirm i i» ! u l in, , i i ifn i l lia 



(k) Olina, Bélon, Albin & M. Briiïbn ïe nom»- 
ment roitelet; Frifch & Schwenckfeïd, après l'avoir 
nommé troglodyte , l'appellent auffi roitelet ; mais 
Gefner, Aldrovande, Jonfton, Wiiîughby & Sib- 
baide après eux . rejettent cette dernière dénomi- 
nation, & s'en tiennent à ceîîe de troglodyte. Voyez 
la nomenclature , au commencement de cet article. Par 
une nouvelle condition, Klein , Barrère, Frifch & 
Gefner lui-même, appliquent de nouveau au roi- 
telet tyrannus, le nom de trochilos, q^ai, dans-Ariftote 5 
appartient évidemment au troglodyte: M. Briffon 
copie leur erreur. Voyez la nomenclature , fous l'arti- 
cle roitelet. 

(I) Per fepes cV foranima reftat, unde & mérité 
troglodites dicitur. Wiliughby ? pag* 165, 



48 Uijloirc Naturelle 

chages entafîes, fa petite queue toujours 
relevée (m) : il n'a qu'un vol court & 
tournoyant 5 & fes ailes battent d un mou- 
vement Ci vif, que les vibrations en échap- 
pent à l'œil: c'eft de cette habitude na- 
turelle que les Grecs le nommoient auffi 
trochilos ^ fabot j toupie (n) ; Se cette 
dénomination eft non-feulement analo- 
gue à fon vol, mais auffi a la forme de 
Ton corps accourci & ramaffé. 

Le troglodyte n'a que trois pouces neuf 
lignes de longueur, & cinq pouces & 
demi de vol *, fon bec a fîx lignes , & les 
pieds font hauts de huit: tout fon plu- 
mage eft coupé tranfverfalement par peti- 
tes zones ondées de brun-foncé & de 



(mj lï lui donne en chantant un petit mouve- 
ment vif de droite à gauche. Elle a douze pennes 
affez fingulièrement étagées; îa plus extérieure eft 
de beaucoup plus courte que la Suivante, celie-ci 
que ia t.oifième; mais les deux du milieu le font 
à ïeur tour un peu plus que leurs voifines de 
chaque côté ; difpofition facile à reconnoître dans 
cette queue, que Poifeau a coutume, non-feule- 
ment de relever , mais d'épanouir en volant, & qui 
la fait paroîtie à deux pointes. 

(n ) À trocko trochilus , qnod brevi îrochiformi 
Gûrporz eft. Klein. 

noirâtre i 



du Troglodyte. 49 

fioirâtre, fur le corps & les ailes, fur la 
tête & même fur la queue 5 le deffous du 
corps eft mêlé de blanchâtre & de gris.. 
C'eft en raccourci, &, pour aînfi dire, en 
miniature, le plumage de îa bécaffe (o) : 
il pèfe à peine le quart d'une once. 

Ce très-petit oifeau eft prefque le feul 
qui refte dans nos contrées juiqu'au fort 
de l'hiver: il eft le feul qui conferve fa 
gaieté dans cette trifte faifon *, on le voit 
toujours vif & joyeux , &, comme dit 
Bélon, avec une expreffion dont notre 
langue a perdu l'énergie, allègre & vio- 
ge (p) : Ton chant haut & clair , eft com- 
pofé de notes brèves & rapides, fidiriti 3 
Jidiritï ; il eft coupé par reprifes de cinq 
ou fix fécondes. C'eft la feule voix légère 



(0) Auffi ai -je vu des enfans à qui îa bécaffh 
étoit connue, du premier moment qu'on leur mon- 
troit îe troglodyte , l'appeler petite bécafll. 

( p Ja Ayant la queue trouffée comme un coq. . . 
C'eft un oifeau qui n'eft jamais mélancolique , « 
toujours prêt à chanter; auffi l'oit -on foir &« 
matin de bien loing, & principalement en temps <* 
d'hiver; lors il n'a fon chant guère moins hau- « 
tain que celui du roflignoî. » Bélon, Nat. des Oifi 

Oi féaux j Tome X» C 



5 o ïlijloire Naturelle 

6 gracieufe qui fe fa fie entendre dans 
cette faifon , où le filence des habitans 
de l'air n'eft interrompu que par le croaf- 
feraent défagréable des corbeaux (q). Le 
troglodyte fe fait fur-tout entendre quand 
il eft tombé de îa neige (r) , ou fur le 
foir, lorfque le froid doit redoubler la 
nuit. II vit ainfi dans les baffe-cours , dans 
Jes chantiers, cherchant dans les brancha- 
ges 3 fur les écorces, fous les toits, dans 
les trous des murs & jufque dans les puits, 
les cryfalides & les cadavres des infe£fces. 
II fréquente auffi les bords des fources 
chaudes & des ruiffeaux qui ne gèlent 
pas , fe retirant dans quelques faules creux, 
où quelquefois ces oifeaux fe raffemblent 
en nombre ( f ) : ils vont fouvent boire, 
Se retournent promptement à leur domi- 



(q) Lorfqu'il chante, îe fon de fa voix eft fi 
agréable , qu'on fouhaite toujours de l'entendre 
plus fouvent & pins long-temps. Saterne , Ornit/u 

f*S- 2 44- 

( r ) On Pentend & on îe voit encore quand iï 

y a peu de temps qu'il a neigé , ce qui îe fait 

nommer par quelques-uns, roitelet de neige. Ibid. 

(f) Un ehaffeur nous aflure en avoir trouvé 

plus de vingt réunis dans ie même trou. 



du Troglodyte. 5 1 

cîie commun : Quoique familiers , peu 
défians & faciles à fc laifler approcher, 
Hs font néanmoins difficiles à prendre ; 
îeur petiteffe ainfi que leur preftefie , les 
fait prefque toujours échapper à l'œil & 
à la ferre de leurs ennemis. 

Au printemps, le troglodyte demeure 
dans les bois , où il fait fon nid près de 
terre fur quelques branchages épais, ou 
même fur le gazon , quelquefois fous un 
tronc ou contre une roche , ou bien fous 
1 avance de la rive d'un ruiifeau, quel- 
quefois auffi fous le toit de chaume d'une 
cabane ifolée dans un lieu fauva^e , & 
Jufque fur la loge des charbonniers & des 
fabotiers , qui travaillent dans les bois : il 
amaflè pour cela beaucoup de mouffe , 
& le nid en eft à l'extérieur entièrement 
compofé j mais en -dedans , il eft propre- 
ment garni de plumes : ce nid eft pref-- 
que tout rond, fort gros Se fi informe 
en-dehors , qu'il échappe à la recherche 
des dénicheurs j car il ne paroît être qu'un 
tas de mouffe jetée au hafard ; il n'a qu'une 
petite entrée fort étroite pratiquée au 
coté : loifeau y pond neuf à dix petits 

C il 



^ 2 Jrlijloire Naturelle 

oeufs (t) blancs- ternes , avec une zone 
pointrllée de rougeâtre au gros bout: il 
les abandonne s'il s'aperçoit qu'on les ait 
découverts : les petits fe hâtent de quit- 
ter Je nid, avant de pouvoir voler , & oa 
les voit courir comme de petits rats dans 
les buiffons (u) : quelquefois les mulots 
s'emparent du nid , foit que l'oifeau Fait 
abandonné , foit que ces nouveaux hôtes 
foient des ennemis qui l'en aient chafle 
en détruifant fa couvée (x). Nous n'a- 
vons pas obfervé qu'il en fafle une féconde 
au mois d'août dans nos contrées, comme 
ïe dit Albert dans Aldrovande (y) j & 
comme OlinaTaffure de l'Italie (\) ; en 

■ il . ■■ ■ I «»M— ^ — 

(t) Aldrovande , Schwenckfeld. 

( u) Gefner, page 625. 

( x ) Je trouvai, ce printemps , dans une haie 
d'épines; à environ cinq pieds de terre, un nid 
qui avoit la forme de celui de roitelet , cottftruit 
de moufle & de laine,- je fus fort furpris, Payant 
défait, d'y trouver cinq petits mulots. Le nid avoit 
été conftruit par des roiteiets , & des mulots fe 
f'étoient approprié. Note de M. le vicomte de 
Querho'ènt. 
' (y) Jvi. tom. II, pag 6gg a 

(l) Uccdkria , pag. 6, 



du Troglodyte. 5 3 

ajoutant qu'on en voit une grande quan- 
tité à Rome & aux environs. Ce même 
Auteur donne la manière de 1 élever pris 
dans le nid , ce qui pourtant réuffit peu , 
comme lobferve Bélon (a); cet oifeau 
eft trop délicat (b). Nous avons remar- 
qué qu'il fe plaît dans la compagnie des 
îouges-gorges : du moins on le voit ve- 
nir avec ces oifeaux à la pipée : il appro- 
che en faifant un petit cri, tirit _, tira j 
d'un fon plus grave que fon chant , mais 
également fonorc de timbre. II eft fi peu 

m n t n m'mimi , m ■ ! 1 1 ■ l u i. 11 1 M ■ ■ ■■nwn i ii i i i wn a iii ni 

/ 

(a) " Ses petits font moult difficiles à élever i 
pour îes nourrir en cage ; car combien qu'on les « 
nourrifie jufqu'à quelque temps , iï eft-ce qu'ils « 
fe meurent à la parfin ; mais fi d'adventure l'on m 
en peut conferver aucun ( qui eft chofe qu'avons « 
Teu advenir ) , l'on a autant de pîailir de fon « 
chant que de nul autre oyfeau , d'autant qu'il m 
chante le long de l'hiver. » Bélon , Nat. des Oifeaux, 
page 342. 

(b ) " Pour l'élever, on le tient bien chaudement 
dans fe nid , il faut lui donner à manger peu & « 
fouvent, du cœur de mouton ou de veau , haché <« 
bien menu , & quelques mouches. Quand il « 
mange feul , on met dans fa cage un petit retran- <* 
chement de drap rouge , dâïis lequel il puilie <* 
fe retirer h nuit. » Traité du firin des Canaries , 
Paris, 1707, 

C xi î 



54 Hifloire Naturelle 

défiant & iï curieux , qu'il pénètre à tra- 
vers la feuiiiée, jufque dans la loge du 
Pipeur. Il voltige & chante dans les bois 
jWqtfà la nuit ferrée -, & c'eft un des der- 
niers oifeaux , avec le rouge-gorge & le 
merle , qu'on y entende après le coucher 
du Soleil (c) ; il eft auiïi un des pre- 
miers éveillés le matin -, cependant ce 
n'eft pas pour le plaifir de la fociété, car 
SI aime à fe tenir feul hors le temps des 
amours, & les maies en été, fe pourfui- 
veot &: fe chaffent avec vivacité (d). 

L'efpèce en eft a/Tez répandue en Eu- 
rope. Bélon dit qu'il eft connu par- 
tent (e) ; cependant s'il réfïfte à nos 
hivers y ceux du Nord font trop rigou- 



(c) Paul à an te vefperum filet impenjîhs ftrepere \ 
& omnium ferè Avium poftremus ad Jommum fe recipit 
Turner , apud Gefn. pag. 625. 

(à) " Il aime à fe tenir feulet, & mefmement 
91 s'il trouve un autre fon fembïabïe, & principa- 
>? îement s'il eii mâle , ils fe combattront i'un 
y> l'autre , jufqu'à ce que l'un demeure vainqueur, 
» & eft ailèz au vainqueur que Je vaincu s'enfuie 
devant lui. « Bélon , Nat. des Qifeaux , pag. 342. 

( e ) « Et pour ce qu'il eft veu voler en toutes 
« contrées , fe manifeftant par fa voix, aufil eft-if 
eognéu de toutes parts. ?> Idem 3 ibid. 



du Troglodyte. x $ $ 

reux pour fon tempérament : Lînnasus 
témoigne qu'il eft peu commun en Suède. 
Au refte, les noms qu'on lui donne en 
difïérens pays , fuffiroîent pour le faire 
reconnoître. Frifch l'appelle roitelet de 
haies d'hiver; Schwenckfeld > roitelet de 
neige (f). Dans quelques-unes de nos 
provinces, on le nomme roi de froidure.. 
Un de Tes noms allemands lignifie qu'il 
fe glifle dans les branchages (g) ; c'eft 
aulîi ce que défigne le nom de dike- 
fmouler (h) qu'on lui donne en Angle- 
terre , fuivant Gefner 5 & celui de perchiez- 
chagia qu'il porte en Sicile (i). Dans 
TOrléanoTS on l'appelle rate re au ou ratil- 
lon (k)j parce qu'il pénètre & court 
comme un petit rat dans les buiffons. 
Enfin le nom de bœuf qu'il porte dans 
piuiieurs provinces , lui eft donné par 



(f) Schhêe- koetrig. 

(g) Zuin-fchiupfre. 

(h) In fepibus delitefcens. Gefner. 

(i) Perce-èuiJJbn , fuivant Olina ; ailleurs conta* 
fafitmX compte -fagots) coirme fi en fautillanL fur 
les fafeines il fembloit ies compter. 

(k) Ornithologie de Salerne. 

C iv 



$6 HiJIoire Naturelle 

antiphrafe à caufe de fon extrême peti- 
teffe (l). 

Cet oifeau de notre continent , paroît 
avoir deux repréfentans dans l'autre. Le 
roitelet ou troglodyte de Buenos- ayres 
donné dans nos planches enluminées^ 
72. 730, fig. 2 ? & le troglodyte de la 
Louifiane 9 même planche, fig. 1. Le 
premier avec la même grandeur & les 
mêmes couleurs, feulement un peu plus 
tranchées & plus diftîndles , pourroit être 
regardé comme une variété de celui d'Eu- 
rope. M. de Commerfon, qui Ta vu à 
Buénos-ayres, ne dit rien autre chofe de 
les habitudes naturelles, finon qu'on le 
voit fur Tune & l'autre rive du fleuve de 
ia Piata, & qu'il entre de lui-même dans 
lesVaîfîeaux pour y cha-flèr aux mouches. 

Le fécond eft d'un tiers plus grand 
que le premier: Il a la pointe & le ven- 

(l) « Le roitelet roux à queue retrouffée, qu'on 
?? trouve par-tout & en tout temps, même dans les 
?? villes , a la voix fort mélodieufe ; il chante même 
j> par les plus grands froids , & il ,eft très-com- 
mun ; on Pappelle en Brie le bceufi » Note de 
M. Hébert, 



///- v. 



/*/•/- i\r<r - <>O y 




^^^^^^^^^^^^^^m^%^^^ 



./.'J,E TROGLODYTE. a.XE ROITELET 



du Troglodyte. $ y 

tre d'un fauve-jaunâtre -, une petite raie 
blanche derrière l'œil : le refte du plu- 
mage fur la tête , le dos , les ailes & la 
queue de la même couleur , & madré de 
même que celui de notre troglodyte. Le 
P. Charlevoix loue le chant du troglo- 
dyte ou roitelet du Canada (m) ^ qui 
probablement eft le même que celui de 
de la Louifiane. 



(m) Hiftoire de ïa nouvelle France, tome III, 
F a § e 55 6 - 




;s 



Hijioire Naturelle 



i3S3©8SSWW3KïfflHESHBE^^ 



* LE ROITELET(a). 

C'est ici le vrai Roitelet , comme l'a 
très-bien prouvé M. de Buffon -, on auroit 



* Foyex ïes planches enluminées , n.° 651 , fîgi 3 , 
mi cet oifeau eft repréfenté fous les noms de J'owa' 
<& de Poû7. 

fd^ Tyrannus, Tôp&ms , Ariftote , Hifi. Animal. 
îib. III, cap. v 1 1 1. Rex Avinm , ibidem , lib. IX 7 
cap, 1. 

Trochilos > rex Avium. Pline, Hijl* Nat. ïïb. X y 
cap. 74. 

l&x**- 9 ** Elien, lib. XII, cap. xv. Cet auteur 
dit qu'il y a nombre d'efpèces de ce genre, mais 
dont les noms font trop durs à prononcer ; en 
conféquence il fe borne à citer le trochilos dada- 
rerunc/ios , dont le nom lui a paru plus doux à 
l'oreille ; c'eft le cure dent du crocodile, dont iî 
feia queition plus bas, mais ce n'eft point le roitelet 
de cet article : je fuppofe que ce roitelet efi l'une 
des nombreufes efpèces de troehili qu'Élien s'eft 
contenté d'indiquer en général, d'autant plus que 
la méprife qui a fait confondre le roitelet (tyrannus) 
& le troglodyte (trochilusj eft plus ancienne 
qu'Élien. 

Tyrannus d'Ariftote ; en François, la foulcie ou 
fonde; les Manceaux le nomment fourcich > poul; 
en Grec moderne, tettigon. Eélon, Nat. des Oifl 
P a o e 345 3 & Oèfirmtkm, fol 12 ; jptr/5» 



du Roitelet. 59 

toujours dû Tappelcr aîrifi 5 & c'eft par 
une efpèce dufurpation , fort ancienne à 



Regulus, tyrannus quorumdam ; bi tri feus Jo. Saref 
hirienfis; en Italien , fior rancio (fleur de ibuci), 
occhio bopino (œil de bœuf); en Allemand, ochjfèn 
eugle, gold hendlin ; en SuiRq , ftruefsle ; en Turc, 
feveè. Gefner, Aves, page 727. Parus fylvaticus ; en 
Allemand, wald - meifsle , thann * meifsle, & plus 
improprement, wald\infsle y lifel-perle; en Turc, 
(igulgujfin. Gemer, Aves, page 642. 

Regulus , hafili feus , parra, regaliolus ; à Vérone, 
capo d'orc ; a Gènes , boarino délia ftella ; à Bologne , 
papa^ino (petit pape); ailleurs, reattino , reillo , 
ngillo ; en Grec, B*<nxi<ntoç , Pô&xxoff ', Tpîjtxoç, ofotKoç y 
KopTi\oc , Skxmyrxt j en François, ^efi? roi; en 
Flamand , kominxken ; en Polonois , Aro/i£ ; en 
A ngl ois, xv re/7. Aldrovande , OrnithoL tome II, 

Pajferculus trogkdites. Jonfton, Av. page 8l. 

Parra, id eft, parvaAvis. De nat. rerum. 

Parus ater. Jonfton, Av. page 86. 

Regulus criflatus , regaliolus ; en Italien , reattino , 
fwr rancio. Olina, Uccelleria, ïo\. 6. 

— Trochilus Plinio & Jrifloteli. (Ces auteurs 
appliquent ce nom à un autre oifeau dont îe 
plumage eft blanc, qui fe p!aît fur îe bord des 
eaux, & vit, dit-on , des fang - fues & des reftes de 
nourriture qu'il trouve dans la gueule & entre les 
dents du crocodile). Fior rancio , id efl , ftos calen-, 
dulœ; en ancien Breton, fyrigw > c'eft-à-dire , mè+ 
fange à tête d 3 <r ; en Anglois, the golden crowiuà 
WtttU WiliughbjJ , page 163. 

Cvj 



6o Hifioire Naturelle 

la vérité , que le troglodyte s'étoit appro- 
prié ce nom*, mais enfin nous le rétablif- 



■ — Regillus , regaliolus , acanthis fylvatica, paruhs 
«ibietum, tan- meifslin. Schwenckfeld. Avl. Sihf 

page 445- 

Regillus, calendida auri-capilla , auri-capitdla bal- 

hïni, ma!-à- propos cladorinchus Bellonii ; en Poio- 
iiois, krolih , ciubaty; en Allemand , ochfn aeughin ; 
en Bohémien , \totohtawek. Rzaczynski, Auàuar. 
Polon. page 417. Parus fyhaticus Gefneri; en 
Allemand, hMt\-meife ; en Polonois, fkora - Ufna. 
ïdem , page 404. 

— Tyran n us , the creflcd wren. Albin, Nat, des 
O i féaux , tome I, n.° lui, page 47. 

— Trochylus; en Alîema d, gekroentes, koenig* 
chen. Klein", Ordo Av. part. II, §. xxxiv, n. Q ni. 

— Catesby, Append. planche xm, cité par 
M. Klein. 

• — The copped wren. Charleton, Exercit. page 95. 

Regulus, trochylus criflatus ; en Allemand, der 
fommer laun-konig ; dans fa Franconie , gold-hanltïn 
(petit coq doré). Frifch, tome I, ciaff. il, 
<div. v , p. 1 Y ou n.° 24. 

Parus fylvaticus Gefneri. Sibbaîd. Atlas Scot. 
ïïb. I M , ied. 1 1 ï , cap. 1 Y , page 1 8. 

The golden-crefted wren. British Zoology ,page 101. 

The golden crowned wren. Edwards, pL 254. 

- — Regulus criflatus Aldrovandi ; wood - titmoufe 
ofGefner. Borïafe , Nat. Hift. of Cornwall , page 247 , 
cité par M. Brifibn. 

Mutacilla remigilus fecundariis exteriori margim 



du Roitelet. 61 

fons aujourd'hui dans Tes droits*, fon titre 
eft évident*, il eft roi puifque la Nature 



flavis, medio nigris ; en Suédois, kongs vogel. Lin- 
naeus, Fauna Suecica , n.° 235. 

Motacilla remigibus fecundariis exteriori margine 
flavis , medio albis , vertice luteo , regulus. Linnaeus, 
Syft. JNat. éd. XIII, page 338, Sp. 48. 

— Fugle-konge; en' Iflandois, rindill, an mufa- 
broder? Millier, Zoologiœ Dan. prodromus 3 page 33, 
n.° 280. 

— En Autrichien, gold-hannel. Kramer , Bien-* 
chus Jufîr. inf. page 378. 

Trochilus cirratus , régulas cirratus Jonftonii ; roi- 
telet huppé. Barrère , Specim. novum , claff. II, 
Gen. xxin. 

Parus nizricans, macula rubente in vertice ; parus 
fylvaùcus Jonftonii. Barrère , Specim. novum. claff. II, 
Gen. xxiv. 

Roitelet crête; dans l'Orléanois, fucet ou petit 
fucet, peut-être pour fouciet; ailleurs, fuet, petit 
bœuf; à Fay au-defîus d'Orléans, bïjjourdet. Salerne^ 
Uift. Nat. des Oi féaux, pages 239 — 241. 

Empereur, petit doré, félon d'autres. 

Parus fupernè olivaceus ( non nihil ad flavum incli- 
Nans mas), infernè grifeo-rufefeens ; vertice aurantio 
(mas) luteo (faemina ) , fafciâ nigrâ utrimque donato ; 
teeniâ duplici tranfversâ in alis candicante ; re&ricibus 
grifeo-fufeis , oris exterioribus olivaceis. . . . Galen- 
dula, regulus criftatus vulgb dicta. Le pouî ou fouci, 
appelé vulgairement roitelet huppé. Briiîbn , tome III, 

m* 579- 

he voyageur Kolfae en a fait auffi une me fange. 



6 1 Hijîoirc Naturelle 

lui a donné une couronne , & le dimi- 
nutif ne convient à aucun autre de nos 
oifeaux d'Europe autant qu'à celui-ci, puis- 
qu'il eft le plus petit de tous. Le roitelet 
eft fi petit qu'il pafTe à travers les mailles 
des filets ordinaires *, qu'il s'échappe faci- 
lement de toutes les cages , Se que lors- 
qu'on le lâche dans une chambre que Ton 
croit bien fermée, il difparoit au bout 
d'un certain temps , & fe fond en quel- 
que forte fans qu'on en puiffe trouver la 
moindre trace, il ne faut, pour le laiffer 
paffer , qu'une ifïue prefque invifîble. 
Lorfqu'ii vient dans nos jardins , il fe glifTe 
Subtilement dans les charmilles , & com- 
ment ne le perdroit-on pas bientôt de 
vue? la plus petite feuille fuffit pour le 
cacher -, fi on veut fe donner le plaifir 
de le tirer, le plomb le plus menu feroit 
trop fort, on ne doit y employer que 
du fable très-fin, fur-tout fi on fe propofe 
d'avoir fa dépouille bien confervée. Lorf- 

dans fa defcriptwn du cap de Bonne - efpérance , 
part. III, cap. xix , page 155 , & c'efi probable- 
ment ce même oifeau dont parle Olina fous le nom 
de parus fyhaticus, fol. 28. 



du Roitelet. 6$ 

qu'on eft parvenu à îe prendre , foit aux 
giuaux , Toit avec le trébuchet des méfan- 
ges , ou bien avec un filet allez fin , on 
craint de trop preffer dans fes doigts un 
oifeau fi délicat*, mais comme il n'eft pas 
moins vif, il eft déjà loin qu'on croit le 
tenir encore*, Ion cri aigu & perçant eft 
celui de la iauterelle , qu'il ne iurpafle 
pas de beaucoup en grofleur (b). Arif- 
tote dit qu'il chante agréablement *, mais 
il y a toute apparence que ceux qui lui 
avoient fourni ce fait , av oient confondu 
notre roitelet avec le troglodyte , d'au- 
tant plus que, de (on aveu , il y avoit dès- 
lors confufion de noms entre ces deux. 
efpèces. La femelle pend iix ou fept œufs,, 
qui ne font guère plus gros que des 
pois, dans un petit nid fait en boule 
creufe , tiflii folidement de moufle & de 
toile d'araignée , garni en dedans du du- 
vet le plus doux , & dont l'ouverture eft. 
dans le flanc \ elle l'établit le plus fouvent 
dans les forêts , & quelquefois dans les 



(b ) Ce chant n'eft pas fort harmonieux, fi Cer- 
ner i'a Lien entendu & bien rendu j car il l'exprime 
ainfi, %ul, \il 7 ialf» 



6 4 ïhfioire Naturelle 

ifs & les charmilles de nos jardins , ou 
fur des pins à portée de nos maifons (c). 

Les plu*s petits infedtes font la nour- 
riture ordinaire de ces très-petits oifeaux : 
l'été iis les attrapent leftement en volant*, 
l'hiver ils les cherchent dans leurs retrai- 
tes, où ils font engourdis, demi-morts 
& quelquefois morts tout-à-fait: ils s'ac- 
commodent auffi de leurs larves , & de 
toutes fortes de vermiffeaux: ils iont lî 
habiles à trouver & à faifir cette proie , 
& ils en font fi friands , qu'ils s'en gor- 
gent quelquefois jufqu'à étouffer. Ils man- 
gent pendant l'été de petites baies , de 
petites graines , telles que ceHes du fe- 
nouil -, enfin on les voit auffi fouiller le 
terreau qui fe trouve dans les vieux fail- 
les, & d'où ils favent apparemment tirer 
quelque parcelle de nourriture. Je n'ai 
jamais trouvé de petites pierres dans leur 
géfier. 

Les roitelets fe plaifent fur les chênes 5 

(c) Le Lord Trevor a trouvé un de ces nids 
dans fon jardin fur un rf. Le do&eur Derham a 
remarqué que ces mêmes oifeaux venoient nicher 
tous les ans fur des fapins, devant fa maifon , a 
Upminfler, province d'EiTex. Willughby. 



\ 



du Roitelet. 6 5 

îe.s ormes , les pins élevés , les fapins , îes 
genévriers , &c. On les voit en Siléfie 
l'été comme l'hiver , & toujours dans les 
bois, dit Schwenckfeld -, en Angleterre, 
dans les bois qui couvrent les montagnes y 
en Bavière , en Autriche , ils viennent 
l'hiver aux environs des villes, où ils 
trouvent des reflburces contre la rigueur 
de la faifon : on ajoute qu'ils volent par 
petites troupes , compofées non-feulement 
d'oifeaux de leur efpèce , mais d'autres 
petits oifeaux, qui ont le même genre de 
vie , tels que grimpereaux , torche-pots , 
mélanges , &c. (d) D'un autre coté * 
M. Saîerne nous dit que , dans l'Orléanois , 
ils vont ordinairement deux à deux pen- 
dant l'hiver, & qu'ils fe rappellent lors- 
qu'ils ont été féparés: II' faut donc qu'ils 
aient des habitudes différentes en diffé- 
rens pays , & cela ne me paroît pas abfo- 
îumeat impoffible , parce que ïeshabitu- 
des font relatives aux circonilances *, mais 
il eft encore moins impoffible que les 
Auteurs foient tombés dans quelque mé- 
priie. En Suiffe, on n'eft pas bien fiir 



A/JGemcr, Klein , C:\tesby. 



66 ' Hi/ïoire Naturelle 

qu'ils reftent tout l'hiver -, du moins on 
fait que dans ce pays & en Angleterre, 
ils font des derniers à difparoître (e) : il 
eft certain qu'en France , nous les voyons 
beaucoup plus l'automne & l'hiver que 
l'été 5 & qu'il y a plufieurs de nos provin- 
ces où ils ne nichent jamais ou prefque 
jamais. 

Ces petits oifeaux ont beaucoup d'ac- 
tivité & d'agilité *, ils font dans un mou--- 
vement prefque continuel 5 voltigeant 
fans ceffe de branche en branche , grim- 
pant fur les arbres, fe tenant indifférem- 
ment dans toutes les fituations ,& fou- 
vent les pieds en haut comme les méfan- 
pes \ furetant dans toutes les gerçures de 
Técorce , en tirant le petit gibier qui leur 
convient , ou le guettant à la fortie. Pen- 
dant les froids , ils fe tiennent volontiers 
fur les arbres toujours verts > dont ils 
mangent la graine \ fouvent même ils fe 
perchent fur la cime de ces arbres ( fj j 



— — — — — 0m 



fe) British Zoology , à Pendroit cité. 
( f) On en voit Phiver fur les picéas & autres 
arbres toujours verts du Jardin du Roi ; mais ils 
n'y ont jamais niché. 



du Roitelet. 6 7 

maïs il ne paraît pas que ce foit pour évi- 
ter l'homme , car , en beaucoup d'autres 
occafions, ils fe laiffent approcher de 
très-près: l'automne ils font gras, & leur 
chair eft un fort bon manger , autant 
qu'un ii petit morceau peut être bon , 
c'eft alors qu'on en prend communément 
à la pipée •, & il faut qu'on en prenne 
beaucoup aux environs de Nuremberg , 
puifque les marchés publics de cette ville 
en iont garnis. 

Les roitelets font répandus non-feule- 
ment en Europe , depuis la Suède jufqu'en 
Italie, & probablement jufqu'en Efpa- 
gne , mais encore en Aiïe , jufqu'au Ben- 
gale , & même en Amérique , depuis les 
Antiîles jufqu'au nord de la Nouvelle 
Angleterre , fuivant M. Edwards , pL 
254 (g) ; d'où il fuit que ces oifeaux , 
qui à ia vérité fréquentent les contrées 



I I I» I ■ III < l I» ■ » l M III » »l _ t~—--T, 



-(g) Sa carrière feroît encore bien plus étendue , 
s'il étoit vrai qu'on îe trouvât dans les terres ÏVÏa- 
gelîaniques, comme iï eft dit dans {es Navigations 
aux terres JuJI raies , tome H, page 38 ; mais on 
n'eft pas fondé à affurer que refpèœ de roitekt 
dont il eft queftion d'ans ce paflage ? foit ïa même 
que ceile de cet article» 



6 8 Hijioire Naturelle 

feptentrionales, maïs qui d'ailleurs ont îe 
vol très-court , ont paiTé d'un continent 
à l'autre *, & ce feul fait bien avéré feroit 
un indice de la grande proximité des 
deux continens du côté du Nord. Dans 
cette fuppofition, il faut convenir que le 
roitelet, fi petit, (î foible en apparence , 
& qui, dans la conftruétion de fon nid, 
prend tant de précautions contre le froid , 
eft cependant très-fort , non-feulement 
contre le froid , mais contre toutes les 
températures exceffives , puifqu'il fe fou- 
tient dans des climats fi difFérens. 

Ce qu'il y a de plus remarquable dans 
fon plumage, ceft fa belle couronne au- 
rore bordée de noir de chaque côté , la- 
quelle il fait faire difparoître & cacher fous 
les antres plumes , par îe jeu des mufcîes 
de la tête *, il a une raie blanche qui , paf- 
fant au-deflus des yeux , entre la bor- 
dure noire de la couronne & un autre 
trait noir fur lequel l'œil eft pofé , donne 
plus de caractère à la phyfionomie : il a 
le refte du deffus du corps , compris les 
petites couvertures des ailes, d'un jaune- 
olivâtre *, tout le deflous , depuis la bafe 
du bec, d'un roux-clair, tirant à l'olivâ- 



du Roitelet 69 

tre fur les flancs*, le tour du bec blan- 
châtre y donnant naiflance à quelques 
mouftaches noires*, ies pennes des ailes 
brunes, bordées extérieurement de jaune- 
olivâtre *, cette bordure interrompue vers 
îe tiers de la penne par une tache noire 
dans la fixième, ainfî que dans les Sui- 
vantes, jufqu'à la quinzième, plus ou 
moins : les couvertures moyennes & les 
grandes les plus voifines du corps , pareil- 
lement brunes, bordées de jaune- olivâ- 
tre, & terminées de blanc-fale , d ? où ré- 
sultent deux taches de cette dernière cou- 
leur fur chaque aile', ies pennes de la 
queue gris-brun , bordées d'olivâtre -, le 
fond des plumes noirâtre , excepté fur la 
tête, à la naiflance de la gorge & au bas 
des jambes •, l'iris noifette & les pieds 
jaunâtres. La femelle a la couronne d un 
ja»une-pâle , & toutes les couleurs du plu- 
mage plus foibles, comme ceft Tordir 
11 aire. 

Le roitelet de Penfylvanie , dont 
M. Edwards nous a donné la figure & la 
description , pi. 254 j ne diftère de celui- 
ci que par de légères nuances , & trop 



' 



yo Hlftoirc Naturelle 

peu pour conftituer , je ne dis pas une 
efpèce , mais une fimple variété : la plus 
grande différence eft dans la couleur des 
pieds, qu'il a noirâtres» 

M. Briffon dit que , dans notre roite- 
let, la première plume de chaque aile eft 
extrêmement courte , mais ce n'eft point 
une penne *, elle n'en a pas la forme , elle 
n'eft point implantée de même , & n'a pas 
le même ufage : elle naît de l'extrémité 
d'une efpèce de doigt qui termine l'os 
de l'aile , comme il naît une autre plume 
femblable à celle-ci d'une autre elpèce de 
doigt qui fe trouve à l'articulation fui- 
van te (h)- 

Le roitelet pèfe de quatre-vingt- feize 
à cent vingt grains. 

Longueur totale , trois pouces & demi ', 
bec , cinq lignes , noir , ayant les bords de 
ia pièce fupérieure échancrés près de la 
pointe, ck la pièce inférieure un peu plus 



l'Illtl O U » i » l 



(h) On peut appliquer cette remarque à beau- 
coup d'autres efpèces d'oifeaux , dont on a dit 
qu'ils avoient la première penne de Paile extrê- 
mement courte. 



du Roitelet. 



y 



I 



courte > chaque narine (îtuée près de la 
bafe du bec , & recouverte par une feule 
plume à barbes longues & roides, qui 
s'applique deffus -, tarfe , fept lignes & 
demie -, doigt extérieur adhérent à celui 
du milieu par fes deux premières phalan- 
ges > ongle poftérieur prefque double des 
autres *, vol , fîx pouces ', queue 3 dix-huit 
lignes , compofée de douze pennes , dont 
les deux intermédiaires & les deux exté- 
rieures font plus courtes que les autres , 
en forte que la queue fe partage en deux 
parties égales , lune & l'autre étagée ; 
dépaffe les ailes de fix lignes : le corps 
plumé n'a pas un pouce de long. 

Langue cartilagineufe , terminée par de 
petits filets *, œfophage , quinze lignes , fe 
dilatant & formant une petite poche glaiv 
duleufe, avant fon infertion dans le gélier , 
celui-ci mufculeux , doublé d'une mem- 
brane fans adhérence , & recouvert par 
le foie*, tube inteftinal , cinq pouces, 
une véficule du fiel -, point de cœcum. 



7 i Hijloire Naturelle 



Variétés du ROITELET. 

I. Le Roitelet rubis (a). Je ne puis 
m'empêcher de regarder cet oifeau de 
Penfiivanie comme une variété de gran- 
deur dans Fefpèce de notre roitelet : à la 
vérité fa couronne eft un peu différente, 
& dans fa forme & dans fa couleur/, elle 
eft plus arrondie*, d'un rouge plus franc, 
plus décidé, & dont l'éclat le difpute au. 
rubis; de plus, elle n'eft point bordée 
par une zone noire. Le roitelet rubis a 
en outre le deffus du corps d un olivâtre 
plus foncé fur les parties antérieures , plus 
clair fur le croupion , fans aucun mélange 
de jaune*, une teinte de œtte dernière 
couleur fur la partie inférieure du corps, 



(a) Rubis - crowned wreiu Edwards, pL 254 7 
figure fupérieure. 

Parus fupernè ftturatè olivaceus* infernè albo - fia- 
vicans ( vtrticè fplendidè rubro nias) ; tœniâ duplici 
tranfrersâ in alis albo*flavicante , rectricibus fupernè 
faturatè fufiis } infernè cinereis, oris exterioribus oliva- 
ceo-ftavicantibus. . . . Calendula Pznfûvanica , pouf 
ou fouci de Peniilvanie, Brijfon , tome III , page 584. 

plus 



du -Roitelet. y $ 

plus foncée fur la poitrine *, mars fa plus 
grande différence eft celle de la taille , 
étant plus gros , plus pelant dans la raifon 
de onze à huit. Quant au refte, ces deux 
oifeaux fe reffemblent à quelques nuances 
près , je veux dire dans ce que laiflent voir 
des oifeaux morts & deflechés; car les 
mœurs, les allures, les habitudes naturel- 
les du roitelet rubis, nous font inconnues, 
& fi jamais on découvre qu'elles font les 
mêmes que celles de notre roitelet , c eft 
alors qu'il fera bien décidé que ces deux 
oifeaux font de la même efpèce. 

Dans la race du roitelet rubis , h Coin 
ronne appartient aux mâles exclu lîvement, 
& Ton en chercheroit envahi quelque 
veftige fur la tête de la femelle -, mais elle 
a" d'ailleurs à peu-près le même plumage 
que fon mâle ; & de plus elle eft exacte- 
ment de même* poids* 

Longueur totale, quatre pouces un 
quart *, bec , cinq lignes & demie -, vol , 
fix pouces & demi -, tarfe , huit lignes -, 
doigt "du milieu , fix ; queue , dix-huit , 
compofée de douze pennes , dépafîè les 
ailes d'environ un demi-pouce. 

On peut rapporter à cette variété fin- 

Oifeaux > Tome X. D 



74 H/Jïoire Naturelle 

dividu que M. Lebeau a trouvé à ia Louî- 
liane , & qui a le derrière de la tête ceint 
d'une efpèce de couronne cramoifie. A la 
vérité* Tes dimenfions relatives font un peu 
différentes, mais point aflez, ce me fem- 
ble > pour conftituer une nouvelle variété , 
& d'autant moins que, dans tout lerefte, 
ces deux oifeaux fe reflemblent beaucoup , 
& que tous deux appartiennent au même* 
climat. 

Longueur totale , quatre pouces un 
quart *> bec , fix lignes, queue, vingt-une 
lignes , dépaffant les ailes de huit à neuf 
lignes. 

IL Le Roitelet a tête rouge. C'eft 
celui que le voyageur Kolbe a vu au cap 
de Bonne-efpérance \ & , quoique ce voya- 
geur ne Tait pas décrit aflez complète- 
ment, néanmoins il en a* aflez dit pour 
qu'on puifle le regarder, i.° comme une 
variété de climat, puifqu'il appartient à 
l'extrémité méridionale de l'Afrique j 
2.° comme une variété de grandeur , puif- 
que,fuivant Kolbe, il furpafle en grof- 
feur notre méfange bleue , qui furpafle 
elle-même uotre roitelet •> 3. ° comme une 



du Roitelet. 



75 



variété de plumage, puifqu'il a îes ailes 
poires^ & les pieds rougeâtres , en quoi 
il difîère fenfîblement de notre roitelet. 

III. C'est ici , ce me femble , la place 
de cet oifeau envoyé de Groenland à 
M. MuIIer, fous le nom de méfange grife 
couronnée d'écarlate (b) J & dont il ne 
dit que deux mots. 



(b) Zoologiœ Dan. prodromus , n.° 284. David 
Cranz, Hiftorie von Groenland : ferok-ce Vaudu* 
tythngr des Iiiandois? 




Di) 



y 6 HiJIoire Naturelle 

LE ROITELET-MÉSANGE.* 

CfETTE espèce, qui eft de Cayenne, fait 
la nuance par fon bec court , entre le roi- 
telet & les méfanges *, elle eft encore plus 
petite que notre roitelet*, elle fe trouve 
dans l'Amérique chaude, en quoi elle 
diffère de notre roitelet , qui fe plaît dans 
des climats plus tempérés, & qui même 
n'y paroît qu'en hiver. Le roitelet-mé- 
fange fe tient fur les arbriffeaux, dans les 
favannes non noyées , & par conséquent 
affez près des habitations \ il a une cou- 
ronne jonquille fur la tête y mais placée 
plus en arrière que dans le roitelet d'Eu- 
rope ; le refte de la tète d'un brun-ver- 
dâtre *, le defllis du corps & les deux 
pennes intermédiaires de la queue, ver- 
dâtres •, les pennes latérales, les couvertu- 
res fupérieures des ailes & leurs pennes 



* Voyex * es planches enluminées , n.° 708 , fig. 2 , 
où cet oifeau eft repréfenté fous le nom de Méfangç 

huppés, de Cayenne, 



du Roitelet. y y 

moyennes , brunes bordées de verdâtre , 
& les grandes brunes fans aucune bor- 
dure *, la gorge & le devant du cou , cen- 
dré-clair -, la poitrine & le ventre , ver- 
dâtres *, le bas - ventre , les couvertures 
inférieures de la queue & les flancs , d'un 
jaune foible. 

Longueur totale , trois pouces un quart; 
bec , quatre lignes ( il paroît à Tœil beau- 
coup plus court que celui de notre roi- 
telet) *, tarfe, fix lignes, noir*, ongle pos- 
térieur le plus fort de tous *> queue , qua- 
torze lignes, compofée de douze pennes 
égales , dépaffe les ailes de dix lignes. 




D 






y% Hifloire Naturelle 



LES MÉSANGES (a). 

(Quoique Aldrovande ait appliqué par- 
ticulièrement au roitelet le nom àtparra , 
je crois que Pline s'en eft fervi pour dé- 
ligner en général nos méfanges , & qu'il 
regardoit ce genre comme une branche 
de ia famille des pics, famille beaucoup 
plus étendue félon lui, qu'elle ne Teft 
félon les Naturaliftes modernes. Voici 
mes preuves : 

(a) aV^^xoç , Ariftote, Hift. Animal lib. VIII, 
cap. ni. 

Bélon dit mal- a -propos, dans fes Obfervations, 

fol. 10, que les Grecs nomment la mélange parus , 

car ce nom parus eft un mot latin que Gaza a 

employé comme l'équivalent du mot grec A^iS-axoç. 

Parra. Pline, Nat. Hifioria , lib. X, cap. XXXIII. 

Parus, parix , mefanga ; dans quelques cantons 
d'Italie, panda ; en d'autres , pfir'mola, patafcïo , par- 
fti\a, \in\im , orbefina , fpnruociolo ; en Savoie, 
mayenche; en Alfemand, mayff, mayfe, meyfslin ; 
en Angïois, tïiïmoufe : peut-être, dit Ray, parce 
que ces oifeaux nichent dans des trous de mu- 
railles comme les fouris; en I ily rien, fykora; vul- 
gairement en Bourgogne, quinqueneres, pique- mou* 
çîm ; en Provence, fine fine. 



des Me/anges. 79 

I.° Pline dit que les pics font les feuls 
oîfeaux qui fafient leur nid dans des trous 
d'arbres (b) à & Ton fait que pîulieurs 
efpèces de méfanges ont auffi cette habi- 
tude. 

2.° Tout ce qu'il dit de certains pics 
qui grimpent fur les arbres comme les 
chats 5 qui s'accrochent la tête* en bas , qui 
cherchent leur nourriture fous l'écorce , 
qui la frappent à coups de bec (c) y &c. 
convient aux méfanges comme aux pics» 

3, Ce qu'il dit de certains autres pics, 
qui fufpendoient leur nid à l'extrémité 
des jeunes branches > en forte qu'aucun 
quadrupède n'en pouvoit approcher (d), 
ne peut convenir qu'à certaines efpèces 
de méfanges, telles que le remiz & la 
penduline , & point du tout aux pics pro- 
prement dits. 



(h) Pullos educant in cavis Avium Joli. ïib. X 9 
cap. xviii. 

(c) Scandantes in fttlre&um felium modo ; illi vero 
& fnpini perçu [fi corticis funo ', pabulum fubejje in tel- 
lîgunt. Pîin. îib. X, cap. xviii. 

(d) Picorum aliqnis fufvendit in furculo (nidum).*,. 
nt nullus quadmpes accederc pojfit. Idem, Iib. X/ 
eap. xxxiii. 

Div 



8o Hiftoire Naturelle ' 

4. II eft difficile de fuppofer que 
Pline n'eût jamais entendu parler du re- 
miz & de la penduline qui fufpendent 
leur nid , puifque l'un des deux au moins 
iîicKoit en Italie, comme nous le verrons 
dans la fuite*, & il n'eft pas moins diffi- 
cile de fuppofer que, connoiffant ce nid 
fingulier, il n'en ait point parlé dans fon 
Hiftoire Naturelle. Or le pa/Tage ci-deflus 
eft le feul de fon Hiftoire Naturelle qui 
puifTe s'y appliquer: donc ce paffage ne 
peut s'entendre que des méfanges, con- 
fîdérées comme étant de la famille des 
pics. 

De plus, cette branche de la famille 
des pics , avoit la dénomination particu- 
lière de parrœ ; car , dans le genre des 
pana, dit Pline, il y en a qui conftrui- 
fent leur nid en boule , & fermé avec tant 
de foin , qu'à peine on en peut découvrir 
l'entrée (e) ; ce qui convient au troglo- 
dyte , oifeau qu'on a confondu quelquefois 
avec le roitelet & les méfanges \ & il y en a 



(e) In génère parrarum eft, ad nldus ex mufeo 
arido ita abfoluta perficiturpila, ut invenin non pojjit 
eMuis. Ibidem. Vaye\ l?é!on 3 pa^e 343, 



des Méfanges. S i 

une autre efpèce qui le fait de même en y 
employant le chanvre ou le lin , ce qui con- 
vient à la méfange à longue queue. Puis 
donc que ce nom de parrœ étoit le nom 
d'un genre qui embraflbit plufieurs efpè- 
ces , & que ce qui eft connu de plufieurs 
de ces efpèces convient à nos méfanges , 
il s'enfuit que ce genre ne peut être que 
celui des méfanges -, & cela eft d'autant 
plus vraifemblable , que le nom d'argati- 
lis donné par Pline à Tune de ces efpè- 
ces a tant de rapport avec le nom grec 
aigithalos j donné par Ariftote aux mé- 
fanges, qu'on ne peut s'empêcher de le 
regarder comme le même mot, un peu 
défiguré par les copiftes*, d'autant plus que 
Pline ne parle point ailleurs de Y ai- 
githalos , quoiqu'il connut très-bien les 
Ouvrages d' Ariftote , & quoiqu'il les eût 
confultés expreffément en compofant Ion 
X. e Livre (f) j qui roule fur les oifeauxi 
Ajoutez à cela que le nom d'argatilis n'a 
été appliqué par les Auteurs à aucun oi- 
feau , que je fâche, autre que celui dont 



(f) Voyez Piim. lib. I, page 31, Nat. Iliji, 
Eîzevir» 12. 1635. 

D v 



8 i Hiftoire Naturelle 

il eft ici queflion , & qui, par toutes les 
rai ions ci-defïiis , femble ne pouvoir être 
qu'une mélange. 

Quelques-uns ont confondu les méfan- 
ges avec les guêpiers , parce que , comme 
le s guêpiers , elles font apivores j c'eft- 
à-drre, qu'elles mangent les abeilles: on 
ïes a confondues encore avec les têtes- 
chèvres, à caufe de la refiëmblance des 
noms grecs dghhalos > dgothêlas ; mais 
Gefner ioupçonne à ces deux noms fi ref- 
fembîans une étymologie toute différente: 
d'ailleurs les méfanges n'ont jamais été , 
ni pu être accu fées de teter les chèvres. 

Tous les oifeaux de cette famille font 
foibles en apparence , parce qu'ils font très- 
petits *, mais ils font en même temps vifs , 
agillans & courageux: on les voit fans 
ceiTe en mouvement *, fans cefîe ils volti- 
gent d'arbre en arbre, ils fautent de bran- 
che en branche , ils grimpent fur l'écorce , 
ils graviiïent contre les murailles *, ils s'ac- 
crochent , fe fufpendent de toutes les ma- 
nières, fouvent même la tète en bas, afin 
de pouvoir fouiller dans toutes les peti- 
tes fentes, & y chercher les vers 5 les in- 
fectes , ou leurs ceufs : ils vivent auffi de 



des Méfanges. 83 

graines \ mais au lieu de les cafTer dans 
leur- bec, comme font les linottes & les 
chardonnerets, prefque toutes les méfan- 
ges les tiennent affujetties fous leurs petites 
ferres , & les percent à coups de bec *, 
elles percent de même les noifettes, les 
amandes , &c. (g) Si on leur fufpend 
une noix au bout d'un fil, elles s'accro- 
cheront à cette noix & en fuîvront les 
ofcillations ou balancerons , fans lâcher 
prife , fans céder de la béqueter. On 4 
remarqué qu'elles ont les mufcles du cou 
très-robuftes & le crâne très-épais (h) , ce 
qui explique une partie de leurs manœu- 
vres*, mais, pour les expliquer toutes, il 
faut fuppofer qu'elles ont beaucoup de 
forée dans les mufcles des pieds & des 
doigts. 

La plupart des méfanges d'Europe (t 
trouvent , dans nos climats , en toute fai- 



(g) Comme cet exercice eft un peu rude , & 
qu'à la longue illesrend aveugles, félon M. Frifch, 
on recommande d'écrafer les noifettes, le chêne- 
vis, en un mot, toutxe qui eft dur, avant de le 
leur donner. 

(h) Voyzi Journal de Phyfique , mât 1776, 

D vj 



84 Hijîoire Naturelle s \ 

(on, mais jamais en aufli grand nombre 
que fur la fin de l'automne , temps où 
celles qui fe tiennent l'été dans les bois 
ou fur les montagnes (i) j tn font charf- 
iées par le froid , les neiges, & font for- 
cées de venir chercher leur fubfiftance 
dans les plaines cultivées & à portée des 
lieux habités (k) : durant la mauvaife fai- 
fon y & même au commencement du prin- 
temps y elles vivent de quelques graines 
sèches , de quelques dépouilles d infedtes 
qu'elles trouvent en furetant iur les ar- 
bres > elles pincent suffi les boutons naif- 
fâns 3 & s'accommodent des œufs de che- 
nilles, notamment de ceux que l'on voit 
autour des petites branches, rangés comme 
une fuite d anneaux ou de tours de -fpi- 
rale , enfin elles cherchent dans la cam- 
pagne de petits oifeaux morts, 8c ii elles 



* i ■ 



(l) La méfange à tangue queue, félon Ariftote, 
ia charbonnière , la petite bleue, la noire & la 
hupee, félon les Modernes. 

(k ) Les uns prétendent qu'elles fe retirent alors 
dans les fapinières • d'autres allure nt' qu'elles ne 
font que palier dans les pays où elh s. trouvent de 
la neige, & qu'elles fe portent vers le IVIkli ; ce 
dernier avis me paroît le plus probable* 



des Mefanges. S j 

en trouvent de vivans aftoiblîs parla ma- 
ladie, embarraffés dans les pièges, en un 
mot fur qui elles aient de l'avantage, fuf- 
fent-ils de leur efpèce, elles leur percent 
le crâne & fe nourriflent de leur cer- 
velle ', & cette cruauté n'eft pas toujours 
juiiifiée par le befoin , puifqifelies fe la 
permettent lors même qu'elle leur eft 
inutile , par exemple , dans une volière 
où elles ont en abondance la nourriture 
qui leur convient: pendant l'été, elles 
mangent , outre les amandes , les noix , 
les infedtes , Sec. toutes fortes de noyaux, 
des châtaignes , de la fene , des figues , du 
chenevis, du panis& autres menues grai- 
nes (l). On a remarqué que celles que 
Ton tient en cage , font avides de fang , 
de viande gâtée , de graiffe rance & de 
fuif fondu ou plutôt brûlé par la flamme 
de la chandelle ; il fembïe que leur goût 
fe déprave dans l'état de domefticité* 



(l) Quelques-uns prétendent que ïes mefanges 
ne digèrent ni la navette ni le millet, fuflfent-iis 
ramollis par la cuifîon ; cependant M. le vicomte 
de Querhoënt, quia élevé de ces oifeaux , affure 
quil ne les iiourringit qu'avec du chenevis & 
du mil. 



S 6 Hijxoire Naturelle 

En général , toutes les méfanges , quoi- 
qu'un peu féroces 3 aiment la lociété de 
leurs femblables , & vont par troupes 
plus o-u moins nopnbreufes: lorfqu'clies 
ont été féparées par quelqu'accident, elles 
fe rappellent mutuellement & font bien- 
tôt réunies j cependant elles femblent 
craindre de s'approcher de trop près (m); 
fans doute que, jugeant des difpofitions 
de leurs femblables par les leurs propres , 
elles fentent qu'elles ne doivent pas s'y 
lier : telle eft la fociété des médians. Elles 
fe livrent avec moins de défiance à des 
unions plus intimes qui fe renouvellent 
chaque année au printemps , & dont le 
produit eft confidérable*, car c'eft le pro- 
pre des méfanges d'être plus fécondes 
qu'aucun autre genre d'oifeaux (n) y & 
plus qu'en raifon de leur petite taille : on 
feroit porté à croire qu'il entre dans leur 
organisation une plus grande quantité de 



(m) Journal de Phyfique , à l'endroit cité. 

(n) Cela eft ïi connu en Angleterre, qu'il a 
parlé en ufage de donner le nom de méfange à 
toute femme qui eft à-la-fois très-petite & très- 
féconde. 



des Mefanges. 87 

matière vivante , & que Ton doit attri- 
buer à cette furabondance de vie leur 
grande fécondité, comme auffi leur acti- 
vité, leur force & leur courage*. Aucun 
autre oifeau n'attaque la chouette plus 
hardiment; elles s'élancent toujours les 
premières & cherchent à lui crever les 
yeux -, leur action eft accompagnée d'un 
renflement de plumes, d'une fuccefïïon 
rapide d'attitudes violentes & de mouve- 
ments précipités , qui expriment avec éner- 
gie leur acharnement & leur petite fu- 
reur*, lorfqu'elles fe fentent prifes, elles 
mordent vivement les doigts de Toife- 
leur, les frappent à coups de bec redou- 
blés , & rappellent à grands cris les oi- 
feaux de leur efpèce qui accourent en 
fouie , fe prennent à leur tour & en font 
venir d'autres qui fe prendront de mê- 
me (0) ; auffi M. Lottinger aflure-t-il 
que, fur les montagnes de Lorraine, lorf- 
que le temps eft favorable , c'eft-à-dire , 
par le brouillard , il ne faut qu'un appeau , 
une petite loge & un bâton fendu pour 

IM»l»wil « » 11 r»»«nwi 11 11 i»n ■—■■■! ni ■■ 11 n niiniii mi»n » r»mf— m» ^rwn»— « 

(0) Voyei Journal de Phyfique, août 1776? 



8 8 Hiftoire Naturelle 

en prendre quarante ou cinquante dou- 
zaines dans une matinée (p) ; on les 
prend encore en grand nombre , foit au 
trebuchet (q) y foit au petit filet d'alouet- 
tes, foit au lacet, ou au collet, ou aux 
gluaux , ou avec la reginglette , ou même 
en les enivrant, comme faifoient les An- 
ciens , av^c de la farine délayée dans du 
vin (rj. Voilà bien des moyens de def- 



fp) Selon M. Frifch, on n'en prend qu'une 
centaine dans un jour, à une certaine chaife qu'on 
appelle aux environs de Nuremberg la grande 
chajfe aux trébuchets. Elle fe fait par ïe moyen 
d'une loge triangulaire établie fur trois grands fapins 
qui fervent de colonnes : chaque face de cette loge 
eft percée d'une efpèce de fenêtre , fur laquelle 
on pofe un trebuchet; chaque fenêtre a le lien, 
chaque trebuchet a fa chanterelle , & i'oifeîeur eft 
au centre, ayant l'œil fur le tout, & rappelant lui- 
même avec un appeau qui fe fait entendre de loin. 
Frifch, tome I, claffl 1 1, div. i. re Cet Auteur ajoute 
que l'on ne prend guère de méfanges huppées de 
de méfanges à longue queue dans les trébuchets. 

(q) Il y a des trébuchets en cage , & ceux 
faits avec ïe fureau & les deux tuiles appuyées 
l'une contre l'autre ? un épi entre-deux, la claie > 
ïa brandonnée, &c. 

(r) Cette pâtée leur donne des étourdiiïemens 7 
elles tombent, fe débattent, font effort pour s'en- 
voler ; retombent encore & amufent {es fpeclateurs 



des Mejanges. 8 9 

truction employés contre de petits oifeaux, 
& prefque tous employés avec fiiccès "•, la 
raifon eft que ceux qui élèvent des abeil- 
les , ont grand intérêt à détruire les mé- > 
fanges , parce qu'elles font une grande 
confommatîon de ces infectes utiles, fur- 
tout quand elles ont des petits ( f) i & 
d ailleurs elles ont trop de vivacité pour 
ne pas donner dans tous les pièges , fur- 
tout au temps de leur arrivée *, car elles 
font alors très-peu fauvages , elles fe tien- 
nent dans les bluffons , voltigent autour 
des grands chemins & fe biffent appro- 
cher *, mais bientôt elles acquièrent de 
l'expérience & deviennent un peu plus 
défiantes. 

Elles pondent jufqu'à dix -huit ou 
vingt œufs , plus ou moins (t) 3 les unes 



■"h 



par îa variété bizarre de îeurs mouvemens & de 
îeurs attitudes. Foye^ iEiianus , de Nat. Animal, 
lib. I, cap. LVin. 

- (f) D'autres difent que c*eft l'hiver qu'elles 
en détruifent le plus, parce que les abeilles étant 
alors moins vives, elles redoutent moins leur ai- 
guillon , & les attrapent plus facilement en volant. 

(t) TJne femelle, dit M. Hébert, qui fut prife 
fur fes œufs y avoit la peau du ventre fi lâche^ 



90 Hijîoire Naturelle 

dans des trous d'arbres , fe fervant de 
ïeur bec pour arrondir , lifl'er , façonner 
ces trous à l'intérieur ,. & leur donner 
une forme convenable à leur deftination ; 
ïes autres dans des nids en bouïe , & d'un 
volume très-difproportionné à la taille 
d'un fî petit oifeau. Il femble qu'elles 
aient compté leurs œufs avant de les- 
pondre*, il femble aufîi qu'elles aient une 
tendrefle anticipée pour les petits qui en 
doivent écîore-, cela paroît aux précau- 
tions affectionnées qu'elles prennent dans 
la conftruélion du nid , à l'attention pré- 
Voyante qu'ont certaines efpèces de le 
fufpendre au bout d'une branche , au 
choix recherché des matériaux qu'elles y 
emploient , tels qu'herbes menues , petites 
racines 5 moufle , fil, crins, laine, coton, 
plumes , duvet , &c. elles viennent à 
bout de procurer la fubiîftance à leur 
nombreufe famille , ce qui fuppofe non- 
feulement un zèle , une activité infatiga- 
bles , mais beaucoup d'adrefle & d'habi- 
îeté dans leur chafle *, fouvent on les voit 



qu'elle eût fuflft pour recouvrir le ventre en en- 
tier, quand ii eût été une fois plus gros. 



des Mefanges. 9 I 

revenir au nid ayant des chenilles dans 
le bec: fi d'autres oifeaux attaquent leur 
géniture , elles la défendent avec intré- 
pidité, fondent fur l'ennemi, &à force 
de courage , font refpeéter la foibiefle. 
Toutes les mefanges du pays ont des 
marques blanches autour des yeux-, le 
doigt extérieur uni par fa bafe au doigt 
du milieu , & celui-ci de très-peu plus 
long que le doigt poftérieur-, la langue 
comme tronquée & terminée par des fi- 
lets } prefque toutes font très-fournies de 
plumes fur le croupion -, toutes, excepté 
la bleue , ont la tête noire ou marquée 
de noir;, toutes, excepté celle à longue 
queue , ont les pieds de couleur plombée ^ 
mais ce qui caraitérife plus particulière- 
ment les oifeaux de cette famille , c'eft 
leur bec qui n'eft point en alêne, comme 
l'ont dit quelques Méihodiftes, mais en 
cône court, un peu aplati par les cotés*, 
en un mot , plus fort & plus court que 
celui des fauvettes, & fouvent ombragé 
par les plumes du front qui fe relèvent 
& reviennent en avant fuj;ce font leurs 

(h) " Toutes mefanges ? die Bélon , ont les 



92 Hijîôire Naturelle 

narines recouvertes par d'autres plumes 
plus petites & immobiles *, enfin ce font 
fur-tout leurs mœurs & leurs habitudes 
naturelles. Il n'eft pas inutile de remar- 
quer que les méfanges ont quelques traits 
de conformité avec les corbeaux , les pies 
& même les pie-grièches, dans la force 
relative de leur bec & de leurs petites 
ferres, dans les mouftaches qu'elles ont 
autour du bec, dans leur appétit pour 
la chair , dans leur manière de déchirer 
leurs alimens en morceaux pour les man- 
ger , & même , dit-on , dans leurs cris & 
dans leur manière de voler*, mais on ne 
doit point pour cela les rapporter au 
même , comme a fait M. Kramer (xj ; il 
ne faut qu'un coup-d'œil de comparaifon 
fur ces oifeaux , il ne faut que les voir 
grimper fur les arbres , examiner leur 
forme extérieure , leurs proportions , & 
réfléchir fur leur prodigieufe fécondité , 
pour fe convaincre qu'une méfange n'eft 
rien moins qu'un corbeau. D'ailleurs , 



» plumes il avant fur îe bec , & û longuettes* 
qu'elles en apparoiffent huppe'es. » 
(x) Etinchus Aujlria inferioris, page 380, 



des Mefanges. 9 3 

quoique les mefanges fe battent & s'en- 
tre-dévorent quelquefois , fur-tout certai- 
nes, efpcces qui ont l'une pour l'autre une 
antipathie marquée (y) j elles vivent auflï 
quelquefois de bonne intelligence en- 
tr'elles & même avec des oifeaux d'une 
autre efpèce , & l'on peut dire qu'elles 
ne font pas effentrellement cruelles , 
comme les pie-grièches , mais feulement 
par accès & dans certaines circonftances , 
qui ne font pas toutes bien connues. J'en 
ai vu qui bien loin d'abufer de leur force, 
le pouvant faire fans aucun rifque , fe 
font montrées capables de la fenfibilité 
& de l'intérêt que la foibleffe devroit 
toujours infpirer au plus fort. Ayant mis 
dans la cage où étoit une méfange bleue, 
deux petites mefanges noires , prifes dans 
ïe nid , la bleue les adopta pour fes en- 
fans, îeur tint lieu d'une mère, & parta- 



(y) Telles font ïa charbonnière & la nonnette 
cendrée. Voyz\ Journal de Phyfique, août 1776, 
on y dit encore que û l'on met fuccelïïvement 
piuîieurs mefanges dans une même cage, ia pre- 
mière domiciliée fe jette fur ïes nouvelles venues, 
leur fait ia loi, & û elle peut en venir à bout les 
tue & leur mange la cervelle, 



94 Hijîoire Naturelle f 

gea avec eux fa nourriture ordinaire i 
ayant grand foin de leur cafler elle-même 
les graines trop dures qui s'y trouvoient 
mêlées : je doute fort qu'une pie-grièche 
eût fait cette bonne a£tion. 

Ces oifeaux font répandus dans tout 
l'ancien continent, depuis le Danemarck 
& la Suède , jufqu'au cap de Bonne-ef- 
pérance où Kolbe en a vu, dit-il , fix 
efpèces entre autres , favoir , la charbon- 
nière , la nonnette cendrée , la bleue , celle 
à tête noire, celle à longue queue & le 
roitelet qu'il a pris pour une méfange > 
a tous oifeaux chantant joliment , félon 
» ce Voyageur, & comme les ferins de 
» Canarie, fe mêlant avec ces oifeaux, & 
y> formant avec eux de magnifiques con- 
y> certs fauvages ( %J. » Nos connoiffeurs 
prétendent qu'elles chantent auffi très- 

wammf^m^iiimmmmmmmmm m i ■. •< i n ■ >i i i i ■■ ■ , i miiiihh i > 

(\) Voye\ la Defcrlptlon du cap de Bonne-efpé~ 
rance , page 165, part. III, chap. xix. J'avoue 
que j'ai peu de confiance à cette obfervation , où 
Kolbe au iieu de dire ce qu'il a vu , fembïe copier 
ce qu'il a lu dans ies Naturaïiftes, fe permettant 
feulement de dire que les méfanges chantent comme 
ies ferins, au lieu que fuivant les Auteurs elles 
chantent plutôt comme les pinfons. 



des Mefanges. 9 j 

bien en Europe, ce qu'il faut entendre 
de leur chant de printemps, je veux dire 
de leur chant d'amour, & non de ce cri 
défagréable & rauque qu'elles confervent 
toute Tannée , Se qui leur a fait donner , 
à ce que Ton prétend, le nom de ferru~ 
rier (a). Les mêmes connoîfleurs ajoutent 
qu'elles font capables d'apprendre à fiffler 
des airs , que les jeunes, prifes un peu 
grandes, réullïflent beaucoup mieux que 
celles qu'on élève à la brochette (S) y 
qu'elles fe familiarifent promptement , 8c 
qu'elles commencent à chanter au bout 
de dix ou douze jours*, enfin ils difent 
que ces oifeaux font fort fujets à la goutte , 
& ils recommandent de les tenir chaude- 
ment pendant l'hiver. 



(a) Je ne fuis point de l'avis des Auteurs fur 
ce point, car le nom de ferrurier ayant été donné 
aux pics, non à caufe de leur cri, mais parce 
qu'ils ont coutume de frapper ïes arbres de leur 
bec ; il me paroît raifonnable de croire que c'efl: 
parce que les mélanges ont la même habitude qu'on 
leur a aufii donné le même nom. 

(b ) Voyzx le Traité du ferin , page 51. Tout ïe 
monde s'accorde a dire que ïes petites mefanges^ 
prîfes dans le nid , s'élèvent difficilement. 



$6 Hifîoire Naturelle 

Prefque toutes les méfanges font de< 
amas & des provilions , Toit dans l'état 
de liberté , foit dans la volière. M. le 
vicomte de Querhoënt en a vu fouvcnt 
plusieurs de celles à qui il avoit coupé les 
ailes , prendre dans leur bec trois ou qua- 
tre grains de panis avec un grain de che- 
nevis (c) j & grimper d'une vîteffe fin- 
gulière au haut de la tapiflerie où elles 
avoient établi leur magafin •, mais il eft 
clair que cet inftinâ d'amaffer, d'entafler 
les provisions , eft un inftin6t d'avarice & 
non de prévoyance, du moins pour celîes 
qui ont coutume de paffer l'été lur les 
montagnes , & l'hiver dans les plaines. On 
a auffi remarqué qu'elles cherchent tou- 
jours des endroits obfcurs pour fe cou- 
cher; elles femblent vouloir percer les 
planches ou la muraille pour s'y pratiquer 
des retraites -, toutefois à une certaine hau- 
teur , car elles ne fe pofent guère à terre, 
& ne s'arrêtent jamais long-temps au bas 
de la cage. M. Hébert a oblervé quelques 



(c) Fiifch dit à-peu-près la même cftofe de îâ 
nonnette cendrée, tome l, clajf. i j , art. m, j>l. j , 

efpèces , 



des Mefanges. §y 

efpèces , qui paffent la nuit dans des arbre* 
creux -, il les a vues plufîeurs foîs^y jeter 
brufquement après avoir regardé de tous- 
côtés , & , pour aïttfi dire , reconnu le ter- 
rein ; & il a efîayé inutilement de les 
taire fortîr en introduisant un bâton dans 
les mêmes trous où il les avoit vu entrer: 
il penfe qu'elles reviennent chaque jour 1 
au même gîte, & cela eft d'autant plus 
vraisemblable , que ce gîte eft aufîî le 
fliagafin où elles reiïerrent leurs petites 
provilîons. Au refte , tous ces oifeaux 
dorment affez profondément, & la tëto 
lous l'aile comme les autres ^ leur chair 
eft en général maigre, amère & sèche, & 
par conféquent un fort mauvais manger : 
cependant il paroît qu'il y a quelques ex* 
ceptions à faire (d). 

Les plus grandes de toutes les mefan- 
ges font , p^rmi les efpèces d'Europe, la 
charbonnière & la mouftache , & , parmi 



— * 



(d) Gefner dit qu'on en mange en Suiiïe, 
m 1 is il avoue que ce n'eft rien moins qu'un bon 
morceau; ie feul Schwenckîeld eil d'avis que c'eft 
une via ide qui n'eil ni de mauvais goût ni de 
mauvais fuc, en automne & en hiver. Voyess 
jLi'iavïum Silefiœ, page 32 1. 

Qifcaux j Tornç X. E 



9 S HiJIoire Naturelle 

les étrangères , îa mélange bleue des In- 
des , & la huppée de la Caroline : cha- 
cune d'elles pèie environ une once. Les 
plus petites de toutes font la méfange à 
tête noire, celle à longue queue ,1a non- 
nette cendrée , la penduline & la mé- 
lange à gorge jaune, lefquclles ne pefent 
chacune que deux à trois gros. 

Nous commencerons THifioire parti- 
culière des différentes efpèces , par celles 
qui fe trouvent en Europe , ayant foin 
d'indiquer les propriétés caraéfcériftiques 
de chacune *, après quoi , nous pafferons 
aux efpèces étrangères *, nous tâcherons de 
démêler, parmi les efpèces européennes , 
celles avec qui chacune de ces étrangères 
aura plus de rapport : nous renverrons les 
faufîes méfanges (j'appelle ainfi les oi- 
feaux qu'on a mai-à-propos rapportés à 
cette claffe ) , nous les renverrons, dis-je , 
dans les claffes auxquelles ils nous ont 
paru tenir de plus près, par exemple, la 
quinzième méfange de M. Briffon, aux 
figuiers , la dix-feptième , aux roitelets , 
&c. enfin nous tâcherons de rapporter à 
leur véritable efpèce de fimples variétés 
dont on a fait mal-à-propos autant â'çf~i 
pèces féparces,. 



de la Charbonnière 9 &C. $£ 

"LA CHARBONNIÈRE 

ou GROSSE MES ANGE ( a ): 

Je ne sais pourquoi Béîon s'eft perfuadé 
« que cette efpèce ne fe pendoit pas tant 

W i i i i i i ■ » i »mn » ■■ » i .i i ppi i. m » n i i mmrmm*m—*f*4 

* Vayzx les planches enluminées, n.° g, fig. 1. 

( a ) Parus fpiiitès , Âfy#3a\6* o-<œt%h-r,'ç pzyiç-oç ,, 
Arîllote, Hijl Animal, ïib. VIII, cap. 3. 

Vnv.gillago y parus fpizites ; première efpèce on 
plus grande efpèce ce méfange; nonnette, ainfî ap- 
pelée, de même que la bernache , à caufe de fa 
coiffure noire; en Grec, Àfy*3axo^ Béîon, JSIat. 
des O i féaux , page 367. 

Parus major, fnngillago ; mejfeng/ia f mefengna; 
en Allemand, Jpiegd-meijf (méfange à miroir, à 
caufe des taches de ion plumage); en Saxe, brandi 
meijT, kolmeiffQ charbonnière ), gro/fe-meijf ; dans le 
Brabant, mafange ; en Savoie, maienze ; en An- 
giois, the great tit moufe, the great oxei ; en Ita- 
lien, parifbla domeftica ; dans les pays voifîns des 
Afpes, tc/iirnabo; ailleurs, capo-negro, nom que 
l'on a approprié à la fauvette à tête noire, quoi- 
qu'il convienne à pîuïieurs efpèces de mélanges 7 
& quoique Ariftote l'ait appliqué à Tune de ces 
efpèces, comme on le verra- plus bas ; en Portu- 
gais , tintilaum ; en Turc, ala. Gefner, Jye$^ 
pa^e 640, 

E ij 



tco Hijloire Naturelle 

» aux branches que les autres*, s> car j'ai 
eu occafion d'obferver un individu qui 
fe pendoit fans cefle aux bâtons de la par- 



— A Rome , fpernunola ; en Lombardie , paruf- 
fhla; en Tofcaiie, cinclnpotola, d'après fou crr 9 
dit -on, en Piémont, tefla-ntra. Olina, Uccdkria, 
page 28. 

— A Bologne, poligola; dans îe Brabant, een- 
inefe; en Hollandois, eeh mais, coelmaes. Aidro- 
van de, Ormthol. page 713. 

— Jonfcon , Avcs , pag. 86, 

— Willughby , great tit-moufi , ox-eye. OrnkhoL 

— Ray, Synopfis , 72. 

— Frifch , tom. I , claff. 11 , âiv. 1 , n.° 13; 
en Allemand, maifefiuk ( méfange pinfon);Ie nom 
de kohle-meife eft le pïus connu & le pius ancien, 

— Klein, Ordo Avium, page 84. 

— Sibbaïde, Atlas Scou part. II , iib. m , p. 18» 

— Charïeton, Avcs. pag. 96. 

— Aîbin , pi. xlvi ; en Anglois , thz oxeye , 
lit * mou fi. 

— Moehring, Av. gênera , pag. 45, n.° 36. 
Parus carbonarius ; en Allemand , gwjjl - meife, 

Scbwenckfeld , Aviar. Siltf. pag. 318 & 3 19. 

— En Poïonois ,fikora c\arna wielka. Rzaczynski , 
Au&uar. Poloiu pag. 403. 

Parus major capitt nigro , temporibns albis , nuchà 
tufeâl en Suédois, talg-oxe. Linnaeus, Fauna Suec. 
Iî. y 238 , Syft- Nat. éd. XIII, Gen. 116, Sp. 3. 

— Muiler , Zoolog. Dan. prodr. n.° 283 , pag. 84; 

$n Danois ; mufvit\ en Norwégien, kiod-meife. 



de la Charbonnière 5 &C. i o î 

lie fupérïeure de fa cage, & qui, étant 
devenu malade , s'accrocha à ces mêmes 



r.«fltf«1| 



' — Kramer, Ehmhus Aufir. inf. pag. 378 ; cri 
Autrichien, kolhmeife. 

Parus fupernà viridi-olivauus , infeïnè pallidè ftspus ; 
urooygio cincreo - cceruleo ; imo ventre alho ; capite & 
gutture iiigrïs; macula infra oculos candidâ , nigro c/V- 
cumdatâ, fafciâ nigrâ à collo ad imam ventrtm pTQ- 
tensâ ; tœniâ tranfversâ in alis albo-flavicante; reclricê 
extimâ ex t trias cV apice albà , proxime fequenti ma* 
culâ albâ termînatâ. . . . Paras major jîye fringitlago* 
La greffe mélange ou h charbonnière. BriJJôu , 
tom. III, pag. 339. 

Mélange, mé fange , me\enge, mifenge , majeiige ) 
méfengere ,mufimgere , félon Cotgrave; en Provence i 
èe^enge , ferrurier\ en Picardie, mejîngle ou mefengle ; 
en Savoie, mayenche, autrement lardere; en Solo- 
gne, arderdle , arderolle , ardeielle; ailleurs, lardelleâ 
larderelles , & encore patron des Marée h aux , félon 
moi , par la même raifon qu'on a donné aux pics 
le nom de ferrurier ; en Poitou , Saintonge & Berry 9 
cendrille; en Bourbonnois, croque-abeilles ; ailleurs y 
charbonnier, pinfonnée , pinfonnière ,, mé fange > non-' 
nette , moinoton ou petit-moine. Salerne , Hifl, Nat» 
des Oi féaux, page 211. 

Il ne faut pas confondre ce charbonnier- ci avec/ 
celui du Bugey qui, comme on Ta dit plus haut ^ 
eft un roiTionoI de muraille. 

o 

En Provence , ferre- fine ; ailleurs, borgne, crevé* 
tJîaJfis, larderiche , lardenne , moineau des bois , méfarfgê 
brûlée. Voye\ Journal de Phyiique , août 1776* 
pag. 127/ 

Eu] 



102 Hi/ioire Naturelle 

bâtons la tète en bas , & refta dans cette 
/îtuation pendant toute fa maladie, jufqu'à 
fa mort incluiivement , & même après fa 
•mort. 

Je me fuis auffi convaincu par moi- 
même \ que la charbonnière en cage perce 
quelquefois le crâne aux jeunes oifeaux 
qu'on lui préfente, & qu'elle fe repaît 
avidement de leur cervelle. M. Hébert 
s'eft afluré du même fait à peu-près , en 
mettant en expérience dans une cage un 
xouge-gorge avec huit ou dix charbon- 

oc? o 

nieres j l'expérience commença à neuf 
heures du matin , à midi le rouge-gorge 
avoit le crâne percé, & les méfanges en 
avoient mangé toute la cervelle. D'un 
autre cote-, j'ai vu un allez grand nombre 
de méfanges - charbonnières & autres , 
toutes prifes à la pipée , lefqueiles avoient 
vécu plus d'un an dans la même volière 
fans aucun a£te d'hoftilité \ & , dans le 
moment où j'écris, il exilte une char- 
bonnière vivant depuis fix mois en bonne 
intelligence avec des chardonnerets & 
des tarins, quoique l'un des tarins ait été 
malade dans cet intervalle , & que , par 
fon état d affoibliffement;, il lui ait offert 






de la Charbonnière , &C. ïC$ 

plus d'une occafion facile de fatisfaire la 
voracité. 

Les charbonnières fe tiennent fur îes 
montagnes & dans les plaines , fur les 
bluffons , dans les taillis , dans îes vergers 
& dans les grands bois : cependant 
M. Lottinger m'alTure qu'elles fe plaifent 
davantage fur les montagnes. Le chant 
ordinaire du maie , celui qu'il conferve 
toute l'année, & qu'il fait entendre fur- 
tout la veille des jours de pluie , reffemble 
au grincement d'une lime ou d'un verrou , 
& lui a valu, dit-on , le nom deferrurier; 
mais , au printemps , il prend une autre 
modulation, & devient (1 agréable & fî 
varié , qu'on ne croiroit pas qu'il vint du 
même oifeau. Frifch , M. Guys & plufieurs 
autres le comparent à celui du pinfon (b) 3 



( b ) On nourrit en cage cette méfange en certains 
pays, dit Aldrovande ? à caufe de fon joli ramage 
qu'elle fait entendre prefque toute l'année : d'un 
autre côté, Turnerdit que fachanfon du printemps 
cft peu agréable, & que le refte de l'année elfe elt 
muette; elfe dit, félon les uns, titigtt , titigw y 
titigu ; & au printemps, (liti , fliti , &c. En géné- 
ral, les Auteurs font fouvent de leurs ohfervations 
particulières & locales autant d'axiomes uiaiverfels, 

Eiv 



104 Hijwire Naturelle 

& c'eft peut-être ïa véritable étyrnologîe 
du nom de mêfange-pinfon _> donné à 
cette efpèce. D'ailleurs Olina accorde 
La préférence à la charbonnière fur toutes 
ïes autres pour le talent de chanter & 
pour fervir d'appeau -, elle s'apprivoife 
aifément & fi complètement qu'elle vient 
manger dans la main 3 qu'elle s'accoutume 
comme le chardonneret au petit exercice 
de la gai ère 5 &,pour tout dire en un mot, 
qu'elle pond même en, captivité. 

Lorfque ces oifeaux font dans leur ét\t 
naturel , c'eft-à-dire libres , ils commencent 
de s'apparier dès les premiers jours de 
février \ ils établirent leur nid dans un 
tïou d'arbre ou de muraille fcjj mais ils 
font long-temps appariés avant de tra- 
vailler à le conftruire, & ils le compo- 
fent de tout ce qu'ils peuvent trouver de 



mn ■■ * * * ■« ■» ■» Q a— ri m ft* i umi * * mracn0ammmm*^m 



quelquefois même ils ne font que répéter ce qu'ils 
ont entendu dire a des gens peu inftruits ; & de- 
là îes contradictions. 

(c) Surtout des murailles de maifons ifoîées 
& a portée des forets; par exemple, de celles des 
charbonniers, d'où eft venu , félon quelques-uns, 
& cette méfanpe Je nom de charbonnière, l r oye? 
Journal de Phyfique ; à l'endroit cité, 



de la Charbonnière ) &C. i 05 

plus doux & de plus mollet. La ponte 
eft ordinairement de huit , dix & jufqu'à 
douze œufs blancs avec des taches rouffes , 
principalement vers le gros bout. L'in- 
cubation ne paffe pas douze jours \ les 
petits nouvellement écîos reftent plusieurs 
jours les yeux fermés , bientôt ils fe cou- 
vrent d'un duvet rare & fin , qui tient 
au bout des plumes, & tombe à médire 
que les plumes croîflent J ils prennent 
leur volée au bout de quinze jours , & 
Ton a obfervé que leur aceroiffement 
étoit plus rapide quand la faifon étoit 
pluvieufe-, une fois fortis du nid, ils n'y 
rentrent plus , mais fe tiennent perchés 
fur les arbres voiiins , fe rappelant fans 
ceffe entr/eux (d) ^ & ils reftent ainlî 
attroupés jufqu'à la nouvelle faifon , temps 
où ils fe féparent deux à deux pouf 
former de nouvelles familles. On trouve 
des petits dans les nids jufqu'à la fin dm 
mois de juin , ce qui indique que les 



|— É— W » " I . ' "Il " "' ' 1 1 "" ' ' ' * 

(à) C'eft peut-être par un effet de cette habi-* 
tu de du premier âge que fes méfanges accourent 
fi vite dès qu'elles entendent ia voix de leurs fem* 

blables, 

E v 



to<S ÎJiJloire Naturelle 

charbonnières font plusieurs pontes: quel- 
ques-uns difent qu'elles en font trois * 
mais ne feroit-ce pas lorfqu'elles ont été 
troublées dans la première qu'elles en 
entreprennent une féconde, &c? Avant 
îa première mue on diftingue le mâle , 
parce qu'il efl & plus gros & plus colérique. 
En moins de iix mois tau s ont pris îbur 
entier accroiflement , & quatre mois après 
îa première mue, ils font en état de fe 
reproduire. Suivant Olina, ces oi féaux- 
ne vivent que cinq ans , & félon d'autres 
cet âge efl celui où commencent les 
fluxions fut les yeux, la goutte , &c. mais 
ils perdent leur activité fans perdre leur 
caractère dur qu'aigriiTent les fbuffran- 
ces (e). M. Linnœus dit qu'en Suède 
ils fe tiennent fur les aunes , & que l'été 
ils font fort communs en Efpagne. 

La charbonnière a fur la tête une 
efpèce de capuchon d'un noir brillant & 
ïuftré qui, devant & derrière, defeend à 
moitié du cou , & 2 .> de chaque coté , une 
grande tache blanche prefque triangu- 



(ej Voyz\ Journal de pbyiique, août 1776» 



de la Charhonnière > ÔCC. 107 

faire -, du bas de ce capuchon, pardevànt, 
fort une bande noire, longue & étroite 
qui parcourt le milieu de la poitrine & 
du ventre, & s'étend jyfquà l'extrémité 
des couvertures inférieures de îa queue > 
celles-ci font blanches, ainfi que le bas- 
ventre *, le refte du deffous du corps , 
jufqu'au noir de îa gorge , eft d'un jaune 
tendre *, un vert- d'olive règne fur le 
defius du corps , mais cette couleur devient 
jaune & même blanche en s'approchant 
du bord inférieur du capuchon y elle 
s'obfcurcit au contraire du côté oppofé , 
& fo change en un cendré-bleu fur le 
croupion & les couvertures fupérieures 
de la queue*, les deux premières pennes 
de l'aile font d'un cendré-brun fans bor- 
dures*, le refte des grandes pennes font 
bordées de cendré-bieu , & les moyennes 
d'un vert-d'olive , qui prend une teinte 
jaune fur les quatre dernières*, les ailes 
ont une raie tranfverfale d'un blanc- 
jaunâtre *, tout ce qui paroît des pennes 
de la queue eft d'un cendré-bleuâtre , 
excepté la plus extérieure qui eft bordée 
de blanc, & la fuivante qui eft terminée 

E vj 



io8 Hijloire Naturelle 

de la même couleur -, le fond des pîumeâ 
noires eft noir, celui des blanches eft 
blanc, celui des jaunes eft noirâtre, & 
celui des olivâtres eft cendré : cçt oifeau 
pèfe environ une once. 

Longueur totale, fix pouces*, bec, fïx 
lignes & demie , les deux pièces égales , 
îa fupérieure fans aucune échancrure '<> 
tarfe , neuf lignes *, ongle poitérieur îe 
plus fort de tous *, vol , huit pouces & 
demi *, queue , deux pouces & demi , un 
peu fourchue , compofée de douze 
pennes , dépaffe les ailes de dix - huit 
lignes. 

La langue n'eft point fixe & immobile , 
comriie quelques-uns l'ont cru (f)* î'oi- 
feau la pouffe en avant & Télève parallèle- 
ment à elle-même avec une déciinaifon 
fuffifante à droite, & par conséquent elle 
eft capable de tous les mouvemens com- 
pofés de ces trois principaux : elle eft 
comme tronquée par le bout , & fe ter- 
mine par trois ou quatre filets. M. Frifch 



»»ïinr»i)vir » »n « 



-, ...««, ., .,, --*.,. ,t. ,.y .-., rnf ,.« r , Wj 



(fj Vvyz\ Journal de Phyfique , mut 177& 



. jr, 



Pl.&.pqv.jaS. 




\*vc .//. 



/ 



.'/•/<• ^ '. y// v • /. // ; lu ti < h 'uù ' 



J,A MESANGE CirAltlSOl^NIKRE, . 



de la Charbonnière y &C. 105? 

croit que la charbonnière s'en fert pour 
tâtcr les alimens , avant de les manger. 

(Efophage , deux pouces & demi > 
formant une petite poche gianduleufe 
avant de s'inférer dans le gélier qui elï 
mufculcux, & doublé d'une membrane 
ridée, fans adhérence, )y ai trouvé de 
petites graines noires , mais pas une ieule 
petite pierre j inteftîns , fix pouces quatre 
lignes-, deux veftiges de coecumj une véfr 
cuk du fiel. 










1 1 o Hijîoire Naturelle j 

LA PETITE CHARBONNIÈRE ( a )± 

JLi.E nom de tête noire ( atricapilla 3 
mdancoryphos ) a été donné à plufieurs 



f a^ MgXrt-yxcpu^gç f atricapilla ). Ariftote , llîfl^ 
Animal, lib. IX; cap. xv. Ce nom a été donné k. 
\à noriîiette cendrée , qui a pareillement la tête 
noire. & qu'on doit regarder comme une variété- 
dans Pefpèce de îa petite charbonnière,, ainfi que 
noui ïe verrons bientôt , A^ytàuxoç TfiW, lbid». 
lib. VIII , cap. in. 

Atrica-pilla. Pline, Hifl. Nat. lib. X, cap. LX. 

Parus ater; en Allemand, kol-meiff. Gefner , Avzs*- 
page 641. 

— Afdrovande, Onrithol. tom. Iï, page 723.. 

— Willughby, Ornit/wL pag. 175. 

— Ray , Synopf. AvL pag. 73 ; en Ânglofe*. 
cote mouje. 

— Schwerickfeld , Aviarlum S'dtf. pag. 320;ert 
Allemand, kleine kolmeifi. 

Partis carhonarius ; en Catalan » cartonné* Barrère , 
Novum fjjecim , claîT. 11 1 , Gen. 24 , Sp. 1. 

— Jonfton, Aves , pag, 86, pi. 23. Cet Auteur 
ïui donne encore le nom de parus fyhaticus ; 
pi. 24. 

Parus Jylvaticus ; en Allemand , hunds meife. Klein r 
Ordo Aiwim, pag. 85, n.° 2. 

Parus carbonarius mitior ; 'parus cairinus ; en Alle- 
mand >. £tee kohlmûfi p tois mëft' } en Pokmohp, 



de la petite Charbonnière, ni 

bîfeaux, tels que la fauvette àtêtenoire 5 
le bouvreuil, &c. mais il paroît que la 



Jikora ezarna mnicyffa. Rzaczynski, Auclaarium Polon,, 
pag. 404. 

Parus minor ; en Anglois, the nun. Charfeton, 
Exercit. page 96, n.-' 2. C'eft fans doute par 
quelque méprife que M. Briifon' prend la grande 
in é fange charbonnière de Charleton pour ïa petite. 

Parus minor atris tra&ibus ; en Allemand , tanneti 
maife (mélange des fapins), wald meife, mëfange 
des bois, nom vague, & qui convient indifférem- 
ment à prefque toutes les efpèces de mélanges^ 
Frifch , tome I , cïaiT. 1 î , div. 1 , pi. x I 1 1. 

Parus capite nigro , vertice albo , dorfb ciuerco, occi- 
put pect raque albo. Linnscus , Fanna Suecica , 
n. os 241, 268; & Syft* Nat. éd. XIII, Gen. 116, 
.Sp. 7. 

— Kramer, Elendms Jufir. inf. page 379 ; en 
Autrichien , fpeer- meife, creu\meife. 

Parus fupemè cinereus , infemè albus cnm aliquâ 
rufefceiuis mixturâ ; capite & collo infkriore nigris ; 
macula infra oculos candidâ, nigro circumdatâ ; ma- 
cula in occipitio albà ; tœniâ duplici in alis tranfhersâ 
candidâ; reclricibus fupemè cinereo-fufeis , oris ex te* 
rioribus griflis , infernè cinereis. . . . Parus atrica- 
pillus , la méfange a tête noire. Brijfon , tome III ? , 

pag e 55\- 

Le petit charbonnier, fui van t quelques- uns. Sar 

1er ne, Hift. Nat. des O i féaux , page 212. 

Je lui ai vu donner encore, dans quelques cabî- 

ïiets ? le nom de méfange de. montagne de Stmbmi 



T'.", 



i i 2 Hijloire Naturelle \ 

tête noire d'Àriftote eft une mélangé | 
car 5 fuivantce Phiiofophe, elle pond un 
grand nombre d'œufs, jnfqu'à dix-fept & 
même jufqu'à vingt-un \ & de plus elle â 
toutes les autres propriétés des méfanges* 
comme de nicher fur les arbres , de fe 
nourrir d'infedes , d avoir la langue tron- 
quée, &c. ce que le même Auteur ajoute 
d'après un oui-dire afîez vague , & ce que 
Pline répète avec trop de confiance , 
favoir que les œufs de cet oifeau font 
toujours en nombre impair , tient un peu 
du roman, & de cette fuperftition phi* 
îofophique qui de tout temps fuppofa 
une certaine vertu dans les nombres , 
fur-tout dans les nombres impairs , & qui 
leur attribua je ne fais quelle influence fur 
les phénomènes de la Nature. 

La petite charbonnière diffère de la 
grande, non -feulement par la taille & 
par fon poids, qui eft trois ou quatre 
fois moindre, mais encore par les cou- 
leurs du plumage , comme on pourra 
s'en affurer en comparant les defcriptions. 
M, Frifch dk qu'en Allemagne elle fe 
tient dans les forêts de fapins *, mais en 
Suède c'eft fur les aunes qu elle fe plaît > 



de la pente Charbonnière, i ! 5 

fuivant M. Linnxus. Elle eft la moins 
défiante de toutes les méfanges 5 car non- 
leulement les jeunes accourent à la voix 
dune autre méfange, non-feulement elles 
fe laiflent tromper par l'appeau , mais 
les vieilles même qui ont été priies plu- 
sieurs fois & qui ont eu le bonheur d'é- 
chapper, fe reprennent encore & tout 
suffi facilement dans les mêmes pièges & 
par les mêmes rufes; cependant ces oi- 
leaux montrent autant ou plus d'intelli- 
gence que les autres dans plulîeurs ac- 
tions qui ont rapport à leur propre con- 
fervation ou à celle de la couvée ; &, 
comme d'ailleurs ils font fort courageux. 
il femble que c'eft le courage qui détruit 
en eux le fentiment de la défiance, comme 
celui de la crainte*, s'ils fe fouviennent 
de s'être pris dans le filet, au glu au, ils 
fe fouviennent aufîi qu'ils fe font échap- 
pés, & ils fe fentent là force ou du moins 
l'efpérance d'échapper encore. 

Cette mélange habite les bois , fur-tout 
ceux où il y a des fapins & autres arbres 
toujours verts, les vergers* les jardins; 
elle grimpe & court furies arbres comme 
les autres méfanges, & c'eft, après celle 



ï î 4 Hijloire Naturelle 

à longue queue , la plus petite de toutes r 
elle ne pèfe que deux gros : du refte, 
mêmes allures, même genre de vie*, elle 
a une efpèce de coqueluchon noir, ter- 
miné de blanc fur le derrière de la tête, 
& marqué fous les yeux de la même cou- 
leur*, le deflus du corps cendré, le déf- 
ions blanc -fale *, deux taches blanches 
tranfverfales fur les ailes*, les pennes de 
la queue & des ailes cendré-brun, bor- 
dée de gris *, le bec noir & les pieds 
de couleur plombée. 

Longueur totale , quatre pouces \m 
quart e , bec , quatre lignes deux tiers; 
tarfe, fept lignes*, ongle poftérieur, le 
plus fort de tous , les latéraux plus longs 
à proportion que dans la greffe charbon- 
nière *, vol 5 fix pouces trois quarts *, queue , 
vingt lignes, un peu fourchue, compo- 
fée de douze pennes , dépafle les ailes de 
dix lignes. 

M. Moering a obfervé que , dans cettQ 
efpèce, le bout de la langue n'eft tron- 
qué que fur les bords, de chacun déf- 
quels part un filet, & que la partie in- 
termédiaire eft entière & le relève pres- 
que verticalement» 



de la petite Charhonmère. i i 5 



Variétés de la petite CHARBONNIERE. 

* I. La Nonnette cendrée (a). Je 
fais que plufieurs Naturaliftes ont regardé 

— I ■ ' I «iiiiii ■ I . ■ H ■■III » I I I ■!■ 

* Voyei les planches enluminées , n. Q 3, fig. %* 

(a) Parus paluflris ; en Allemand , mur - meijf, 

riet ou relt-meiff, aefch-meifle , kaat-meifle ; en 

Suifle , kol - meijf ( charbonnière ). Gefner , Aves, 

page 641'. 

— Aldrovande, Omithol. tome II, page 722.J 
€n Italien , paron^ino. 

— Jonfton, Aves, page 86. 

■ — Charleton, Exercit. page 06, n.° 3; en An- 
glois, fin- tit. mou fe ; c'eft feîon lui & félon Turner 
le fchaniclos ou junco d'Ariftote. 

— WiJIughby, Omithol. page 175; en AngIois 3 
marsh-tit-moufe , black-cap ^tête noire). 

— Ray, Synopfis, page 73',. H. ? A %. 

— British Zoology > page 114. 

Parus fufeus , paluflris, cimreùs, atrlcapillus Aldm^ 
Vùtidi; en Allemand, mur-meife, kott - melfi , ried- 
meij\lin, graw - meiflin. Scrrwenckfeîd , Avi. Sikfl 
page 320" 

— Klein , Ordo Av'wm y page 85 , n.° 4. 

— Rzaczynski, Anctuar. Polon. page 404 ; en 
Allemand, pfuti - meife ; en Polonois^ fikora po* 
vie! ara. 

Oifeau à bonnet noir- ; en Anglois, the black-cap*. 
Albin, Hifî. Nat, des Qi féaux, tome Hî,page 2.5, 
pi. LVJII* 



i 1 6 Hijloire Naturelle | 

cette efpèce comme féparée de la précé- 
dente par un affez grand nombre de dif- 
férences h Willughby dit qu'elle cft plus 
greffe, qu'elle a la queue plus longue, 
moins de noir fous la gorge ^ le blanc du 
de flous du corps plus pur, & point cïn 

*ni i » mu ' »i« mm » i ii " n i i .h » pi' -, » ■ mm nm I bbw XW — ■ vi6mrm*m*mnm*mtxi*Mw ^i»," a *m 

Parus cinereus f vertice fngro; en Allemand , //o///?- 
vizife , afcke-meife , meel - maife , pimpel-maifi , haufi- 
meifè ( méfange de chenevis), garten- meifi , bien- 
■jneiCe. Ces trois derniers noms ne lui conviennent 
pas pïus qu'à quelques autres efpèces. Frifih , 
toftî. I, daff. il , div. i, art. 3 , pi. 1 , n.° 13. 

Parus capittnigro, temporibus albis , dorfo cinereo ; 
parus palafiris; en Suédois, eu-tUa tomlinge. Linn. 
Fauna Suecica , n.° 242 ; & Syjl. Nat. éd. XIII 7 
Gcn. 116, Sp. 8. 

— Muller, Zoologiœ Danicœ prodremas; en Da- 
nois, craa-meife, lille mufvit; en Norvégien ? ft^e^ 
&2#ï^ - meifs. 

— Kramer ., Ë.W. Aujlr. inf. pag. 379; en Au- 
trichien , hunds - meifi. 

Parus fupemè grifeus , infime albus cum aliquà 
Tufifienris mixtura; cavité fu periore cV gutture ni gris; 
genis ô J collo infiriore canâidis ; re&ricibus fupernè 
cinereo- fufiis . oris exterioribus grifèis , infertic cine~> 
reis. . . . Parus palufiris , ia méfange de marais ou ia 
nonnette cendrée. BriJJbn . tome III, pag. ççç. Cet 
©ifeau doit fou nom de nonnette à cette efbèce de 

I 

voile noir qu'iî a fur la tête. Il faut remarquer 
qu'on a aufli donné le nom de méj anges de marais 
au remizj comme on le verra plus bas. 



de la petite Charbonnière, nj 

tout de cette dernière couleur fur l'oc- 
ciput ni fur les ailes*, mais fi l'on con fi- 
acre que la plupart de ces différences 
ne font rien moins que confiantes, no- 
tamment la tache blanche de l'occiput (b), 
quoiqu'elle foit comptée parmi les carac- 
tères fpécifiques de la petite charbon- 
nière*, ii l'on confMère que l'on a donné 
à toutes deux ce même nom de char- 
bonnière , qui en effet leur convient éga- 
lement, & que celui de raéfange de ma- 
rais, donné aiTez généralement à la non- 
nette cendrée , peut suffi convenir à l'ef- 
pèce précédente , puifqu'elle fe plaît, dit 
M. Linnaeus , fur les aunes , & que les 
aunes font, comme on fait, des arbres 
aquatiques , croiflant dans les endroits 
humides & marécageux*, enfin , fî l'on 
confidere les traits nombreux de confor- 
mité qui fe trouvent entre ces deux 



(h)X5r\s, petite charbonnière obfervëe par les 
Auteurs de ia Zoologie Britannique , n'a^oit point 
cette tache , & M. Lottinger allure que fî la non- 
nette cendrée avoit cette tache de l'occiput, elle 
ne diiféreroit pas de la méfange à tête noire qui e& 
ju>tre petite charbonnière. 



i i 8 ïïiflvire Naturelle 

çfpèces > même féjonr , même taille , même 
envergure, mêmes couleurs distribuées à 
peu-près de même, on fera porté à re- 
garder la nonnette cendrée comme une 
variété dans l'efpèce de la petite char- 
bonnière*, c'eft ie parti qu'ont pris, avec 
raifon, les Auteurs de la Zoologie Bri- 
tannique, & c'eft celui auquel nous croyons 
devoir nous arrêter, toutefois en cenfer- 
vant les noms anciens, & nous conten- 
tant d'avertir que cette diverfïté de noms 
n'indique pas ici une différence d'efpèces. 
La nonnette cendrée fe tient dans les 
bois. plus que dans les vergers & les jar- 
dins, vivant de menues graines, faifant 
la guerre aux guêpes, aux abeilles & aux 
chenilles, formant des provisions de che- 
nevîs ïorfqu'eîîe trouve l'occafion , en 
prenant à -la -fois plufieurs grains dans 
ion bec pour les porter au magafin , 8c 
les mangeant enfuite à loifir : c'eft fans 
doute fa manière de manger qui l'oblige 
d'être prévoyante*, il lui faut du temps, 
il lui faut un lieu commode & fur pour 
percer chaque grain à coups de beç^ & 
il elle n'avoit pas de provifions, elle feroit 
fouvent expofée à fouftrir la faim, Cettç 



de la petite Charbonnière, i i 9 

raéfange fe trouve en Suède & même en 
Norwège, dans les forêts qui bordent 
le Danube*, en Lorraine, en Italie, &c. 
M. Salerne dit qu'on ne la connoît point 
dans TOrléanoîs, ni aux environs de Pa- 
ris, ni dans la Normandie : elle Te plaît 
fur les aunes, fur les failles , & par con- 
féquent dans les lieux aquatiques , d'où 
lui eft venu fon nom de méfange de ma- 
rais. C'eft un oifeau folitaire qui refte 
toute Tannée , & que l'on nourrit diffici- 
lement en cage. On m'a apporté Ion nid, 
trouvé au milieu d'un petit bois en coteau , 
dans un pommier creux, allez près d'une 
rivière*, ce nid confiftoit en un peu de 
moufle dépôfée au fond du trou *, les 
petits , qui voloient déjà, étoient un peu 
plus bruns que le père, mais ils avoient 
les pieds d'un plombé plus clair *, nulle 
échancrure fur les bords du bec , dont 
les deux pièces étoient bien égales *, ce 
qu'il y avait de remarquable , c'efir que 
le géfier des petits étoit plus gros que 
celui des vieux, dans Ja raifon de cinq 
à trois *, le tube inteftinal étoit auffi plus 
long à proportion, mais les uns m les 



I2€ Hi/îoire Naturelle 

autres n'avoient ni véficule du fiel , ni le 
moindre veftige du cœcunv, j'ai trouvé, 
dans le géfier du père, quelques débris 
d 3 infe£fces & un grain de terre sèche, & 
dans le géiier des jeunes plufieurs petites 
pierres. 

La nonnette cendrée eft un peu plus 
groffe que la petite charbonnière, car 
elle pèfe environ trois gros. Je ne donne- 
rai point la description de fon plumage, 
il iuffit d'avoir indiqué ci-deffus les dif- 
férences principales qui fe trouvent entre 
ces deux oifeaux. 

Longueur totale , quatre pouces un 
tiers *, bec , quatre lignes *, tarfe , fept lignes *, 
vol, fept pouces*, queue, deux pouces, 
compofée de douze pennes, dépafïe les 
ailes de douze lignes. 

M % le Beau a rapporté de la Loui- 
siane une méfange, qui avoit beaucoup 
de rapport avec celle de cet article; il 
ne manque à îa parfaite reflemblance 
que la tache blanche de l'occiput, & les 
deux traits de même couleur fur les ai- 
les*, ajoutez que îa plaque noire de la 
gorge étoit plus grande, -& en général 

les couleurs 



de la petite Charbonnière. 121 

îcs couleurs du plumage Un peu pi 1 s 
foncées, excepté que dans la femelle * 
la tête étoit d'un gris-rouisâtre, à peu- 
près comme le deflus du corps , mais ce- 
pendant plus rembruni. 

Longueur totale , quatre pouces & 
demi -, tarie , fept à huit lignes -, ongle 
poftérieur , le plus fort de tous 5 queue ; 
vingt-une lignes, un peu étagée (ce qui 
forme un nouveau trait de difparîté ) , 
dépaffe les ailes d'environ neuf lignes. 

IL Une aûthe mésange d'Améri- 
que , qui fe rapproche beaucoup de la 
petite charbonnière, c'eft la méfange à 
tête noire du Canada (cj; elle eft de la 



* Voyez les planches enluminées, n. Q 502 , fig. 1 y 
où cet oifeau eft repréfenté fous le nom de Méfange 
à gorge noire, 

fcj Parus fupernè faturatè cinereus 3 infernè albus 
cap i te ptperiore & gutture nigris ; reBricibus laterali- 
eus cxteriàs cineuis, orls cinereo-albis 3 in terius fufiis. 
. . . Parus Canadenfis atricopillus , ïa méfange à tête 
noire de Canada. BriJJbn, tome III, pag. $5$, Ce 
Naturalifte eft le premier & le feul qui ait parlé 
de cette méfange. 

Oi/èauxj Tome X F 



122 Hifloire Naturelle ~ 

grofleur de la nonnette cendrée; elle a 
à peu-près les mêmes proportions & le 
même plumage -, la tête & la gorge noi- 
*es*, le deflous du corps blanc, le def- 
fus cendré-foncé, couleur qui va s'affoi- 
bli/Iant du côté du croupion, & qui, 
fur les couvertures fupérieures de la queue, 
n'eft plus qu'un blanc- fale ; les deux 
pennes intermédiaires de cette même 
queue, cendrées comme le dos*, les la- 
térales cendrées auffi , mais bordées de 
gris-blanc, celles des ailes brunes, bor- 
dées de ce même gris-blanc, leurs gran- 
des couvertures fupérieures brunes , bor- 
dées de gris *, le bec noir, & les pieds 
noirâtres. 

Longueur totale, quatre pouces & demi', 
bec , cinq lignes ïc demie \ vol , fept 
pouces &demi-, queue, vingt-fix lignes, 
compofée de douze pennes égales, dé- 
paffe les ailes d'un pouce. 

Comme les méfanges fréquentent les 
pays du Nord, il n'eft pas furprenant 
que Ton trouve en Amérique des varié- 
tés appartenant à des efpèces européennes, 

ÏIL Si la gorge blanche de Wit- 



de la petite Charbonnière. 125 

lughby eft, non pas une fauvette , comme 
le croyoit cet Auteur , mais une méfange 
comme le penfe M. Brfflon (d) > on 
feroit tenté de la rapporter à la nonnette 
cendrée, Se conféquemment à la petite 
charbonnière*, elle a la tête d'un ce.ndré- 
foncé •, tout le deflus du corps d'un cen- 
dré-roufsâtre j le deffous, blanc, teinté 
de rouge dans le mâle, excepté toute- 
fois la naîflance de la gorge qui eft , 
dans quelques individus , d'un blanc pur 5 
& qui, dans d'autres, a une teinte de 
cendré, ainiî que le devant du cou & 
de la poitrine ; la première penne de 
l'aile bordée de blanc, les dernières de 
roux -, les pennes de la queue noires , 
bordées d'une couleur pins claire ex- 
cepté la plus extérieure qui l'eft de blanc, 
mais non pas dans tous les individus *, le 



"->*» 



( à ) Parus fiipernè cinereo rufefeens , infernè albo-* 
rufefeens ; capite cinereo ; gutture albo; reBrice utrim- 
queextimâplufquam dimidiatim albâ , proximè flquenti 
apice tantitm albâ. . . . Parus cinerem , la méfange 
cendrée. Briffon, tome III, page 549. 

The white thvoat , an fpipola prima Aldrovandi ? 
Willughby, Ornithol. page 171. 

— Ficcdulœ affinis. Ray, Syhopfis , pag. 77, A 6. 

Fi) 



1^4 Hi/Io i re Natu re lie 

bec noir, jaune à l'intérieur -, la pièce in- 
férieure blanchâtre dans quelques fujets*, 
les pieds tantôt d'un brun-jaunâtre, tantôt 
de couleur plombée. 

La gorge blanche fe trouve Tété en 
Angleterre*, elle vient dans les jardins, 
vit d'infeâxs , fait fon nid dans les buil- 
fons près de terre (& non dans des trous 
d'arbre comme nos méfanges), le garnit 
de crins en dedans, y pond cinq oeufs 
de ferme ordinaire , pointillés de noir fur 
un fond brun-clair verdâtre. Elle eft à peu- 
près de la groffeur de la nonnette cendrée. 

Longueur totale de cinq pouces trois 
quarts à fix pouces', doigt poftérieur le 
plus fort de tous, les deux latéraux égaux 
entr'eux, fort petits, & adhérens à celui 
du milieu , l'extérieur par fa première 
phalange , l'intérieur par une mem- 
brane , ce qui eft fort rare dans les oiieaux 
de ce genre*, vol, environ huit pouces*, 
queue, deux pouces & demi, compofée 
de douze pennes, un peu étagéç , dépaflç 
les ailes de feize à dix-fept lignes (e). 



(c) J'ai vu, dans ïes cabinets, un oifeau dont îe 
plumage retïembioit fïngujïèrement à ceiui de cette 



de la petite Charbonnière. n$ 

IV. J'ai actuellement fous les yeux 
im individu envoyé de Savoie par M. le 
marquis de Piolenc , (ous le nom de 
grimpereauj Se qui doit fe rapporter à 
Ta même efpèce. II a la tête variée de 
noir & de gris-cendré*, tout le refte de 
la partie fupérieure , compris les deux in- 
termédiaires de la queue , de ce mSme gris*, 
la penne extérieure noirâtre à fa bafe > 
grife au bout , traverfée dans fa partie 
moyenne par une tache blanche, la penne 
fuivante marquée de la même couleur y fur 
fon côté intérieur feulement*, la troifième 
auffi , mais plus près du bout & de ma- 
nière que le blanc fe refferre toujours , 
& que le noir s'étend d'autant plus', il 
gagne encore davantage fur la quatrième 
& la cinquième penne qui n'ont plus du 
tout de blanc, mais qui font terminées 
de gris-cendré comme les précédentes ■, 



~**e«r^rm j m » ■» "» .^.i <i 



méfange , mais qui* en djfferoit par fes proportions. 
Sa longueur totale étoit de cinq pouces & demi; 
tarfe , dix lignes; queue , vingt -neuf lignes , dé- 
palTant les ailes d'un pouce feulement : mais la 
trait le plus marqué de diflèmbJauce , c'étoit foa 
bec long de fept lignes . épais de trois à fa bafe. 

r u] 



il 6 HiJIoire Naturelle 

les pennes des ailes font noirâtres*, les 
moyennes bordées de gris- cendré *, les 
grandes de gris-fale*, chaque aile a une 
tache longitudinale ou plutôt un trait 
blanc- jaunâtre *, la gorge eft blanche ainli 
que le bord antérieur de l'aile *, le devant 
du cou & toute la partie inférieure font 
d'un roux- clair -, les couvertures infé- 
rieures des ailes, les plus voifmes du 
corps, font roufsâtres , les fuivantes noires, 
& les plus longues de toutes, blanches*, 
ïe bec fupérieur eft noir , excepté l'arête 
qui eft blanchâtre, ainfi que le bec in- 
férieur*, enfin les pieds font d'un brun- 
jaunâtre. 

Longueur totale, cinq pouces un tiers*, 
bec , fi$ lignes & demie *, tarfe , huit li- 
gnes *, doigt poftérieur , aufîi long & 
plus gros que celui du milieu *, & fon 
ongle le plus fort de tous *, vol , fept 
pouces trois quarts*, queue, dix -huit 
lignes , compofée de douze pennes , un 
peu inégales & plus courtes dans le mi- 
lieu ^depafle les ailes de dix lignes. 



de la Me fange bleue. 127 



■ 



*LA MÉSANGE BLE UE ( a ). 

Il est peu de petits oifeaux aufïi connus 
que celui-ci, parce qu'il en eft peu qui 



* V'oyex les planches enluminées, ;/.° 3 , flg. 2. 

(a) A'iyiSaxsc t/j/Voç , trohlème méfange, fuivant 
Bélon, Àldrovande , &c. mais, félon moi, latroi- 
fième méfange d'Ariftote eft notre petite charbon- 
arsière , puifqu'Ariftote dit que cet oifeau reiïemble 
à la groffe charbonnière , excepté qu'il eft plus 
petit , ce qui ne peut convenir qu'à la petite 
charbonnière. Mélange bleue , Béton , Nat. des Oif. 
page 369; il l'appelle ailleurs marenge. 

Parus cccruleus ; en Italien , fpernuTgpla , parujjbla ^ 
comme la grande charbonnière. Olina, Uccelleria, 
fol. 28. 

— En Allemand, blaw-meiff, pimpel-meijf, meeU 
meitf; à Nuremberg, by-meiffe; en Anglois , lejf 
tu-moufe; nun t félon Turner ; en Savoie , lardera 
moine , moineton ; en Italie , paro\olina ; en Efpagnol 
& Portugais, chamaris, alionine , milheiro. Gefner, 
jives , pag. 641. Parus cœrdeus vel minor. G'efner , 
Icon. Avi. pag. 45. 

— A Bologne , parujfolin , paroxolino , rofpedino , 
fratino; en Efpagnol , mllcheiro. Aldrovande, Qmi- 

tholog. tome II, pag. 721. 

— Tke blew tit moufe or nun, Wiîlughby, Omi~ 
tholog pag. 175. 

■*- Ray , Sjnop/ts , pag. 74. 

F iv 



..'. 



ï 2 8 ITiJîoire Naturelle 

foîent aufïï communs , auffi faciles \ 
prendre Se aufîi remarquables par les 



» ï* 



•— Srbfaaïd , Atlas Scot. part. II , lib. m , pag. 18. 

1 — British Zoology. Gen. 24, Sp. 2, pag. 114. 

**- Parus cœruleus , montanus ; en Allemand , blaw- 
meifjUn , bin-meife , &c. Schwenckfeld ? Aviar. Silef. 
page 320. 

— En Poîonois , fikora modra ; bargiel y félon 
Gefner. Rzaczynskij Ancfuar. Polon. pag. 403. 

• — Frifch y tom. I, clajf. 11 ? dit*. 1 , art. 111 , 
11. 14. 

■ — Parus cœruleus montanus, méfange -nonnette, 
The bhw head tit-moufe , kœifemeifchen. Klein, Ordo 
Api. pag. $5. 

Parus cœruleus minimus. Jonfton , Ares 9 pag. 26. 

— Barrëre, Spécimen novum, clalT. iïi, Gen. 24, 
petite méfange bieue. 

Parus- minoi-y en Angîois , the nun. Charleton , 
jExercit. canorarum clajf. Gen. V 5 Sp. 2. 

Parus remigibus cœruleficntibus , prima margine 
exteriore albâ ; vertice caruleo ; en Suédois > blao- 
mees. Linnaeus, Fahua Suce. n. os 240, 267. 
. — Ki amer, Elenchus Auftr. inf. pag. 379; en 
Autrichien, blau-meife. 

Parus remigibus cœrulefcentibus ; primoribus mar- 
gine exteriore albis , f route albâ , vertice ccerulco. 
Linnsius, Syft. Nat. éd. XIII > pag. 34T, n.° 5. 

— Mulier, Zoolog. Dan. prodrom. n.° 285; en 
Danois & Norwé^ien , blaa meife. 

Parus piper ne dilaté viridi-olivaceus , inferaà lutens ; 
medio ventre candido ; vertice & torque- cœrulcis, teeniâ 
albâ vtrticem ci n gen te , fajçiâ per oculos > & gutture, 



de la Me/ange b le île. 129 

couleurs de leur plumage-, le bleu do- 
mine fur la partie Supérieure, le jaune 
fur l'inférieure, le noir & le blanc pa* 
roiilent diftribués avec art pour, féparer 
& relever ces couleurs, qui le muîti- 
plient encore en paffant par différentes 
nuances. Une autre circonftance qui a 
pu contribuer à faire connoître la nié- 
fange bleue, mais en mauvaife part, c'eft 
le dommage qu'elle caufe dans nos jar- 
dins en pinçant les boutons des arbres 
fruitiers •, elle fe fert même avec une fin- 
gulière adreffe de fes petites griffes pour 
détacher de fa branche le fruit tout formé 
qu'elle porte enfuite à fon magafin : ce 
n'eft pas toutefois fon unique nourriture 5 



.iiiçris ; tanià tranfiersâ in aîh candidà ; re&ricibus 
cœrulcis , extlmâ exteriùs alho fimbrratâ. . . . Parus 
caruleus » la mélange bleue. Brijpm , tom, III, 

pag. 544- 

Marenge bleue , mèfavge ou tête de faïance ; en 

Serry, petite cendrille bleue; en Sologne, petite arde- 

relle ou ardzolle bleue. S aie me , Ht fi. Nat. des Oif. 

pag. 215. Un Allemand, amateur d'oifeaux, lui a 

appris que, dans fon pays, on donnoit à cette efpèce 

le nom de meel meife ( méfange tarinière), parce 

qu'elle aime la farine. Ibidem, En Pruvence ? /être- 

fine à tête bleue. 

F V 



e 



130 Hijîoire Naturelh 

car elle a les mêmes goûts que les autres 
méfanges, la même inclination pour la 
chair, & elle ronge fi exactement celle 
des petits oifeaux dont elle peut venir 
à bout, que M. Klein propofe de lui 
donner leur fqueiette à préparer (b). 
Elle fe diftingue entre toutes les autres 
par fon acharnement contre la chouette^Cy). 
M. le vicomte de Querhoënt a remarqué 
qu'elle ne perce pas toujours les grains 
de chenevis comme les autres méfanges , 
mais qu'elle les caffe quelquefois dans 
Ton bec comme les ferins & les linottes } 
il ajoute qu'elle paroît plus avifée que 
les autres , en ce qu'elle fe choifit pour 
l'hiver un gîte plus chaud & de plus 
difficile accès : ce gîte n'eft ordinaire- 
ment qu'un arbre creux ou un trou de 



(h ) II confeiïïe îa précaution d'enlever aupa- 
ravant la plus grande partie des chairs & de la 
cervelle de l'oifeau, dont on veut a\oir le fque- 
iette bien diflequé. 

(c) Gefner prétend qu'étant plus petite , elle 
eft auffi plus douce & moins méchante , mais il 
paroît que ce n'eil qu'une conjecture fondée fur 
un raifonnement très - fautif, au lieu que ce que 
je dis eft fondé fvy: Tcbfervauon, 



de la Mefange bleue. \ 3 ï 

muraille •, mais on fait bien qu'il y a du 
choix à tout, 

La femelle fait fon nid dans ces même* 
trous , & n'y épargne pas les plumes ; 
elle y pond au mois d'avril un grand 
nombre de petits œufs blancs *, j'en ai 
compté depuis huit jufqu'à dix-fept dans 
un même nid j d'autres en ont trouvé 
jufqu'à vingt-deux, auffi paffe-t-elle pour 
la plus féconde*, on maffure qu'elle ne 
fait qu'une feule couvée, à moins qu'on 
ne la trouble & qu'on ne l'oblige à re- 
noncer fes œufs , avant qu'elle les ait fait 
éclore , & elle les renonce aflez facile- 
ment pour peu qu'on en caflè un feul , 
le petit fût-il tout formé , & même pour 
peu qu'on y touche-, mais lorfqu'une fois 
ils font éclos , elle s'y attache davantage 
& les défend courageufement -, elle fe 
défend elle-même, & fouffle d'un air 
menaçant lorfqu'on l'inquiète dans fa 
prifon -, le mâle paroît fe repofer plus 
à fon aife, étant accroché au plafond 
de fa cage que dans toute autre iîtuation. 
Outre fon grincement défagréable, elle 
a un petit gazouillement foihle , mais 

F rj 



i j 2 HiJIolre Naturelle 

varié, & auquel on a bien voulu trou-' 
ver quelque rapport avec celui du pinfon. 
M. Fnfch prétend qu'elle meurt dès 
quelle eft en cage, & que, par cttte rai- 
fon, Ton ne peut remployer comme ap- 
pelant *, j'en ai vu cependant qui ont 
vécu plufieurs mois en captivité, & qui 
ne font mortes que de gras-fondure. 

Schwenckfeld nous apprend qu'en 
Siléûe on voit cette méfange en toute 
iaifon dans Jes montagnes *, chez nous , 
ce font les bois où elle fe pîaît, fur-tout 
pendant l'été, Se enfuite dans les vergers, 
les jardins, &c. M. Lottinger dit qu'elle 
voyage avec la charbonnière, mais que 
•ctttc fociété eft telle quelle peut être 
entre des animaux pétuîans & cruels , 
c'eft-à-dire , ni paifible ni durable. On 
dit cependant que la famille refte plus 
long-temps réunie que dans les autres 
efpèces (d). 

La mélange bleue eft fort petite, puif- 



(l r, r . 



«mM 



(à) Journal de Phyfique de M. l'abbé Rofier, 
\oût 1776. 



de la Mcfange bleue. 135 

qu'elle ne pèfe que trois gros*, mais Bé- 
lon , Klein & le voyageur Kolbe ne 
dévoient pas la donner pour la plus pe- 
tite des méfanges. La femeile left un 
peu plus que le mâle*, elle a moins de 
bleu iur la tête, & ce bleu, ainfi que 
le jaune du deffous du corps eft moins 
vif-, ce qui eft blanc dans run & l'autre , 
eft jaunâtre dans les petits qui commen- 
cent à voler*, ce qui eft bleu dans ceux- 
là. , eft brun-cendré dans ceux-ci , & les 
pennes des ailes de ces derniers ont les 
mêmes dimenli^ns relatives que dans les 
vieux. 

Longueur totale , quatre pouces & 
demi-, bec, quatre lignes & demie, les 
deux pièces égales & fans aucune échan- 
crure*, langue tronquée, terminée par 
pluiieurs filets, dont quelques-uns font 
caffés pour l'ordinaire*, tarfe, fix lignes 
& demie; pieds gros & trapes , dit Bé- 
îon, ongle poftérieur le plus fort de tous} 
vol , fept pouces *, queue , vingt-cinq lignes, 
dépaiie les ailes de douze, chacune de 
fes moitiés, compofée de fix pennes eft 
étagée. Les jeunes, en allez grand nom- 



134 Uifoire Naturelle 

bre j que j ai difféqués fur la fin de mai ? 
avoient tous le géiier un peu plus petit 
que leur mère , mais le tube inteftinal 
auffi long} deux légers veftiges de cce- 
cum, point de véficule du fiel. 




de la Moujtache. 135 



"LA MOUSTACHE(a). 

(Quelques Naturalistes ont donné à 
cet oifeau le nom de barbue; mais, comme 



* Voyei les planches enluminées , n.° 6 1 8 , fig. i ? 
le mâle; & fig. i, la femelle. 

(a) Parus barba nigrâ utrimque ah oculis depen- 
dente ; en Allemand , fpitx bartiger, la'igfchwantç, 
Klein , Ordo Avïum > page %6 , n.° vin. 

Pajjer barbants Tndicus ; en Allemand, indianifche 
bart- fperling, moineau barbu des Indes. Frifch, 
clalT. i , div. 1 1, art. 8. 

The bearded tit-moufe , beard manica from hitelani , 
mélange barbue de Judand. Albin, Hift. Nat. des 
Oifeaux, tome I, n.° xlviiî. 

The leaft-burcker - bird , lamas minimus , la petite 
pie-grièche. Edwards , pi. LV. 

Parus biarmicus , vertice cano , caudâ corpore Ion» 
giore , capite barbato. Linnseus, Syft. Nat éd. XIII , 
page 342. Cette phrafe, par laquelle M. Linnaeus 
déilgne ici le mouftache de M. Briiïon , il s'en eft 
fervi ailleurs pour défîgner la mélange à longue 
queue. 

Parus fiipemè rufus > infime cinereo-albus , cum ali» 
quârubedinis mixturâ; vertice dilate- cinereo ; permis 
utrimque fecundum maxillas nïgris , longijjiniis barbula 
éemulis ; redtrïcibus rufis , extimâ exteriàs in exortis 
nigricaim, versus apiçera grifeo- rufijlenpe , inurmQdifc 
lougijJiinU (mas), 



156 Hijloire Naturelle 

ce nom a été confacré fpéciaïement â 
une autre famille d'oifeaux (k), j'ai cru 
devoir ne ie point laifïer à celle-ci , afin 
de prévenir toute confufion. 

Je ne fais il cette méfange cxifte réel- 
lement aux Indes, comme le fuppofe la 
dénomination adoptée par M. Frifch , 
mais il paroît qu elle eft fort commune 
en Danemarck & qu'elle commence à 
fe faire voir en Angleterre. M. Edwards 
parle de plufienrs de ces oifeaux mâles 
& femelles , qui avoient été tués aux en- 
virons de Londres, mais qui y étoient 
encore trop peu connus, dit cet Auteur, 
pour avoir un nom dans le pays. Comme 

Parus fupernè ruf us , maculis longitudinalibus nigri* 
iantihus parias , infime cinereo-albus ; veniez obfiurè 
fiifco ; reclricibus binis intermediis rufis , fateralibus 
mgricantibus , apice albis , intermediis longijfimis . . . 
(facmina). Parus bàrbatus, la méfange barbue ou le 
mouftache. tfrijjbn, tome [H, page 567. 

Parus barbaius, feu pajjerculus arundinaceus ; en 
Efp agnol, pawfblino barbette dclle paludi. SaiernÇj 
Hift. Nati des Oîfiavx , page 217. La figure ne s'ac- 
corde point avec la defeription. 

fé/C'eft le genre des barbus de M. Brîflbn, 
tome IV, page Cl, oifeaux qui ont, comme notre 
coucou, deux doigts en avant & deux en arrière. 



; de la Mouflache. 137 

M. me la comtefle d'Albermale en avoit 
rapporté du Danemarck (c)> une grande 
cage pleine ? ce font fans doute quelques- 
uns de ces prifonniers échappés^, qui fe 
feront multipliés en Angleterre, & qui 
y auront fondé une Colonie nouvelle} 
mais d'où venoient ceux qu'Albin avoit 
oui dire qu'on trouvoït dans les provinces 
d'Eifex & de Lincoln , & toujours dans 
les endroits marécageux? 

Il feroit à defirer que Ton connût 
plus exactement les mœurs de ces oifeaux, 
leur hiftoire pourroit être cirrieufe, du 
moins à juger par le peu qu'on en fait : 
on dit que torfqu'ils repofent, le mile 
a foin de couvrir fa compagne de les 
ailes *, & cette feule attention 5 fi elle étoit 
bien conftatée, en fuppoferoit beaucoup 
d'autres, & beaucoup de détails intéref- 
fans dans toute la fuite des opérations 
qui ont rapport à la ponte. 

Le trait le plus cara&érifé de la phy- 



(c) Je fuis furprîs que cet oifeau étant auflï 
commun en Danemarck , Ton nom ne fe trouve 
point dans le Zoologue Danlca vrodromas de 
M, Mulier. 



N 



138 Hijloire Naturelle 

fîonomie du mâle, c'eft une plaque noire 
à peu-près triangulaire qu'il a de chaque 
côté de îa tête* la bafe de ce triangle 
renverfé s'élève Un peu au - defîlis des 
yeux, & fon fommet dirigé en embas, 
tombe fur le cou à neuf ou dix lignes 
de la bafe : on a trouvé à ces deux pla- 
ques noires , dont les plumes font allez 
longues, quelque rapport avec une mouf- 
tache -, & de-là les noms qui ont été 
donnés dans tous les pays à cet oifeau. 
M. Frifch croit qu'il a de l'analogie avec 
le ferin , & que les individus de ces 
deux efpèces pourroient s'apparier avec 
fuccès*, mais, ajoute-t-il, l'efpèce mouf- 
tache eft trop rare pour que l'on puifîe 
multiplier fuffif mment les expériences, 
qui feroient néceflaires pour décider la 
queftiom Cette opinion de M. Frifch ne 
peut fubfifter avec celle de MM. Edwards 
&Linna;us, qui trouvent à la mouftache 
beaucoup d'affinité avec la pie-grièche ', 
toutefois ces deux opinions , quoique 
contradictoires, ont un réfultat commun, 
c'eft que les trois Obfervateurs ont vu 
le bec de la mouftache plus gros que ne 
l'cll ordinairement celui des mélanges, 



de la Mouftache. 139 

& que par conféquent cet oifeau pourroit 
être renvoyé aux demi-fins. D'un autre 
côté, M. Lottinger m'aflure qu'il niche 
dans des trous d'arbres , & qu'il va fou- 
vent de compagnie avec la méfange à 
longue queue \ ce qui , joint à l'air de 
famille & à d'autres rapports dans la taille, 
ïa forme extérieure, la contenance, les 
habitudes, nous autorife à le laiffer parmi 
ïes mélanges. 

Le mâle a la tête d'un gris-de-perïe; 
la gorge & le devant du cou , d'un blanc- 
argenté \ la poitrine , d'un blanc moins 
pur, teinté de gris dans quelques indi- 
vidus, de couleur de.rofe dans les au- 
tres •, le refte du deflbus du corps rouf- 
fatre *, les couvertures inférieures de la 
queue , noires \ celles des ailes , d'un blanc- 
jaunâtre *,, le defius du corps, roux-clair-, 
le bord antérieur des ailes , blanc *, les 
petites couvertures fupérieures , noirâ- 
tres*, les grandes bordées de roux*, les 
pennes moyennes de même, bordées in- 
térieurement d'un roux plus clair ', les 
grandes pennes bordées de blanc en de- 
hors *, celles de la queue entièrement 
ronfles, excepté la plus extérieure qui 



140 Hifîoire Naturelle 

eft noirâtre à fa bafe , & d'un cendré-? 
roux vers fon extrémité -, l'iris orangée', 
ïe bec jaunâtre & les pieds bruns. 

Dans la femelle , il n'y a aucune teinte 
rouge fous le corps, ni plaques noires 
aux côtés de la têtc^ celle-ci eft brune 
ainfi que les couvertures inférieures de 
îa queue 5 dont les pennes latérales font 
noirâtres, terminées de blanc. La femelle 
eft auffi un peu plus petite que le mâle. 

Longueur totale de ce dernier , fix 
pouces un quart-, bec, moins de fix lignes, 
îe fupérieur un peu crochu , mais fans 
aucune échancrure, dit M. Edwards lui- 
même , ce qui ne refîemble guère a une 
pie-grièche # , tarfe, huit lignes & demies 
vol, fix pouces & demi*, queue, trente- 
fix lignes , compofée de douze pennes 
étagées*, en forte que les deux extérieures 
n'ont que la moitié de la longueur des 
deux intermédiaires; dépafle les ailes de 

' X 

vingt-fept lignes. 




3T. 



Pl*ULpqa. 2,LO 




CzBanon Sculp 



i. LA MOUSTACHE mafc.2. Jkfeine&r- 



(lu Reml^. 1 4 1 

¥ L£ RE Ali Z (a). 

jVl. Edwards foupçonne (/^e 8c plan- 
thé jjjj que cette méfange, repréientée 



*ma* 



* Voyt\ les planches enluminées, ;;.° 618 , jSg*. 3. 
f d y Par«5 paluflris niium fufpendens. Monti , 
Comment. Injlitut. Bonon. tome II, part. il, 
page 56. 

Parus minimus, quibufdam acanthis Romana ; en 
Allemand, weiden-meife (méiarge des faufes); en 
Polonois, reme\, remis, remi%, remi\awy ptak, rc- 
tnic^j remit fdi K remifeh, romifeh (oifeau Romain); 
en Ru fie, remeffof ; à Bologne, pendolino. Daniel 
Titius, dans fa defeription. Leipjick , 1755, 

Parus nidum fufpendens. Rzaczynski, AuStuar. 

Polon. page 402. Ro-hemorum maudieek aviculam, non 

fine r&jïndt'.one pendulinum dixerim. Idem. Hifl. Polou. 

en quoi, dit Daniel Titius, Rzaczynski me paroît 

s'être trompé, page 38. 

Païus Lithuaniens nidum fufpendens. Kîein , Ordo 
Avium, page 86 ; en Allemand, die volhinifche 
beatelmeifje, Klein, cité par Dan. Titius. 

Parus montanus , en Angïois , the mountain tire , 
er tit-moufe. Albin , Hifl. Nat. des 1 féaux , 
tome III, pi. 57. 

Parus capite fuù fer rugi neo ; fafciâ oculavi nigrâ ; 
remigibuSi reëfricièujque fufiis , margiiw utroque ferra- 



142 Hijloire Naturelle 

cfcns l'Ouvrage d'Albin > tome III ô plan- 
che yj, efl: la même que la méfange bar- 
bue , repréfentée - tome I, planche 48 ; 
mais ce fpupçon meparoît démenti ,i.°par 
les figures mêmes citées, lefquelles font 
différentes, & repréfentent chacune aflez 
fidèlement Toifeau dont le nom eft au 



gineo. Pendulinus. Linnaeus, Syfl. Nat. éd. XIII, 
Gen. 316, Sp. 13, page 343. 

Pendulus ; en Autrichien , rohrfpati , pcrjïanifcher 
Jpat%, turquifeher Jpat%. Kramer, EUnchus Âuftr. 
inf page 373. 

Remès. Gmelin, Voyage en Sibérie, tome II, 
page 203. 

Parus fipemè grifeus cum aliquâ in derfi fupremo 
rufefeentis mixturâ, infernè albo-rufefeens ; collo fupe- 
riore cinereo ; collo inferiore & pefîore albo-cinereis; 
vertice albido ; fyncipite & taenia per oculos nigris ; 
re&ricibtts fofiis * albo fimbriatis. . . . Parus Po/o- 
nieus Jive pendulinus , la méfange de Pologne ou le 
remiz. Sriffbn, tome III, page 565* 

Le nom de picus nidum fufpendens , qu'Aîdro- 
vande a donné au loriot , & qu'il a emprunté de 
Pline, convient beaucoup mieux au remiz. Quel- 
ques-urs ont diftingué un remiz de terre & un 
remiz aquatique ; mais probablement celui-ci efl 
i'ortoian de rofeaux. Enfin l'Auteur anonyme d'un 
Mémoire inféré dans le Journal de Phyfîque du 
mois d'août 1776, donne au remiz le nom de 
méfange de marais* 



du RemiT. 143 

bas*, 2.° par la taille, puifque, fuivant 
Albin , la méfange barbue pèle plus de 
neuf gros , & qu il fait le remiz égal à 
la méiange bleue qui pèfe trois gros feu- 
lement-, 3. par le plumage, & notam- 
ment par la bande noire qu'ont ces deux 
oifeaux de chaque côté de la tête, mars 
pofëe tout autrement d^ns l'un & dans 
l'autre -, 4. enfin , par la différence de 
climat, Albin affignant pour fon féjour 
ordinaire, à la méfange barbue, quelques 
provinces d'Angleterre, & au remiz l'Al- 
lemagne & l'Italie. D'après tout cela, 
M. rs Kramer & Linnazus ne me femblent 
pas mieux fondés à foupconner que ces 
deux méfanges ne diffèrent entr'elles que 
par le fexej & j'avoue que je n'aperçois 
pas non plus la grande aftmité que M. Ed- 
wards 8c le mime M. Lîrinjgiîs ont cru 
voir entre ces deux oifeaux d'une part, 
& les pies-grièches de l'autre : à la vérité 
ils ont, comme les pies-gricches , un ban- 
deau noir fur les yeux, & le remiz fait 
ourdir, comme elles, les matériaux dont 
il compofe fon nid*, mais ces matériaux 
ne font pas les mêmes , ni la manière 
d'attacher le nid, non plus que le bec 5 



144 Hîjtoirc Naturelle 

les ferres, la nourriture , la taille, les pro- 
portions, la force, les allures, &c. fuivant 
toute apparence M. Edwards n'avoit point 
vu le remiz , non plus que les autres 
Naturaliftes qui ont adopté fon avis *, un 
leul coup-d'œil, fur le n.° 6 rS de nos 
planches enluminées, eût fuffi pour les 
défabufer. 

Ce qu'il y a de plus curieux dans 
ï'hiftoirc des remiz, c'efè l'art recherché 
qu'ils apportent à la conftruâion de leur 
nid 3 ils y emploient ce duvet léger qui fe 
trouve aux aigrettes des fleurs du fauie, du 
peuplier, du tremble, du juncago, des char- 
dons des piffenlis , de l'herbe aux mouche- 
rons , de la mafle d eau , &c. ( b ) ; ils 



É— I 



(b) Comme les fautes & les peupliers fleu- 
rirent avant la maiïe d'eau , les remiz emploient le 
duvet des fieurs de ces deux efpèces d'arbres dans 
la conftructîon du nid où ils font leur première 
ponte ; & les nids travaillés avec ce duvet font 
moins fermes, mais plus blancs que ceux où le 
duvet de la maffe d'eau a été employé : c'eft, dit- 
on, une manière afiez fûre de diftinguer une pre- 
mière ponte d'une féconde & d'une troifième. 
On trouve auiïi de ces nids faits de gramen des ma- 
rais, de poils de cafter, de ia matière cotonneufe 
des chardons 9 &c. 

favent 



/ 



du Remît. 14 j 

(avent entrelacer avec leur bec cette ma- 
tière filamenteufe & en former un tiiiti 
épais & ferré , prefque femblable à du 
drap -, ils fortifient le dehors avec des 
fibres & de petites racines qui pénètrent 
dans la texture , & font en quelque forte 
la charpente du nid*, ils garniffent le dedans 
du même duvet non ouvré (cj 3 pour qug 
leurs petits y foient mollement-, ils le 
ferment par en haut afin qu'ils y foient 
chaudement , & ils le fufpendent avec du 
chanvre , de l'ortie , &c. à la bifurcation 
d'une petite branche mobile , donnant 
fur une eau courante, pour qu'ils foient 
bercés plus doucement par la liante 
élafticité de la branche -, pour qu'ils fe 
trouvent dans l'abondance , les infectes 
aquatiques étant leur principale nourri- 
ture (d); enfin, pour qu'ils foient en 

(c) Quelquefois ce duvet, cette matière coton- 
neufe eft pelotonnée en petits globules, qui ne 
rendent pas l'intérieur du nid moins mollet ni 
moins doux. 

(d) M. Monti a trouvé f dans l'eftomac de ces 
oifeaux, des infectes extrêmement broyés, & n'y 
a trouvé que cela. 

Oifcaux , Tome X. G 



14 6 Hijîoire Naturelle 

fureté contre les rats , les lézards , les 
couleuvres & autres ennemis rampans , 
qui font toujours les plus dangereux: & 
ce qui femble prouver que ces intentions 
ne font pas ici prêtées gratuitement à ces 
oifeaux, c'eft qu'ils font rufés de leur 
uaturel, & il rufés que, fuivantM. rs Monti 
& Titius, Ton n'en prend jamais dans 
les pièges (e) 3 de même qu'on Ta re- 
marqué des carouges , des caffiques du 
nouveau monde, des gros-becs d'Abyffi- 
nie & autres oifeaux qui fufpendent aufïï 
leurs nids au bout d'une branche. Celui 
du remiz refTemble tantôt à un fac, tantôt 
à une bourfe fermée , tantôt à une corne- 
mufe aplatie, &c. (f)j il a fon entrée 



•■pi 



(e) On les furprend quelquefois dans le nid, 
ajoute Titius, au coucher da foîeil, ou iorfque 
le temps eft nébuleux & chargé de brouillards. 

(f) Cajetan Monti en a fait deffiner un , & 
Daniel Tkius deux: ces trois nids diffèrent non- 
feuîement entr'eux, mais de celui qu'a fait deffiner- 
Bonanni, & pour la grandeur & pour la forme: 
Je plus grand de tous (Titius, pi. 2), avoit fept 
pouces de longueur & quatre & demi de largeur ; 
ïï étoit fufpendu à la fourche d'une petite bran- 
che avec du chanvre & du lin ; Je plus petiç 

", i) ? e'toit long de cinq pouces & demij 



du Remiç. 147 

dans le flanc, prefque toujours tournée 
du côté de l'eau, & fituée tantôt plus 
haut , tantôt plus bas : c'eft une petite 
ouverture à peu-près ronde, d'un pouce 
& demi de diamètre & au-deflbu$„dont 
ie contour fe relève extérieurement en 
un rebord plus ou moins faillant (g) ■> $c 



large de même à fa partie fupérieure , & fe ter- 
minent en une pointe obtufe ; c'eft, félon Titius, 
ia forme la plus ordinaire : celui de Monti étoit 
pointu en haut & en bas. Titius foupçonne que ies 
remiz ne font qu'ébaucher leurs nids à la pre- 
mière ponte, & qu'alors les parois en font minces 
& le tiffu tout-à-fdit lâche , mais qu'à chaque 
nouvelle ponte ils les perfectionnent & les forti- 
fient, & qu'en les défaifant, on reconnoît ces cou- 
ches additionnelles toujours plus fermes en deho s f 
plus mollettes en dedans : & de-là on déduit aifé- 
ment les différences de forme & de grandeur 
qu'on obferve entre ces nids. On a trouvé , fur ia 
fin de décembre 1691 , près de Brefîaw , une 
ienu-iïe tarin dans un de ces mêmes nids, avec? 
un petit éclos Se trois œufs qui ne ï'étoient pas 
encore ; cela prouve que les nids des remiz fub- 
fiftent d'une année à l'autre. Titius ajoute qu'on 
ne doit pas être furpris de voir un tarin couvant 
l'hiver, puifqu'on fait que les becs croifés font do 
même. 

(g) Àldrovande a donné la figure de ce nid 
qu'il a cru être celui de la méfange à longue 

Gij 



Ï48 Hljloire Naturelle 

quelquefois elle eft fans aucun rebord. 
La femelle ny pond que quatre ou cinq 
œufs, ce qui déroge notablement à la 
fécondité ordinaire des méfanges , dont 
ïes remiz ont d'ailleurs le port d le bec, 
le cri & les principaux attributs. Ces œufs 
font blancs comme la neige, la coque en 
eft extrêmement mince , auffi font -ils 
prefque tranfjparens. Les remiz font or- 
dinairement deux pontes chaque année g 
îa première en avril ou mai , & la féconde 
au mois d'août ^ il eft plus que douteux 
qu'ils en fafTent une troifième. 



queue , quoiqu'il fût très - bien que Poifeau qui 
Tavoit fait, s'appeloit pendulino. Voyez ion Orni- 
thologie, tome 1 1, page 7 18 , on y voit deux de ces 
nids accolés enfembie, cela rappelle ce que dit 
Rzaczinski de ces nids de remiz à double entrée 
que Ton trouve dans Ja Pokutie, fur les rives de 
îa Byftrikz. Un Auteur anonyme , dont le Mé- 
moire eft dans le Journal de Phyiique, août 1776, 
page 129, va plus loin qu'Aldrovande , &., après 
avoir comparé le remiz & la méfange à longue 
queue, trouve beaucoup d'analogie entre ces deux 
oifeaux. Cependant, en fui van t exactement fa mé- 
thode de comparaifon, il eût trouvé que le remiz 
a le bec & les pieds plus longs à proportion, la 
queue plus courte, l'envergure aufli & le plumage 
"fièrent. 



du Remi^. 149 

On voit des nids de remiz clans les 
marais des environs de Bologne 3 dans 
ceux de laTofcane, furie lac Trazymène* 
& ils font faits précifément comme ceux 
de la Lithuanie , de la Volhinie , de la 
Pologne & de l'Allemagne •, les gens 
fimples ont pour eux une vénérations 
fuperftitieufe ; chaque cabane a un de 
ces nids fufpendu près de la porte*, les? 
propriétaires le regardent comme un 
véritable paratonnerre * & le petit archi- 
tecte qui le conftruit , comme un oifeau 
facré. pl^f^oit tenté de faire un repro- 
che àr la Nature de ce qu'elle n'eft point 
aiTez avare de merveilles , puifque chaque 
merveille eft une fource de nouvelles 
erreurs. 

Ces méfanges fe trouvent auffï dans îa 
Bohème , la Siléfie , l'Ukraine , laRufîie , la 
Sibérie, par-tout en un mot où croiffent les 
plantes, qui fourni/lent cette matière co- 
tonneufe dont elles fe fervent pour cons- 
truire leur nid (h) ; mais elles font rares 



3«,u » <rn 3— — ai n » i i h —o—ct— g—a— aumm iP 



(h) Daniel Titius remarque qu'en effet H y a 
beaucoup de marécages & d'arbres ou plantes 
aquatiques ? telles que fautes, aunes, peupliers, 

C** • • • 



i j o Hijîoire Naturelle 

en Sibérie, félon M. Gmelin (i)* & 
elles ne doivent pas non plus être fort 
communes aux environs de Bologne , 
puifque , comme nous l'avons dit plus 
haut, AIdrovande ne les connoifibit pas : 
cependant M. Daniel Titius regarde l'I- 
talie comme le vrai pays de leur ori- 
gine (k)j d'où elles ont pafië par l'Etat 
dt Venife , la Carinthie & l'Autriche 
dans le royaume de Bohème , la Hongrie, 
la Pologne & les contrées encore plus 
feptentrionales. Par- tout , ou prefque par- 
tout elles fe tiennent dans les terreins 
aquatiques, & favent fort bien fe cacher 
parmi les joncs & les feuillages des 
arbres , qui croiffent dans ces fortes de 
terreins. On affure qu'elles ne changent 



jacées; a fl 'ers, hierac i um, j 'un cago , &c. dans la Vol- 
hinie, la Poléfie, la Lithuanie & autres cantons 
de îa Pologne que les remiz femblent aimer de 
préférence. 

(i) Voyage en Sibérie, tome II y pape 203. 
Le Confeiller J. Ph. de Strahlenberg avoit obfervé 
ces oifeaux en Sibérie avant M. Gmelin , félon 
Daniel Titius. 

(h) C'eft de-îà que leur font venus les noms de 
ïomifch; d'acanrhides Roman*, d'oifeaux Romains, 



du Remiç. i pi 

point de climat aux approches de 
l'hiver ( l). Cela eft facile à comprendre 
pour les pays tempérés où les infeftes 
paroiffent toute Tannée*, mais, dans les 
pays plus au Nord, je croîrois que les 
remiz changent au moins de pofîtion. 
pendant les grands froids, comme font 
les autres méfanges , & qu'ils fe rappro- 
chent alors des lieux habités. M. Kramer 
nous apprend en eftet qu'on en voit 
beaucoup plus l'hiver qu'en toute autre 
faifon aux environs de la ville de Pruck y 
fituée fur les confins de l'Autriche Se de 
la Hongrie , & qu'ils fe tiennent tou- 
jours de préférence parmi les joncs & les 
rofeaux. 

On dit qu'ils ont un ramage , mais ce 
ramage n'eft pas bien connu , & cepen- 
dant on a élevé, pendant quelques années, 
de jeunes remiz pris dans le nid , leur 
donnant des œufs de fourmi pour toute 
nourriture (m): il faut donc qu'ils ne 
chantent pas dans la cage. 



(I) Ca-etan Monti & Daniel Tkius. 
(m) Daniel Tkius , pages 24 & 44 II dit ail- 
leurs qu'ils chantent mieux que la mélange à 

Giv 



IJ2, Hijîoire Naturelle 

Le plumage de cet oifeau eft fort vul- 
gaire -, il a ie fommet de la tête blan- 
châtre ; l'occiput & le deffus du cou # , 
cendrés (n) ; tout le defTus du corps 
gris , mais teinté de roufsâtre dans la 
partie antérieure •, la gorge & tout le 
defîous du corps , blanc , teinté de gris- 
cendré fur i avant , & de roufsâtre fur 
l'arrière \ un bandeau noir fur le front qui 
s'étend horizontalement de part & d'autre 
fur les yeux & fort au-delà des yeux-, 
les couvertures fupérieures des ailes , 
brunes, bordées d'un roux qui va fe 
dégradant vers leur extrémité j les pennes 
de la queue & des ailes, brunes auffi , mais 
bordées de blanchâtre-, le bec cendré*, les 
pieds cendré-rougeâtre, 

II paroît, d'après la defcription de 
M. Cajetan Monti, qu'en Italie ces oi- 
feaux ont plus de roux dans leur plu* 
mage, & une légère teinte de vert fur 



longue queue, laquelle chante fort bien fuivant 
Bélen. 

(n) Daniel Tirius a vu une tache noirâtre aux 
environs de la première vertèbre du cou , & une 
autre aux environs de l'anus. 



du Rcml^. i j 3 

les couvertures fupérieures des ailes , &c. 
& d'après celle de M. Gmelin , qu'en 
Sibérie ils ont le dos brun , la tête blan- 
che & la poitrine teintée de roux *, mais 
ce ne font que des variétés de climat , 
ou peut-être de fîmples variétés de def- 
cription -, car il fuffit de regarder de plus 
près, ou dans un autre jour, pour voir un 
peu différemment. 

La femelle , fuivant M. Kramer , n'a pas 
le bandeau noir comme le mâle *, fuivant 
M. Gmelin elle a ce bandeau , & en outre 
la tête* plus grife que le mâle , 8c le dos 
moins brun *, tous deux ont l'iris jaune Se 
la pupille noire, & ils ne font guère plus 
gros que le troglodyte , e'eft-à-dire , qu'ils 
font à peu-près de la taille de notre 
méfange bleue. 

Longueur totale, quatre pouces & 
demi*, bec, cinq lignes*, le fupérieur un 
peu recourbé *, l'inférieur plus long dans 
les jeunes (o) ; tarfe, fix lignes & demi-, 



(o) Rofirum fubito decrejeens in fummum acumen* 
Titius , ^<zg<2 19. Rofîrum paulatim defïnens in apicem* 
Titius ? page 23. M. Klein dit que cette méfange 

G y 



ij4 ffifloire Naturelle 

ongles frès-âîgus, le poftérieur îe plus 
fort de tous*, vol, fept pouces un tiers, 
queue, deux pouces , compofée de douze 
pennes , un peu étagées, dépaffe les ailes 
de treize lignes. 



eft, après la charbonnière, celle qui a îe plus long 
bec, il auroit dû dire aufii après îa mouftache &: 
la méfarge de Sibérie, fans parier de plufieurs 
méfanges étrangères. 







de la Penduline. i 5 j 



«tcfcmafSMRJ 



* L^ P£^D ULINE (a). 

NL 9 Monti croyoît que le remiz étoit 
îe feul parmi les oifeaux d'Europe , qui 
fufpcndît fon nid à une branche (b) ; 
maîs,lans parler du loriot qui attache quel- 
quefois le fien à des rameaux foibles & 
mobiles , & à qui M. Frifch a attribué 
celui de la méfange à longue queue (c) 3 
Voici une efpèce bien connue en Langue- 



* Vovex les planches enluminées, n.° 708, où cet 
oifeau eft repréfenté fig. 1 , fous le nom de me- 
Jange du Languedoc. 

(a X On l'appelle vulgairement en Languedoc, 

^canari fauvage ; & plus vulgairement encore debap- 

faire. L'oifeau & le nid ont été envoyés par M. de 

Ja BrouflTe. Maire d'Aramont, député des États 

du Languedoc. 

( b ) Vovex la Coîïeâion académique , partie 
étrangère , tome X , page 37 1 , académie de J5o- 
logne. 

(c ) Cette méprife étoit d'autant plus facile à 
éviter , que le nid du loriot eft fait en coupe, 
ouvert par deffus, & que cet oifeau n'y emploie 
jamais ce duvet végétal que fourniffent les rieurs 
& les feui'ies de certaines plantes, lors même qu'il 
y en a abondance autour de lui. 

G v) 



i j 6 Hijîoire Naturelle 

doc , quoique tout-à-fait ignorée des Na< 
turaliftes, laquelle fait fon nid avec au- 
tant d'art que le remiz de Pologne , qui 
femble même y employer une induftrie 
plus raifonnée , & qui mérite d'autant 
plus notre attention, qu'avec ïes mêmes 
talens elle n'a pas à beaucoup près la 
même célébrité : on peut la regarder 
comme étant analogue au remiz , mais 
non comme une {impie variété dans cette 
efpèce *, les traits de difparité que Ton 
peut obferver dans la taille , dans les pro- 
portions des parties , dans les couleurs 
du plumage , dans la forme du nid , &c* 
étant plus que fuffifans pour conftituer 
une différence fpécifique. 

Je lui ai donné le nom dependulîne ^ qui 
préfente à l'efprit la fîngulière conftruc- 
tion de fon nid *, ce nid eft très-grand , 
relativement à la taille de l'oifeau -, il eft 
fermé par-deffus , prefque de la grofleur 
& de la forme d'un œuf d'autruche: fon 
grand axe a fîx pouces •, le petit axe trois 
& demi 5 elle le fufpend à la bifurcation 
d'une branche flexible de peuplier, que 
pour plus grande foîidité elle entoure de 
laine % fur une longueur de plus de fept à 



de la Pendu Une. i fj 

huit pouces : outre la laine elle emploie 
la bourre de peuplier, de faule, &c. 
comme le rcmiz. Ce nid a Ton entrée par 
le côté, près du deffus, & cztte entrée 
cft recouverte par une efpèce d'avance 
ou d'auvent continu avec le nid, & qui 
déborde de plus de dix -huit lignes. 
Moyennant ces précautions , Tes petits 
font encore plus à l'abri des intempéries 
de la faifon , mieux cachés, & par confé- 
quent plus en fureté que ceux du remiz 
de Pologne. 

Cet oifeau a la gorge & tout le deffous 
du corps blanc-roufsâtre*, le deffus gris- 
roufsâtre , plus foncé que le deffous *> le 
deffus de la tête gris*, les couvertures 
fupérieures des ailes, noirâtres, bordées 
de roux, ainfî que les pennes moyennes» 
mais le roux s'éclaircit vers leur extré- 
mité*, les grandes pennes noirâtres, bor- 
dées de blanchâtre \ les pennes de la 
queue noirâtres, bordées de roux-clair: 
le bec noir : l'arête fupérieure jaune* 
brun -, les pieds de couleur plombée. 

Longueur totale, un peu moins de 
quatre pouces ) bec de nréfange, quatre 



i j 8 HiJIolre Naturelle 

lignes & plus*, tarfe fix lignes 4 , ongîe 
poftérleur le plus fort de tous , peu 
arqué *, queue , onze à douze lignes 5 feroit 
exactement carrée lî les deux pennes ex- 
térieures n'étoient pas un peu plus cour- 
tes que les autres , dépaffe les ailes d'en- 
viron iîx lignes. 




de la Me/ange à longue queue, i j 9 

' " ■' ■'■■ »iii . 1 .. — 

*LA MÉSANGE 

A LONGUE QUEUE ( a ). 

On ne pouvoit mieux cara&énfer ce 
très-petit oifeau que par fa très-longue 



* Voyt\ les planches enluminées , n.° 502 , fig. g. 

(a) A'i7'i3*xoç 0/5S/V0? ( méfange de montagne )• 
Ariftote, Hf/Ï. Animal, lib. VIL1, cap. m. 

Paras mon ti cola, méfange à longue queue, perd- 
fa-queue. Bélon , Kat. des Oiseaux, page 368. 

Paras caudatus ; à Rome, pota^ina. Olina , Uic- 
eelierid , fol. 28. 

— Gefner, ^w, pag. 642. a'v^w/xqç , jEWi & 

VtUttTU 

— Aidrovande, Ornithol. tom. II , pag. 715; 
à Cologne, mtneptker; en Italien, paronyno, puU 
ymylno , pendoliuo, 

— Jonfton , Jves, pag. 86. 

— Willughby , Ornithol pag. 176; en Angle- 
terre, horùcola , plutôt que monticola, ce qui n'tft 
point conforme aux obfervations les plus géué aies, 
dit Daniel Titius , mais peut avoir iieu en Angle- 
terre. 

— Ray , Synopf. p^g. 74 -> A < S- 

— Charleton . Exercit. pag. 96, n.° 4 ; en An- 
glois, long-tailed mountain - tit-moufc* vith a whïtl 
Crown , w'uh - tapper , mourier. 



I 6 o Hljio ire Natu re lie 

queue *, elle efl plus longue en effet que 
tout le refte de la perfonne , & fait elle 



BB— 



■ — Scbwenckfeld , Aviar. Silef. pag. 319 % y en 
Allemand, i&hl-meifi* 

— Rzaczynski , Au&uar. Polon. pag. 404 ; en 
Polonois , JikoTa %dtugim ogonem, 

Long-tailcd tit-moufe. British Zoology 7 pag. 1 15 . 
G. 24, Sp. 5. 

— Albin , Hifl. Nat. des Gif. tom. II , pi. Lvn. 
Parus caudatus capite vario ; parus nidum fufpen- 

àens (cette dénomination eft propre au remiz; on 
verra bientôt la caufe de l'équivoque ). Klein , Qrdo 
Avium, pag. 85, n.° 7. 

Parus caudâ longâ , lardere ; en Allemand , lang* 
fchwantiige-meife , fichwant^- mai fi , \agd - mai fi , 
pfiiwen ftiel ou pfarwen ftiegli% ( queue de poîle ) , 
mor - mai fi , riet - mai fi , bcrg - mai fi , fchnee - mai fi, 
Frifch , tome I , claff. 11, div. 1 , arc. vi , n.° xiv. 

Orites ( monticola ) Moebring ? Avium gênera, 

G - 37* pag. 45- 

Parus vertice albo , caudâ corpore longiore ; en 

Suédois ? ahltita. Linnaeus, Fauna Suecica, n.° 24$; 
& Syft. Nat. éd. XIII, G. 116, Sp. 11. 

— Kramer , Elenchus Auflr. infr. pag. 379, 
n.° 6; en Autrichien, belxmùfi , pfannen-fliel. 

Bouiard , félon Cotgrave; dans i'Orléanois^ , ^er- 
thaqueue ; en Saintonge , çwez/e </e poilon ; dans le 
Verdunois, demoi fille; dans ia Sologne, fourreau,, 
gueule de four. Saierne , Hifl. Nat. des Oifiaux , 
page 216. 

Moiniet ou moignet à Montbard ; </<z/we en d'au- 
tres endroits 7 fans doute à caufe de fa longue- queuç 



de la Méfange à longue queue. 1(5 1 

feule beaucoup plus de îa moitié de la 
longueur totale : & , comme d'ailleurs cette 
méfange a le corps effilé & le vol rapide , 
on la prendroit , lorfqu'elle vole , pour 
une flèche qui fend l'air (b) ; c'eft fans 
doute à caufe de ce trait remarquable de 
difparité, par lequel cet oifeau s'éloigne 
des méfanges, que Ray a cru le devoir 
féparer tout-à-fait de cette famille (c) ; 



traînante ; meunière , matcrat; quelques villageois lui 
donnent auffi le nom de moiïftre , parce que fes 
plumes font prefque toujours hérirTées. Voye\ Jour- 
nal de Phyiique, août 1776, page 129. 

Parus fordidè rofèus, infernè albo confufe mixtus ; 
capite tœniis longitudinalibus albis & nigris varia ; 
tœniâ ad occipitio ad uropygium nigrâ ; re&ricibus tribus 
vtrimque extimis obliqué exteriùs albis , imerius nigris , 
intermediis longijjimis. . . Parus longicaudus , méfange 
à longue queue. Brijjbn , tome III, page 570. 

(b) British Zoology, pag. 115. 

( c ) Avis fui gêner is , & à paris longé diverfï. 
Synopfis y pag. 7g. Les Auteurs de la Zoologie 
Britannique , trouvent que par fon bec plus con- 
vexe que celui des méfanges , & par d'autres petites 
analogies, il fe rapproche beaucoup des pies-griè- 
ches; mais il ne faut qu'un coupd'œilde comparai- 
fon fur la figure de ces oifeaux & fur leur hiftoire , 
pour s'aflurer de la grande différence qu'il y a 
entre une pie-grièche & une méfange à longue 
queue : je fuis furpris que quelque Méthodifte 



i 6 1 Hijloire Naturelle 

mais , comme il s'en rapproche par beau- 
coup d'autres propriétés plus eflentielles > 
je le laiiTerpi 3 avec le plus grand nombre 
des Naturaliftes , dans la pofïeffîon pai(i- 
bîe de fon ancien nom. Hé ! quel autre 
nom pourroit convenir à un petit oifeau 
à bec court & cependant affez fort , qui 
feît fa principale réfidence dans les bois ; 
qui eCt d'un naturel très-remuant & très- 
vif, & n'eft pas un moment en repos # , 
qui voltige fans ceffe de buiflbn en buif- 
ion 5 d'arbufte en arbufte , court fur les 
branches 5 fe pend par les pieds , vit en 
fociétéj accourt promptement au cri de 
fes fembîables 3 fe nourrit de chenilles , 
de moucherons & autres infe6tes , quel- 
quefois de graines, pince les bourgeons 
des arbres qu'il découpe adroitement •, 
pond un grand nombre d'oeufs, enfin 
qui , fuivant les obfervations les plus exac- 
tes (djj a les principaux caractères exté- 



n'ait pas rangé cette dernière avec les motacilïes, 
parmi lefqueîïes eiie aurok très-bien figuré, ayant 
dans là longue queue un mouvement biufque & 
fouvent répété de bas en haut. 
(à) Edon 3 M. Hébert, &c. 



de laMefange à longue queue, i 6 3 

rieurs des mélanges , & ce qui eft bien 
plus décifif, leurs mœurs & leurs allures ? 
il ne s'éloigne pas même abfolument de 
toutes les méfanges par fa longue queue 
étagée 3 puifque la mouftache & le remiz , 
comme nous l'avons vu , en ont une de 
cette même forme 3 qui ne diffère que 
du plus au moins. 

Quant à la manière de faire le nid ? il 
tient le milieu entre les charbonnières & 
le remiz : il ne le cache point dans un 
trou d'arbre où il feroit mal à fon aïfé 
avec fa longue queue •, il ne le fufpend 
pas non plus , ou du moins très-rare- 
ment (e) j à un cordon délié , mais il 
l'attache folidement fur les branches des 
arbriffeaux, à trois ou quatre pieds de 
terre; il lui donne une forme ovale 8c 
prefque cylindrique , le ferme par - defîus > 
laiffe une entrée d'un pouce de diamètre 
dans le côté , & fe ménage quelquefois 

( e J Nunc in alnetis fufpenjîis , mine arhorh ramo 
bifulco impofîtus. Dan. Titïtis , psg. 33. Il peut fe 
faire que cet Auteur ait rencontré pruiieurs de ces 
nids fufpendus ; mais les autres Obilrvateurs s'ac- 
cordent à dire qu'ils font très - rares. Voyc^ ? ci- 
cp'c$+ la note (ij. 



164 ïlijioire Naturelle 

deux iffues qui fe répondent , afin d'évi- 
ter Tembarras de fe retourner ( f ) ; pré- 
caution d'autant plus utile que les pennes 
de fa queue fe détachent avec facilité & 
tombent au plus léger froiïTement (g). 
Son nid diffère encore de celui du 
remiz , en ce qu'il eft plus grand (h)j 
d'une forme plus approchante de la cylin- 
drique*, que le tifîu n'en eft pas aufîî 
ferré , que le contour de fa petite entrée 
ne forme pas communément au dehors 
un rebord faillant (ij; que fon enve- 



( f) l r °y e X Frifch & Rzaczynskî, aux endroits 
cités. 

(g) C'eft ce qui lui a fait donner îe nom de 
perd- fa- queue. 

(h) J'ai mefuré de ces nids, qui avoient environ 
huit pouces de hauteur fur quatre de largeur. 

(i) Cajetan Monti prétend que cela n'a jamais 
ïieu. Oftio'in tubulum protenfi , dit au contraire 
Paniel Titius, page 33. Ces obfervations oppofées 
peuvent être également vraies , pourvu qu'on ies 
reltreigne aux lieux & aux temps où elles ont été 
iaites , & qu'on ne veuille pas les donner pour des 
réfuitats généraux. Il eft probable que ce nid fuf- 
pendu à une branche de fauie avancée fur l'eau , 
fait en forme de fac , compofé de matière coton- 
neufe & de plumes, trouvé en 1745 aux environs 
de Prentzlow, dans la Marche Uckraine, & dont 



de la Mefange à longue queue, i 6 j 

loppe extérieure eft compofée de brins 
d'herbe, de moufle, de lichen j en un 
mot de matériaux plus groffiers, & que 
le dedans eft garni d'une grande quantité 
de plumes & non de matière cotonneufe 
que fourniflent les failles & les autres 
plantes dont il a été parlé à l'article du 
remiz. 

Les mélanges à longue queue pondent 
de dix à quatorze œufs, même jufqu'à 
vingt, tons cachés prefque entièrement 
dans les plumes qu'elles ont amaffées au 
fond du nid: ces œufs font de la grof- 
feur d'une noifette -, leur plus grand dia- 
mètre étant de lix lignes : ils font envi- 
ronnés d'une zone rougeâtre fur un fond 
gris , lequel devient plus clair vers le gros 
bout. 

Les jeunes vont avec les père & mère 



«M 



parle Daniel Tjtïus , page 14 , étoit un nid de me- 
fange à longue queue; car fi Pon vouioit le regar- 
der comme celui d'un remiz, iï Faudrait iuppofer 
que le remiz emp'oïe des plumes dans la confc 
truâion de fon nid, ce qui eft contraire à toutes 
ïes obfervatrons , au lieu que la méfange à longue 
queue les emploie tant au dedans qu'au dehors f 
iîi4Îs beaucoup plus au dedans, I 



i 66 Hifïolre Naturelle 

pendant tout l'hiver, & c'eft ce qui forme 
ces troupes de douze ou quinze qu'on 
voit voler enfemble dans cette faifon , 
jetant une petite voix claire , feulement 
pour fe rappeler -, mais , au printemps, leur 
ramage prend une nouvelle modulation , 
de nouveaux accens (k) j & il devient 
beaucoup plus agréable. 

Ariftote allure que ces oifeaux font 
attachés aux montagnes*, Bélon nous dit 
qu'il les avoit obfervés en toutes contrées , 
& Bélon avoit voyagé *, il ajoute qu'ils 
quittent rarement les bois pour venir 
dans les jardins j Willughby nous apprend 
qu'en Angleterre ils fréquentent plus les 
jardins que les montagnes ', M. Hébert eft 
du même . avis que Willughby , en ref- 
■ii 1 1 ». « . ii. , . i . ii. . . ■. ■ i ■ 

(k) « H chante fi pîaifamment au printemps, 
» dit Béïcn , qu'il n'y a guère autre oifeau qui ait 
îa voix plus hautaine & plus aëree. » Nat. dzs 
Oifeaux. Gefner dit que , dans cette même faifon, 
ia méfange à longue queue dit guickeg , guîckeg. 
Selon toute apparence ce n'eft pas là le chant plai- 
faut dont Béion a voulu parler. D'autres difent 
que cette méfange a la voix foible & un petit cri 
afiez clair, ti , ti, ti , ti; mais ce petit cri n'eQ: 
pas fans doute le ramage qu'elle fait entendre au 
printemps. 



1 

il 



de la Me fange à longue queue, i 6 j 

trergnant toutefois Ton afiertion à l'hiver 
feulement •, félon Gefner, ils neparoiffent 
qu'au temps des froids 5 & ils fe tien- 
nent dans les endroits marécageux & 
parmi les rofeaux, d'où ils ont tiré leur 
nom de méfanges de rofeaux ; M. Dau- 
benton le jeune en a vu des volées au 
Jardin du Roi fur la fin de décembre , & 
m'a appris qu'on en voyoit aflez commu- 
nément dans le bois de Boulogne ; enfin 
les uns'difent qu'ils reftent pendant l'hi- 
ver , les autres qu'ils voyagent -, d'autres 
enfin qu'ils arrivent plus tard que les au- 
tres méfanges, d'où ils ont été nommés 
méfange de neige. Tous ces faits , tous 
ces avis contraires peuvent être & font à 
mon fens également vrais : il ne faut pour 
cela que fuppofer, ce qui eft très-vrai- 
femblabîe , que ces oifeaux varient leur 
conduite félon les circonftances des lieux 
& des temps \ qu'ils reftent où ils font 
bien \ qu'ils voyagent pour être mieux \ 
qu'ils fe tiennent fur la montagne ou 
dans la plaine , dans les terreins kcs ou 
humides , dans les forêts ou dans les ver- 
gers , par-tout en un mot ou ils rencon- 
trent leur fubfiftance & leurs commodi- 



i£8 Hijîoire Naturelle 

tés. Quoi qu'il en foit, ils fe prennent 
rarement dans les trébuchets , & leur chair 
n eft point un bon manger. 

Leurs plumes font prefque décornpo- 
fées , & reffemblent à un duvet fort long -, 
ils ont des elpèces de fourcils noirs, les 
paupières fupérieures d un jaune-orangé \ 
mais cette couleur ne paroît guère dans 
les fujets defféchés*, le defîus de la tête, 
la gorge & tout le deHous du corps blanc, 
ombré de noirâtre fur la poitrine & quel- 
quefois teinté de rouge fur le ventre , fur 
les flancs & lous la queue : le derrière du 
cou noir, d'où part une bande de même 
couleur qui parcourt toute la partie fupé- 
rieure du corps, entre deux larges ban- 
des d'un rouge faux -, îa queue noire , 
bordée de blanc \ la partie antérieure de 
l'aile noire & blanche *, les grandes pen- 
nes noirâtres, les moyennes auffl, mais 
bordées de blanc , excepté les plus pro- 
ches du corps qui le font du même roux 
que le dos', le fond des plumes cendré- 
foncé *, Tiris grife -, le bec noir , mais gris 
à la pointe , & les pieds noirâtres. 

La bande blanche du fommet de la 
tête s'élargit plus ou moins, & quelque- 
fois 



de la Me/ange à longue queue, i 6 9 , 

fois gagne tellement fur les bandes noires 
latérales , que ïa tête paroît toute blan- 
che : dans quelques individus , le deflbus 
du corps eft tout blanc *, tels étoient ceux 
.qu'a vus Bélon , & quelques-uns que j'ai 
obfervés moi-mênij?. Dans les femelles , 
les bandes latérales de la tète ne font que 
noirâtres ou même variées de blanc Sç 
de noir , & les couleurs du plumage ne 
font ni bien décidées ni bien tranchées. 
Cet oifeau ne furpafle guère le roitelet 
en grofîeur: il pèfe environ cent qua- 
torze grains *, comme il tient fes plumes 
prefque toujours hériffées , il paroît un 
peu plus gros qu'il n eft réellement. 

Longueur totale , cinq pouces deux 
tiers*, bec, trois lignes & demie, plus 
épais que celui de la mélange bleue , îe 
fupérieur un peu crochu'*, la langue un 
peu plus large que celle de cette même 
mefange bleue , terminée par des filets ; 
tarfe, fept lignes & demie*, ongle pofté- 
rieur le plus fort de tous *, vol , fix pou- 
ces & demi *, queue, trois pouces & demi , 
compofée de douze pennes inégales, irré- 
gulièrement étagées , & toujours augmen- 
tant de longueur depuis la plus extérieur 

Olfeaux 4 Tome X m H 



2 



îjQ HiJIoire Naturelle 

qui a dix- huit lignes, jufqu'à la cinquiè- 
me qui en a quarante - deux , plus ou 
moins j la paire intermédiaire n'en a que 
trente-neuf au plus , & eft à peine égale 
à la quatrième (l) l la queue dépafle les 
ailes d'environ deux pouces & demi. 

Tube inti ftinal , quatre pouces *, je n'ai 
aperçu qu'un léger veftige de cœcum \ 
géfier muiculeux 5 contenoit des débris de 
matières végétales & d ? infe<5tes , un frag- 
ment de noyau , point de petites pierres. 



(l) Je l'ai vérifié fur nombre d'individus; mais, 
comme ces pennes fe détachent facilement 9 on 
pourroit , fi Ton n'y prenoit garde , tomber dans 
que.ques méprifes. Béion dit que cette méfange a 
la queue fourchue comme l'hirondelle , & il dit en 
même temps que cette queue eft étagée; il faut 
donc que , dans l'individu qu'a vu Bélon , les pennes 
de ia queue fe fuflent féparées par quelque caufe 
accidentel e en deux parties , au lieu que , dans ieur 
lituation naturelle , elles font fuperpofées les unes 
aux autes, au point que la queue paroît fort étroite. 
Daniel Titius s'eft auffi trompé, en difant que la 
paire intermédiaire étoit la plus longue de toutes; 
c'eft la cinquième paire qui furpafle toutes k$ 
autres en longueur. 



t ■ JC 



7*1 • y/ >/L>tij j~-l> 




t>e Sevc èei 



TUA. M\ù SAN GE, A LONGUE QUEirE . 



dit petit Deuil. ijl 



LE PETIT DEUIL, 

J'appelle ainfi une petite méfange que 
M. Sonnerat a rapportée du cap de Bon- 
ne-efpérance , & dont il a fait paroître 
la defeription dans le Journal de Phyfî- 
que. Les couleurs de fon plumage font 
en effet celles qui conftituent le petit 
deuil 5 du noir, du gris, du blanc: elle a 
ïa tête , le cou , le defliis .& le defîbus du 
corps d'un gris-cendré clair-, les pennes 
des ailés noires , bordées de blanc •, la queue 
noire defliis , blanche deflb.us •, l'iris, le 
bec & les pieds noirs. 

Cette méfange fe rapproche des pré- 
cédentes , fur-tout de ia mélange à longue 
queue, par la manière de faire fon nid; 
elle l'établit dans les builîons les plus 
épais, mais non à l'extrémité des bran- 
ches , comme l'ont fuppofé quelques Na- 
turaliftes; le mâle y travaille de concert 
avec fa femelle ; c'eft lui qui frappant de 
fes ailes avec force fur les cotés du nid , 
en rapproche les bords qui fe lient en- 
femhle & s'arrondiflent en forme de boulç 

Hij 



172 Ulflolre Naturelle 

alonçée: l'entrée eft dans le flanc 5 lei 
osufs font au centre dans le lieu le plus 
fur & ïe plus chaud \ tout cela fe trouve 
dans le nid de la méfange à longue queue > 
mais ce qui ne s'y trouve pas , c'eft un 
petit logement féparé où le mâle fe tient 
tandis que la femelle couve. 







de la Me/ange. 17Ï 



m»S»iêi3U-kJS^ 



* LA MÉSANGE 

A CEINTURE BLANCHE: 

.Nous ne savons point Thiftoire de 
cette mélange que nous avons vue dans 
le cabinet de M. Mauduit. M. Huiler 
n'en a point parlé; il pourrait fe faire 
qu'elle ne le trouvât pas en Danemark, 
.quoiqu'elle ait été envoyée de Sibérie: 
elle a fur la porge & le devant du cou 
une plaque noire qui deicend fur la poi- 
trine , accompagnée de part 8c d'autre 
d'une bande blanche qui naît des coins 
de la bouche 3 paffe fous l'œil, defeend 
en s'élargriTant jufqu'aux ailes, & s'étend , 
de chaque coté, fur la poitrine où elle 
prend une teinte de cendré, & forme 
une large teinture -, tout le refte du 
défions du corps ëft gris - roufsâtre *, 
le deikis auiïï , mais plus foncé , la 
partie lupérieure de la tête & du cou 3 



® yby eilzs planches enluminées, //.° 708, fig. 3 

i a) 



*74 Hijioire Naturelle | 

gris-brun -, les couvertures fupérieures des 
ailes , leurs pennes & celles de îa queue, 
brun-cendré *, les pennes des ailes & la 
penne extérieure de la queue, bordées 
de gris-roux*, le bec & les pieds noirâ- 
tres. 

Longueur totale, cinq pouces*, bec, 
fix lignes *, tarfe , fept -, queue , vingt-deux , 
dépaile les ailes de quinze \ elle eu un peu 
étagée, en quoi cette efpèce a plus de 
rapport avec îa mouftache, le remiz Se 
îa méfange à longue queue , qu'avec les 
autres efpcces, qui toutes ont la queue 
un peu fourchue. 




de la Mefange huppée. ij$ 



■m 



*LA MÉSANGE HUPPÉE(a). 

Elle a en effet une jolie huppe noire 
& blanche qui s'élève fur fa tête de huit 



* Voyt\ les planches enluminées, n.° 502 i fig. 2» 
(a) Parus crijlatus ; en Aïlemend , kobelmeijf, 

keubel-mei{f, heiden- meijf, •fîrujf-meisflin. Gefner y 

Aves, pag. 642. 

— Aldrovande, Ornithol. tom. II , pag. 723. 

— Jonftcm , Aves , pag. 86. 

■ — Wilhighby, Ornitholog. pag. 175; enAngîois^ 
the.crefled titmoufe. 

— Ray , Synopf. -Av. page 74. 

— Charleton, Exercit. pag. 96, n°£; en An- 
glois , the juniper-thmôufe ( méfange de genévriers ). 

— Schwenckfcld, Aviar. iV/e/Tpag. 321 ; en Al- 
lemand, kobel-meife . . . ftrai/Jpmeisflin. . . 

— Rzaczynski , Aufltuar. Polon. pag. 404 ; en 
Allemand , ftraujf- meifi. ... en Polonois , y?y(:ora 

— Frifch, tom. I , clajfi 11 , dh\ 1 > art. V * 
n.9 14; en Allemand ? die fchopf - maife , hauben- 
maife. 

— Klein, Ordo Avi. pag. 85, n.° 6. 

— Barrère, Spécimen novum, clafT. III y Gen. 24 ^ 
pag. 49. 

— Albin , Hift. Naî. des 1 féaux , tom. lï ; 
pL LYH. 



ij6 Hiftoire Naturelle 

ou dix lignes , & dont les plumes font 
étagées avec une élégante régularité; non- 
ieuiement elle a reçu cette parure diftiri- 
guee, elle eft encore parfumée naturel- 
lement, elle exhale une odeur agréable 
qu'elle contracte fur les genévriers (b) Se 
autres arbres ou arbrifleaux réfîneux far 
îefqueîs elle fe tient prefque toujours 5 & 
ces avantages , qui femblent appartenir 



Parus capitt cri (lato ; en Suédois, tofs-myfjh? 
tofs tita, meshatu Linnseus, Fauna Suecica , n.° 239. 

— Kramer ,, Eknchus Auftr. in fer, pag, 379 ^ 
n.° 2; en Autrichien , fihopf- m eifè. 

Parus capite criflato , collari nigro , ventre alùo» 
Linnaeus, Syft. Nat. éd. XIII, Gen. 116, Sp. 2. 

- — En Danois , top meife. Mulier , Zoologiœ Daiu 
prodrom. n.° 282. 

Parus criftatus fupernè grifeo-riifefcens , infeniè can- 
dicans ; crifîâ ex albido & nigro paria : tœniâ ponè 
cculos nigrâ ; tœniâ arcuatâ nigrâ -, genarum partent 
znfimam cingente ; gutture nigro ; reclricibus grifeis , 
oris exteri.oribus grifeo-rufefeentibus. . . . Parus criftatus^ 
ïa mélange huppée. Brijfon, tom. III, pag. 558. 

Méfange coiffée , à bouquet , à pennache; mé- 
fange crêtée, huppée, chaperonnée. Salerne, Iliit. 
Kat. des Oifeaux, pag. 216. 

( b ) Avicuia ekgantiffima tiim ex fubviridi crifià y 
tim ob odorem juniperinum quem exhalât , iiijigiiti* 
Charleton ? à l'endroit cité* 



de la Mefange huppée. 177 

exclufivement au luxe de la foçièté , & 
dont il paroît iî difficile de jouir (ans 
témoins , elle fait en jouir individuelle- 
ment & dans la folitude la plus fauvage , 
moins pleinement peut-être , mais à coup 
fur plus tranquillement. Les forêts & les 
bruyères 5 fur-tout celtes où il y a des 
genévriers & desfapins, font le féjourqui 
lui plaît v elle y vit feule & fuit la com- 
pagnie des autres oifeaux , même de ceux 
de fon efpèce (c) ; celle de l'homme, 
comme on peut croire ? n'a pas plus d'at- 
trait pour elle , & il faut avouer qu'elle 
en eit plus heureufe*, fa retraite > fa dé- 
fiance la fauvent des pièges de l'oifeleur y 
on la prend rarement dans les trébuchets, 
& lorfqu'on en prend quelqu'une on ne 
gagne qu'un cadavre inutile *, elle refufe 



> ri _rr 1 



( c ) C'eft l'avis de M. Frifch , confirmé par 
celui de M. le vicomte de Querhoè'nt ; cependant 
je ne dois pas diffimuler que 3 félon Rzaczynski , 
la mefange huppée va par troupes , mais fon auto- 
rité ne peut balancer celle des deux autres Obier- 
vateurs : Rzaczynski ajoute que l'automne on prend 
beaucoup de ces oifeaux dans les montagnes. 

Hv 



178 Hifloire Naturelle 

conftamment la nourriture , & quelque 
art que Ton ait mis à adoucir fon efcla- 
vage , à tromper fon goût pour la liberté > 
on n'a pu encore la déterminer à vivre 
dans la prifon. Tout cela explique pour- 
quoi elle n'eft pas bien connue -, on fait 
feulement qu'elle fe nourrit , dans fa chère 
folitude , des infe&es qu'elle trouve fur 
les arbres ou qu'elle attrape en volant , & 
qu'elle a le principal cara6tère des mé- 
fanges, la grande fécondité. 

De toutes les provinces de France; 
ïa Normandie eft celle où elle eft le plus 
commune*, on ne la conn-oît, dit M. Sa- 
lerne, ni dans i'Orléanois, ni aux envi- 
rons de Paris : Béîon n'en a point parlé, 
non plus qu'Olina , Se il paroît qu'AIdro- 
van de ne l'avoit jamais vue \ en forte que 
la Suède d'une part , & de l'autre le Nord 
de la France, femblent être les dernières 
limites de Ces excurfions. 

Elle a la gorge noire , le front blanc 
ainfi que les joues, & ce blanc des joues 
eft encadré dans un collier noir affez 
délié , qui part des deux côtés de la 
plaque noire de la gorge > & remonte en 



de la Me/ange huppée. 179 

fc courbant vers l'occiput -, une bande 
notre verticale derrière l'œil -, le deffous 
du corps blanchâtre •, les flancs d'un roux- 
clair', le deffus du corps d'un gris-roux*, 
îe fond d^s plumes noir *, les pennes de 
la queue grifes , & celles des ailes brunes i 
toutes bordées de gris-roux , excepté les 
grandes des ailes qui le font en partie 
de blanc-fale-, le bec noirâtre, & les 
pieds de couleur plombée. 

Willughby a vu une teinte de ver- 
dâtre fur le dos & fur le bord extérieur 
des pennes de la queue & des ailes ', 
Charleton a vu une teinte femblable fur 
les plumes qui compofent la huppe «* 
apparemment que ces plumes ont des 
reflets, ou bien ce fera une petite variété 
d'âge ou de fexe , &c. 

Cet oifeau pèfe environ îe tiers d'une 
once , & neft guère plus gros que la mi- 
fange à longue queue. 

Longueur totale , quatre pouces deux 
tiers 5 bec , cinq lignes & demie -, langue 
terminée par quatre filets j tarfe , huit 
lignes j ongle poftérieur le plus fort de 

H v ) ' 



î 8 o Jrlijîoire Naturelle 

tous ', vol , fept pouces & demi ; aife 
compofée de dix -huit pennes*, queue 
vingt-deux lignes & plus , un peu fourchue , 
compofée de douze pennes 3 dépaffe les 
^iles de dix lignes, 




des Oïjeaux étrangers, i 8 l 

- » ■ ■ i 

OISEAUX ÉTRANGERS 

Qui ont rapport aux MÉ s A N ges> 

I. 
LA MÉSANGE HUPPÉE 

DE LA CAROLINE(a). 

L a huppe de cette Mélange étrangère 
n'eft point permanente , & nefi: vérita- 
blement une huppe que lorfque roifeau 
£gité de quelque paffion , relève les 



i ■■ mil» 



(a) Parus crlftatus peclore ruhro. Kîein , Av. pag. 86.* 
îi.° 12. 

Crefled titmoufe. Catesby , tom. F, pi. 57. 

Parus criftatus fupernè faturatè grifeus , infernè aU 
bus , cum aliquâ rubedinis mixturâ ; macula in Jynci- 
pite nigrâ ; rzclricibus faturatè grijeis ; parus Carolî- 
neufs criftatus, méfange huppée de la Caroline» 
jSriJJbn , tom. III , pag. 561. 

Parus bicolor , capire criftato , anticè nigro > corpore 
cinereo , fubtus ex albido rufefcente, Linnaeus , Syft» 
J\ J at. éd. XIII, G. 116, Sp. 1. 

— Muller, Zoologiœ D*n. prodromus > pag. IX ; 
cri GroënlaudoiSj auingurfafc 



ï 8 z Hijîoire Naturelle 

longues plumes qui la compofent, Si 
alors elle fe termine en pointe*, mais 
la Situation la plus ordinaire de ces 
plumes , eft d'être couchées fur la 
tçte. 

Cet oifeau habite, niche & paffe toute 
Tannée à la Caroline , à la Virginie , & 
probablement il fe trouve au Groenland , 
puifque M. Muller lui a donné place 
dans fa Zoologie Danoife. Il le tient 
dans les forêts , & vit d'infeétes comme 
toutes les méfanges : il eft plus gros que 
l'efpèce précédente & proportionné dif- 
féremment , car il a le bec plus court & 
la queue plus longue *, il pèfe environ 
quatre gros*, fon plumage eft allez uni- 
forme : il a le front ceint d'une efpèce 
tle bandeau noir*, le refte du deffus de 
la tête & du corps , & même les pennes 
de la queue & des ailes gris- foncé: le 
deflbus du corps blanc , mêlé d'une 
légère teinte de rouge , qui devient plus 
feniîble fur les couvertures inférieures des 
ailes *, ie bec noir , & les pieds de couleur 
plombée. 

La femelle reflemhle parfaitement au 
mâle. 



des Oifeaux étrangers. 185 

Longueur totale environ fix pouces ; 
bec , cinq lignes & demie -, tarfe , huit 
lignes & demie > doigt du milieu fept 
lignes *, ongle postérieur le plus fort de 
tous -, queue , deux pouces & demi,com- 
poiée de douze pennes, dépafîe les ailes 
d'environ feize lignes. 

I I. 

LA MÉSANGE A collier (h): 

Il semble qu'on ait coiffé cette mé- 
fange d un capuchon noir un peu en 
arrière fur une tête jaune , dont toute la 
partie antérieure eft à découvert -, la 
gorge a auffi une plaque Jaune ,au-deiïous 
dejaquelle eft un collier noir: tout le 
refte du deffous du corps eft encore 
jaune, & tout le deffus olivâtre-, le bec 



(b) The hooded titmoufe. Catesby, tome I ', pag. 60. 

Parus cucullo nigro. Klein , Ordo Av. page $5 5 
Sp. 5. 

Parus pipernè olivaceus , infernè luteus ; capiteante- 
fuis luteo ; torque nigro , caput po fier lus & collant 
cingente; rectikibus olivaceis. , .. Parus Carolinenfis 
torquatus , méfange à collier de ta Caroline. BriJJbn , 
tom, III y pag< 578. 



i§4 HlJIolre Naturelle } 

noir & les pieds bruns. L/oifeaueft à peu* 
près de îa taiiie du chardonneret -, il fe 
Trouve à la Caroline. 

Longueur totale , cinq pouces ', bec i 
fix lignes*, tarfe , neuf lignes , queue, 
vingt-une lignes , un peu fourchue 3 dépaffe 
les ailes de dix lignes. 

III. 

LA MÉSANGE 

A CROU PION JAUN E ( c): 

Elle grimpe fur les arbres comme 
îes pics 3 dit Catefby , & comme eux fait 
fa nourriture ordinaire des infeétes : elle 
a le htc noirâtre & les pieds bruns -, la 
gorge &: tout le deffous du corps gris > 



(c) The yellow-Tiimp. Catesby , tom.1, pi. 58. 
Lufcinia uropygio luteo. Klein, Ordo Av. pag. 74 9 
8p. 8.. 

Parus fupernè fit feus , ad olivaceum inclinans , ///- 
finie grifeus ; te&ricibus caudœ fuperioribus iuteis ; 
remigibus iineriùs peniths fu/cis ; wdtricibus ftifco-oli- 

vaceis Parus Virgwiunus , ia mélange de Viïgl* 

Die» Brijfon, tome III , page 575, 



des Oifeaux étranges. 185 

la têt e & tout le deiius du corps jufqr/au 
bout de la queue, compris les ailes & 
leurs couvertures , d un brun-verdâtre , à 
l'exception toutefois du croupion qui eft 
jaune : ce croupion jaune eft la feule beauté 
de Toifeau , le leul trait remarquable qui 
interrompe l'infipide monotonie de (on 
plumage, & ceft l'attribut le plus faillant 
qu'on pût faire entrer dans fa dénomi- 
nation pour caradtérifer Tefpèce. La 
femelle reflemble au mâle*, tous deux 
font un peu moins gros que le char- 
donneret, & ont été obfervés dans la Vir- 
ginie par Catefby. 

Longueur totale environ cinq pouces: 
bec , cinq lignes *, tarfe , huit lignes ; 
queue, vingt-une lignes, un peu four- 
chue , compofée de douze pennes , dont 
les intermédiaires font un peu plus courtes 
que les latérales , dépaffe les ailes d'environ 
dix lignes» 



v^ 




I 8 6 Hijloire Naturelle 

IV. 

LA MÉSANGE 

GRISE A GORGE JAU N E (d)i 

Non-seulement ïa gorge, mais tout 
ïe devant du cou eft d'un beau jaune , 
& Ton voit encore de chaque côté de 
la tête , eu plutôt de la bafe du bec fu- 
périeurieur , une petite échappée de cette 
couleur -, îe refte du deflbus du corps eft 
blanc avec quelques mouchetures noires 
fur les flancs*, tout le deffus eft dun 
joli gris *, un bandeau noir couvre le 
front, s'étend fur les yeux & defeend 



-»»+«W il ' i 1 » 



(à) The ydlow throated creeper. Catesby , Car*' 
Vint, tom. I, pL 62. 

Parus Américains pe&ore luteo ; en Allemand 9 
gelbkehlige meife. Klein , Ordo Avi. pag. 87 , n.° 14. 

Parus fupernè grifeus , iiifemè albus ; fyucipite 6* 
tœniâ utrimque per oculos & ficundum colli latera aigris; 
guttura& collo inferiore Jplendidè luteis( mas^ ; raniâ 
duplici tranfversâ in dis candidâ ; rectricibus nigris , 
lateralibus interihs albis. . . . Parus Carolinenjis grifeus, 
Briffon, ft/jz. III, pag. 563. 



des Oifeaux étrangers. 187 

des deux côtés fur îe cou, accompagnant 
la plaque jaune dont j'ai parlé *, les ailes 
font d'un gris-brun & marquées de deux 
taches blanches \ la queue noire & 
blanche j le bec noir & le pieds bruns. 

La femelle n'a ni ce beau jaune qui 
relève le plumage du mâle , ni ces 
taches noires qui font fortir les autres 
couleurs. 

Cet oiieau eft commun à la Caroline*, 
il ne pèfe que deux gros & demi , & 
cependant M. BritTon le croit auffi 
gros que notre charbonnière qui en pèfe 
fept ou huit. 

Longueur totale, cinq pouces un 
tiers*, bec, fîx lignes*, tarfe, huit lignes 
Se demie *, ongles très-longs , le pofté- 
rieur le plus fort de tous*, queue, vingt- 
fïx lignes , un peu fourchue , compofée 
de douze pennes , dépaffe les ailes de 
quatorze lignes. 

V. 
LA GROSSE MÉSANGE BLEUE. 

La figure de cet oifeau a été com- 
muniquée par le marquis Facfyïnetto à 



ï 8 8 Hifloire Naturelle 



Aîdrovande , qui ne l'a vue qu'en pein-* 
ture -, elle faifoit partie des deffins colo- 
riés d'oifeaux que certains voyageurs 
Japonnois offrirent au Pape Benoît XIV» 
& qui n'en furent pas moins fufpe&s à 
Wiliughby -, cet habile Naturalise les 
regardoit comme des peintures de -faii- 
taiiie, repréfentant des oifeaux imagi- 
naires ou du moins très-défigiirés , mais 
par exactitude nous allons rapporter la 
deicription d'AîdroVande. 

Le bleu-clair régnoit fur toute la par- 
tie lupérieure de cet oiieau, le hhnc fur 
l'inférieure $ un bleu très-foncé fur les 
pennes de la queue & des ailes *, il avoit 
l'iris de couleur jaune*, une tache noire 
derrière les yeux-, la queue auffi longue 
que le corps , & ies pieds noirs & petits. 
Ces petits pieds ne font pas des pieds de 
méfange-, d'ailleurs toute cette deferip- 
tion refpire une certaine uniformité qui 
ne reffembîe guère à la Nature, & qui 
jufl # ifie les foupçons de Wiliughby. 







des Oi féaux étrangers. 189 
V L 
XA MÉSANGE AMOUREUSE (c). 

La Chine a auffi Tes méfanges: en voici 
une dont nous devons la connoiflance à 
M. l'abbé Gallois qui l'avoit apportée dç 
l'extrémité de l'Aile 5 Se qui la fit voir à 
M. Commerfon en 1769. C'eft fur la foi 
de celui -ci que je place cet oifeau à la 
fuite des méfanges , dont il s'éloigne viti- 
blement par la longueur & la forme de 
fon bec. 

Le furnom d amoureufe donné à œtte 
efpèce, indique afiez la qualité dominante 
de fon tempérament; en effet ,1e mâle & 
Ja femelle ne cefient de fe carrefîer -, au 
moins, dans la cage , c'eft leur unique oc- 
cupation *, ils s'y livrent 3 dit-on , jufqu'à 
Tépuifement, 8c de cette manière non- 
feulement ils charment les ennuis de la 

|W H ■! Il I ' ' " ' ' .1 --. , T l II - IIIM M B « .„ 

(t) Parus eraftes, l'amoureux de la Chine. Corn* 
pierfoiu 

Quelques-uns lui donnent ïe nom de chanoinejje à 
çaule de fa robe noire & de fes petites manchettes , 
comme on a donné ie nom de chanoine au bou- 
vreuil • celui ds mmutts h la charbonnière P &ç. 



190 ttiftoirt Naturelle 

prifon, mais ils les abrègent -, car on fent 
bien qu'avec un pareil régime ils ne doi- 
vent pas vivre fort long-temps , par cette 
règle générale que l'intenfité de l'cxif- 
tence en diminue la durée. Si tel elt leur 
but 3 s'ils ne cherchent en eftet qu'à faire 
finir promptement leur captivité, il faut 
avouer que, dans leur défefpoir , ils favent 
choiiîr des moyens aflez doux. M. Com- 
nierion ne nous dit pas fi ces oiieaux 
remplirent avec la même ardeur toutes 
ïes autres fon étions relatives à la perpé- 
tuité de l'efpèce , telles que la conftruc- 
tion du nid , l'incubation , l'éducation ; 
enfin s'ils pondent comme nos mélanges un 
grand nombre d'œufs. D'après la marche 
ordinaire de la Nature , qui eft toujours 
conféquente, l'affirmative eft aflez proba- 
ble , avec toutes les modifications néan- 
moins que doit y apporter la difiérence 
de climat & les bizarreries de l'inftin£fc 
particulier , qui n'eft pas toujours auffi 
conféquent que la Nature. 

Leur plumage eft en entier d'un non 4 
d'ardoife 5 qui règne également fur le def- 
fus & le deflbus du corps , & dont l'uni- 
formité n'eft interrompue que par un< 



te 



des Oifeaux étrangers, 1 9 r 

bancïe rm- partie de jaune & de roux > 
pofée longitudinalement fur Tarie , & for- 
mée par la bordure extérieure de quel- 
ques-unes des pennes moyennes •, cette 
bande a trois dentelures à fon origine, 
vers le milieu de l'aile , qui eft compofée 
de quinze ou feize pennes affez peu dif- 
férentes en longueur. 

La méfange amoureufe pèfe trois gros ; 
elle eft de la forme des autres méfanges , 
& d'une taille moyenne ( f) ; mais elle 
a la queue courte , & par cette raifon fa 
longueur totale eft d'autant moindre , & 
\ de cinq pouces un quart feulement -, bec, 
huit lignes, noir à la bafe , d'un orangé 
vif à l'extrémité oppofée -, la pièce fupé- 
rieure excédant un peu' l'inférieure & 
ayant fes bords légèrement échancrés vers 
la pointe *, langue comme tronquée par 
le bout , ainiî que dans les autres méfan- 



. ( f) M. Commerfon , dans une note écrite de 
fa main , après avoir dit qu'elle ne peioit que trois 
gros , ajoute qu'elle eft de ïa taille de notre groffe 
charbonnière , qui cependant pèfe une fois davan- 
tage, au moins. 



ï 9 2 Hijtoire Naturelle 

ges*, tarfe , huit lignes*, doigt du milieu 
ie plus long de tous , adhérent par fa pre- 
mière phalange au doigt extérieur •, les 
ongles formant un demi-cercle par leur 
courbure, le poftérieur le plus fort de 
tous •, vol ? fept pouces & demi , queue , 
près de deux pouces , un peu fourchue , 
cotnpofé de douze pennes *, dépaiTe les 
aiies d un pouce & plus. 

La Mésange noire ou Cela de 
M. Linnœus (g) a des rapports frappans 
avec cette efpèce, puifqu'elle n'en diflère 
quant aux couleurs , que par (on bec blanc , 
Se par une tache jaune qu'elle a fur les cou- 
vertures fupérieures de la queue. M. Lin- 
nxus dit qu'elle fe trouve aux Indes ', 
mais il faut que ce foit aux Indes occi- 
dentales , car M. le Page Duprats Ta vue 
à la Guyane (h). Malgré cette grande 



(g) Cela. Parus niger , roflro alho , macula ala? 
rum bafiquz caudœ flapis , Linnœus , Syft. JNaU 
ta, XIII, pag. 343, Sp. 34. 

(h) Ejjay on the. nat. hiflory of Guyaiia. pag 182, 

différence 



/ 

des Oifeaux étrangers. 193 

différence de climats , on ne peut guère 
s'empêcher de la regarder comme une 
(impie variété dans i'efpèce de la méfange 
amoureufe de la Chine \ pour s'expliquer 
plus pofîtivement 5 il faudroit connoître la 
taille y les dimenlions , & fur-tout les habi- 
tudes naturelles de cet oifeau. 




OîfeauXj Tome X. 



194 ïlifîoire Naturelle 
* LA SITTELLE 

vulgairement LE TORCHE -POT (a )l 

La plupart des noms que les Modernes 
.ont impofés à cet oifeau , ne préfentent 

* Fbyei les planches enluminées, n.° 623, fig. 1. 

(a) H SitIm , 2*ar<ar» ; y?^a. Ariftote, Hifl. Animal* 
îib! IX , cap. 1 & xvii. 

Ficus cinereus vel Jitta ; fraudius Avis , félon Albert " 9 
en Italien , pico, %iollo ; en Allemand, nufshacker , 
mifshaer ? nufsbkker , nufsbickel ( cafîe-jioix ) , ^ah/tî- 
foc£«* , meyfpecht ( pic de mai ) , £/flw> - fpechrfe 
( petit pic bleu ) ; aux environs de Nuremberg , 
klaber;en Suiffe, chlaai , blindchlaen , an baumklet- 
terlin Turnerî? en SuhTe, tottler , ko nier ; en Angîois, 
nutiobber ; en Turc , agafcakàn. Gefner ? Av. pag. 711, 

— Jonfton , Aves, pag. 80. 

2/rîi) , Jitta ; quibufdam , Tx^o^a-a ; 2st*ro'&vyiç , 
Kiva'^o?> parce qu'il a un mouvement dans la queue , 
ce qui Ta fait confondre par quelques-uns avec ïes 
motacilles ou hoche - queues ; en Grec moderne , 
K«p>tav/Vtf?, en Italien , pico , picchio. Aldrovande, 
Ornithol. ton?. I, pag. 853. 

Torche-pot ou grand grimpereau. Bélon , Ntff. de$ 
Oi féaux, page 304. 

*ta*a fiu piciis çiwmih WiHughby, Ornitholog* 



de la Sittelle. _ r 9 j 

que des idées faufles ou incomplètes , & 
tendent à le confondre avec des oifeaux 



— Ray , Synopfis , page 47; en Anglois , nut 
haïe h , uutjobker. 

— Charieton, Exercit. pag. 93, Sp. 6. Nota/que 
cet Auteur confond le torche -pot avec îe carioca- 
ta&es ( cafTe-noix ) , dont nous avons donné i ; hi£- 
toire, tome. III j page 111. 

— R. Sibbaid, Hift. JSat. Scotiœpvodrom.-patt.ll) 
iib. ni, pag. 15.. 

— Frifch , tom. 1 , clajf. iv > div. 11 , pi. ri , 
v.° 39 , art. 6 ; en Allemand, der blaw fpecht ; en 
Suifle, ditihr, thozdler. 

— Le caile-noifette, nut hatch. Albin, Oifeaux , 
tom. II , pï. 28. 

Picus fubcceruleus , picusparvus cœruhus ; en Grec ^ 
K«^;tay/V«f ; en Allemand , groffe baum-kletter. Schweïi- 
ckfeld , Avi. Silef. page 340. 

— Rzaczynski, AuBttar. Polon. page 413 ; en 
Polonois, d%ieciot modrawy. 

The nut hatch. British Zoology, G. y ni , Sp. ï, 

pag. 81. 

The wooderacker. Pïott. Hift. of. Oxford, pag. 17J. 

Picus Pyrenaïcus , cinereus, pufillus ; en Catalan, 
picotelta. Barrère , Specim. noïum , clalT. 1 1 1 $ 
G, xiil , Sp. 4. 

S'ma. Moehring , Av. gênera. G. 15, pag. 35. 

Sitta reâtncibus fufeis ; quatuor margine apieeque 
dlbis, quintà apice cand ; en Suédois, noewaecka , 
noetpacka. Linnaeus, Fauna Suecica, n..° 182. 

— Kramer, Elenchus Auftr* infi page 363 ; eft 
Autrichien - khmu 

M 



ï 7 6 Hiftoire Naturelle 

d'une toute autre efpèce -, tels font les 
noms de pic cendré j pic de mai ^ pic- 
blcu 3 pic-macon y picotelle ^ tappe-bois > 
ca(Je-noix ^ caffe-noifette 3 grimpard ^ 
grand grimpereau j hoche- queue j cen~ 
(drille. Ce n'eft pas que les propriétés 



mm 



Sitta re&ricibus nigris , lateralibus quatuor infra 
mpicem al bis. Linnaeus , Syft. Nat. éd. XIII , pag. 177, 
|î.° 60. 

— Mulïer, Zoolog. Danicœ prodromus i n.° 102. 
pag. 13; en Danois, fpœt - meijjè ; en Norvégien ^ 
tiatwacke, egde , eremit. 

Parus f acte p ici; en Allemand ^fpechtartige meife 9 
Klein, Ordo Jvi. pag. 87, n>° XV. Cette déno- 
mination compofée eft ceïle qui donne l'idée la 
plus jufte de 1 oifeau dont il s'agit ici. 

Peciotto , picchio , piccolo grigio , cenerino ; h 
Ravenne, rapanno , Ornithologie italienne, tom. II 9 

F a g- 54- 

Sitta fuperne cinerea , infernè diluù rufa ; t&niàper 

cculos nigrâ; redtricibus lateralibus nigris, apice due- 

Teis ;extimâ tœniâ tranfversâ albâ versus apicem notatâ , 

tribus proximis apice interiùs albis Sitta, le 

torche • pot. Brijjîm , tome III, pag. 588. 

En Lorraine, maçon, pic - maçon. Lottinger; en 
Normandie, perce -pot, autrefois , chauffe -pot, félon 
Cotgrave ; en Picardie , grimpard ou grimpant ; k 
Iftoudun, cendnlle; ailleurs, dos bleu, pic bleu , 
j-upe.- bois , béque-bois cendré, cajfe-noix^ &ç. 

En Dauphiné ,, planou 



de la Sittelle. 19 y 

diverfes , indiquées par ces différens noms , 
ne conviennent à refpèce dont il s'agit 
dans cet article *, mais ou elîes ne lui 
conviennent qu'en partie , ou elles ne lue 
conviennent point excluiivement : cet 
oifeau frappe de fon bec l'écorce des 
arbres , & même avec plus d'effort & de 
bruit que les pics & les méfanges (b) ; 
de plus , il a beaucoup de Fair & de la 
contenance de ces dernières (c) ^ maïs 
il en diffère par la forme du bec, & 
des premiers par la forme de la queue (d) > 



j (h) II conferve cette habitude en cage, dans 
aqueHe il fait fort bien faire une brèche pour 
s'échapper : il en frappe à tous momens les parois 
8ç à coups réitérés, depuis deux ou trois jufqu'à 
huit ou neuf: il caife ainfi des carreaux de vitres 
& les glaces de miroir. 

(c) Eft. moult approchant de la contenance d'une 
mélange , dit Béion. Sitta parus maximus eft , dit 
Klein, 

(â ) M. Moehring dit qu'il a les pennes de fa 
queue roides \ cependant Béion ayoit remarqué le 
contraire long-temps auparavant , & c'elt. même 
une de-, trois différences principales qu'il avoitobfer- 
vées entre la fîttelle & les pics ; pour moi, j'ai vu 
comme Béion , & je foupçonne que M. Moeh- 
ring n'a vu que par ïes yeux d'autruî. 

il) 
1 



1^9 3 Hijîoirc Naturelle - 

des pieds & de la langue : il grimpe 
fur les troncs & les branches comme les 
oifeaux "auxquels l'ufage a confacré le 
nom de grimpereaux ; mais il en diffère 
par fon bec Se par l'habitude de cafier 
des noix , & d'autre part il diffère du cafle- 
Boix par l'habitude de grimper fur les 
arbres : enfin il a dans la queue un mou- 
vement alternatif de haut en bas comme 
îes lavandières •, mais il a des mœurs & 
des allures entièrement différentes. Pour 
éviter toute confufion & conferver, autant 
qu'il eft pofîïble , les noms anciens , j'ai 
donné à notre oifeau celui de Jîttelle 3 
d'après les noms grec & latin 2/t7» ->Jiita : 
& comme il a plus de chofes communes 
avec les méfanges d'une part , & de l'autre 
avec les grimpereaux & les pics , qu'avec 
aucune autre famille d'oifeaux , je lui con- 
ferverai ici la place que la Nature fem- 
bie lui avoir marquée dans l'ordre de fes 
productions. 

La fittelle ne paffe guère d'un pays à 
l'autre \ elle fe tient , l'hiver comme l'été, 
dans celui qui Ta vu naître , feulement en 
hiver elle cherche îes bonnes expofitions , 
s'approche des lieux habités > & vient 



de la Sittelle. 199 

«quelquefois jufque dans les vergers & les 
jardins -, d'ailleurs elle peut Te mettre à 
I abri dans les mêmes trous où elle fait fa 
ponte & fon petit magafin , & où pro- 
bablement elle pafie toutes les nuits *, car 
dans Tétat de captivité , quoiqu'elle fe 
perche quelquefois fur les bâtons de fa 
cage , elle cherche des trous pour dormir , 
&, faute de trous, elle s'arrange dans ï'auget 
où Ton met fa mangeaille: on a au ffi re- 
marqué que, dans la cage 5 lorfqu'elie s'ac- 
croche 5 c'eft rarement dans la (îtuation 
qui fembie la plus naturelle 5 c'eft-à-dire , 
îa tête en haut , mais prefque toujours 
en travers & même la tête en bas *, c'eft 
de cette façon qu'elle perce les noifettes, 
après les avoir fixées foîidement dans 
une fente (e). On la voit courir fur les 
arbres dans toutes les dire&ions pour 
donner la chafle aux. infeûes \ Ariftote 
dit qu'elle a l'habitude de cafler les œufs 
de l'aigle , & ii eft poffible en effet qu'à 
force de grimper elle fe foit élevée quel- 
quefois jufqu'à l'aire de ce roi des oifeaux 3 

(e) Voyei PHiftoire Naturelle des Oifeaux d'Al- 
bin, tom. ÏI, tf..° xxvui % 



2 0G Uiftoïre Naturelle 

il jeft poffible qu elle ait percé & mangé 
fes œufs , qui font moins durs que les noi- 
fettes ; mais on ajoute trop légèrement 
que c'eft une des caufes de la guerre que 
les aigles font aux fittelles (f) j comme 
fi un oifeau de proie avoit befoin d'un 
motif de vengeance pour être l'ennemi 
des oifeaux plus foibles & les dévorer. 

Quoique la fittelle paffe une bonne 
partie de fon temps à grimper , ou fi 
Ton veut à ramper fur les arbres, elle a 
néanmoins les mouvemens très-Ieftes & 
beaucoup plus prompts que le moineau } 
' elle les a auffi plus lians & plus doux , 
car elle fait moins de bruit en volant *, 
elle fe tient ordinairement dans les bois , 



(f) ^y e l Ariftote, Hifl. Animal. Iib. IX , cap. ï. 
Quidam clamatonnm dicuntj Labeo prohibitoviam , &* 
apud Nigîdium fubis appellatur avis qua, aquilanmi 
ova frangat. Pline , Nat. Hifl. Iib. X, cap. XI v. 
Ne feroit-ce point IX le fîtta d'Ariftote ? Pline n'eu 
parle dans aucun autre 'endroit , 6V il défîgne ici 
cet oifeau par un trait de fon hiftoire que cite 
Arifrote : d'ailleurs le nom de prohibitoria que lui 
donne Labeo n , fembïe avoir rapport aux fables 
anciennes ciue l'on a débite'es fur la fittelle , fur fa 
forcelîerie, fur l'ulage qu'en faifoient les Négro* 
mantieus. 



de la Sittellc. 201 

011 elle mène la vie la plus fdlitaîre, & 
cependant lorfqu'elle fe trouve renfermée 
dans une volière avec d'autres oifeaux, 
comme moineaux , pinfons, &c. elle vit 
avec eux eu fort bonne intelligence. 

Au printemps , le mâle a un chant ou 
cri d'amour, guiric y gulrlc 3 qu'il répète 
fouvent-, c'eft ainfi qu'il rappelle fa fe- 
melle \ celle-ci fe fait rappeler, dit-on, 
fort long-temps avant de venir, mais enfin 
elle fe rend aux empreffemens du mâle , & 
tous deux travaillent à l'arrangement du 
nid 5 ils l'établiffent dans un trou d'arbre^ A 
Se s'ils n'en trouvent pas qui leur con- 
viennent, ils en font un à coup de hec 9 
pourvu que le bois foit vermoulu : (i 
l'ouverture extérieure de ce trou eft trop 
large, ils la rétrécirent avec de la terre 
graife , quelquefois même avec des ordures 
qu'ils gâchent & façonnent , dit-on , comme 
feroit un Potier, fortifiant l'ouvrage avec 
de petites pierres , d'où leur eft venu le 
nom de pic- maçon & celui de. torche-. 



(g) Quelquefois dans un trou de muraille ©w 
fous un toit, dit M. Liansus. 

ïv 



202 Hiftoire Naturelle 

pot ; nom qui, pour le dire en parlant, 
ne préfente pas une idée bien claire de 
ion origine (h). 

Le nid étant ainfi arrangé, ceux qui 
ïe regardent par dehors n'imagineroient 
pas qu'il recelât des oifeaux*, la femelle 
y pond cinq, fix & jufqifà fept œufs 
de forme ordinaire, fond blanc- fale 5 
pointillé de roufsâtre * 7 elle les dépofe 
furdeiapouffièredebois > deIamoufre 5 &c« 
elle les couve avec beaucoup d'affiduité 5 
& elle y eft tellement attachée qu'elle fe 
ïaiffe arracher les plumes plutôt que de 
ïes abandonner : fi l'on fourre une ba- 
guette dans fon trou , elle s'enflera 5 elle 
fiffîera ccumme un ferpent , ou plutôt 
comme feroit une méfange en pareil cas : 
elle ne quitte pas même fcs œufs pour 



r (h) Ce nom vient du nom Bourguignon torche- 
poreux y qui fî^nifîe à fa lettre torche-permis , & con- 
vient allez bien a notre oifeau, à caufe de l'arc 
avec lequel il enduit & reflerre l'ouverture du 
trou où il niche. Ceux qui ne connoiftorent pas le 
patois Bourguignon auront fait de ce nom celui 
de torche pot, qui peut-être enfuite aura donné lieu 
de comparer l'ouvrage de ia fiuetle à celui d'un 
Potier de terre, 



de la Sittelle. 203 

aller à la pâture , elle attend que fou 
mâle lui apporte à manger, & ce mâle 
paroît remplir ce devoir avec afte&ion : 
1 un & l'autre ne vivent pas feulement 
de fourmis comme les pics , mais de che- 
nilles, de fearabés, de cerfs-volans & de 
toutes fortes d'infectes, indépendamment 
des noix, noifettes , &c. (i). Auffi la 
chair de leurs petits, lorfqu'ils font gras, 
eft-elle un bon manger, & ne fent point 
la fauvagine comme celle des pics. 

Les petits éclofent au mois de xmi(k): 
ïorfque l'éducation eft finie, il eft rare 
que les père & mère recommencent une 
féconde ponte, mais ils fe féparent pour 
vivre feuls pendant l'hiver , chacun de 
fon côté. «Les payfans ont obfervé, dit 
wBélon, que le mâle bat fa femelle quand 
> il la trouve lorfqu'eile s'eft départie de 



(i) J'ai nourri une femelle pendant fîx femai- 
îies du chêne vis que d'autres oifeaux Iaiflbient 
tomber tout cafîe. On a remarqué en effet que Ja 
fntelle fe jette dans les chenevières vers le mois de 
feptembre. 

(k) J'en ai vu d'e'ctos dès ïe 10, & j'ai vu des 
œufs qui ne l'étaient pas enxoje. le 15 & pïus 



204 HiJIoire Naturelle 

aoîui, dont ils ont fait un proverbe pour 
<» un qui fe conduit fagement en ménage * 
6) qu'il refiemble à un torche-pot p> mais , 
quoi qu'il en foit de la fageffe des maris , 
je ne crois point que , dans ce cas parti- 
culier, celui-ci ait la moindre intention 
de battre fa femme*, je croirois bien plu- 
tôt que cette femelle, qui fe fait deiïrer 
ii long- temps avant la ponte, cft la pre- 
mière à fe retirer après l'éducation de 
îa famille , & que lorfque le mâle la ren- 
contre, après une abicence un peu longue* 
îl l'accueille par des careffes d'autant plus 
vives, même un peu brufques, & que 
des gens qui n'y regardent pas de fi près, 
auront prifes pour de mauvais traïtemens. 
La ûtteile fe tait la plus grande partie 
de Tannée, fon cri ordinaire eft ti , ti 3 
îij tij tij tl, ti 3 qu'elle répète en grim- 
pant autour des arbres , & dont elle 
précipite la mefure de plus en plus. 
M. Linnxus nous apprend , d'après 
M. Srom , qu'elle chante auffi pendant 
îa huit ( l). 



«i —i i . i ■-! 



(l) No&u çantlllat. Syft. Nat. éd. XIII, 
|>age 177. 






de la Sittelle. 205 

Outre fes diftérens cris & le bruit 
qu'elle fait en battant l'écorce, la fittelle 
fait encore, en mettant fon bec dans une 
fente, produire un autre fon trcs-fingia- 
lier , comme Ci elle faifoit éclater l'arbre 
en deux , & fi fort qu'il fe fait entendre 
à plus de cent toifes (m). 

On a obfervé qu'elle marchoït en fau- 
tillant*, qu'elle dormoit la tête fous l'aile, 
& qu'elle pafioit la nuit fur le plancher 
de fa cage, quoiqu'il y eût deux juchoirs 
où elle pouvoit fe percher : on dit qu'elle 
ne va point boire aux fontaines , & par 
conféquent on ne la prend point à l'a- 
breuvoir. Schwenckfeid rapporte qu'il 
en a pris fouvent en employant le fuif 
pour tout appât*, ce qui eft un nouveau 
trait de conformité avec les méfanges 



(m) Voyez la Zoologie Britannique, G. IX, 
Efp. 1, page 82. Outre leur toque, toque , toque, 
contre ie bois, ces oifeaux frottent leur bec contre 
des branches fèches & creufes, & font un bruit 
grrrrrro qu'on entend de très-foin , & qu'on irna- 
gineroit venir d'un oifeau vingt fois plus gros. 
C'eft ce que m'a afluré un vieux Garde-chaiTe 
qui certainement n'avoit point lu ia Zoologie Bri- 
tannique. 



io 6 Iliftoire Naturelle 

qui , comme on l'a vu , aiment toutes ïeS 
gr a ifles. 

Le mâle pèfe près d'une once, & la 
femeile cinq à fîx gros feulement (n). Le 
premier a toute la partie fupérieure de 
la tête & du corps , & même les deux pen- 
nes intermédiaires de la queue d'un cen- 
dré bleuâtre*, la gorge & les joues blan- 
châtres*, la poitrine & le ventre orangés*, 
îes flancs, les jambes & les environs de 
l'anus d'une teinte plus rembrunie tirant 
au marron -, les couvertures inférieures 
de la queue blanchâtres, bordées de roux, 
s'étendant à cinq lignes du bout de la 
queue *, un bandeau noir qui part des 
narines ., pafTe fur les yeux & s'étend en 
arrière au-delà des oreilles*, les grandes 
couvertures fupérieures & les pennes des 
ailes brunes bordées de gris plus ou 
moins foncé*, les pennes latérales de la 
queue noires , terminées de cendré *, la 
plus extérieure bordée de blanc fur la 
moitié de fa longueur , & traverfée vers 



*■** 



(n) Un individu defleché à la cheminée depuis 
un an, & fort bien confervé ; ne pefoit que deux 
gros & demi, 



1/y. f'inn/. a&& 




LA SIT TELLE ou. LE TOKCIIE-ÏO T . 



/ 






de la S It telle. 207 

le bout par une tache de même cou- 
leur-, les trois iuivantes marquées d'une 
tache blanche fur le coté intérieur -, le 
bec cendré defïus, plus clair défions*, les 
pieds gris *, le fond des plumes cendré- 
noirâtre. 

La femelle aies couleurs plus foibles: 
j'en ai obfervé une , le 3 mai , qui avoit 
tout le deffous du corps depuis l'anus 
jufqu'à la bafe du cou fans aucune plume , 
comme c'eft l'ordinaire dans les femelles 
des oifeaux. 

Longueur totale, fix pouces*, bec, dix 
lignes , droit, un peu renflé deffus & 
deffous *, les deux pièces à peu-près égales •, 
îa pièce fupérieure fans échancrure j na- 
rines prefque rondes, à demi-recouver- 
tes par de petites plumes qui naiffent de 
la bafe du bec , & dont l'alignement 
eft parallèle à fon ouverture*, la langue 
plate, plus large à fa bafe. 



lassa 



Fariétés de la SITTELLE» 

Le type de ce genre d'oifeau paroît' 
très-ferme & ri avoir été que faiblement 



20 8 Hiftoire Naturelle 

Codifié par les influences des climats di- 
vers : c eft par-tout les mêmes allures , 
les mêmes habitudes naturelles -, toujours 
du gris-cendré fur la partie fupérieure, 
du roux plus ou moins clair & tirant 
quelquefois au blanchâtre fur la partie 
inférieure ; la principale différence eft 
dans la grandeur & les proportions *, & 
cette différence ne dépend pas toujours 
du climat ; d'ailleurs elle n'eft pas fuffi- 
Jantepourconftituer des efpèces^diveries •, 
& , après avoir comparé avec grande at- 
tention nos fittelles Européennes avec 
les étrangères , je ne puis m'empêcher 
de rapporter celles-ci aux premières 
comme des variétés qui appartiennent a 
îa même efpèce. 

Je n'en excepte qu'une feule qui en 
dirlère à plufieurs égards, & qui d'ail- 
leurs , par fon hcc un peu courbe , me 
femble faire la nuance entre les fittelles 
& les guimpereaux. 

I. La petite Sittelle (a). On ne 



(a) Le petit torche-pot. Béton, Nat. des O i féaux , 

page 3°5- 

Slna minor, petit torche-pot. Rrijjbn , tome XII; 

page 592. 



de la Sittelle. 209 

peut parler de cette variété de grandeur 
que d'après Bélon : elle eft , félon lui , 
beaucoup plus petite que la (îttelle or- 
dinaire *, du refte , même plumage , même 
bec , mêmes pieds , &c. elle fe tient aux 
bois comme la grande , n'eft pas moins 
folitaire*, mais, pour me fervir des ex- 
preffions de Béion , ce elle eft plus criarde , 
allègre & vioge. On ne voit jamais le ce 
mâle en compagnie autre que fa femlle,<c 
& s'il rencontre quelqu'autre individu ce 
de fon efpèce, (fans doute quelque ce 
mâle), il ne cefle de l'attaquer, de le ce 
harceler, de lui faire une guerre opi-cc 
niâtre, jufqu'à ce que ce rival lui chde<* 
la place -, & alors il fe met à crier de ce 
toutes fes forces & d'une voix en fauffet, ce 
comme pour rappeler fa femelle & lui ce 
demander le prix de fa victoire. » C'eft 
apparemment dans cette circonstance que 
Bélon lui a trouvé la voix plus hautaine 
que ne l'a la iittelle ordinaire. 

IL* La Sittelle du Canada (b). 



* Voynx tes planches enluminées, w.° 623 , fig. 1 , 
où cet oifeau eft repréfenté fous le nom de 
Toxche-pot du Canada. 

(b) S'itta fuperciliis albis .... affinis muliùnt 



2 î o Hijïoire Naturelle 

Elle grimpe , dit M. Briflbn , & court 
lur les arbres comme la nôtre , & n'en 
diffère que par la couleur du bandeau 
qui efl: blanchâtre chez elle , encore s'en 
rapproche-t-eïle par une tache noirâtre 
qu'elle a derrière l'œil *, en y regardant 
de bien près , on trouve encore quelque 
diverfité dans les nuances & les propor- 
tions, mais tout cela fe faifîra mieux & 
plus facilement par la comparaifon des 
figures que par celle des deferiptions : 
cette Attelle eft à peu-près de la taille 
de la variété précédente. 

Longueur totale, quatre pouces dix 
lignes *i bec, fept lignes & demie*, tarfe, 
fept lignes \ doTgt du milieu, (ix & demie*, 
ongle pofténeur le plus fort de tous, 
vol, fept pouces un quart*, queue, dix- 
huit lignes , compofée de douze pennes 
égales, dépaffe les ailes de huit lignes. 



fitia Europe*. Linnseus, Syjl. Nat. éd. XIII, 
n.° 60, Sp, 2. 

Sitta fupernè cinerea, infertiè dilutè rafa ; tankî 
fuprà oculds candiââ, pont oculos nigricante ; re&rici~ 
eus lateralibus aigris, apice cinereis > quatuor utrim- 
qut extimis apice interihs albis. . . • Sitta Cana- 

denfisy le torche-pot du Canada. Brijjbn, tome III ; 



de la Sittelle. 1 1 1 

III. La Sittelle a huppe noire (c). 
Cette huppe noire & une efpcce de 
rayure noire & blanche vers le bout des 
pennes de la queue, font les principales 
différences qui distinguent cette fittelle 
de la nôtre : on ne lui voit point de 
bandeau noir , mais il eft cenfé fe perdre 
dans les bords de la calotte de même 
couleur qui couvre la tête. Son pays natal 
eft la Jamaïque 5 où M. Sloane Ta obfer- 



(c) Sitta feu picus cinereus major capite nigro ; à 
la Jamaïque, a logger head (oifeau fou). Slôane, 
Jamaïca , page 300 , 11. ° XVIII , pi. 259 , fig. I. 

— Ray, Synop/is Av. page 185 , n.° 33. 

Barifttis major fubcinereus , capite nigro. Browne ? 
Nat. Hiflory ofJamaïc. page 475. 

Merops major capite nigro.' Les créoles le nom- 
ment petite-vie (fefon toute apparence ce nom a 
rapport à fon cri). Barrère, France équinoxiale, 
page 136. 

Merops Amtricanus , cinereus, capite nigro, Idem. 
Barrère ? Spccim. nov. cïaflT. 111, G. xxil, 
page 47 , C. 

Sitta Jamaïcenfis pileo nigro, Linnaeus, Syjl. Nat. 
éd. XIII,n.°6o,Sp. 3. 

Sitta fitpernè cinerea , infime aléa; veniez nigro; 
re&ricièus lateralibus nigricantibus , apice lineis tranfi 
perfîs albis notatis. . . . Si tta Jam aïcenjïs ; le torche- 
pot de la Jamaïque. Brijfon, tome III ? page 594. 



2 1 1 Hijîoire Naturelle 

vce , elle fe nourrît cTinfe&es comme 
le coq de roche, dit ce Voyageur phi- 
ïofophe •, on la trouve dans les buiffons 
des favannes ', elle eft fî peu fauvage & 
fe laifle approcher de fi près , qu'on la 
tue fouvent à coups de bâton-, ceft ce 
qui lui a fait donner le nom à'oifeau 
fou. Elle eft à peu-près de la taille de 
notre fittelle ordinaire. M. Sloane remar- 
que qu'elle a la tête gro(Te. 

Longueur totale , cinq pouces cinq 
lignes •, bec , onze lignes , triangulaire , 
comprimé , environné à fa bafe de petits 
poils noirs*, narines rondes ',tarfe & doigt 
du milieu , dix-fept lignes *, ongle pofté- 
rieur le plus fort de tous 5 vol , dix pou^ 
ces *, queue , deux pouces deux tiers. 

IV. La petite Sittelle a huppe 
noire (d). Tout ce que M. Browne nous 
apprend de cet oifeau -, c'eft qu'il habite 



(à) Barïflus mhrimus pnllus , vertice nîgro ; en 
Anglois, leaft logger head. Browne, Natural Hiftoiy 
efJamaïc. page 475. 

Sitta Jamaïcenfîs minor, le petit torche-pot de h 
Jamaïque. BriJJcn , tome III, pzge 596, 






de la Sittclle. 213 

Je même pays que le précédent , qu'il eft 
plus petit , mais qu'il lui reffemble à tous 
autres égards: il pourroit fe faite que 
ce fût un jeune, qui n'eût pas encore pris 
tout fon accroiffement \ & le nom que lui 
a donné M. Browne conduit à le penfejr 
ain fi. 

V. La Sittelle a tête noire (e). 
Elle a les mêmes allures que la nôtrç , 
la même habitude de grimper , foit en 
montant , foit en defcendaHt # , elle refte 
suffi toute Tannée dans fon pays qui eft 
la Caroline : fon poids eft de quatre gros 
un tiers *, elle a le deiTus de la tête & du 



(e) Petit pivert à tête noire ; en Anglois , tfie 
mat hatch. Catesby , Caroline, tome I, pï. xxii. 

Bariftus minor fubcinereus , vertice. nigro , pedtorc 
albido ; en Anglois, fmaller logger head. Browne, 
Jamaïc. page 475. 

Parus facie pici ; Jitta capite nigro ; en Alle- 
mand , Jpechtartige-meifi. Klein , Ordo Avium , 
page 87,n. y xv, 

Sitta fapernè cinerea , infernè candicans ; imo ventre, 
rufefiente ; capite & colla fuperiàs nigris ; redtricibus, 
lateralibus albo & nigro variis : Jitta Carolinenfîs , ïe 
torche- pot de ia Caroline. BriJJon, tome Iiï ? 



a 14 Hijioire Naturelle 

cou recouvert d'une efpcce de capuchon 
noir , & les pennes latérales de la queue 
variées de noir & de blanc *, du refèe 
c'eft le même plumage de la fittelle d'Eu- 
rope, cependant un peu plus blanchâtre 
fous le corps. 

Longueur totale, cinq pouces un quart; 
bec, neuf lignes; tarfe , huit & demie ; 
doigt du milieu , neuf*, ongle poflérieur 
îe plus fort de tous j queue , dix-neuf 
lignes , ne dépafle point les ailes. 

VI. La petite Sittelle a tête brune 
T (f)* Joignez à cette marque diftin&ive 
que j'ai fait entrer dans la dénomination 
de cet oifeau , une tache blanchâtre qu'il 
a derrière la tète , la couleur brune des 
couvertures fupérieures des ailes , & la 



( f) Petit pivert à tête brune ; en Anglois 3 
fmalt mit- hatch, Catesby, Caroline, tome I ? 
pf. XXII. 

Sitta altéra capite fnfeo. Klein , Ordo Avium * 
§. 3?> Sp. xv, page 87. 

Sitta fupernè cinerea, infernt fèrdïdè alba : capite 
& cotio jhperiùs ■ fufiis ; macula in occipitio fordidè 
albâ; redtnciôus Lateralibus itigris. . . . Sitta Caroli^ 
fienjis minor, le petit torche-pot de ia Caroline» 
Bnjfon, tome IU; page 598, 



de la Sittelle. t x < 

couleur noire uniforme des pennes laté- 
rales de la queue , & vous aurez les 
principales différences qui font propres à 
cette variété *, elle eft aufïî beaucoup plus 
petite que les précédentes *, ce qui joint 
aux différences marquées dans le plumage 
ne permet pas de confondre cet oifeau , 
comme M. Briiîbn femble avoir été tenté 
de le faire , avec îa féconde efpèce de 
fitteile de M. Sloane (g). Celle dont il 
s'agit dans cet article ne pèfe que deux 
gros *, elle refte toute Tannée à la Caro- 
line , où elle vit d'infe&es comme la fitteile 
à tète noire. 

Longueur totale , quatre pouces un 
tiers *, bec, fept lignes *, queue , quatorze 
lignes 5 compofée de douze pennes éga- 
les , ne dépafle prefque point les ailes» 



(g) Voyei 1'ajticle fuivant. 




h i 6 Hijîoire Naturelle 
OISEAUX ÈTRANGEPxS 

Qui ont rapport à la Sittellb. 

I. 

LA GRANDE SITTELLE 

A BEC CROC H U ( k). 

C'est en effet îa plus grande des fittelles 
connues *, fon bec quoiqu'afiez droit , eft 
renflé dans fon milieu & un peu crochu 
par le bout. Ajoutez que les narines font 
rondes , les pennes de la queue & des 
ailes bordées d'orangé , fur un fond brun ; 
la gorge blanche ; îa tête & le dos gris *, 
ïe deflbus du corps blanchâtre , & vous 
aurez les principaux attributs de cette 

- ■ ■ ~— — , . , - > 

(h) Sitta feu picus cinereus major, roflro curvo ; 
en Anglois, another fort of logger- head. Sloane, 
Jamaïca, page 301 , nS Xlx. 
— Ray, Syiwpjh Av. appendix, page 186, n.° 34. 

C'eft cet oifeau à qui M. Briiton a trouvé beau- 
coup de rapport wec ïa petite iktelle à tête brune, 
quoiqu'il foit fort grand, le plus grand de la 
famille j & qu'il n'ait point la t£te brune. 

efpècc 



des O if: aux étrangers. 1 1 y 

efpcce que M. Sloane a obfervée à la 
Jamaïque. 

Longueur totale , environ fept pouces 
& demi*, bec, huit lignes un tiers -, la 
pièce fupérieure un peu renflée dans fa 
partie moyenne -, doigt du milieu , huit 
lignes un tiers *, vol, onze pouces un 
quart j queue, environ tr ente- 1 rois lignes» 

I I. 
LA SI T TELLE GRlVELÈE{i)i 

Voici encore une efpèce de fittelle 
d'Amérique, aubecun peu crochu, mais 
qui difterede la précédente par la taille, 
le plumage & le climat -, fon pays natal 
cft la Guyane holiandoife. 

Elle a le deflus de la tête & du corps 
d'un cendré-obfcur *, les couvertures fu* 
périeures des ailes de la même couleur , 
mais terminées de blanc -, la gorge blan- 
che *, la poitrine & tout le defious du corps 
d'un cendre moins foncé que le deflus, 

p—~— — tt ^— mmtm imm M— — m ■ t - i un- n ■ 

(i) Le grimpereau de muraille Je. Surinam. 
Edwards j pi. 346. 

Oifeaux * Tome X. K 



2 i 3 Ilifhire Naturelle 

avec des traits blancs femés fur la poitrine 
& les côtés i ce qui y forme une efpèce 
de grivelure*, le bec & les pieds bruns. 
Longueur totale , environ fix pouces y 
bec, un pouce •, tarfe, fept lignes & de- 
mie 5 doigt du milieu , huit à neuf lignes , 
pins long que le doigt poftérieur *, l'ongle 
de celui-ci le plus fort de tous \ queue , 
environ dix-huit lignes, compofée de 
douze pennes à peu-près égales , dépaffe 
les ailes de treize à quatorze lignes. 




^v 



des Grimpereaux. z i 9 



LES GRIMPEREAUX. 

Nous avons déjà vu pïufieurs oîfeaux 

grimpans , les fittelles & les méfanges y 

nous en verrons d'autres encore dans la 

fuite , tels que les pics i & cepcndans ceux 

qui compolent le genre dont nous allons 

parler, font les ièuls auxquels 'on donne 

généralement le nom de grimpereaux. Ils 

grimpent en effet très-légèrement fur les 

arbres , foit en montant , foit endefeen- 

dant , foit fur les branches , foit deflbus \ 

ils courent aufïï fort vite îe long des 

poutres dont Hs embraffent la carne avec 

leurs petits pieds -, mais ils diffèrent des 

pics parie bec & la langue *, & des fittelles 

& méfanges , feulement par la forme de 

leur bec plus long que celui des méfanges , 

& plus grêle , plus arqué que celui des 

fittelles *, auiïi ne s'en fervent-ils pas pour 

frapper Técorcc comme font ces autres 

oifeaux. 

Pïufieurs efpèces étrangères, qui appar- 
tiennent au genre des grimpereaux , ont 
beaucoup de rapport avec les colibris , 

Kij 



zio Hijloire Naturelle 

Se leur reffemblent par la petiteiTe de 
leur taille, par les belles couleurs de leur 
plumage , par leur bec menu & recourbé , 
mais plus effilé 5 plus tiré en pointe , & 
formant un angle plus aigu * 5 au lieu que 
celui des colibris eft à peu-près d'une 
grofleur égale dans toute fa longueur, 
& a même un petit renflement vers fon. 
extrémité : de plus , les grimpereaux ont 
en général les pieds plus courts, les aiîes 
plus longues & douze pennes à la queue , 
(a) tandis que les colibris n'en ont que 
dix : enfin les grimpereaux n'ont pss, 
comme les colibris , la langue compofée 
de deux demi- tuyaux cylindriques , qui , 
s'appliquant l'un à l'autre , forment un 
tuyau entier, un véritable organe d'afpi- 
ration , plus analogue à la trompe des 
infectes qu'à Fa langue des oifeaux. 

Il n'en eft pas non plus du genre des 
grimpereaux comme de celui des colibris , 
par rapport à î'efpace qu'il occupe fur le 
globe j les colibris paroiffent appartenir 



(a) Je fais que quelques Auteurs n'en ont 
donné que dix à notre grimpereau d'Europe 3 majs 
yoyez, ci-après, fon hiiloire. 



des Grimpereaux. lit 

exclufîvement au continent de l'Améri-' 
que - y on n'en a guère trouvé au-delà des 
contrées méridionales du Canada , & à 
cette hauteur l'efpace de mer à franchir 
eft trop vafte pour Un fi petit oifeau , 
plus petit que plufîeurs infeéfces •, mais le 
grimpereau d'Europe ayant pénétré juf-* 
qu'en Danemarck , peut-être plus loin , 
il eft probable que ceux de l'Alie & de 
l'Amérique fe feront avancés tout autant 
vers le Nord , & qu'ils auront par con-* 
féquent trouvé des communications plus 
faciles d'un continent à l'autre* 

Comme les grimpereaux vivent des 
mêmes infeôles que les pics 5 les fittelles * 
les méfanges , & qu'ils n'ont pas , ain(î 
que nous l'avons remarqué plus haut , la 
refïource de faire lortir leur proie de 
defîbus l'écorce en frappant celle-ci de 
leur bec , ils ont i'inftinél de fe mettre 
à la fuite des béque-bois 5 d'en faire y 
pour ainli dire , leurs chiens dechafle * 8c 
de fe faiiir adroitement du petit gibier 
que ces béque-bois croient ne faire lever 
que pour eux-mêmes. Par la raifon que 
les grimpereaux vivent uniquement d'in- 
feélesj on lent bien que les efpèces en 



222 Hijioire Naturelle 

doivent être plus fécondes & plus variées 
dans les climats chauds > où cette nour- 
riture abonde, que dans des climats tem- 
pérés ou froids > & par conféquertt moins 
favorables à la multiplication des infedes. 
Cette remarque eft de M. Sonnerat (b) 3 
& elle eft conforme aux observations. 

On fait qu'en général les jeunes oifeaux 
ont les couleurs du plumage moins vives 
& moins décidées que les adultes -, mais 
cela eft plus feniîble dans les familles 
brillantes des grimpereaux , colibris & 
autres petits oifeaux , qui habitent les 
grands bois de l'Amérique. M. Bajon 
nous apprend que le plumage de ces jolis 
petits oifeaux Américains , ne fe forme 
que très-lentement , & qu'il ne commence 
à briller de tout fon éclat qu'après un 
certain nombre de mues. Il ajoute que 
ïes femelles font auffi moins belles & plus 
petites que leurs mâles (c). 

Au refte , quelque analogie que l'on 
veuille voir ou fuppofer entre les grime- 



■— ■— É— ■— — 



(b) Voyage a ïa nouvelle Guinée, page 62. 
( c ) Mémoires pour fervir à PHiftoire de 
Cayenne ? page 257, 



des Grimpereaux. 225 

pereaux Américains & ceux de l'ancien 
continent, il faut convenir auffi que l'on 
connoît entre ces deux branches d une 
même famille des différences fuffifahtes 
pour qu'on doive dès-à-préfent les distin- 
guer & les féparer : & je ne doute pas 
qu'avec le temps on n'en découvre encore 
de plus confidérables , foit dans les qua- 
lités extérieures , foit dans les habitudes 
naturelles (d).' 



(à) Il y a au Sénégal, Clivant M. Acbnfon, 
pîufieurs belles efpèces d'oifeaux, dont les femelles 
fbnt'aufli brillantes que les mâles. 










il 



K !v 



224 Hijloirc Naturelle 



mx&sM&s&mtissœssi 



"LE GRIMPEREAU(a). 

.L'extrême mobilité eft l'apanage ordi- 
naire de l'extrême petiteffe : le grimpe- 



mjl^jHW n 



* Voyz\ îes planches enluminées, n.° 68 1 , fig. i. 

(a) Avicula exigua nom'we Kîp&o;, Kzp&ta. , KépJW, 
Ariflote, Fz^. Animal, iib. IX, cap. xvn. 

Périr grimpereau. Bélon , Nat. des O i féaux 9 
page 374, ch. xxxi. 

Certhia , certhius , reptitatrîx Turneri , fcaiuluîaca , 
crêpera Anglorum; rarycheus Alberti ; en Allemand, 
rinnenklaeber , rindenklaeber , hierengriell » félon quel- 
ques-uns. Gefner, ^es, page 255. 

— Aidrovande, Omithol. Iib. XII, cap. xliv ; 
en François, grimpereau pioc/iet. Aidrovande fait 
honneur de cette dénomination à Bélon, chez qui 
je n'ai rien trouvé de femblabie. 

— Jonfton, Aves, page &i. 

— En Angîois, the creeper. Wilïughby, Oruith. 
page 100. Nota. Que cet Auteur cite partout Ai- 
drovande au lieu de Bélon , qui eft ici l'auteur 
original : de plus , il dit que le grimpereau eft atëez 
diflingué des autres oifeaux par fa petitefle & fon 
bec arqué ; deux caractères néanmoins qui ne fuffi- 
ïoient pas pour le diftinguer des colibris. 

— Ray, Synopfis Av. page 47 , 48. 
Scandalaca Quorum ; en Grec P K«f ehW, Qp^Q^^ycLÇ • 



des GrimpereauX. 2 2 f 

fsau cft prefque auffi petit que le roi- 
telet , & comme lui preique toujours en 



en Anglois, tht ox-cye-creeper. Charïeton, page 93 ? , 
».« 8. 

— Rcptatrix Bellonii : en Suédois, krypare* Lhv* 
nscus, Fauna Suecica, n. a 213. 

— Moehring, Avium gênera, G. 17. 

Certhia familians grifeaj fubtus alba , remigibus 
fufiis deceirij macula alla ; reclricibus decem. Lin- 
naeus, Syft. Nar. éd. XIII", page 184. 

— Mulîer, Zoologiœ Dan, prodromns , page 33,- 
n. Q 304 ; en'Danois, trœpikke, licheflen. 

Scandulaca arborum , calidris cinerea ; en Grec , 
KétXwp/ç, Kv/.tiroxo^o; , &c. «£ fupra ; en Allemand,. 
baum-kletterlin, baum-heckel , hirngrille, rinderkleber. 
On ne doit pas être furpris qu'on ait donné quel- 
quefois les mêmes noms aux grimpereaux & aux^ 
fittelles j qui ont plufieurs habitudes communes* 
Schwenckfeld, Aviar, Silefite,ip<\ge 347. 

— Rzaczynski, Autluar. Poïon. page 439. 
Certhius min or ; en Allemand, der kk'mere grau* 

Jpecht, kleinefle baum-hacker, baum-laufer , rinderi- 
khber. Grimpereau grisâtre. Frifch , tome I r 
cïaflT. IV, divif. 11 , pi. Il , n.° 39 , art. 8. Cet Auteur 
accufe mal- à- propos Gefner d'avoir confondu ce' 
grimpereau avec celui de muraille. Vôye\. Gefner , 
\Aves, page 712. 

Certhia y îe petit grimpereau d'arbres ; en Àri- 
glois, the fmall tree-creeper. Albin, Hift. Nat. des 
Gifzaux, tome III, pi. XXV. 

Fahinellus arhoreus noflras minor, Klein , Ordo 
Jtvium-, page 106, 



216 Hifloira Naturelle 

mouvement s mais tout fon. mouvement, 
toute fon aftion porte , pour ainfi dire , 
fur ïe même point : il refle oute Tannée 
dans le pays qui Ta vu naître -, un trou 
d'arbre eft fon habitation ordinaire -, c'eft 
de-là qu'il va à la chafle des infe&cs de 
récorce & de la moufle (b) ; c'eft auffi 
ielieu où la femelle fart fa ponte & couve 

Ccrthia grifia, feu picus cwereus minimuf, cer- 
thia pufilla ; en Italien , cer\ia ceneriua , picckio paf- 
ferino ; vulgairement rampichmo. Gerini ? OrnithoL 
tome 1 1 ., page $5 , pi. 195 , fig. 1. 

Ifpida, candâ rigidâ ; en Autrichien, baum-lauf 
ferl. Kramer, EUnc. Juftr. inf. page 337. 

Grarelet, en Poitou; petit pic ou pxaffon , en 
Sainronge; rat-bernard . en Berry, & bœuf par anti- 
phrafe ; reteiro , en Provence; ailleurs, grimpeur, 
grimpeux . grimpet , grimperet , grimpelet , grimpard 
ou grimpant pour ie diftinguer de la fittelle ; pio- 
chet > gravi fon ou gravi jfon , gravi fton , gravi ffeur , 
graviffet , petit gravaudeur, fourmillou, &c. Saierne, 
Hifl. Ndt. des Oifeaux , page 119. 

Certhia fipernè fufco - rufefcens , permis in medio 
ûlbidis y circa margines nigricantibus , infernè alba , 
cum aliquâ rufefcentis mixturâ ,• urepygio rufo ; ocu- 
lorum ambitu & tœnià fupra oculos aibo- rufefcentibus ; 
redtricibus grifco rufis y cuneifcrmibus. . . . Certhia, 
te grimpereau. Briffn , tome III, page 603. 
^ (h) Frifch dit qu'il s'y défend fort bien contre 
la tutelle ? lorsqu'elle vient s'y préfenter. 



des Grimpereaux. nj 

[es œufs. Biion a dit , & prefque tous 
Orn thoîcglites ont répété qu'elle pondoit 
jufqu'à vingt œufs , pins ou moins *, il 
faut que Bélon ait confondu cet oifeau 
avec queîqu'autre -petit oileau grimpant 
tel que les méfanges*, pour moi, je me 
crois en droit d'ailurer , d'après mes pro- 
pres obfervationsp & celles de pîufieurs 
Naturalises (c) j que la femelle grim- 
pereau pond ordinairement cinq œufs , 
& prefque jamais plus de fept : ces œufs 
font cendrés > marqués de points & de 
traits d'une couleur plus foncée , & la 
coquille en eft un peu dure. On a remar- 
qué que cette femelle commençoit fa ponte 
de fort bonne heure au printemps , & 
cela eft facile à croire , puifqu elle n'a 
point de nid à conftruire ni de voyage 
à faire. 

M. Frifch prétend que ces oifeaux 
cherchent aufîi les infeâes fur les murail- 
les *, mais 5 comme il paroît n'avoir pas 
connu le véritable grimpereau de muraille, 



(c) M. S'dierne , M. I otringer , M. Je comte 
Ginanni , cités dans l'Ornithologie italienne , 
tome II, page 55. 



22 3' Hijloire Naturelle 

& que même il ne Ta point reconnu dans 
la defcrîption de Gefner 5 quoiqu'afîez 
caraétérifée 5 il eft vraifemblable qu'il 
confond ici ces deux efpèces , d'autant 
plus que le grimpereau eft affez fauvage 
& fait fa principale demeure dans les 
bois. On m'en apporta un, en 1773 , au 
mois de janvier 3 lequel avoit été tué d'un? 
coup de fudl fur un acacia du Jardin du 
Roi \ mais on me l'apporta comme curio- 
fîte, & ceux qui travaillent toute l'année 
à ce jardin , m'aiiurèrent qulls ne voy oient 
de ces fortes d'oifeaux que très-rarement : 
ils ne font point communs non plus en 
Bourgogne ni en Italie (d) y mais bien 
en Angleterre (e) ; il s'en trouve en 
Allemagne & jufqu'en Danemarck,comme 
je lai dît plus haut-, ils iront qu'un petit 
cri fort aigu & fort commun. 

Leur poids ordinaire eft de cinq dra- 
gmes^/V ; ils paroiiTentunpeu plus gros 
qu'ils ne font en effet > parce que leurs 



«6*»3»" 



(d) Geiini, Qmu&alôgu italienne, page 56. 

(e) WîiKighby,^jo-e 100. 

( f) La dragme angïoife averdupois n'eft que la; 
felzième partie de l'once. 



des Grimper eaux. 2 1 f 

plumes au lieu d'être couchées réguliè- 
rement les unes fur les autres , font le 
plus fouveut hériffées & en défordre , & 
que d'aill-eurs ces plumes font fort longues. 
Le grimpereau a la gorge d'un blanc 
pur , mars qui prend communément une 
teinte roufsâtre , toujours plus foncée fur 
les flancs & les parties qui s'éloignent de 
ïa gorge ( quelquefois tout le défions du 
corps eft blanc ) (g) ; le deflus- varié de 
roux, de blanc & de noirâtre', ces diffé- 
rentes couleurs plus ou moins pures, 
plus ou moins foncées *, la tête d'une 
teinte plus rembrunie , le tour des yeux 
& les fourcils, blancs*, le croupion roux -, 
ïes pennes des ailes brunes *,les trois pre- 
mières bordées de gris *, les quatorze fui- 
vantes marquées dune tache blanchâtre , 
d'où réfulte fur Faite une bande tranf- 
verfale de cette couleur-, les trois der- 
nières marquées vers le bout d'une tache 
noirâtre entre deux blanches * le bec r 
brun deffus , blanchâtre deflous *, les pieds 
gris*, le fond des plumes cendré-foncé. 



(g) Voyei Geiher 3 à l'endroit cité,. 



5 



£30 Hî/loire Naturelle 

Longueur totale, cinq pouces •, bec, 
huit lignes , grêle , arqué , diminuant uni- 
formément de grofleur & finiffant en 
pointe, mais grande ouverture de gorge, 
dit Bélon *, narines fort obîongues , à 
demi-recou vertes par une membrane con- 
vexe , fans aucune petite plume *, langue 
pointue & cartilagineufe par le bout 
plus courte que le bec *, tarfe , fept ligne 
doigt du milieu , fept lignes & demie y 
doigts latéraux adhérens à celui du milieu 
par leur première phalange*, ongle pof- 
térieur le plus fort de tous , & plus long 
même que fou doigt -, tous les ongles en 
général très-longs, très-crochus & très- 
propres pour grimper -, vol , environ fept 
pouces *, queue , vingt quatre lignes , 
félon Ballon -, vint-huit , félon Willughby > 
vmgt-fix, félon moi (h) ^ compofée de 
douze pennes étagées (ij , les plus Ion- 



(h) Je ne fais pourquoi cette queue a paru 
courte à Bdon. 

fi) M« Briifon, Willughby & Linnœus ne 
lui donnent que dix pennes , fans doute qu'il en 
manquoit deux car j'en ai compte douze, ainii 
que M. IS Pennant & Moehring. 



Tû/H ■ X ' 



P/.7T. pai 7 .2 3û 




J.E VK TIT GlUMPKJU'.Ar .^/awa* .2 
PETIT GRIMPEREATT &la Gtvan* . 



.JJL 



des Grimpereaux. 231 

gués fuperpofées aux plus courtes , ce 
qui fait paroître la queue étroite -, toutes 
ces pennes pointues par le bout , ayant 
l'extrémité de la côte ufée comme dans 
les pics , mais étant moins roides que 
dans ces oifeaux , dépaffe les ailes de douze 
lignes ', les ailes ont dix -fept pennes ; 
celle que Ton regarde ordinairement 
comme la première , & qui eft très- 
courte, ne doit point être comptée parmi 
les pennes. 

(Efophage , deux pouces \ inteftïns , 
fix } géfier muiculeux , doublé d'une 
membrane qui ne fe détache pis facile- 
ment, contenoit des débris cTinfed:?s , 
mais pas une feule petite pierre ni frag- 
ment de pierre *, légers vertiges de coecum , 
point de vélîcule du fiel. 



&&& 






232 Htjloirè Naturelle 

T — — 'il —M— un -1 - inuri-n — — pp— ■— — j^ — mil W 11 M ipi* 

Vari-étés du GRIMPEREAU. 

Le graM> Grimpereau (^. C'eft une 
fimple variété de grandeur , qui a les 
mêmes allures , le même plumage & la 
même conformation que le grimpereau J 
feulement il paroît moins défiant 5 moins 
attentif à fa propre confervation : car , 
d\m côté, Béldii donne le grimpereau 
ordinaire pour un oifeau difficile à pren- 
dre y Se de l'autre , Klein raconte qui! a 
pris un jour à la main un de ces grands 
grimpereau qui couroit fur un arbre* 



$k) Certhius major; en Allemand, der grojjere 
grau fpecht, Frifch , tome I, clajjl iv, àiv. 11 , 
pi. II, n.° 39, an, 7. 

Falclneleus arooreus noflras major. Klein , Ordo 
Avium, page 106. 

Cercla volgarc maggiore. Picchio pajjerino mag~> 
giore, rampichino maggiore. Ornithologie italienne y 
F age 56. 

Certâia major, le grand grimpereau. Brijfofiy 
eome Ill ; page 607,. 




des Grirnpereaux. 1 3 3 

— ■ mu *» —pi — ——— 

* LE GRIMPEREA U 

DE MU RAILLE ( a ^ 

I out ce que le Grimpereau de l'article 

précédent fait fur les arbres 3 celui-ci le 



* Voyei les planches enluminées,//. 372 ,^g. 1, 
le mâle ; & jzg. 2 , ia femelle. 

frt^ Pic de muraille, « ne lui ayant trouvé autre 
nom ancien ne moderne ; à Clairmont en Au- " 
vergne, efchelette, qui eft nom deu aux pics- « 
verds; en Auvergnac, un ternier, efpèce de pic- " 
mart. ► . . >> Bélon, Nat. des Oi féaux , page 302, 
chapitre xv 1. M. Salerne a foupçonné qu'on 
avoit donné à cet oifeau le nom de ternier, parce 
qu'il eft le troitième des pics dans Bélon ; ii n'a 
pas pris garde que c'eit Bélon lui-même qui a dit 
que le grimpereau de muraille s'appeîoit ternier en 
Auvergne. Ne l'auroit-on pas nommé ainiî parce 
qu'il a trois doigts en avant, ce qui n'eft pas 
ordinaire aux pics, avec lefquels on a voulu le 
confondre ? 

Picus muralis ; en Italien, Pico ; en Savoie, 
pitfchat; en Allemand, murfpecht* klemnfpechî. 
Cefner, Aves, page 712. 

Picus murarius feu muralis, pic d'Auvergne; en 
Italien , picchio ; err Savoie & aux environs de 
Neufchâtel en Suiiïe, pitfckard. Aldrovande, Qrnï- 
tàologia, tome 1, page 851, 



234 Uijloire Naturelle 

fait fur les murailles *, il y loge , il y 
grimpe , il y chaffe 5 il y pond (b) j je 

^— — — I— — — »».— — — ~^»— ■■ III | I 11 I l i l l i n l I I l I ■ 

— Jonfton, Aves, page 79 ; en Anglois, rAe 
ereeper, & encore fpider-catcher. Charleton, Aves, 
page 9g. 

--*■ Schwenckfeîd , yfWar. Sihfia, page 340; 
en Allemand, khtten-fpeeht (pic grimpant). 

— Rzaczynski, Audtuar. Polvn. page 414; en 
Polonois, d^ieciot murowy. 

• — ' Willughby, Omithol. page 99 

— Ray, Synopf. Avium , page 46. Cet Auteur 
place, avec raifon, ie grimpereau, non parmi les 
pics, mais parmi les oifeaux qui ont de l'affinité 
avec les pics. 

• — Saierne, Hifl. Nat. des Oifeaux > p?ge 113. 

Pi eus pedum digitis tribus an t ici s, poftico uno ; 
albo nigrot/ue varius ; en Autrichien, mauerfpccht , 
todtcn vogL Kramer, Elenchus Aujlr. in fi pag. 336. 

Certhia nwraria, cinerea , macula alarum fuhâ; en 
I3anois, feopoli. I/innaeus , Syfl. I\ 7 at. éd. XIII, 
pag. 184. 

The ival -ereeper or fpider catcher( gobe- araignée ). 
Edwards, Hifl. Nat. des Oifeaux . pi. 361. 

Cèrpa mufatola , picchio muraiolo (Jerini., Orni- 
thologia , tom. lï , pag. cfi , pi. 197. 

Merops Pyrefràîcbs cinereus , alarum coflis coccineis, 
reptatrix ; en Catalan , fica aranyas. . . . Ib.rrère , 
Spécimen novum , claiT. 1 II , Gen. XX II , Sp. 3 , 
pag. 47. 

Certhia cinerea , /lipernè dilutihs , infernè fa!ura~ 
tlàs; gutture 6V coV.o infer'orc nigris ( mas): tëïïrici- 
lus alarum remigibufjm extefiàs prima medietatt 



des Grimpereaux. 235 

comprends fous ce nom de murailles , 
non - feulement celles des hommes, mais 
encore celles de la Nature 5 c'eft-à-dire, 
les grands rochers coupés à pic (c) % 
M. Kramera remarqué de cesoifeaux qui 
fe tenoient dans les cimetières par préfé- 
rence, & qui pondoient leurs œufs dans 
des crânes humains (d). Ils volent en 
battant des ailes à la manière des hup- 
pes, & quoiqu'ils foient plus gros que le 
précédent , ils font auffi remuans & auiîi 
vifs •, les mouches , les fourmis & fur-tout 
les araignées font leur nourriture ordinaire. 

rofeis ; rtdtricibus nigricantibns , apice fovdidè cinereo 

jimbriatis , binis utrimqut exthnis apick albls 

Certhia muralis , le grimpereau de muraille , Brif- 
fon y tome III, page 607. 

Quelques-uns rappellent j^ic d'Auvergne, fuivant 
M. Salerne , Hift. Nat. des O i féaux , pag. 113. 

( b ) On dit auffi qu'il pond dans des trous 
d'arbres. 

( c ) Le nom de pic de montagne qu'on lui donne 
à Turin, eft un indice cm'on ie ibuDConne, au 

7 i * J 

moins dans ce pays, de s'accommoder auiïî-bieri 
des trous de rochers que de ceux de murailles; & 
d'aifïeurs Schwenéfcfeld dit qu'on le voit commu- 
nément dans ies citadelles qui font fkuées fur les 
montagnes. 

(d) MJlr. inf, pag. 336. 



2 j 6 Hljîoire Naturelle 

Bélon croyoit que c'étoit une efpèce 
particulière à la province d'Auvergne (e) j 
cependant elle exifte en Autriche , en 
Siléfîe , en Suifle y en Pologne > en Lor - 
raine , fur-tout dans la Lorraine- alle- 
mande , & même félon quelques-uns en 
Angleterre *, félon d'autres , elle y eft au 
moins fort rare (f) ; elle eft au contraire 
aflez commune en Italie , aux environs 
de Bologne & de Florence , mais beau- 
coup moins dans le Piémont, 

C'eft fur-tout l'hiver que ces oifeaux 
paroiffent dans les lieux habités , & fi Ton 
en croit Bélon 3 on les entend voler en 
l'air de bien loin , venant des montagnes 
pour s'établir contre les tours des villes. 
Ils vont feuls ou tout au plus deux à 
deux, comme font la plupart desoifeaux 
qui fe nourrirent d'infeâes , & , quoique 
iolitaires 5 ils ne font ni ennuyés ni trif- 
tes (g) y tant il eft vrai que la gaieté 



— i m mur w t — fWnmiMWtJl 



(e) Nature des Gifeaux, à l'endroit cité, 
f f) M. Edwards ne la croit ni native ni de 

paffage en Angleterre ; ii ne l'y a jamais vue 7 

îion plus que Ray & Wilïughby. 

(g) 1^ font gais & vioges ? dit Bélon, 



des Grunpereaux. 237 

dépend moins des reflburces de la fociété 
que de l'organifation intérieure ! 

Le mâle a, fous la gorge, une plaque 
noire qui fe prolonge fur le devant du 
cou , & c'eft le trait caraéfcériftique qui 
diftingue ce mâle de fa femelle •, le deffus 
de la tête & du corps d'un joli cendré > 
le deflous du corps d'un cendré beaucoup 
plus foncé *, les petites couvertures fupé- 
rieures des ailes , couleur de rofe -, les 
grandes noirâtres , bordées de couleur de 
rofe -, les pennes terminées de blanc & 
bordées , depuis leur bafe jufqu'àîa moitié 
de leur longueur, de couleur de rofe qui 
va s'âiFoiblifTant & qui s'éteint prefque 
fur les pennes les plus proches du corps ; 
îes cinq premières marquées fur le côté 
intérieur de deux taches d un blanc plus 
ou moins pur , & les neuf fuivantes d'une 
feule tache fauve -, les petites couvertures 
inférieures , les plus voifines du bord , 
•couleur de rofe , les autres noirâtres *, les 
pennes de la queue noirâtres , terminées , 
fa voir , les quatre paires intermédiaires de 
gris-fale , & les deux paires extérieures 
de blancs le bec & les pieds noirs. 

La femelle a h gorge blanchâtre, Urç 



2 j 8 Hijloire Naturelle 

individu que j'ai obfervé, avoît fous îa 
gorge une grande plaque d'un gris-clair, 
qui defcendoit fur le cou , & envoyoit 
une branche fur chaque côté de la tête. 
La femelle, que M. Edwards a décrite, 
étoit plus grande que le mâle décrit par 
M. Briffon. En général , cet oifeau eft 
d'une taille moyenne entre celle du merle 
& celle du moineau. 

Longueur totale, fix pouces deux tiers ; 
bec , quatorze lignes , & quelquefois juf- 
qu*a vingt, félon M. Briffon -, langue fort 
pointue , plus large à fa bafe , terminée 
par deux appendices*, tarfe , dix à onze 
lignes *, doigts difpofés trois en avant & 
un feul en arrière , celui du milieu , neuf 
à dix lignes , le poftérieur -onze , & la 
corde de l'arc formé par l'ongle feul , fix -, 
en général, tous les ongles longs, fins & 
crochus*, vol , dix pouces *, ailes compo- 
fées de vingt pennes félon Edwards, de 
dix-neuf félon Briffon , & tous deux 
comptent parmi ces pennes la première 
qui eft très-courte & n'eft point une 
penne *, queue, vingt-une lignes , corn* 
pefée de douze pennes à peu-près égales, 
dépaile les ailes de fix à fept lignes. 



I y {.rir./><zy.->3i>. 




*W dit 



liE GIUMPE11EATT 3>K MURAIIXE . 



des G ri mp ère aux. i 5 9 

Bélon dit politivement que cetoifeaa 
a deux doigts devant ck deux derrière; 
mais il avoit dit aufli que le grimpereau 
précédent avoit la queue courte : la caufe 
de cette double erreur eft la même : 
Bélon regardoit ces deux oifeaux comme 
avoiiinant la famille des pics (h) , & il 
leur en a donné les attributs , fans y 
regarder de bien près •, c'eft qu'il voyoit 
quelquefois par les yeux de l'analogie : 
or Ton fait que la lumière de l'analogie, 
qui éclaire fi fouvent l'efprit & le mène 
aux grandes découvertes , éblouit quel- 
quefois les yeux dans le détail des 
observations. 



\ 



(h) Béïon nomme celui-ci pic de muraille* & 
lès rapports du grimpereau précédent avec ies pics 3 
ne lui avoient point échappé. 



**&$& 



240 Hifloire Naturelle 



smmsgE&s 



OISEAUX ÉTRANGERS 

DE L'ANCIEN CONTINENT 

Qui ont rapport aux GrimfereAUX. 

Je donnerai à ces oifeaux le nom de 
Soui-mangas , que porte à Madagafcâr 
une afîez belle efpèce, par laquelle je 
vais commencer l'hiftoire de cette Tribu. 
Je ferai enfuite un article féparé des oi- 
feaux étrangers du nouveau continent, qui 
ont quelque rapport à nos grimpereaux, 
mais auxquels ce nom de grimpereaux 
ne peut convenir, puifqu'on Tait que la 
plupart ne grimpent point fur les arbres , 
& qu'ils ont des mœurs , des allures & 
un régime fort différens. Je les diftin- 
gueraidonc & de nos grimpereaux d'Eu- 
rope, & des foui-mangas d'Afrique & 
d'Afie , par le nom de gult guit j nom 
que les Sauvages , nos maîtres en nomen- 
clature, ont impofé à une très-belle efpèce 
de ce genre , qui fe trouve au BréiîL 
J'appelle les Sauvages , nos maîtres en 

nomenclature 2 



des Oijèaux étrangers. 241 

nomenclature, & j'en pourras dire autant 
des enfans, parce que les uns &ies autres 
déiîgnent les êtres par des noms d'après 
nature , qui ont rapport à leurs qualités 
fenfibles , fouvent même à la plus frap- 
pante 3 & qui par conféquent les repré- 
sentent à l'imagination Se les rappellent à 
l'efprit beaucoup mieux que nos noms 
abftraits , adoucis , polis , défigurés > Se 
qui la plupart ne reffemblent à rien. 

En générai , les grimpereaux & les 
foui-mangas ont le bec plus long à pro- 
portion que les guit-guits , & leur plu- 
mage eft pour le moins aufli beau , aufïï 
beau même que celui des brillans coli- 
bris : ce font les couleurs les plus riches , 
les plu9 éclatantes , les plus moëlîeufes ; 
toutes les nuances de vert 5 de bleu , 
d'orangé , de rouge , de pourpre , rele- 
vées encore par l'oppofition des diffé- 
rentes teintes de brun & de noir velouté , 
qui leur fervent d'ombre. On ne peut 
s'empêcher d'admirer l'éclat de ces cou- 
leurs 5 leur jeu pétillant , leur inépuisa- 
ble variété , même dans les peaux deflé- 
çhées de ces oifeaux , qui ornent nos 
Cabinets : on croiroit que la Nature a 

Oifeaux > Tome X L 



i^i Hijloire Naturelle 

employé la matière des pierres précîeu- 
fes , telles que le rubis , Témeraude , 
l'améthifte , l'aigue-marine , la topafe , 
pour en compofer les barbes de leurs 
plumes. Que feroit-ce donc , iî nous pou- 
vions contempler dans toute leur beauté 
ces oifeaux eux-mêmes , & non leurs ca- 
davres ou leurs mannequins ! Si nous 
pouvions voir I email de leur plumage 
dans toute fa fraîcheur , animé par le 
jfcuffle de vie, embelli par tout ce que la 
magie du prifme a de plus éÉlouiffant , 
variant (es reflets à chaque mouvement 
de loifeau qui fe meut fans ceffe , & 
faifant jaillir fans ceffe de nouvelles cou- 
leurs , ou plutôt de nouveaux feux ! 

Dans le petit comme dans le grand , 
il faut, pour bien connoître la Nature , 
l'étudier chez elle-même , il faut la voir 
agir en pleine liberté, ou du moins il 
faut tâcher d'obferver les réfuîtats de 
{on adion dans toute leur pureté & 
avant que l'homme y ait mis la main. 

Il y a beaucoup de foui-mangas vivans 
chez les oifeleurs HoIIandois du cap de 
Bonne-efpérance : ces oifeleurs ne leur 
donnent , pour toute nourriture , que de 



des Oifèaux étrangers. 243 

Feau fucrée -, les mouches qui abondent 
dans ce climat , & qui font le fléau de 
la propreté HoIIandoife , fuppléent au 
refte -, les foui-mangas font fort adroits à 
cette chafle , ils attrapent toutes celles qui 
entrent dans la volière ou qui en appro- 
chent *, & ce qui prouve que ce fupplé- 
ment de fubfiftance leur eft très nécef- 
faire , c'eft qu'ils meurent peu de temps 
après avoir été tranfportés iur les vailïeaux 
où il y a beaucoup moins d'infeâ:cs. M. le 
vicomte de Querhoënt, à qui nous devons 
ces remarques 5 n'en a jamais pu conferver 
au-delà de trois femaines. 

L 

LE SOUl-MANGACa). 

C'est , fuivantM.Commerfon, le nom 
que Ton donne à ce bel oifeau dans l'île 
de Madagafcar où il Ta vu vivant. 



(a) Certhia fuptrnk fplendidè viridis , ad viola- 
ceum inclinanS) infernè pallidè flava; dorfo infimo & 
uropygio fufco - olivaceis ; tœniâ daplici in pedtore, 
granfversâ ? alla cœruleo • yiolaceâ ? altéra caflamâ ; 

Lij 



244 ïlifloire Naturelle 

Le foui-manga a la tète , la gorge & 
toute la partie antérieure d'un beau vert 
brillant , & de plus un double collier , 
J'un violet 8c l'autre mordoré -, mais ces 
couleurs ne font ni lîmples ni permanen- 
tes •, la lumière qui fe joue dans les barbes 
des plumes comme dans autant de petits 
prifmes , en varie incefîammcnt les nuan- 
ces depuis le vert-doré jufqu'au bleu- 
foncé •, iï y a , de chnque côté , au-deffcus 
de l'épaule, une tache d'un beau jaune, 
ïa poitrine eft brune , le refte du defîous 
du corps jaune-clair *, le refte du defïus 
-du corps olivâtre-obfcur j les grandes cou- 
vertures & les pennes des ailes brunes , 
bordées d'olivâtre -, celles de la queue 
jpoires , bordées de vert ? excepté la plus 



rc&ricibus nlgris ., extimâ v.ltlmâ medietate obliqué 
grifeo - fufcâ ? proximà fequenti apice grifeo - fufiâ 

Çerthia faperiiè ftfco- olivacea, infcrnè flavicans > 
liïwaceo admixto ; fé&riciBhs riigrh , extimâ ultime 

medietate oblique grifeo -fufcâ , proxiwè fequenti cifice 
grifeo - fufcaÇ fkmrna). . . . Certhia Madagafcarienfis 
violaçeL grimpereau violet de Madagafcar. Brij/oh; 
tpm. I) I ^ pag« 6,38. On l'appeîie à Madagascar ? 



des Oifeaux étrangers. 24$ 

extérieure qui l'eft en partie de gris-brun \ 
la fuivante eft terminée de cette même 
couleur*, le bec & les pieds font hoirs. 

La femelle eft un peu plus petite & 
beaucoup moins belle *, brun - olivâtre 
deilus , olivâtre tirant au jaune defîous ; 
du refte refiemblant au mâle dans tout 
ce qui n'a point d'éclat. Cet oifeau eft à 
peu-près de la groffeur de notre tro- 
glodyte. 

Longueur totale , environ quatre pou- 
ces *, bec , neuf lignes*, tarfe , fix lignes & 
plus *, doigt du milieu , cinq lignes &c 
demie ? plus grand quele poftérieur -, vol, 
fix pouces *, queue , quinze ligues , com- 
pofée de douze pennes égales, dépaffe 
les ailes de fept à huit lignes. 

On doit rapporter à cette efpèce ; 
comme variété très-prochaine , le foui- 
manga de l'île de Luçon que j'ai vu dans 
le beau cabinet de M. Mauduit, &quî a 
la gorge, le cou & la poitrine couleur 
d'acier poli, avec des reflets verts , bleus , 
violets , &x. & plufieurs colliers que le 
jeu brillant de ces reflets paroît multi- 
plier encore # , il Temble cependant que 
l'on en dillingue quatre plus conftans ? 

L iij 



246 HiJIoire Naturelle 

l'inférieur violet-noirâtre , îe fuivant mar- 
ron 5 puis un brun > & enfin un jaiuie ; 
il y a deux taches de cette couleur au- 
deflbus des épaules , îe refte du deflous 
du corps 3 gris - olivâtre -, le deffus du 
corps 3 vert-foncé avec des reflets bleus, 
violets , &c. les pennes des ailes , les 
pennes & couvertures fupérieures de la 
queue 5 d'un brun plus ou moins foncé , 
avec un œil verdâtre. 

Longueur totale , un peu moins de 
quatre pouces *, bec , dix lignes *, tarfe , 
fept 3 ongle poftérieur le plus fort , queue, 
quinze lignes , carrée, dépaffe les ailes de 
fept lignes. 

I I. 

* LE SO UI~ MANGA 

MARRON - POURPRÉ 
A POITRINE ROUGE (b). 

Séba dit que le chant de cet oifeau des 
îles Philippines eft femblable à celui du 



¥ Voyo-X les planches enluminées, //.° 246, où cet 
oifeau è-ft repréfenté jîg. i/ie mâie, fous le m 



des Oifeaux étrangers. 247 

rofïïgnol j il a la tête, la gorge & îe de- 
vant du cou varié de fauve & de noir 
ïuftré , changeant en bleu violet j le def- 
fus du cou & le deflus du corps dans fa 
partie antérieure , marron pourpré , dans 



de grimpereau des Philippines; & fig. 1, h femeïïe. 

( h ) Avis nochtototl , colore pajferis Hijpanici. 
Séba, tom. I ^ pag. 69, n.° 5. 

Falcinellus colora pajferis Hijpanici ; en Allemand , 
putpUT kopfchen. Klein , Ordo Avium , pag. 107 , 
n.° 1 1. 

Certhia fupernè cafianeo purpurea > infernè coccinea ; 
cap i te à' collo infcriore Jplendidè violaceis ; dorfo 
ifijimo & uropygio violaceis , viridi - aureo variantibus ; 
imo ventre & lateribus ol'waceo- flavicantibus ; re&ri- 
cibus nigricantiùus , fupernè chalyhto colore varianti- 
bus , oris exterioribus violaceis , viridi-aureo varianti- 
bus ( mas). 

Certhia fupernè viridi- olivacea, infernè flavo-oliva- 
cea ; rectricibus nigricantibus , quatuor utrimgue exti- 
mis apice grijeis ( faem. ). . . . Certhia Pkilippenfis 
purpurea , grimpereau des Philippines. Brijfon, ad 
lib. tom. III , pag. 655. 

Certhia purpurea , f'ubtus coccinea ; capite , gulâ 
uropygioque violaceis. . . Sperata. Lînnaeus, Syfl. Nat. 
éd. XIII, G. 65. Sp. 13, pag. 186. 

Famina olivacea , fupra viridefcens , fubtus flavef 
cens. Idem , ibid. 

Troglodirœ affinis. Moehring , Av. gen. pag. 79, 
G. 102. Notez que le troglodyte de Moehring efè 
notre colibri & celui de tout ie monde. 

L IV 



248 Hifîoire Naturelle 

fa partie poftérieure, violet changeant en 
vert doré •> les petites couvertures des ailes 
de même , les moyennes brunes , termi- 
nées de marron pourpré -, la poitrine & 
îe haut du ventre d'un rouge vif 5 le refte 
du défions du corps d'un jaune olivâtre *, 
les pennes & grandes couvertures des 
ailes brunes bordées de roux -, les pennes 
de la queue noirâtres avec des reflets 
d'acier poli, bordées de violet changeant 
en vert-doré*, bec noir deiîus ( jaune feloii 
Séba ) , blanchâtre deflbus -, pieds bruns 
(jaunâtres félon Séba), & les ongles 
longs. 

La femelle drfîère du mâle , en ce 
qu'elle eft vert-d'olive deiïus , jaune-oli- 
vâtre defïous *, que les pennes de fa queue 
font noirâtres , & les quatre paires laté- 
rales terminées de gris: ces oifeaux font 
un peu plus petits que nos grimpereaux. 

Longueur totale, quatre pouces*, bec, 
huit lignes *, tarfe , fix *, doigt du milieu , 
cinq , le poftérieur un peu plus court -, 
vol, fix pouces*, queue, un pouce, com- 
pofée de douze pennes, dépafle les ailes 
de trois lignes» 



des Olfcanx étrangers. 249 

TARI ÉTÉ S DU SOUI-MANGA 
Marron-pourpré a poitrine rouge. 

I. Le petit Grimfereau ou Soui- 
manga brun & blanc ' d'Edwards (c) a 
tant de rapport avec celui-ci , que je ne 
puis m'empêcher de le regarder comme 
une variété d'âge dont le plumage r/eil 
point encore formé , & commence feu- 
lement a prendre des reflets : en effet 5 
il eft blanc deflous, brun deffus , avec 
quelques reflets de couleur de cuivre -, il 



( c ) The liîth brown and white creeper; àoney 
thief ( larron de miel ). Edwards, pi. 26. 

Falcindlus fufcus , ventre albicante; en Allemand, 
hraune baumklette mitweiffkm untedeib. Klein ? Ordo 
jivlum , pag. 108, n.° XIV. 

Certhia fupernè fufia >. cupri fini colore varians , 
infernè alba ; taenia fipra oculos candidâ ; fafciolâ 
utrimque roftrum iiuer & oculum obfcurè fufcâ ; reclri- 
cibus nigricantibus, extimâ apice albâ. . . . Certhid 
Indica» grimpereau des Indes. Brijfon , tom. III 
pag. 621. 

— Gerini, pi. 195, fig. 2, pag. 56. 

Certhïa grijla fubtus alba ; fuperciliis candi dis ; 
retfficibas fnfcis , extimis apice alb'is. ..... Pirfîlln. 

Linnaeus , Syfî, Nat. cd. XIII y G. 65. Sp. 3 , 
pag. 185. 

L v 



250 liijloire Naturelle 

a tin trait brun entre le bec & l'œil -, des 
eipèces de fourcils blancs *, les pennes des 
ailes d'un brun plus foncé que le dos , & 
bordées d'une couleur plus claire *, les 
pennes de la queue noirâtres , la plus exté- 
rieure terminée de blanc *, le bec & les 
pieds bruns. M. Edwards dit qu'il eft une 
fois plus petit que notre grimpereau 
d'Europe. 

Longueur totale , trois pouces & demi *, 
bec, huit à neuf lignes •, tarfe , cinq à fix -, 
doigt du milieu, cinq, un peu plus long 
que le poftéritur \ queue, treize lignes, 
compofée de douze pennes égales , dé- 
paffe les ailes de trois à quatre lignes. 

IL Le Grimpereau ou Soui-manga 
à gorge violette & poitrine rouge de 
M. Sonnerat (d) , doit être auffi rapporté 
comme variété à la même efpèce \ car \ 
outre qu'il a la gorge violette & la poi- 
trine rouge , il a de plus le dos & les pe- 
tites plumes des ailes mordorés ,ie crou- 
pion & la queue couleur d'acier poli , 



(à) Voyage à ïa nouvelle Guinée ? page 63 

/ 



des Olfeaux étrangers. 251 

tirant fur le verdâtre, & les couvertures 
inférieures de la queue d'un vert terne: 
d'ailleurs ces deux oifeaux font indigènes 
des mêmes îles Philippines. 

I I L 

LE SOUI-MANGA 

VIOLET A POITRINE ROUGE (é). 
Le violet eft la couleur dominante de 



fa plumage , & lur ce fond obfcur pa* 
roiilent avec avantage les couleurs plus 
vives des parties antérieures \ fur la gorge 
Se le deffus de la tête , un vert doré bril» 
ïànt , enrichi de reflets cuivreux > fur la 
poitrine & le devant du cou 3 un beau 



(t ) Certhia nigra ad violaceum inclinans ; vertice 
& gutture viridi-aureis , cupri puri colore variantibus , 
collo inferiore & petlore coccineis ; remigibus reêtri- 
cibufque fufeis. . . . Ccrthia Senegalenfîs , grimpereau 
violet du Sénégal. RriJJbn , tome IIÏ, pag, 66o» 
C'eft le premier qui l'ait vu. 

— Gerini , pi. 199, jig. 2 , page 58. 

Certhia nigro - violacta ; vertice gulâque virîdi > 
anreis ; pefîore coccineo. . . Senegalenfis. Linnseus ? 
Syjl. Nat. éd. XIII ? G. 65 , Sp. 14 > pag. 186. 

L v j 



2J 2 HiJIoire Naturelle 

rouge éclatant, feule couleur qui pafoîfTe 
fur ces parties lorfque les plumes font 
bien rangées , bien couchées les unes fur 
les autres -, chacune de ces plumes eft ce- 
pendant de trois couleurs différentes , 
noire à fon origine , vert-doré dans fa 
partie moyenne, & rouge à fon extré- 
mité ; preuve déciiive entre mille autres > 
qu'il ne fuffit pas d'indiquer les couleurs 
des plumes , pour donner une idée jufle 
àes couleurs du plumage. Toutes les pen- 
nes de la queue & des ailes , les grandes 
couvertures fupérieures de ces dernières , 
Se leurs couvertures inférieures , font 
brunes : les jambes font dune teinte corn- 
pofée, oii le brun femble fondu avec le 
violet -, le bec eft noir , & les pieds noi- 
râtres. Cet oifeau eft à peu-près de la 
taille du roitelet: il fe trouve au Sé- 
négal. 

Longueur totale , cinq pouces*, bec, 
dix lignes j tarfe , fept lignes *, doigt du 
milieu, cinq lignes & demie, un peu plus 
long que le doigt poftérieur •, vol, fept 
pouces un tiers \ queue, vingt-deux lignes > 
compofée de douze pennes égaies ? de- 
pafie les ailes de dix lignes. 



des Oifeaux étrangers, l j 3 
I V. 

LE SQUI-MANGA pourpre (f) 9 

Si cet oifeau a voit du vert- doré chan- 
geant fur la tête & fous la gorge > & du 
rouge 5 au lieu de vert & de jaune fur 
la poitrine , il feroit prefque tout-à-fait 
ferublable au précédent , ou du moins il 
lui reflembleroit beaucoup plus qu'au foui- 
manga à collier 5 qui n'a pas une nuance 
de pourpre dans ion plumage 5 & je ne 
vois pas pourquoi M. Brifion regarde ce 
dernier & le grimpereau pourpre d'Ed- 
r/ards, comme étant exactement le même' 
oifbau fous deux noms différens (g). 



' m T,miwéi>mm^ 



( f) The purpîe Tnâian creeper. Edwards , pi. 265V 
Cet Auteur dit que l'oifeau dont il s'agit ici , a h 
langue du colibri, c'eil-à-dire, divifée par le bout 
en plusieurs fifamens ; on iëroit fondé à croire, 
d'après cela, que M. Edwards n'a pas bien connu 
Ja vraie conformation de la langue du colibri. 

(g) ^oj-e^îeiupplément d'Ornithologie 5 tom. Vh 
pugillj. 



% 



SU? 



2J4 Hijloïre Naturelle 

V. 

*LE SO U I-MANGA 

A COLLIER (h). 

Cette espèce , qui vient du cap de 
Bonne-efpérance , a de l'analogie avec 
celle du foui-manga violet }'eile a , comme 
celle-ci, du vert-doré , changeant en cou- 
îeur de cuivre de rofette , & ce vert- 



* Voye\ les planches enluminées , //.° 246 , où cet 
oifeau eft repréfenté fig. 3 , fous le nom de Grim- 
jfereau du cap de Bonne-efpérance. 

(~h^) Certhia fupernè viriai-aurëa^ cupri puri colore 
varians , infernè grifea; pedtore rubro ; tœniâ tranfîersâ 
collum inter & peêfus chalibeâ , viridi colore variante ; 
peclore injlmo & lateribus luteo notatis , redtricibus 
fplendidè nigricantibus , 0/7's exterioribus viridi-aureis , 
cupri puri colore variantibus , marginibus in apice gri~ 

feis , extnnâ exteriùs grijeâ Certhia torquata 

cap i ris Ronœ-fpei , grimpereau à collier du cap de 
Bonne-efpérance. Briffm,, tome III, pag. 643. 

— Gerini . pag. 60 > Sp. 30. 

Cenhia viridh, nitens s pedtore rubro, fafciâ antîcâ 
chaiybeâ. ..... Chalybea. Linnaeus ? Syft. Nat. 

éd. XIII, G 65, Sp. io t pag. 186. 

M. Brifibn eft le premier qui ait parlé de cette 
efpèce. 



des Oifcaux étrangers. 255 

doré s'étend fur la gorge , la tête & tout 
le dcflus du corps*, il borde aufli les dix 
pennes intermédiaires de la queue , qui 
font d'un noir luftré , feulement il n'eft 
point changeant fur fes couvertures fupé- 
rieures. La poitrine a du rouge comme 
dans le foui-manga violet *, mais ce rouge 
occupe moins d'eipace , monte moins haut, 
& forme une efpèce de ceinture conti- 
guë par fon bord fupérieur à un collier 
d'un bleu-d'acier poli changeant en vert , 
large d'une ligne*, le refte du défions du 
corps eft gris, avec quelques mouchetu- 
res jaunes fur le haut du ventre & f ir les 
flancs: les pennes des ailes font d'un gris- 
brun j le bec eft noirâtre, Se les pieds 
tout-à-fait noirs. Cet oifeau eft à peu-près 
de la taille du foui-manga violet , mais 
proportionné différemment. 

Longueur totale, quatre pouces & de- 
rai-, bec, dix lignes \ tarfe, huit lignes & 
demie*, doigt du milieu, fîx lignes, à 
peu-près égal au doigt poftérieur*, vol, 
fix pouces & demi *, queue , dix-huit lignes, 
compoféè de douze pennes égales, dé- 
paffe les ailes de neuf lignes. 

La femelle , fuivant M. Briflbn , diffère 



2 5 & Hijloire Naturelle 

du mâle 5 en ce que le defibus du corp$ 
eft de la même couleur que le deiïus >? 
feulement il y a des mouchetures jaunes 
iur les flancs. 

Selon d'autres, elle a auffi une cein- 
ture rouge , mais qui tombe plus bas que 
dans le mâle 3 & toutes fes autres couleurs 
font moins vives , auquel cas , on doit re- 
connoître cette femelle dans le foui-manga 
obfervé au c^p de Bonne- efpérance par 
M. le vicomte de Querobënt, au mois de 
janvier 1774. Cet oifeau avoit la gorge gris- 
brun , varié de vert & de bleu 5 la poitrine 
ornée d'une ceinture couleur de feu \ 
ïe refte du defîous du corps, gris-blanc > 
îa tête & tout le defîus du corps, gris- 
brun , varié de vert fur le dos, & de bleu 
fur la naiffance de la queue j les ailes , 
brun-clair, doublées de jaune-doré*, les 
pennes de la queue, noirâtres, le bec & 
les pieds noirs. M. le vicomte de Quero- 
bënt ajoute que cet oifeau chante joli- 
ment, qu'il vit d'infeétes & du fuc des 
fleurs, mais qu'il a le gofier fi étroit, qu'il 
ne fauroit avaler les mouches ordinaires 
un peu groffes. Ne pourroit-il pas fe faire 
que cette dernière variété ne fut qu uiie 



des Oljeaux étrangers. 257 

variété d'âge, obfervée avant que Ton plu- 
mage fût entièrement formé , & que là 
véritable femelle du foui-manga à collier 
fut le grimpereau du eap de Bonne-ef- 
pérance de M. Briffon (i) j qui eft par- 
tout d'un gris-brun , plu? foncé diffus , 
plus clair deiîous , couleur qui borde les 
pennes de la queue. & des ailes? Cela eft 
d'autant plus probable , que les tailles fe 
rapportent, ainli que les dimeniîons rela- 
tives des parties , & que ces oifeaux font 
tous deux du cap de Bonne-efpérance : 
Mais c'eft au temps & à robfervation à 
fixer tous ces doutes. 

Enfin on pourroit encore regarder 
comme une femelle du foui-manga à col- 
lier ou de quelqu'une de ks variétés. 



( i ) Certhia grifeo-fujca 5 fiipernè fatutatihs , infer/iè 
diluiihs ; reftricibus nigrkantibus , oris exterioribus 
giifeo-fufcls , cxtiinâ exteriàs albido ambrlatâ. Certhia 
capitis Bonœ-fpei , grimpereau du cap de Bonne- 
efpérance. Brijjoii y tome III , page 618. 

— Gerinij pag. 59, Sp. 19, 

Certhia cap ui fis , grifea ; refïricibus nigricantîbus , 
cxtitnâ exteriùs albi fimbrlatâ. . . . Linnseus, Syfi. 
filât, éd. Xlll, G. 65 , Sp. 4, pag. 105. 



2 j 3 Hlfloire Naturelle 

îe grimpereau des îles Philippines * de 
M. Bnflbn (k)j dont le plumage monotone 
& fans éclat , annonce allez une femelle , 
& qui d'ailleurs a les pennes intermé- 
diaires de la queue bordées d'un noir- 
îuftré,- changeant en vert-doré, comme 
font les pennes de la queue du faut- 
jnanga à collier ; mais, dans cette femelle, 



tmm 



* Voyez les planches enluminées, w,° 570, fig. 1. 
(k) Certhia fiipernè grifïo - fujea , ad viiidefcen- 
tem colorem inc/inans , infime alba , ad fu'iphureum 
vergens ; re&iicibus h inis intermed/is ni gris » cris exté- 
riorisas virldi - anreo colore varianribus y lateraiibus 
uigricantibus , apice albidis, . . . Certhia Philippaifis , 
le grimpereau des Philippines. Briffon , tome III , 
pag. 613. — Gerini , pag. 59, Sp. 16. 

Certhia reêtricibus intermediis duabus longijfîmis • 
torpore fubgrifeo-virejcente ; fubtus alh flarefeens. . . 
Phiiippina. Linnaeus, Syft. Nat. éd. XIII , G. 65, 
Sp. 11 , pag. 187. J'ignore fur quel fondement 
M. Linnaeus donne à cette efpèce deux longues 
pennes intermédiaires à ïa queue : s'il a vu un in- 
dividu ainii fait, alors celui-ci fera un jeune ou 
vin vieux en mue, ou une femelle; mais il eft 
douteux que M. Linnseus ait vu cet oifeau , puif- 
qu'il ne le décrit point , & qu'il n'ajoute rien à 
ce qu'en ont dit les autres. 

C'eft 9 à mon avis , le grimpereau B de la plan- 
che 30. Voyage de M, Sounerat à la nouvelle Guinée* 






des Oifeaux étrangers. 259 

îes reflets font beaucoup moins vifs. Elle 
eft d'un brun verdâtre deffus, d'un blanc 
teinté de foufre deffous*, elle a îes pen- 
nes des ailes brunes, bordées d'une cou- 
leur plus ckire , & ies latérales de la 
queue noirâtres , terminées de blanc- 
Taie. 

Si les grimnereaux des Indes orienta- 
les (ont, comme ceux d'Amérique , plu- 
heurs années à former leur plumage , & 
s'ils n'ont leurs belles couleurs qu'après 
un certain nombre de mues , on ne doit 
pas être furpris de trouver tant de varié- 
tés dans ces efpèces. 

Longueur totale, quatre pouces neuf 
lignes*, bec, un pouce*, tarfe, fix lignes 
8c demie *, doigt du milieu , cinq Signes 
& demie \ le poftérieur , prefque auflï 
long: vol , (îx pouces un quart*, queue, 
quinze lignes , compofée de douze pen- 
nes égales , dépaffe les ailes de cinq 
ïignés. 




i6o îJiJîoire Naturelle 

VI. 

* LE SOUI-MANGA 

OLIVE A GORGE POURPRE (l), 

La couleur la plus difiinguée de fou 
plumage, c'eft un violet foncé trèsécla- 
tant qui règne fous la gorge, devant le 
cou & fui -la poitrine 5 il a le refte du 
defîous du corps jaune -, tout le deffus , 
compris les petites couvertures fupérieu- 
res des ailes, d'une couleur d'olive - oh- 
feure , & cette couleur borde les pennes 



ttmê i» p w t «— mm 4 ■ 



"* Voyt\ les pîanches enluminées , n.° 576 , où cet 
oifeau eft repré fente f fig. 4 5 fous le nom de Grim* 
jiereau olive des Philippines, 

( l ) Cenhia fnpernè obfcurè olivacea , infernè lutea ; 
collo inferiore & peâtore Jplendldè violaceis ; rectricibus 
fufc'is , oris exterioribus obfcurè. olivaccis* . . . Cerrhia 
Philippenfis olivacea , grimpereau olive des Philip- 
pines. Brijjbn , tome III ? pag. 623. — Gerini, 

F a S- 59» S P\ 2I - 

Ctrthia pileo vividi ; dorfo ferrugineo , al domine 
flaio ; gulâ uropygioque a^ureis. . ^Zeylonica. Linnrcus, 
Syfl. Nat. éd. Xlii , G. 65,8p. 23, pag. 188. 

C'efl le grimpereau A , pi. 30 , de M. Sonnerat» 
Voyage à la nouvelle Guinée, pages 62 & 63. 



des Qijïdiix étrangers. 16 1 

de la queue & des ailes, ain(î que les 
grandes couvertures de celle-ci , dont le 
brun ed la couleur dominante -, le bec 
eft noir , & les pieds font d'un cendré- 
foncé. 

C'eft M. Poivre qui a apporté cet of- 
feau des Philippines*, il eft à peu-près 
de la taille de notre troglodyte- 
Longueur totale, quatre pouces*, bec, 
neuf à dix lignes *, tarie , fix lignes \ doigt 
du milieu, cinq lignes', le doigt pofté- 
rieur un peu plus court-, vol , hx pouces -, 
queue , quatorze lignes ., composée de 
douze pennes égales, départe les ailes de 
fix ligues. 

Si le grimpercau de Madagascar * de 
M. Biïffon (m) y n'avoit pas le bec plus 



-*■ 



# ybyei les planches enluminées, n.° 575 , fig. i a 
(m) Certhia fupernè obfcurè viridi-çlivacta, perd ce 
ûbfcuriore , infernè grifeç -fufia ; oculorum ambitu can- 
dicante ; re&ricibus fufiii , oris exterioribus obfcurè 
viridl ollvactis. . . Certhia Madagafcarienfïs olivacea 9 
grimpereau olive de Madagaicar. Brijjbn , tom. III , 
pag. 625^ _ 

— Genni, pag. 59 , Sp. 11. 
Certhia olivacea , fiibtus grifea ; orhitis albicanti* 
b'.'s. . . Olivacea. Linnacus, Syjh JNat. ecl XJil^ 
Ù/6S7 Sp, 5 ; pag. 185. 



2 6 1 Hijîoire Naturelle 

court & la queue plus longue, je le re- 
garderais comme la femelle du foui- 
manga de cet article*, mais du moins on 
ne peut s'empêcher de le reconnoître pour 
une variété imparfaite ou dégénérée. II 
a tout le defîus du corps , compris les 
couvertures des ailes, d'un vert d'olive- 
obfcur , mais plus obfcur fur le fommet 
de la tête que par-tout ailleurs , & qui 
borde les pennes des ailes & de la queue *, 
toutes ces pennes font brunes •, le tour des 
yeux eft blanchâtre -, la gorge & le def- 
fons du corps gris-brun -, les pieds tout- 
à-fait bruns -, il a le bec noirâtre : fa taille 
eft au-deffous de celle de notre grimpe- 
reau. 

Longueur totale , quatre pouces *, hec , 
fîx à fept lignes *, tarfe, fept lignes*, doigt 
du milieu , cinq & demie , le doigt pof- 
térieur un peu plus court-, vol , fix pou- 
ces & demi-, queue, dix -neuf lignes , 
compofée de douze pennes égales, dé- 
pafle les ailes de huit ligues. 

II y a aux Philippines un oifeau * fort 

- " • ' • "" ■ ' ■ " " ■■■' ■ ■ — * " ' ■- 

* Voyti les planches enîuminées , n.° 576 , fig. 2. 



des Olfeaux étrangers. 26$ 

reffemblant à celui de cet article , & qu'on 

peut regarder comme une variété dans 

cette efpèce : c'eft le foui-manga ou grim- 

pereau gris des Philippines de M. Brif- 

ïon (n) ; il a le deflus du corps d une 

jolie teinte de gris-brun *, la gorge & le 

deffous du corps jaunâtres*, la poitrine 

plus rembrunie*, une bande violet-foncé 

qui part de la gorge & defeend le long 

du cou *, les couvertures des ailes d'une 

couleur d'acier poli, couleur qui borde 

les pennes de la queue dont le refte eft 

n©irâtre*, les latérales terminées de bîanc- 

faîe *, les pennes des ailes brunes *, le bec 

plus fort que les autres grimpereaux , & 

la langue terminée par deux filets félon 

M. Linnoeus *, le bec & les pieds noirs : il 

cft plus petit que notre grimpereau. 

(n) Certhia fupernè grifto-fufca , infernè albo- 
flavicans ; collo inferiore tœniâ Longituilnali faturatè 
violaceâ infignito ; re&ricibus nigris , exteriiis violaceo* 
chalibeo fimbriatis, lateraiibus apict albidis, . . Cer- 
thia PHUippenjis grifea, grimpereau gris des Philip- 
pines. Brijfon, tome III, page 615. 

— Gerini, page 59, Sp. 17. 

Certhia olivacea , j'ubtus flavefeens ; redtricibus aqtia- 
libus. . . , Currucaria.lÀYm&wSySyjl. Nat. éd. XÏil 9 
G. 65, Sp. 6, page 185. 



2 € 4 TJift&ire Naturelle 



Longueur totale , quatre pouces deux 
tiers \ bec , neuf lignes *, tarfe , fix iignes 
& demie *, doigt du milieu , cinq & de- 
mie •, îe doigt poftérieur un peu plus 
court •, vol 9 fïx pouces un quart -, la queue , 
quinze lignes , compofée de douze pen- 
nes égales , dépafîe les ailes d'environ 
.cinq lignes. 

Enfin je trouve encore à œtte variété 
même , une variété fecondaire dans le 
petit grimpereau des Philippines de 
M. Briilon (q) 3 que nous avons fait repré- 
fenter d^ns les planches enluminées * y 
c'eit toujours du gris-brun deïTus 3 du 
jaune délions*, une cravate violette*, les 
pennes des ailes font gris-brun comme le 



•*• 



(o) Certhia fuperne griflo-fitfca , inferne lutea ; 
gutture macula jaturatè violaceà injignito ; re&ricibus 
jàturatè fufiis , binis utrimque extimis apice albo-fla- 
vicantibus. . . . Certhia Philippeiijis minor , petit 
grimpereau des Philippines. Brijjbti , tome III, 
page 616. 

Certhia fiibgrifea, fubtus lutea ; gui a violaceà; rec- 
tricibus duabus extimis apice flapis, . . . Jugularis. 
Linnseus, Syft. Nat. éd. XIII ? G. 65, Sp. 7, 
•page 185. 

* Voyez n.° 576, fig. 3. Voyei Gerini, pi 199, 

defllis 



des Oifeaux étrangers. 16 $ 

defîlis du corps *, celles de la queue d'un 
brun plus foncé \ les deux paires les plus 
extérieures terminées de blanc-fale s le bec 
& les pieds font noirâtres: cet oifeau efi: 
beaucoup plus petit que celui auquel il 
reflemble fi fort par le plumage , & peut- 
être le plus petit des foui-mangas connus 
de l'ancien continent -, ce qui me porte 
à croire que ceft une variété d'âge. 

Longueur totale , trois pouces deux 
tiers -, bec, neuf lignes *, tarfe, fix lignes *, 
doigt du milieu , quatre lignes & demie; 
le doigt poftérieur un peu plus couit -, 
vol , cinq pouces deux tiers *, queue , 
quinze lignes , compofée de douze pen- 
nes égales , dépaffe les ailes d'environ 
cinq lignes. 

VIL 

*L'ANGALA DIAN(p)* 

Cet oiseau a auffi un collier, d'une 
ligne Se demie de large & d'un violet 



utmtm0nm t H0 ■ WW Wi w Iêêhêb WM 



* Voyt\ îes planches enluminées, v.° 575, où le 
maie efl reoréfenté, fîg. 2, fous le nom de Grim- 

Oifeaux 3 Tome X. M 

\ 



266 HiJIoire Naturelle 

éclatant -, les petites couvertures fupérîeu- 
rcs des ailes de même *, la gorge , la tête 9 
le cou, tout le deffus du corps & les 
couvertures moyennes des ailes , d'un 
vert-doré brillant -, un trait d un noir ve- 



pcreau vert de Madagafcar ; & ïa femelle, fig, 3. 

(p) Certhia fupernè viridi-aurea , infinie fplendidè 
nîgta (mas), fordidk alba nigro maculata (faemina); 
fafciolâ utrimque rofirum inter & oculum fplendidè 
nigrâ; tanin tranjvtrsâ in fummo peclore violaceâ ; 
T-eëtricibus aigris , oris exterioribus viridi-aureis, . . , 
Certhia Madagajcarieujîs viridis , grimpereau vert 
de Madagafcar. Brijfon, tome III, page 641. 

— Gerini , jpflgfc 60, Sp. 29. 

Certhia cœrulea , fafciâ peBorali rubro - aureâ ; 

loris atris Lotenia. Linnaeus , Syft. Nat. 

éd. XIII, G. 65, Sp. 25, page 188. Ii y a des 
différences aflez confîdérabies entre cette phrafe de 
M. Linnseus & celle de M. Erifton ; mais cela. 
doit arriver toutes lés fois qu'il s'agit de décrire, 
& même de peindre des couleurs changeantes. 

M. Adanfon reproche, avec raifon, à M. Brif- 
fon , d'avoir confondu cet oifeau avec l'oifeau de 
Ceylan , que Séba nomme omnicalor (tome I , 
page 110, u.° 5J. Cet oifeau de Séba paroît en 
effet beaucoup plus gros , & M. Adanfon dit 
qu'il eil de couleurs plus variées ; mais il auroit 
pu remarquer que le falcinellus omnicolor ZAlanicus 
de Klein déiigne, dans l'intention bien exprimée 
de cet Auteur , non Fangaia dian , mais l'avis 
uiimicglçr Çeylanica de Séba, 



des Oijeaux étrangers. 26 7 

îouté entre la narine & l'œil -, la poitrine, 
le ventre & tout le défions du corps , du 
même noir , ainfi que les pennes de la 
queue & des ailes, & les plus grandes 
couvertures des ailes *, mais ces grandes 
couvertures & les pennes de la queue 
font bordées de vert-doré *, le bec eit 
noir & les pieds auffi. 

M. Adanfon foupçonne que Foifeau 
que M,' Briffon a regardé comme la fe- 
melle de Tangala, pourroit bien n'être 
qu'un jeune de la même eipèce , avant fa 
première mue : ce cela femble indiqué , 
ajoute-t-il , par nombre d'efpcces d'oi- ce 
féaux de ce genre, fort approchans de ce 
ï'angaîa , qui fe trouvent au Sénégal , c« 
dont les femelles font parfaitement ce 
femblables aux mâles (q) _, mais dont uc 
les jeunes ont dans leurs couleurs beau- ce 

■ mu 1 1 1 ■» ■ '■ '■■■' ■ ■ — ■ « « iiir ra » 

(q) Je ne Joute pas que M. Adanfon n'ait vu 
au Sénégal nombre de femelles parfaitement fem- 
blables à leurs mâles, puifqu'iï l'allure ; mais ou 
ne doit poii.t en faire une loi générale pour tous 
les oifeaux de l'Afrique & de l'A lie ; le faifan 
duré de la Chine, le paon, piufîeurs efpèces de 
tourterelles, de pies-grièches, de perruches, &e. 
d'Afrique, en font de bonnes preuves. 

M fi 



268 Hijhire Naturelle 

s» coup de gris , qu'ils ne quittent qui! 
leur première mue. » 

L'angala eft prefque aufîî gros que 
tiotre béque-figue : il fait fon nid en for- 
me de coupe , comme le ferin & le pin- 
Ion , & n'y emploie guère d'autres maté- 
riaux que îe duvet des plantes : la femelle 
y pond communément cinq ou fix œufs -, 
mars il lui arrive fouvent d'en être chaf- 
iée par une efpèce d'araignée , aufiî grofle 
qu'elle & très-vorace , qui s'empare de 
îa couvée & fuce le fang des petits (t). 

L'oifcau que M. Briflon regarde comme 
îa femelle , & M. Adanfon, comme un 
jeune qui n'a point encore fubi fa pre- 
mière mue, diffère du mâle adulte, en 
ce que la poitrine & le refte du deffous 
du corps , au lieu d'être d'un noir ve- 
louté uniforme , eft d'un blanc-laie iemé 
de taches noires , & en ce que les ailes 
& îa queue font d'un noir moins bril- 
lant. 

Langueur totale , cinq pouces un quart ; 
bec, quatorze lignes*, tarfe, huit lignes; 



■■wfc^^otinna»! 



(t) Voyei le ftipplément de l'Encyclopédie 3 

au mot jLngala+ 



des Oifiaux étrangers. 26^ 

doigt du milieu , fix lignes & demie , & 
plus grand que le poftérieur*, vol, huit! 
pouces -, queue , dix-neuf lignes , compo? 
fée de douze pennes égales > dépaffe les 
ailes de lïx à fept lignes. 

vin. 

LE SO U I - MA N G A 

DE TOUTES COULEURS ( p. 

Tout ce que Ton fait de cet oifeau , 
c eft qu'il vient de Ceylan , & que fon 
plumage eft d'un vert nuancé de toutes 
fortes de belles couleurs, parmi lefquel- 
îes la couleur d'or femble dominer. Séba 
dit que les petits de cet oifeau font expo.- 

( f) Àvh Ctylonica jomnicolor. Séba, tkefaurus > 
n.° 5 ,' il ajoute que cet oifeau eft un des pîus 
grands cohwris, mais il eu: parlé plus jufte en ïe 
donnant pour le plus grand des foui-mangas, pîus 
grand que Pangaia Dian, avec lequel M. ls Briflbn 
& Gerini l'ont confondu : les colibris font tout-à- 
fait étrangers à l'ancien continent. 

Falcinellus omnicolor Zeyla/ùcus ; en Allemand, 
feylanfihe baumkktte. Klekî, Oido A\>> page 107, 



X 9 VJII. 



M iij 



2 70 Hiftoire Naturelle \ 

fés auffi à devenir la proie des grofles 
araignées , & fans doute c'eft un malheur 
qui leur eft commun avec i'angaîa , mais 
avec toutes les autres efpèces de petits 
oifeaux , qui nichent dans les pays habités 
par ces redoutables infectes , & qui ne 
iavent pas, à l'aide d'une conftruition 
induftrieufe , Içur interdire l'entrée du 
nid. 

A juger par la figdre que donne Séba 5 
îe foui-manga de toutes couleurs a fept 
ou huit pouces de longueur totale -, fon 
bec, environ dix-huit lignes-, fa queue, 
deux pouces un quart , & dépaffe les aiîes 
de feize à dix-huit lignes: en un înot > 
on peut croire que c'eft la plus grofle 
efpèce des foui-mangas. 

I X. 

LE SO U I-MANGA 

VERT A GORGE ROUGE (t). j 

M. Sonnerat, qui a rapporté cet oï- 
feau du cap de Bonne-efpérance , nous 

—————————— in— «mb i ni n — — — ■— — « wmmm — m 

(t) Tht nd breajled green creeper* Edwards^ 
t l * 347- 






des Oifeaux étrangers. 171 

apprend qu'il chante auffi-bien que notre 
roffignol , & même que fa voix eft plus 
douce: il a la gorge d'un beau rouge car- 
min , le ventre blanc \ la tëtc , je cou , & 
îa partie antérieure des ailes , d'un beau 
vert-doré & argenté *, le croupion bleu- 
célefte •, les ailes & la queue , d un brun- 
mordoré é ,. le bec & les pieds noirs. 

Longueur totale, quatre pouces deux 
tiers à peu-près *, bec , un pouce -, queue ,' 
dix-huit à vingt lignes, dépafTe les ailes 
d'environ treize lignes. 

X. 

LE SOUI-MANGA 



ROUGE, NOIR & BLANC(u). 

C'est ainfï que M. Edwards défigne 
cet oifeau du Bengale, qui eft à peu-près 



Certhia virldis , abdomine albo 3 peStore rubro , uro* 
pygio caruho. . . . jifra. Linnaeus , Syft. Nau 
éd. XIII, G. 65, Sp. 11, page 186. 

(il) The black , white and red Indian creeper. 
Edwards, pi. 81. 

Falcindlus Bengaknfis. Klein , Ordo Av. page 108 , 
n.° xix. 

Certhia fipernè ad aerukum vergens , infeniè alla ; 

Uïv 



2 ;r 2, Hiflôire Naturelle 

de la taille de notre roitelet-, mais ce 
n'eft pas aflez d'indiquer les couleurs de 
ion plumage , il faut donner , d'après le 
même M. Edwards , une idée de leur 
distribution : le blanc règne fur la gorge, 
& toute la partie inférieure (ans excep- 
tion -, le noir fin* la partie fupérïeure *, 
mais fur ce fond fombre, un peu égayé 
par des reflets bleus , font répandues 
quatre belles marques d'un rouge vif-, la 
première fur le fommet de la tête , la fé- 
conde derrière le cou, la troifième fur 
le dos, & la quatrième fur les couver- 
tures fupérieures de la queue : les pennes 
de la queue & des ailes, le bec & les 
pieds font noirs. 

Longueur totale , trois pouces un quart •, 

macula triplicî y alla in vertice, altéra in collo jîipê* 
riore , terri â in medio dorjb , teHricibufque cauda Jîtpe- 
rior'dus coccineis ; rectricibns nigris ad cœndeum pergen* 
tibus. . . . Certhia Ben gai en fis , grimpereau de Ben- 
gale. Briffbn, tome III, page 663. 

— Gerhîi, Oinithol. ItaL pi. 198 , fig. 1 , p. 57. 

Certhia nigro cœrulefcens , fubtus alia; vertice, cev- 
vic.e , dorfb uropygioque rubris. . . . Crnentat®. Lin-* 
aaus, jy/?. Nat. e& XIII, Gen. 6s, Sp. 17, 
page 187. 



des Oifeaux étrangers. 273 

bec, cinq à (ix lignes*, tarfe, cinq lignes", 
doigt du milieu , quatre à cinq lignes y 
le doigt poftérieur un peu plus court} 
queue, environ un pouce, compofée de 
douze pennes égales, dépafle les ailes de 
cinq à flx lignes. 

XL 

"LE SOUI-MANGA 

de l'Île de Bourbon. 

Je ne donne point de nom particulier 
à cet oifeau , parce que je foupcunne que 
ceft une femelle ou un jeune mâle dont 
le plumage eft encore imparfait. Cette 
variété d'âge ou de fexe, me paroît avoir 
plus de rapport avec le fouî-manga pro- 
prement dit , le marron-pourpré & le 
violet , qu'avec aucun autre : elle a le 
deflus de la tête & du corps brun-ver- 
dâtre \ le croupion jaune - olivâtre *, la 
gorge & tout le deflus du corps d'un 



* Voyez les planches enluminées, «, Q 68 i, où 
cet oifeau eft repréfenté, fig. 2, fous le nom de 
Grimper eau dé l'île dz Bourbon, 

M v 



2 74 Uiftoire Naturelle 

gris-brouillé , qui prend une teinte Jau^ 
nâtre près de la queue*, les flancs roux s' 
îes pennes de la queue noirâtres 3 celles 
des ailes noirâtres bordées d'une couleur 
plus claire', le bec'& les pieds noirs* 

Les dimenfions font à peu - près les 
mêmes que celles du foui-nrçnga violet. 




des Oifeaiix étrangers. 175 



C-3TEJT 



LES SOU1-MANGAS 

A LONGUE QUE U E, 

JNous ne connoissons que trois oifeaux 
dans l'ancien continent à qui ce nom foit 
applicable. Séba "parle àufli d'une femelle 
de cette efpèce , qui n J a point de longuex 
queue -, d'où il fjivroit que , du moins 
dans quelques efpèces , cette longue queue 
eft un attribut propre au mâle : Et qui 
fait fi , parmi les efpèces que nous venons 
de voir, il n'y en a pas plusieurs où les 
mâles jouifîent de la même prérogative , 
lorsqu'ils ont l'âge requis , & lorfqu'ils 
ne font point en mue ? Qui fait Ci plufieurs 
des individus qu'on a décrits , gravés, 
coloriés, ne font pas des femelles , ou de 
jeunes mâles, ou de vieux mâles en mue 
privés , feulement pour un temps , de cette 
décoration ? je le croirois d'autant plus , 
que je ne vois aucune autre différence 
de conformation entre les foui-mangas à 
longue queue & ceux à queue courte , 
& que leur plumage brille des mêmes 
couleurs & jette les mêmes reflets. 

Mvj 



zj6 HiJIoire Naturelle 

h 

* LE SOUI- MANGA 

A LONGUE QUEUE 

Ô A CAPUCHON V IOLET (x). 

J'ignore pourquoi on a donné à cet 
oiieau ie nom de petit grîrnpereau , (î 
ce neft parce qu'il a les deux pennes in- 
termédiaires de la queue moins longues 
auc les deux autres , mais il eft certain 
qu'en retranchant à tous de la longueur 



* Voye\ les planches enluminées, n.° 670, où 
cet oifeau eft repréfenté, fig. 2, fous le nom de 
jjetit grimpe vzan à longue queue du cap de Banne-ejpé- 
ronce. — Gerinî, OrnithoL liai, page 60, Sp. 31. 

(x) Certftia pipernè fpkndidè viol.icea , ad viriez 
inclinons ►. inférai fplenâïie anrautia ; dofo infuno b* 
uropygio fu Jeu olivaceis ; reÏÏricibus f ufio- ni gricau ti- 
ens , or.s exteriorièus olivaceis , inabus intermtHh 
làngijjtihis. . . . Cerikia lotrgtcàuda m in or capitis 
BoncefpeiAz petit grîrnpereau à longue queue du 
cap de Bon^e - efpérance. BriJJbn , tome III 9 
page 649. 

Certliîa rè&riciSus intermêdiis cinabiis longifjlmis , 
'■çorpore violaceo intente, pectoie abdomineque lateis.... 
Vnlacca. Linnaeus, Syft. ISat. éd. XIII ? Gen, ù.$, 
Sp. 22 ; page i&#. 






des Oljeaux étrangers, ijj 

totale , celle de la queue , celui-ci ne fe- 
roit pas le plus petit des trois. 

Je remarque en fécond lieu , qu'en le 
comparant au foui-manga marron-pour- 
pré , on trouve entre les deux rapports 
ii frappans & fi multipliés , que s'il n'é- 
toit pas plus gros , & qu'on ne lui fût pas 
la queue autrement faite , on feroit tenté 
de les prendre pour deux individus de la 
même efpèce , dont l'un auroit perdu fa 
queue dans la mue. M. le vicomte dé 
Querohënt l'a vu dans fon pays natal, 
aux environs du cap de Bonne- efpéran- 
ce : il nous apprend qu'il conftruit fon 
nid avec art, & qu'il y emploie pour 
tous matériaux une bourre foyeufe. 

II a la tête, le haut du dos & la gorge 
d'un violet brillant changeant en vert -, le 
devant du cou d'un violet tout auffi bril- 
lant , mars changeant en bleu *, le refte du 
deiîiis du corps d'un brun olivâtre , & 
cette couleur borde les grandes couver- 
tures des ailes, leurs pennes & celles de 
la queue, qui toutes font d'un brun plus 
ou moins foncé: le refte du deflous du 
corps d'un orangé plus vif fur les parties 
intérieures . ? & qui va s'afFoihiiilaat fur 



zyS HiJIoire Naturelle 

les parties éloignées. La taille de cet or-» 
ieau n'efl que très-peu au~deffus de celle 
de notre grinipereau. 

Longueur totale , fix pouces & plus , 
bec 3 onze lignes & demie , pieds, fept 
lignes & demie ; doigt du milieu 5 fix 
lignes , de très-peu plus long que le pos- 
térieur j vol 3 fix pouces un tiers; queue , 
trois pouces, compofée de dix pennes 
latérales étagées 5 & de deux intermé- 
diaires qui excèdent les latérales de douze 
ou quatorze lignes , & les ailes de vingt- 
fept lignes: ces deux intermédiaires font 
plus étroites que les latérales, & cepen- 
dant plus larges que dans les elpèces Sui- 
vantes. 

I L 

? LE SOUI-MANGA 

VERT DORÉ CHAN GEANT j 
A LONGUE QUEUE (y). 

Il a la poitrine rouge; tout le refte 
d'un vert-doré affez foncé y néanmoins 

<■! ! l II II .i i llll I H 

* Foyei les planches enluminées, «,° 670, où 



des Oijeaux étrangers. 2j$ 

éclatant & changeant en cuivre de ro~ 
fette : les pennes de la queue noirâtres 
bordées de ce même vert , celles de la 
queue & leurs grandes couvertures, bru- 
nes •, le bas -ventre mêlé d'un peu de 
blanc, le bec noir, les pieds noirâtres. 

Cette efpèce eft du Sénégal : la femelle 
a le deffus brun-veidâtre \ ledeflous jau- 
nâtre varié de bruir, les couvertures in- 
férieures de la queue blanches , femées 
de brun & de bleu -, le refte comme dans 
ïe mâle, à quelques teintes près* Ces oi- 
feaux font à peu-près de la taille de notre ■ 
troglodyte. 



c-r-WB» 



cet oifeau eft reprêTenté, fig. i, fous le nom de 
Grimpereau à longue queue du Sénégal, 

( y ) Avicula Amboinenfis difcolor 6* perpulchra* 
Séba, tome II , page 8. 

Sylvia verficolor. Kïein , Ordo Av. page 80 ? 

U.° XIX. 

Certhia viridi aurea , cupri puri colore varians ; 
pe&ore rubro ; re&ricibus mgricantibus , oris exteriori- 
eus viridi-aureis , duabus intermediis longiffimis. . . . 
Certhia longicauda Scnegalenfis , grimpereau à longue 
queue du Sénégaî. Bujfon, tome III, page 645. — « 
Gerini,;?/. 201, fig. 2, 

Certhia re&ricibus intermediis duabus longiffimis, 
corpore viridi nitente, pe&ore rubro. . . . Pulchdlac 
Linnaeus, Syjl. Nat. ed, XIII, G. 65, Sp. 19 ? 
page 187, 



! 



28 o Hifioire Naturelle 

Longueur totale , fept pouces deux 
lignes ', bec , huit lignes & demie *, tarfe , 
iept lignes*, doigt du milieu , cinq lignes 
& demie, plus long que le poftérieur *, 
vol , fix pouces un quart', queue , quatre 
pouces trois lignes , compefée de dix 
pennes latérales , à peu-près égales entr'ei- 
ies, & de deux intermédiaires fort lon- 
gues & fort étroites, qui débordent ces 
latérales de deux pouces huit lignes , & 
les ailes de trois pouces quatre lignes. 

I I I. 

"LE GRAND SO UI-MANGA 

VERT A LONGUE QUEUE (l). 

Cet oiseau fe trouve au cap de Bonne- 
cfpérance, où il a été obfervé & nourri 



* Voyei les planches enluminées, n.° 83 , où cet 
oifeau eft repréfenté, fig. 1 , fous le nom de Grim- 
percau à longue queue du cap de Bonne ~ efpércmcc. 
— Gerini , Ornirhol. Ital. tom. II ,'pà. 201, fig. 2. 

( 1 ) Certhïa vindi-aurea, cupri puri colore varions ; 
téeniâ utrimque rvftrum inter & oculum nigrâ, macula 
ntnmque in jra humeras luteâ ; reffricibus nigris , oris 
txtenonbus virïdiaureïs , duabus intermediU hns;ijp.niis* 



des Oifeaux étrangers. 281 

quelques femaines par M. Je vicomte de 
Querohën f , qui l'a décrit de la manière 
fuivante. ce II eft de la taille de la linotte -, 
fon bec , qui eft un peu recourbé, a qua- ce 
torze lignes de long-, ii eft noir ainfi ce 
que les pieds qui font garnis d'ongles cg 
longs , fur-tout celui du milieu Se celui ce 
de l'arrière *, il a les yeux noir -, le ce 
defllîs & le deflbus du corps d'un très- ce 
beau vert brillant ( changeant en cuivre ce 
de rofette , ajoute M. Bnffon) , avec ce 
quelques plumes d'un jaune-doré fous ce 
les ailes ; les grandes plumes des ailes ce 
& de la queue d'un beau noir violet 4 
changeant ', le filet de la queue , qui ce 
a un peu plus de trois pouces , eft bordé ce 
de vert. » M. BriiTon ajoute , qu'il a 
de chaque côté, entre le bec & l'œil, un 
trait d'un noir velouté. 

Dans cette efpèce , la femelle a aufli 



Certhia longicauda capitis Bon<z - fpei , grimpereau à 
longue queue du cap de Bonne-efpérance. Brijfîn 9 
tom. III , pag. 647. 

Certhia refîricibus duabus intermediis longiffimis ; 
corpore viridi ultente; axillis luttis; loris ni gris. . . . 
Famofa. Linnaeus , Syfl. Nat; ed, XIII ? G. 65 , 
Sp. 20,;pag. 187. 



7l 8 z Uijloirc Naturelle 

une longue queue ou plutôt un long 
filet à la queue , mars cependant plus 
court que dans le mâle , car il ne dépaffe 
les pennes latérales que de deux pouces 
& quelques lignes : cette femelle a le 
deilus du corps & de la tête d'un brun- 
verdâtre , mêlé de quelques plumes d'un 
beau vert -, le croupion vert \ les grandes 
plumes des ailes & de la queue d'un brun 
prefque noir , ainfi que le filet ou les 
deux pennes intermédiaires j le deffous 
du corps eft jaunâtre, avec quelques plu- 
mes vertes à la poitrine. 

I V. 

VOIS E A U ROUGE 

ABECDE GRIMPERS AU{a)i 

Quoique cet oifeau & les trois fuivans 
aient été donnés pour des oifeaux amé- 
ricains, & qu'en cette qualité ils duflent 



(a) Avicula Mexkana fiu holt(ûluu Séba, tem. I, 
pag. 7& v y n. « 6. 

Fakindlus Mexicauus. Kîein , Ordo Âvl. pag. 107 , 
n.° m • Sp. 1. 

Certâia faturatè ruera, cafm fiïperiàs dilutè rulroi 



des Oifeaux étrangers. 283 

appartenir à la tribu des guit-guits 3 ce-; 
pendant il nous a paru , d'après leur con- 
formation , & fur-tout d'après îa lon- 
gueur de leur bec , qu'ils avoient plus de 
rapport avec les foui-mangas •, & en con- 
féquence , nous avons cru devoir les 
placer entre ces deux tribus ,&, pour arnfi 
dire 5 fur le paffage de Tune à l'autre. 
Nous nous y fommes déterminés d'autant 
plus volontiers , que l'indication du pays 
natal de ces oifeaux , ou n'a point de 
garant connu , ou n'eft fondée que fur 
l'autorité de Séba, dont les Naturaliftes 
connoiiïent la valeur , & qui ne doit ba- 
lancer, en aucun cas, celie de l'analogie. 
Nous aurons néanmoins cet égard pour 
ïes préjugés reçus, de ne point encore 
donner aux efpèces, dont il s'agit , le nom 
de foui-manga : nous nous contentons 
d'avertir que c'eft celui qui leur convient 



gutlure virldi ; redtricihus fatu.ra.tb rubrls , apice fui* 
tœrulefcentibus. . . Certhia Mexicana rubra , grimpe- 
ieau rouge du Mexique. Briflbn , tom. III , pag. 651» 

Trogloditœ adfinis ( id eft Volytmo J. Moehring 9 
Av'ium gênera, pag. 79 , Gen. 102. — Gerini, Or~ 
nithoL ItaL pag. 60, Sp. 32. 

Twchilus ceccineus.Lmn&uSy Syft* Nkt.'ed.Vl* 



1B4 Hijîoire Naturelle 

le mieux: ce fera au temps & i Pobfer- 
vation à le leur confirmer. 

Le rouge eft la couleur dominante dans 
le plumage de Toifeau dont il eft ici 
queftion: mais il y a quelque différence 
dans les nuances *, car le rouge du fommet 
de la tête eft plus clair & plus brillant ; 
celui du refte du corps eft plus foncé : il 
y a auffi quelques exceptions \ car la gorge 
&ïe devant du cou font de couleur verte, 
ïes pennes de la queue & des ailes ter- 
minées de bleuâtre , les jambes 3 le bec 
& les pieds d'un jaune-clair. 

Sa voix eft 3 dit-on , fort agréable , & 
fa taille eft un peu au-defius de celle de 
notre grimpereau. 

Longueur totale, environ quatre pouces 
& demi *, hcc , dix lignes -, tarfe , fix lignes y 
doigt du milieu ,cinq lignes , un peu plus 
long que le doigt poftérieur : queue , 
quatorze lignes, compolée de douze pen- 
nes égaies ? dépaffe les ailes d'environ fept 
lignes. 

Je regarde comme une variété dans 
cette efpèce l'oifeau rouge à tète noire (b) s 

(h) dvhuh d$ tatac ex nova Hifpaniâ ; pajjhrls 



clés Oifedux étrangers. 2 S / 

que Séba & quelques autres , d'après lui , 
placent dans la nouvelle Efpagne. Cet 
oifeau eft fi exactement proportionné 
.comme le précédent , que le tableau des 
dimenfions relatives de l'un peut fervir 
pour les deux : la feule différence appa- 
rente eft dans la longueur du bec, que 
Ton fixe à dix lignes dans Toifeau précé- 
dent & à fept dans celui-ci \ différence 
qui en produit nécefîairement une autre 
dans la longueur totale . mais ces mefures 
ont été prifes fur la figure, & par con- 
féquent font fujettes à erreur: elles font 
ici d'autant plus fuipeâes ? que Tobfer- 

m i n«iii » nii<« < aii » i n n i o i f un » i» i h m« n i m^ mmfmm m» i— i w M 

magnitudine^rojîrolongo. . » Séba, Thefaurus ,yzg. 74, 
pi. 70 , fig. 8 , cap. 185. 

Ce tatac eft fort différent de celui de Fer- 
Bandez. 

Sylviambra, roftro lor.giori; en Allemand, rether 
mentiel mit fchwart\er haube. Klein , Ordo Avium , 
pag. 80, n. ■ xx. 

M. Moehring en fait une efpèce de coïiou, 
Gen. Av. G. 16 , pag- 36. 

Certhia dïlutè îubra; capite nigro ; teftricibus alarum 
fuperioribus aureo colore tin&is : remigibus re&ricièup 
qut (atnratiîis titi&is. . . . Certhia Mexicana rubra 
atricapiila , grimpereau rouge à tête noire du Mexi- 
que. Brffin, xome III , pag. 653. — Geiini 7 pag.6o, 

ty- 33- 



1 8 6 Hijloire Naturelle 

yateur original , Séba , paroît avoir été 
plus frappé du long bec (c) de cet oifeau- 
ci que de celui de l'oifeau précédent. II 
eft donc très-probable que le Defîinateur 
ou le Graveur auront raccourci le bec de 
celui dont il eft ici queftion *, & pour 
peu que Ton fuppofe qu'ils l'aient feule- 
ment raccourci à eux deux de trois ou 
quatre lignes , toutes les proportions de 
ces deux oifeaux fe trouveront parfaite- 
ment feinblables & prefque identiques ; 
mais il y a quelques différences dans le 
plumage*, & c'eft la feule raifon qui me 
détermine à diftinguer celui-ci du précé* 
dent comme fimple variété. 

Il a la tète cl un beau noir , & les 
couvertures fupérieures des ailes d'un 
jaune-doré: tout le refte eft d un rouge- 
clair, excepté les pennes de la queue & 
des ailes , qui font d une teinte plus 
foncée. 

A l'égard des dimenfions relatives des 
parties, voyez celles de l'oifeau précé- 
dent, lefquelles , comme nous l'avons dit, 
font ou doivent être exactement les 
mêmes. 

m~—~ " -■ ■ " - — ' i ■ ' « m i ■ •m i ni ■» 

(c) Rojho longo , dit àéba, rojîro longiori , die 
Klein d'après Séba. 



des Oi/èaux étrangers. 287 

V. 

* L'OISEAU BRUN 

A BEC DE GRIMPEREAU(d)l 

Le bec de cet oifeau fait lut feul en 
longueur les deux feptièines de tout le 
refte du corps. II a la gorge & le front 
xTun beau vert-doré, le devant du cou 
d'un rouge vif, les petites couvertures des 
ailes d'un violet brillant , les grandes cou- 
vertures, & les pennes des ailes & delà 
queue dun brun teinté de roux, les 

' * Voyt\ les planches enluminées , n.° 578 » où cet 
oifeau ell repréfenté , ftg. 3 , fous le nom de G'riàp 
pereau brun du BréJU. 

(à) Certhia fujco- nigricans ; fynclpite & gutturt 
viridi- aureis ; collo inferiore coccimo ; teêtrkibus ala- 
rum minimis fplendidè piolaceis; recïricibus fufcis ad 
Tufum inelinantibus, . . . Certhia Brafilienjis nigri- 
cans , grimpereau noirâtre du Bréiil. Br.JJùn , 
tome III, pag. 658. 

Certhia mgncans , gutturt viridi- ni tente , pe&ore 

purpure.o Gutturalis. Linuxus , Syfi. Nat. 

éd. XIII, G. 65, Sp. 15, pag. 186. 

Ceijia neraftra ofia fuperiormente fiara ed inferior- 
mente di pin colori , del Brafile. — Gerini, Ouùtàoh 
liai. pi. ccn, fig. 1 , pag. 59» 



28 3 Hijîoire Naturelle 

moyennes couvertures des ailes , tout le 
refte du defllis & du defîous du corps 
d'un brun-noirâtre -, le bec & les pieds 
noirs. 

Cet oifeau n'eft pas plus gros que notre 
bec-figue. 

Longueur totale , cinq pouces un tiers *, 
bec,un pouce*, tarfe, fept lignes & demie*, 
doigt du milieu , fix pouces , plus grand 
que le poftérieur -, vol , huit pouces -, 
queue , vingt-une lignes , compofée de 
douze pennes égales , dépaffe les ailes 
d'environ fept lignes. 

V I; 

L'OISEAU POURPRÉ 

A BEC DE GR1MPEREAU (e)l 

Tout fon plumage, fans exception, 
eft d'une belle couleur de pourpre uni- 



f ej Avis Virgimana phœnicea , de atototî diâfa. . . 
Séba, Thefaurus , tom. I ? pag. 116. pi. LXXII, 
frg. 7. 

Falcitielhs phœniceus. Klein, Ordo Av. famif. IV., 
Gen. xv ? trib. 11 , pag. 108. 

forme : 



des Oijeaux étrangers. 289 

forme : Séba lui a donné arbitrairement 
le nom à'atototl , qui , en Mexicain , 
fignifie oifeau aquatique *, cependant l'oi- 
feau dont nous nous occupons ici, n'eft 
rien moins qu'un oifeau aquatique. Sébz 
affurç auiîï 5 je ne fais fur quels mémoi- 
res 3 qu'il chante agréablement: (a taille 
eft im peu au-de{ius de celle du bec- 
figue. 

Longueur totale , quatre pouces & 
demi*, bec, un pouce & plus, tarfe, fix 
lignes & demie *, doigt du milieu , cinq 
lignes & demie , un peu plus long que 
le doigt poftérieur : ; queue , quatorze 
lignes y dépaiie les ailes de fept lignes. 



w*w*% m 1 m i j— 



Certhia in univerjo corpore obfcurè purpurea. . . , 
Certhia Virginiana purpurea , grimpereau pourpré de 
Virginie. Briffbn , tome III, pag. 654, 

Cercla porporina di Virginia, — Gerini 7 QmitltyL 
ïtd. pî. ccii , fig. 2, pag. 59. 






Oifcaux j Tome X. N 



2oo Hifîoire Naturelle 



LES GUIT-GUITS d'Amérique. 

vjuît-guit eft un nom Américain , qui a 
été donné à un ou deux oifeaux de cette 
tribu ,compofée des grimpereaux du nou- 
veau continent, & que j'ai cru devoir 
appliquer comme nom générique à la 
tribu entière de ces mêmes oifeaux. J'ai 
indiqué, ci-defllis, à l'article des grimpe- 
reaux, quelques-unes des différences qui 
Je trouvent entre ces guit-guits & les 
colibris *, on peut y ajouter encore qu'ils 
n'ont ni le vol des colibris , ni l'habitude 
de fucer les fleurs *, mais , malgré ces dii> 
férences , qui font affez nombreufes & 
allez conftantes , les créoles de Cayenne 
confondent ces deux dénominations, & 
étendent allez généralement le nom de 
colibris aux guit-guits *, c'eft à quoi il 
faut prendre garde en lifant les rela-^ 
tions de la plupart de nos Voyageurs. 
On m'afllire que les guit - guits de 
Cayenne ne grimpent point fur les aiv 
bres , qu'ils vivent en troupes , & avec 
les oifeaux de leur tribu & avec d'autres 



des Oifeaux étrangers. 1 9 1 

oifeaux, tels que petits tangaras , fittell.es , 
pîcuculles , &c. & qu'ils ne fe nourriflent 
pas feulement d'infeétes, mais de fruits 
& même de bourgeons. 

t 

* LE GUI T -G UIT 

NOIR & BLEU (a). 

Ce bel oiseau aie front d'une couleur 
brillante d'aiguë- marine -, un bandeau fur 

Hg«ja«— mb mu ii 1 nu j |ii> 1 1 r n » i » i< ai|f i . un» t 1 i mir 1 ' ' 11 ' 1 ■» *> ■ ' ii n ^^m n. h h — — n 

& Voyez les planches enluminées, n.° 83, où cet 
©ifeau eft repréfenté, fig. 2, fous le nom de Grim- 
pe, veau du Bréfîl. 

(a) Guim coereba Brafilienjibus. Marcgrave, Hifl* 
Aviuw Brafll. pag. 212. 

— Wiifughby , OrnithoL pag. 173. 

— Ray, Synopfis Av. pag. 83, n.° 11. 
Avicula de guit-guit ex Infulâ Cuba. Séba , Thefaii^- 

rus, tom, I, pag. 96, pï. LX, fig. 5. 

Falci/iellus de guit-guit; en Allemand, kurt^ 
\fchwant% t lang halfi. . . Klein, O/vfo Av. famil.iv, 
;Oen. xv, trib. 1, pag. 108. 

Certhia cœruleà > fa/cià oculari , kumeris , alis cait 
\dàque aigris ; pedibus rubris. . . Cyanea. Linnaeufrj 
\Syft. Nat. éd. XIII, Gen. 65 , Sp. 24, pag. 188. 

Colil fpecies. Moehring , Av. gênera ? Gen. 16 , 

!P a g-3 6 « 

Ni] 



1$ i Hijloire Naturelle 

les yeux d'un noir- velouté \ le refte de 
la tête 5 la gorge & tout le deffous du 
corps- ( lans exception, fuivant Edwards), 
le bas du dos & les couvertures fupé- 
rieures de la queue , d un bleu d'outre- 
mer , feule couleur qui paroiffe lorfque 
les plumes font bien couchées les unes 
fur les autres , quoique chacune de ces 
plumes foit de trois couleurs , félon la 
remarque de M. Briiîbn , brune à fa 
feafe , verte dans fa partie moyenne , & 
bleue à fon extrémité j le haut du dos , 



The hlack and bine creeper , le grimpereau noir 
& bleu. Edwards, Nat. Hift. pi. 264. 

Ç&rthiq. Jplendidè cyanea ; collo fhperiore , dorfq 
fupumo & tœniâ per oculos Jplendidè nigris ; veniez 
cyaiteo-beryllino , remigibus exteriùs & apice nigris f 
intérim fulphureis ; redtriçibus aigris. . . Ctrthia Brar 
Jïlienjîs cœrulea, grimpereau bleu du Bréfii. Brijfon, 
iome JII, pag. 628. 

— Ceriia blîi del Brafde. Gerini 9 Ornithol. ItaL 
çom. Il, pag. 60, Sp. 23. 

C'eir. ie grimpereau bleu à aiks doublées de 
jaune de M. Mauduit. 

Il ne faut pas confondre ce guit-guit bleu de 
Siba avec Je guit-guit de Ferna^dès ( cap. 219 , 
pag. 58^, qui cft vert & plus petit, & que je 
reconnoîtrois plutôt dans notre guit - guit yert ! 



des Oifcaux étrangers. 293 

la partie du cou qui eft contiguë au dos 3 
& la queue iont d'un noir-velouté *, ce 
qui paroît des ailes lorfqu'elies font pliées 
eft du même noir , à l'exception d'une 
bande bleue , qui .'traverfe obliquement 
îeurs couvertures*, le coté intérieur des 
pennes des ailes & leurs couvertures infé- 
rieures font d'un beau jaune -, en forte 
que ces ailes , qui femblent toutes noires 
dans leur repos , paroiflent variées de 
noir & de jaune lorfqu'elies lont déployées 
& en mouvement : les couvertures infé- 
rieures de la queue font d'un noir fans 
éclat ( & non pas bleues , fuivant M. Brif- 
fon ) *, le bec eft noir , les pieds tantôt 
rouges 5 tantôt orangés , tantôt jaunes & 
quelquefois blanchâtres. 

On voit, par cette defcription ,que les 
couleurs du plumage font fujettes à varier 
dans les ditîérens individus: dans quel- 
ques-uns, la gorge ef mêlée de brun j dans 
d'autres , elle eft noire : En général, ce 
qui femble le plus loumis aux variations 
dans le plumage de ce guit-guit , c'eft la 
diftribution du noir *, il arrive auffi quel- 
quefois qup le bleu prend une teinte de 
violet, 

N iij 



294 Hijloire Naturelle 

Marcgrave a obfervé que cet oifem 
avoit les yeux noirs j la langue terminée 
par plufieurs filets ; les plumes du dos 
ioyeufes, & qu'il étoît à peu-près de la 
groflèur du pinfon : il Fa vu au Bréfil , 
Hiaîs on le trouve auffi dans la Guyane & 
à Cayenne. La femelle a les ailes dou- 
blées de gris-jaunâtre. 

Longueur totale , quatre pouces un 
quart-, hec> huit à neuf lignes -, tarfe, fix 
à fept ; doigt du milieu , (îx de très-peu 
plus long que le doigt poftérîeur *, vol , 
fix pouces trois quarts •, queue , quinze 
lignes 5 compofée de douze pennes éga- 
les , dépaiïe les ailes de trois ou quatre 
lignes. 

Farîété du GUIT-GUIT 

NOIR & BLEU (If). 

Cette variété fe trouve à Cayenne \ 
elle ne diffère de Poifeau précédent que 



(h) Avis hoiv(illin , papilio vocata, colore cœrule® 
y nigro venuftifjï.ma. Séba , Thafaurus , pi. LXI , 
.fig. 5> pag. 97. Cet Auteur cite Fr. Fernandès, 
fage 26 , où il eft queftion en effet de Vkoitiitiiltod 



des Olfeaux étrangers. 295 

par des nuances : elle a la tête d'un beau 
bleu •, un bandeau fur les yeux d'un noir- 



W^«i « ' '" I ' ■ "" ■ »i •» •»•, • «« ' " 



ou avis varia , avec un renvoi au premier volume 
page 320; or Vavis varia dont il eft parié à cette 
page 320, cil i'hoitzitxH , remarquable par ia char- 
mante variété de fes belles couleurs, & par l'art 
avec lequel les Mexicains favent entrelacer fes plu- 
mes , & en faire des portraits refiemblans & des 
tableaux très- agréables ; mais les couleurs de ces 
plumes ne font point du tout fpécifiées, & ce que 
Fernandès dit en cet endroit des habitudes de 
Poifeau, favoir, qu'il ne vit que du miel ou mdta~ 
retint des fleurs; que îorfque les fleurs viennent à 
lui manquer , il enfonce ion bec dans une gerçure 
d'arbre & demeure ainfî fufpendu, engourdi, jus- 
qu'à ce que fix mois après , les pluies ranimant la 
-verdure & les rieurs , lui rendent le mouvement & 
la vie ; tout cela, dis -je, vrai ou faux , femble 
appartenir plus à l'hiftoire des colibris qu'à celle 
des guit-guits. J en dis autant d'une autre hoitzitzilsiri 
de Fernandès , ch. clxip' , pag. 47. 

— Falcinellus papilio ; en Allemand, fikmetterling* 
Klein, Ordo Av. pag. 107, n.° vi. 

Falcinellus guiâ alifque nigris ; en Allemand 9 
fchwaiti kehlchen , blaue kktte. Klein , pag. 108 5 
//.° xiu. 

The blue crteper. Edwards, pi. 2T. 

Certhia cœrulea , fafciâ oculafi , gala remigibut re&ri- 
cibufque nigris. . ■ . Cœrulea. LlnnaçUS , Syft. Nat* 
éd. XIII, pag. 185. 

Certhia fplendidè cyanea , non nihil ad violaceum 
vergens', capitecyaneo diluîiore tin&o ; gûtturè & tœniâ 

Niv 



296 HiJIoire Naturelle 

velouté *, la gorge , les aiîes & la queue 
du même noir*, tout le refte d'un bleu 
éclatant tirant fur le violet*, le bec noir 
& les pieds jaunes*, les plumes bleues qui 
couvrent le corps font de trois couleurs , 
& des mêmes couleurs que dans le pré- 
cédent. 

A l'égard de la taille , elle eft un peu 
plus petite , & la queue fur-tout paroît 
plus courte , ce qui fuppoferoit que c'efè 
un jeune oifeau , ou un vieux qui n'avoit 
-pas encore réparé ce que la mue lui avoit 
fait perdre *, mais il a une plus grande 
étendue de vol 5 fans quoi je l'euile re- 
gardé Amplement comme une variété d'âge 
ou de fexe. 

Cet oifeau fait fon nid avec beaucoup 
d'art (c); en dehors de groffe paille & 
de brins d'herbe un peu fermes , en 
dedans de matériaux plus mollets & plus 



jjer oculos fphndidh nigris ; remiglbus ve&ricihufqut 
tûgris. . . Certhia Cayanenjïs cœrulea, grimpereau bleu 
de Cayenne. BriJJbit, tome III, pag. 626. 

Cer%ia blît del Surinam. Gerini, QriùthoL ItaL 
pi. CXCVi , fig. 2, pag. 56. 

(c) Voyz\ Séba, Thefaurus , tom. I,pag. ic6. 



de 01 féaux étrangers. 297 

doux*, il lui: donne à peu-près la forme 
d'une cornue -, il le fufpend par fa bafe à 
l'extrémité d'une branche foible & mo- 
bile •, l'ouverture eft tournée du côté de 
la terre : par cette ouverture , l'oifeau 
entre dans le col de la cornue , qui eft 
prefque droit & de la longueur d'un 
pied , & il grimpe jufqu'au ventre de cette 
même cornue , qui eft le vrai nid : la 
couvée & la couveufe y font à l'abri des 
araignées, des lézards & de tous leurs 
ennemis. Par-tout où Ton voit fubfifter 
des efpèces foibles , non protégées par 
l'homme , il y a à parier que ce font 
des efpèces induftrieufes. 

L'Auteur de l'Effai fur l'Hiftoire Na- 
turelle de la Guyane, fait mention d'un 
oifeau fort refiemblant à la variété pré- 
cédente , fi ce n eft qu'il a la queue d'une 
longueur extraordinaire : Cette longue 
queue eft-elle la prérogative du mâle, 
îerfqu'ii eft dans fon état de perfection ? 
ou bien caraétérife-t-elle une autre variété 
dans la même efpèce ? 

Nv 



25)8 Hijioire Naturelle 

I I. 

LE G U I T- G U I T 

V ERT & BLEU 
T A TÊTE N I R E ( d). 

Le plumage de cet oifeau d'Amérique 
eft de trois ou quatre couleurs, & n'en 
a guère plus de variété pour cela , cha- 
cune de ces couleurs étant rafîèmblée en 
une feule maflê , fans prefque fe croifer, fe 
mêler ni fe fondre avec les trois autres : le 
noir-velouté fur la gorge & la tête exclu- 



(d) Avicula Americana altéra, Séba , tome II, 
fl. m,fig.4,page 5. 

— Sylvia. En Allemand, weiff- fchnabd. Klein, 
Ordo Av. famil. IV, Gen. vu, Trib. III 5 
Sp. xviii, page 79. 

— Colii fpecies. Moehring , Av. gênera, page 36 , 
Gen. 16. 

Certhia fupernt fplendidè viridis, infernè faturath 
cœwlea; cap i te & gutture fplendidè nigris ; re&ricibu$ 
faturatè viridibus. . * . Certhia Americana viridis 
dtricapilla , grimpereau vert à tête noire d'Améri- 
que. Brijfon, tome III, page 634. 

Cercla perde con capo nero d' America. Gerini.^ 
QrmilwL liai, page éo, Sp.. 26.. 



des Oï [eaux étrangers. 299 

iïvement *, le bleu foncé fous le corps-, 
ïe vert éclatant fur toute la partie fupé- 
rîeure , compris la queue & les ailes, 
mais la queue eft d'une teinte plus foncée: 
les couvertures inférieures des ailes font 
d'un brun-cendré bordé de vert, & le bec 
e.ft blanchâtre. 

Longueur totale , cinq pouces un quart y 
bec , neuf lignes *, tarfe , même longueur , 
doigt du milieu , fept lignes , un peu plus 
ion g que le doigt poftérieur -, queue, 
dix-huit lignes, compofée de douze pen- 
nes égales, dépaffe les ailes de huit à dix 
lignes # , l'étendue du vol eft inconnue. 

Ce guit-guit eft à peu-près de la taille 
du pinfon : on ne dit pas dans quelle 
partie de l'Amérique il fe trouve*, mais, 
fuivant toute apparence , il habite les 
mêmes contrées que les deux individus 
dont je vais parler, & qui lui reilemblent 
trop pour n'être point regardés comme 
des variétés dans cette efpèce. 



3 



N v) 



300 Hijloire Naturelle 
Farietès du GUIT- GUIT 

VERT & BLEU. 
A TÊTE NOIRE. 

* I. Le Guit-guit vert a tête noire 
r (c). Celui-ci a la tête noire comme le 
précédent , mais non la gorge *, elle eft 
verte & d'un beau vert, ainiî que tout 
le deffus & le de/Tous du corps compris 
les couvertures fupérieures des ailes \ leurs 
pennes font noirâtres , ainii que celles de 



* Voye\ les pïanohes enluminées, //.° 578 , ou cet 
©ifeau eft repréfenté , fig. 2, fous le nom de Gr-im- 
jpereau à tête noire du BréfiL 

(e) The green black - cap fly-catcher. Edwards , 

T L 2 5- 

Syhia viridis capite nigro. Kîein , Ordo Avium t 
famil. iv, G. vu, Trib. ni, Sp. xxn, pag. 80. 

Certhia viridis > capite remigibufque nigricaiitibus. . . 
Linnaeus, Syjî. Nau éd. XIII, G. 65 , Sp. 12 ? 
ï>âg. 186. 

Certhia fplendidè viridis ; capite fplendidè nigro ; 
reclricibus lateralibus nigricantibus , oris exterioribus 

yiridibus Certhia Bra/iiienjis viridis ^atrica- 

pilla , grimpereau vert à tête noire du BréfiL Brif 
fin , tome III, page 633. 

— Ceriiavtide con tefla liera del BrafiU. GerinK 
OrnithoL Itaî. page 6®, Sp. 25. 



des Olfeaux étrangers. 301 

la queue , mais toutes font bordées de 
vert , feule couleur qui paroifîe , les parties 
étant dans leur repos *, les couvertures 
inférieures des ailes font d'un cendré- 
brun , bordées aufïï de vert -, le bec eft 
jaunâtre à fa bafe , noirâtre deiîlis , blan- 
châtre défions , & les pieds font d'une 
couleur de plomb foncée : les dimenfions 
relatives des parties font à peu-près les 
mêmes que dans Toifeau précédent, feu- 
lement la queue eft un peu plus longue» 
& dépaffe les aiks de onze lignes j le 
vol eft de fept pouces & demi. 

IL Le Guit-guit vert & bleu a 
gorge blanche (f). Le bleu eft fur la 
tête & les petites couvertures fupérieures 



-=-«■• 



( f) The èlue-headed green fly-catcher. Edwards 7 
pi. 25,^. inférieure, 

Syhia viridis capite cyaneo ; en Aiiemand, grue* 
mr mentiel mit biauen kopf. Klein , Ordo Jvium » 
famiï. iv, Gen. vu, Trib. 14 1 ? page 80,, 
Sp. xxii I. 

C&rthia viridis capite remigihufque nigricantibus, . . .. 
Motacilla fpi\a. Linnaeus , Syjl, Nat. éd. XI II, 
G. 65, Sp. 12, page 186. 

Ctrtâfa dUutù yirîdis, viridi faturatiore in jjtâQTs 



302 Hifioire Naturelle 

des ailes, la gorge eft blanche, tout îe 
refte du plumage eft comme dans la va- 
riété précédente , excepté qu'en général 
îe vert eft pius clair par-tout , & que, fur 
îa poitrine, iî eftfemé de quelques taches 
d'un vert plus foncé \ le bec eft noirâtre 
deffus, blanc defious, fuivant M. Briflbn y 
& au contraire blanchâtre deffus & cen- 
dré foncé deffous , fuivant M. Edwards * 
les pieds font jaunâtres. 

A l'égard des dimen fions , elles font 
précifément les mêmes que dans l'oifeau 
précédent: cette conformité de propor- 
tions & de plumage a fait foupçonner à 
M. Edwards que ces deux oileaux appar- 
tenoien-t à la même efpèce: c'eft aux Ob~ 
fervateurs voyageurs à nous apprendre Ci 
ce font variétés d'âge , de fexe , de cli- 
mat, &c. 



mandata ; gutture candide ; capitt fuperiore fupcnori- 
bufque alarum te&ricibus mini mis cyaneis ; re&rlcibus 
lateralibm nigricantibus , oris exterionbas dilaté viridi- 
bus. . . . Certhia ' Brafdienfîs v Mais , grimpereau 
vert du Bréfîî. Briflbn, tome III, page 631. 

Ceriia verde dd BraJïU. Gerini, OinithoL liai* 
page 60 y Sp. 24, 



des Oi féaux étrangers. 303 



* III. Le Guit-guit tout vert (g). 
Tout le dcffus du corps eft d'un vert 
foncé teinté de bleuâtre , excepté le crou- 
pion qui > de même que la gorge & le 
défions du corps , eft d'un vert plus clair 
teinté de jaunâtre -, le brun des ailes eft 
noir , le bec & les pieds noirâtres , mars 
on aperçoit un peu de couleur de chair 
près de la bafe du bec inférieur. 

On trouve cet oifeau à Cayenne & 
dans F Amérique Efpagnole *, il eft de la 
grofieur des précédens , & proportionné 
à peu-près de même , fi ce n'eft qu il a le 
bec un peu pkis court & plus appro- 
chant de celui des lucriers. 

¥ Voyei les planches enluminées ? v. 682 , où cet 
oifeau eft repré fente , fig. 1, fous le nom de Grim- 
pereau vert de Cayenne. 

(g) The ail green creeper; Edwards, pi. 348,. 



dfa 



504 Hijloire Naturelle 

* L E G U I T -G U I T 

VERT TAC H ET É (h). 

Celui-ci eft plus petit que les guit- 
guits verts dont nous venons de parler , 
& il eft auffi proportionné différemment. 



* Voye\ les planches enluminées, w.° 682 , où cet 
oifeau eft repréfenté , fig. 2, fous le nom de Grim- 
pereau vert tacheté de Cayenne. 

(h) Certhia fupernè fplendide viridis , infernè lin colis 
ïongitudinalibus albis, viridibus & cœruleis varia; fa f- 
ciolâ utrimque fecundîun maxillœ inférions longitud'f 
riem caeruleâ ; gutture & macula utrimque narem in ter 
& oculum , rufefcentibus ; re&ricibus viridibus , latera~ 
lihus interiùs nigricantibus ( mas ). 

Certhia fupernè viridis, infernè lineolis longitudina- 
libus albis & viridibus varia ; re&rkibus viridibus , latz- 
ralibus interiùs nigricantibus ( faemina ). . . . Certhia 
Cayanenfis viridis , gvimpereau \ert de Cayenne. 
Brijfon y tom. III, pag. 636. 

Certhia viridis nitida , fubtus albo ftriata , rectrici- 
bus viridibus, lateralibus interiùs nigricantibus. . . . 
Cayana. Linnseus , Syft. Nat. éd. XIII , G. 65, 
Sp. 9, pag. 186. 

Cer%ia verde di Cayeima. Gerini , OriùthoL ItaL 
pag. 60, Sp. 27. 



des Oifeaux étrangers. 305 

II a le deffus de la tête & du corps d'un 
beau vert , quoiqu'un peu brun ( varié 
de bleu dans quelques individus ) -, fur la 
gorge , une plaque d'un roux clair , enca- 
drée des deux côtés par deux bandes 
bleues fort étroites qui accompagnent les 
branches de la mâchoire inférieure -, les 
joues variées de vert & de blanchâtre, 
la poitrine & le defîous du corps de 
petits traits de trois couleurs différentes , 
les uns bleus (i) y les autres verts & les 
autres blancs : les couvertures inférieures 
de la queue, jaunâtres 5 les pennes inter- 
médiaires , vertes -, (es latérales noirâtres , 
bordées & terminées de vert-, les pennes 
des ailes de même ', le hec noir -, entre le 
bec & l'œil une tache d'un roux clair , & 
les pieds gris, 



Certhia corpore Jupino viridi; gulâ lutta , pe&ore 
ahdomineque ex viridi & luteo variegatis. Koe reuter, 
Comment. Petrop. an. 1765 , pag. 430. 

(i) Dans l'individu décrit par M. Koeïreuter, 
il n'y avoit point de bleu , mais la gorge étoit 
jaune, ainfi que l'efpace entre le bec & l'œil; je 
çroirois que c'étoit un jeune maie , & non une 
femelle adulte. 



3 ©6 Hî/îoire Naturelle ! 

La femelle a les couleurs moins déci- 
dées , & le vert du deffus du corps plus 
clair *, elle n'a point de rouisâtre , ni fur 
la gorge ni entre le bec & l'œil, & pas 
une feule nuance de bleu dans tout fon 
plumage: j'en ai obfervé une en qui les 
deux bandes , qui accompagnent les deux 
branches de la mâchoireinférieure, étoient 
vertes. 

Longueur totale , quatre pouces deux 
lignes \ bec , neuf lignes -, tarfe , fix lignes \ 
doigt du milieu de même longueur, un 
peu plus long que le doigt poftérieur ; 
vol , fix pouces trois quarts \ queue , 
quinze lignes , compofée de douze pen- 
nes égales , dépafle les ailes de cinq lignes. 

III. 

LE GVIT'GUIT varié (k). 

La Nature femble avoir pris plaifir 
à rendre agréable le plumage de cet oi- 



.^■i»m iiii.iinwr*-i"»l*i<>iiii' /■" miwiffrtir— H 



(k ) Avïcula Amerlcana varih colorions pl&a. Séba , 
Thefaurus, tom. Il, pag. 5, pi. III , fig. 3. 

Sylvia verpcolor; en Allemand, bmnwzm\d, Kleio., 
Orào Avium, pag. 79, Sp. xvn. 



des Oifeaux étrangers. 307 

feau , par la variété & le choix des cou- 
leurs qu'elle y a répandues : du rouge vif 
fur le fommet de la tête j du beau bîeu 
fur l'occiput *, du bleu & du blanc fur les 
joues j du jaune de deux nuances fur la 
gorge , la poitrine & tout le délions du 
corps*, du jaune, du bîeu, du blanc & 
du noirâtre fur le deffus du corps , com- 
pris les ailes , la queue & leurs couver- 
tures fupérieures. On dit qu'il efi: d'Amé- 
rique , mais on ne défigne point la par- 
tie de ce continent qu'il habite de pré- 
férence. Il efc à peu-près de la taille du 
pinfon. 

Longueur totale , cinq pouces *, bec y 
neuf lignes*, tarfe, fix lignes > doigt, du 
milieu , fept , un peu plus long que le 
doigt poftérieur *, ongles affez longs ; 
queue , dix-fept lignes 5 dépafle les ailes 
de cinq à fix lignes. 



«* 



Certhia fiipernè ex aeruleo pdbnigro, albo flavoque 
uniulavi , infernè citrlno & croceo variegata y verriez 
coccineo ; occipitio cyaueo. . . . Certhia Americaiia 
varia , grimpereau varié d'Amérique. BriJJbn , 
tom. III , pag. 66$. 

Cer^ia pariegata d' America. Gerini , Qmithol* ItaL 
pag. 60, Sp. 35. 



jc8 Hijîoire Naturelle 

I V. 

LE GUIT-GUIT 

NOIR & VIOLET (l). 

Il a la gorge & le devant du cou d'un 
violet éclatant *, le bas du dos , les cou- 
vertures fupérieures de la queue & les 
petites des ailes d'un violet tirant fur la 
couleur d'acier pô v Ii j la partie fupéneure 
du dos & du cou , d'un beau noir velouté *, 
le ventre , les couvertures inférieures de 
la queue & des ailes , & les grandes cou- 
vertures fupérieures des ailes, d a im noir 
HiattCj le fommet de la tête d'un beau 
vert-doré -, a poitrine, marron-pourpré-, 
îe bec noirâtre, & les pieds bruns. Cet 
oifeau fe trouve au Bréfil : il eft de la 
taille de notre roitelet. 



(I) Certhia nigra ; verrice viriâi - aureo ; gutturt 
fplendidè violaceo ; pe&ore caftaneo - puipuraj'ccnte; 
dorfo infime & uropygio ex violaceo ad chalybis po- 
li ti colorem vergentibus ; re&ricibus nigris , oris e$te- 
rioribus violaceo-chalybeis.' . . . Certhia Brajilienjis 
violacea , grimpereau violet du Bréfil. Êrijfon , 
tome III, page 661. 

Gerça di color violetto del BrafîU. Gerir>i ? Qrni- 
thol. liai, page 60 ? Sp, 34, 






des Oijcaux étrangers. 309 

Longueur totale > trois pouces cinq 
lignes *, bec , fept lignes *, tarfe ? cinq 
lignes & demie ', doigt du milieu , cinq, 
un peu plus long que le doigt poftérieur y 
vol , quatre pouces un quart *, queue , 
treize lignes & demie , compoiée de 
douze pennes égales , dépafîe les ailes de 
cinq à fix lignes. 

LE SUCRIER(m). 

Le nom de œt oifeau annonce l'efpèce 
de nourriture qui lui plaît le plus *, c'efë 



(m) The black and yellow creeper, grimpereau 
noir & jaune. Edwards, pi. 122. 

Certhia nigra, fubtus lutea; fuperciliis exalbidis £ 
re&ricibus extimis apice albis. . . . Flaveola. Lin- 
nseus , Syft. Nat. éd. XIII, G. 65, Sp. 18, 
page 187. 

Cercla fcura , nera e gialla d* America. Gerini, 
Omithol. Ital. pi. CCXXXIV *,fig* 2, page 57. 

Certhia fupernè nigra, infcrnè lutea ; taenia fupra 
Qculos candidâ ; gutture & collo inferiore aigris ; uror 
pygio litteo ; imo vtntre pallidè luteo ; remigibus majo- 
rions in exortu canâidis ; re&ricibus nigris, lateralibus 
apice albis. . . . Certhia five faccharivova Jamaïoen- 
fis , grimpereau ou iucrier de la Jamaïque. Bvif* 
fin» tome VI, fupplémejit, page 117. 



3 c o Hiftoire Naturelle 

le fuc doux & vifqueux qui abonde dans 
les cannes à fucre*, &, félon toute [appa- 
rence , cette plante n'eft pas la feule où 
il trouve un fuc qui lui convienne : il 
enfonce fon bec dans les gerfures de îa 
tige 3 & il fuce îa liqueur fucrée: c'eft ce 
que m'affure un Voyageur , qui a paffé 
plufieurs années à Cayenne : à cet égard , 
les fucriers fe rapprochent des colibris s 
ils s'en rapprochent encore par leur peti- 
tefîe j & celui de Cayenne nommément , 
par îa longueur relative de fes ailes , 
tandis que, d'un autre coté, ils s'en éloi- 
gnent par la longueur de leurs pieds & 
la brièveté de leur b^c. Je foupçonne que 
les fucriers mangent auiïi des infectes , 
quoique les Obfervateurs & les Voyageurs 
n'en difent rien. 

Un fucrier maie de îa Jamaïque avoit 
la gorge , le cou , & le deffus de îa tëtc 
& du corps , d'un beau noir , toutefois 
avec quelques exceptions *, favoir , des 
efpèces de fournis blancs, du blanc fur 
les grandes pennes des ailes , depuis leur 
origine jufque paffé la moitié de leur lon- 
gueur , & encore fur l'extrémité de toutes 
les pennes latérales de la queue) le bord 



des Oifeaux étrangers. 311 

des ailes , le croupion , les flancs & le 
ventre, d'un beau jaune , qui alloit s'affbi- 
folifîant fur le bas-ventre , & qui n'étoit 
plus que blanchâtre fur les couvertures 
inférieures de la queue, 

L'efpèce eft répandue à la Martinique , 
à Cayenne , à Saint-Domingue , &c. mais 
le plumage varie un peu dans ces diffé- 
rentes îles , quoique fi tuées à peu -près 
fous le même climat. Le fucrier de 
Cayenne (n) a îa tête noirâtre , dem: 
fourciïs blancs qui , fe prolongeant , vont 
fe rejoindre derrière le cou *, îa gorge 
gris-cendré clair } iedos & les couvertures . 
fupérieures des ailes , gris-cendré plus 
foncé*, les pennes des ailes & de la queue 
gris-cendré, bordé de cendré, la partie 
antérieure des ailes bordée de jaune-ci- 
tron j le croupion jaune •, la poitrine & 
le deffous du corps jaune auffi 5 mais cette 
couleur eft mêlée de gris fur le bas- ventre; 
îe bec noir & les pieds bleuâtres •, la 
queue dépaffe de fort peu l'extrémité des 
ailes. 



H*iwi ■■— iiiwra q ^ w 



(n) Les créoles & les nègres de Cayenne rap- 
pellent Jkouru 



3 1 1 Hifioire Naturelle 

Cet oiÉ'eau a le cri très-fin , %i _, p , 
comme rt colibri , & comme lui & les 
autres fucriers , il fuce la sève des plantes. 
Quoiqu'on m'ait fort afîuré que le fucrier 
de Cayenne que je viens de décrire , étoit 
un mâle , cependant je ne puis diffimuler 
qu'il a beaucoup de rapports avec la fe- 
melle du fucrier de la Jamaïque (o) : 
feulement celle-ci a la gorge blanchâtre , 
une teinte de cendré fur tout ce qui eft 
noirâtre \ les fourcils blanc- jaunâtres j la 



(o) Lufcinia feu philomela e fufco & luteo varia..» 
Sloane, Jamaïca, pi. 259, fig. 3, page 307, 
il. XXXVII ; en Anglois, a black and yellow 
bird. 

— Ray , Synopjis Av. appendix , page 187, 
ïi.° 45. 

— Klein , Ordo Av. famil. 1 v , Gen. vu, 
Trib. i,page 74; en Allemand , fchwarti uni gelb- 
bunte-nachtigall. 

Certhia Jupernè nigricans , infemè lutea ; tœniâ 
fupra oculos albo-flavicante~; gutture albido ; redtrici- 
bus nigricantibus , duabus utrimque extimis apice 
çlbis. . . , Certhia Martinicana , five faccharivora , 
grimpereau de la Martinique ou fucrier. Brijfon, 
tome III, page 611. 

The yellow bellied creeper. Edwards, pi. 362. 

Cercla derta mangia- ytechero délia Martinicca. 
Gerini, Ornit/iol. ItaL page 61, n.° 36. 

partie 



des Uijïdux étrangers. 3 ï 5 

partie antérieure des ailes bordée de 
blanc , & le croupion de la même couleur 
que le dos : les cinq paires des pennes 
latérales de la queue terminées de blanc , 
félon Edwards ( la feule paire extérieure , 
fuivant Briflbn ) *, enfin les plus grandes 
pennes des ailes blanches , depuis leur 
origine jufqu'au-delà de la moitié de leur 
longueur , comme dans le mâle. 

M. Sioane dit que cet oifeau a un petit 
ramage fort court & fort agréable*, mais 
ii tel était le ramage de Toifeau obfervé 
par M. Sioane, lequel étoit probable- 
ment une femelle , on peut croire que 
le chant du mâle eft encore plus agréable» 
Le même Obfervateur , qui a difféqué 
un de ces oifeaux , nous apprend qu'il 
avoit le cœur & le géiîer petits , celui- 
ci peu mufculeux , doublé cependant 
d'une membrane fans adhérence *, le foie 
d'un rouge vif, & les inteftms roulés en 
un grand nombre de circonvolutions. 

J'ai vu un fucrier de Saint-Domingue; 
qui avoit le bec & la queue un peu plus 
courts, les fourcils blancs , & fur la gorge 
une efpèce de plaque grife , plus étendue 

Oifeaux , Tome X, O 



3 ï 4 Uijtoire Naturelle 

que ne Teft ia plaque blanchâtre dans la 
femelle ci-deiTus : il lui refiembloit par- 
faitement dans tout le refte. 

Enfin M. LiniicTus regarde comme le 
même oifeau le grimpereau de Bahama 
de M. Briffon (p) , & fes fucriers de la 
Martinique & de îa Jamaïque. II a en 
effet le plumage à peu-près femblable à 
celui des autres fucriers : tout le defîus 
brun , compris même les pennes des ailes 
& de îa queue , celles-ci blanchâtres par- 
deffous *, la gorge d'un jaune clair *, le 



(p) The Bahama tit moufe, méfange de Bahama. 
Catesby , pi. 59. 

— Lufcinia pe&ore flavo , parus Bahamenfis ; en 
Allemand, gelb-bruftel. Klein, Ordo Av. page 74, 
Sp. 1 x. Cet Auteur dit que îa queue eft variée de 
brun & de blanc; il auroit dû dire brune defîus 
& blanchâtre deiibus; fon erreur a été copiée par 
Gerini. 

Certhia fupernh fufca , infernè li/tea, taniâ fuvra 
euilos cavdidâ : marginibus alarum luuis ; refitricïous 
fiipernè fufeis > fubtus fordidè albls. . . . Certhia Ba- 
hamenfis y grimpereau de Bahama. Brijfon , tume III % 
page 620. v - 

— Linnçeus, Syjl. Nat. éd. XIII, page 187, 
G. 65,8p. 18, & 

Ceriia delïijola di Bahama. Gerini^ Qrniîhçb Tml 



des Oiftaux étrangers, 3 r j 

bord antirieur des ailes , leurs couver- 
tures inférieures & le refte du de flou s du 
corps , d'un jaune plus foncé jufqu'aa 
bas-ventre , lequel eft du même brun que 
ie dos. Au refte , cet oifeau eft plus gros 
que les autres fucriers , & il a la queue 
plus longue -, en forte qu'on doit îe regar- 
der au moins comme une variété de gran- 
deur & mcme de climat. Voici les di- 
menfions comparées de ce fuerier de 
Bahama, & de celui de la Jamaïque. 

Sucrier. Sucri-erdel4 
de Bahama. Jamaïque. 
pouces, lignes pouces, lign. 

Longueur totale.. .*»... 4. 8.. . . . 3. 7. 

Id. non compris la queue, o, 32.... o. 27^ 

Jsec* •• •••*•••••.••• o. Oii • • • c» y# 

Tarfe o. 6-f. . • . o. 7. 

Doigt du milieu o. J;.... o. 6. 

Doigt pofiérieur o. î&plus. o. 4 a* . 

Vol 7. o Inconnu. 

Queue > compofée de 

douze pennes 2. o..,., 1. 4. 

Pepaffe les ailes de. . . o. ijàiô'. o. j à 6*. 

Le nom de lufcinia. que M. Klein 

O ï) 



3 ï 6 TTifloire Naturelle > ÔCC* 

donne à cet oifeau , fuppofe qu'il le 
regarde comme un oifeau chanteur, ce 
qui feroit un rapport de plus avec \% 
crier de la Jamaïque, 



JFin du Tome £ $ 



y 



TABLE 

Des Matières contenues dans 

les deux Volumes. 
A 



L ou ET te. Son nom eft- d'origine Gau- 
loife. Volume. IX , page 4. — Chant de l'alouette ; 
manière de le perfectionner. — Elle emprunte 
quelques foras de tous les ramages qu'elle en- 
tend , 5. — Chante dès les premiers jours du prin- 
temps, & continue pendant toute la belle faifon, 
fur-tout le matin & le foir, 6. — Elle eft du petit 
nombre des oifeaux qui chantent en volant ; plus 
elle s'élève dans Pair , plus elle force îa voix. — 
Elle fe fait entendre lors même qu'elle eft élevée 
à perte de vue. — Elle chante rarement a terre, 7. 
* — Elle ne fe perche jamais fur' les arbres. Ibid. 
— Ses caractères principaux. — Sa defcription , 
8 & fulv. — Dans les alouettes , comme dans 
prefque tous les oifeaux, le maie feuï a le privi- 
lège exclusif de chanter, 9. — Leurs nids font 
négligemment conftruits , mais iï bien caches 
qu'on a peine à les trouver ; ils font placés à 
terre , la femelle y pond quatre ou cinq œufs qui 
ont des taches brunes, fur un fond grisâtre ; 
elle Iç§ couve pendant quinze jours au plus, & 

Oiij 



v 



Ta BLE c 

elle empfoie encore moins de temps à conduira 
& à élever fes petits. — Elle fait deux couvées 
par an dans notre climat , & peut - être trois 
dans les climats plus chauds, u. ■ — Les jeunes 
alouettes fe nourrirTent principalement de vers^ 
de chenilles 9 d'œufs de fourmis & même de fau- 
tere'Ies ; & , lorfqu'elles font adultes , elles vivem 
principalement de graines, 14. — Leur nourri 
ture dans l'état de domefticité , 16. — Eiles 
font fufceptibles d'apprendre à chanter & d'or- 
ner leur ramage naturel de tous les agrémens 
que notre mélodie artificielle peut y ajouter; 
mais ce font les jeunes mâles qu'on peut inf- 
truire ainiï. Ibid. — Habitudes naturelles de ces 
oifeaux dans leur état de liberté. — Ils devien- 
nent très-gras en hiver.. & font maigres en été. 

— Manière dont ils voient en s'élevant & en 
«îefcendant, 17. — Les alouettes font fouvent 
emportées par un coup de vent à de grandes 
diitances, & l'on en rencontre au- deffus des 
mers avant de voir terre, 18. — î/efpèce en 
eft répandue dans toutes les terres de l'ancien 
continent , & elfes trouvent à vivre par- 
tout, 21. — Charles aux alouettes, & dirTérens 
pièges dont on fe fert pour les prendre, 22. 

— On en prend une quantité confidérabïe 
avec le filet au miroir , fur tout aux environs 
des fontaines chaudes eti hiver, 23. — Mais 
aucune chafie n'en détruit autant à-la-fois qua 
la chafie aux gluaux qui fe pratique dans la Lor- 
raine - françoife ce ailleurs. — Détail de cette 
chafie afTez peu connue, 24. — Les oifeaux 
voraces détruifent beaucoup d'alouettes pendant 
l'été, car elles font leur proie 4a plus oïdi- 



DES MatÎ&RE S. H) 

fiaire, même des plus; petits, 26. — L'efpèce 
en eft très nombreufe, 27. — Elle pond au 
moins deux fois par an & peut-être trois. Ibid* 
— *Dimenfîons de l'alouette, 28. — Ses varié- 
tés, ibid, & ftiiv» 

ALOUETTE huppée , petite alone+te huppée, Sa 
defeription. — Elle chaîne défagréablement & 
jamais qu'en volant. — Ses différences avec le 
coche vis. Volume IX , 105. — Elle fe trouve 
dans la plus grande partie de l'Europe , & fe 
tient dans les bruyères & dans les bois , 106. 

— Ses habitudes naturelles, 107 & 108. 

Alouette de marAis ( 1* ) fe trouve en 
Alface ; elle eft d'une groifeur moyenne , entre 
J'aïouette commune & la farîoufe. — Sa def- 
criptïon. — Son chant qui eft fort agréable, — 
Ses dimenlions. Vol, IX, 85, 26, 

ALOUETTE de Penfilvanie (T ) eft de parlage & 
commune aux deux continens. — Sa defeription. 

— Elle a dans l'aile un caractère commun avec 
la lavandière. Vol, IX, 82 & fuiv. 

Alouette -pipi ( 1' ) eft la plus petite des 
alouettes de France , & c'eft la reflemblance de 
fon cri au mot pipi, qui fui a fait donner ce 
nom. Vol, IX , 54 , 55. — Cette alouette fe perche 
fouvent fur les branches, quoiqu'elle ait l'ongle 
de derrière fort long. — Elle fe tient auffi à terre 
& court très-légèrement, 56. — Ses habitudes 
naturelles, — Elle chante fort agréablement, — 
Elle cache fon nid fous une motte de gazon , 
dans les lieux les plus foliaires. — Et produit 

Oiv 



N. 



ïv Table 

cinq œufs marqués de brun vers le gros bout, 
— Sa defcription, 57. — Ses dimenfions , 58. 

A L O U E-T T E de Sibérie (!') eft de toutes les 
alouettes Ja pîus belle. — Sa defcription. Volu- 
me IX , 87. — Ses dimenfions, 88. 

Alouette de Virginie* (T) a beaucoup de rap- 
port avec la calandre ougroffe aîouette. Vol. IX , 
79. — Ses prétendues migrations d'Amérique 
en Europe , 80 & fuivantes. — Eft un oifeau de 
- paffage qui ne paroît que l'hiver dans la Vir- 
ginie & la Caroline, 81. — Sa defcription. — Ses 
dimenfions, 82. 

An&ala dian. (T) Efpèce de foui-manga du 
Sénégal. — Sa defcription. Vol. X, 265. — Ses 
habitudes naturelles. — Son nid , dans lequel fa 
femelle pond communément cinq ou iixœufs, 
& d'où elle e£t fouvent cbaffée par une groffe 
araignée. — - Dimenfions de: cet oifeau, 2680 

B 

Bananiste ,- oifeau de Saînt-Domingue , que 
l'on voit fouvent fur les bananiers. — Sa gran- 
deur. — Sa nourriture , Vol. IX , 1 4. Ses habitudes 
naturelles, 15. — Son ramage. —Sa defcription. 

— Ses dimenfions, 16. 

Bec-eigue: fa defcription. Vol. IX , 272. — - 

— Le véritable climat de cet oifeau eft celui 
du midi , 274. — Les Bec - figues arrivent en 
France plus tard au printemps, & partent auffi 



des Ma t I h R E S. V 

plus tôt que les autres petits oifeaux. Ibld, 
— Us fe répandent dans toute l'Europe , & 
jufqir en Suède en été. — Leur naturel & leurs 
mœurs. — Defcription de leur nid , 275. — ■ 
Méprife au fujetdu Bec-figue, 276.' — Sa nour- 
riture , 277. — Son petit cri & Tes habitudes 
naturelles. — r II efl: très - commun dans les îles 
de la Méditerranée, 278. 

Bec-figue de chanvre (îe) efl fe même oifeâu 
que la fauvette babillarde, Vol. IX, 200. 

Bergeronnettes. II y a en France trois efpè- 
cesde Bergeronnettes. Vol. IX, 377. — La Berge- 
ronnette gàfe, la Bergeronnette de printemps , 
& la Bergeronnette jaune , 378. — Caractères 
généraux & communs aux Bergeronnettes. — . 
Et origine de leur nom. — Elles ont un pen- 
chant bien marqué pour s'approcher de nous, 
379. — Il n'en: point d'oifeau dans les champs 
qui fe montre aufii privé.— Leur naturel facial, 
leur nourriture & leurs autres habitudes natu- 
relles, 380 & privantes. 

Bergeronnette grrfe. Sa defcription. — Celle 
de fon nid ; elle fait deux pontes par an ; elfe 
meurt lorfqu'on la tient dans une captivité trop 
étroite. — Mais on peut la garder dans une 
chambre chaude ..pendant l'hiver. Vol. IX , 381 
& fuivantes, 

rgeronnette jaune. Vol. IX, 388. — Ses 
habitudes naturelles, 389. — Elle relie dans notre 
climat en hiver & tait même entendre fon 
ramage dans cette tfifte Jaifoa. — Différence de 



V] TABLE 



ce ramage & Je fon cri. Volume IX , 390. 
Elle niche auprès des eaux. — Defcription de 
fon nid, dans lequel la femelle pond iix, fept 
ou huit œufs blanc - faie , tachetés de jaunâtre. 
• — Ils mangent des vers , des infectes volans & 
des graines. Ibid. — Defcription des parties inté- 
rieures de cet oifeau, qui eft remarquable par 
îa longueur de fa queue , 391. — ■ Ses dimen- 
fions , fa defcription, 391 cV fuiv. 

Bergeronnette de printemps. Vol. IX, 384» 
— Ses habitudes naturelles; différences de la Ber- 
geronette de printemps à la Bergeronnette jaune; 
fa defcription, 385, 386. — I/efpèce paroît 
répandue dans tovite l'Europe jufqu'en Suède y 

BERGERONNETTE du cap de Bonne - efpérance. 
Sa defcription. VoLlX, 396, 397. 

Bergeronnette ( petite) du cap de Bonne- 
efpérance. Sa defcription & fes différences" avec 
3a précédente. Vol. IX, 397, 398. 

Bergeronnette de Yîk de Timor. Sa defcrip- 
tion. Vol. IX , 398 , 399. 

Bergeronnette de Madras. Son indication. 
Vol. IX, 399, 400. 

SïMBELÉ ou PAUSSE Linotte, oifeau de Saint- 
Domingue , qui cependant ne reffemble point 
du tout à notre linotte. — Son chant. — Sa 
nourriture. Vol. X, 11.— Ses autres habitudes 
mtureiks. — ■ La femelle ne pond que deux ro 



des Matières, vij 

trois œufs. — Defcription & ciimeniions de cet 
oifeau, 12, 13. 

Bouse arle (la) a plus de rapport avec ïa fau- 
vette grife qu'avec aucun autre oifeau. — Ses 
reffemblances & fes différences. Vol. IX > 194. 



Calandre, groffe efpèce d'alouette; manière 
de prendre cet oifeau. Vol. IX, 70. — Sa comparai- 
fon avec l'alouette ordinaire , à laquelle la calan- ' 
dre refiemble beaucoup ,71. — Elle chante très- 
bien & même mieux & d'une voix encore plus 
forte que l'alouette commune. — Et elle con- 
trefait aifément le ramage de pïufieurs autres oi- 
feaux. Ibid. — Manière d'élever la calandre , 
73. — Différences du mâle & de la femelle, 74. 
— Elle niche à terre comme l'alouette ordi- 
naire, & pond quatre ou cinq œufs. — On ïa 
trouve en Provence , en Italie ~, vers fes Pyré- 
nées & aux environs d'Alep , 75. — Ses dimen- 
fions, 76. 

Ceinture de Prêtre. Voyzx Alouette 

de Sibérie. 

Cendrille , oifeau du cap de Bonne - efpérance 
qui a rapport aux alouettes. — Sa defcription f 
fes dimeniîons. Vol. IX, 90 , 91. 

Chantre. Voye\ Potjillot. 

Charbonnière. (ïa) Méprife de Béfon nu 
fujet des habitudes de cette méfange. Vol. X, 

Ovj 



Vlij T A B Z £ 

99. ' — Habitudes naturelles de la méfange - chaî^ 
bonnière. < — Le chant du mâle eft très-différent 
au printemps de ce qu'il eft en été. *— « On 
J'appelle auiïï méfange - pin fin, 104. — Elle s'ap- 
privoife très- aifé ment. — S'apparie dès le com- 
mencement de février. — Conftru&ion de fon 
nid, dans lequel la femelle pond huit, dix & 
jufqu'à douze œufs blancs, avec des taches 
rouiTes , principalement vers le gros bout. — 
L'incubation ne paffe pas douze jours, & ies 
petits refient plufieurs jours fes yeux fermés, 
305. — Elle fait pïufreurs pontes dans un été. 
• — Defcription de la méfange - charbonnière , 
106 & fuiv. — vSes dimeniions, 108. — Defcrip- 
tion de fes parties intérieures, 109. 

Charbonnière. ( petite) Vol. X, 110. — Ses 
différences avec ïa grande charbonnière. — Son 
naturel peu défiant & fort courageux. — Ses 
habitudes, 112. — Sa grandeur. — Sa def- 
cription & fes dimenfionsj 114. Ses variétés r 
Ï15 6* fuiv. 

C H É k 1 c , oifeau de Madagafcar , du genre des 
figuiers qui s'appelle œil-blanc à i'île de France; 
fes dimeniions & fa defcription. Vol. IX, 405 y 
406. 

Clignot. Voy*x Traquet à lunette. 

CoCHEVIS(îe)o//GROSSE ALOUETTE huppée. 

Sa huppe & fa defcription. Vol. IX, 93 & fitiv* , 
— Son natureî ; fes habitudes , 96. — L'efpècç 
en eft répandue dans tous ies climats tempérés 
de l'Europe, 97. — Son chant eft fort agréable 

& très-doux ; o8, ?•** Mmsss de tes gouverne* 



V 



e s Ma t là re s. te 



en domefticité. Ibid. — Différences du mâîe Se 
de Ja femelle, 99. — Habitudes de la mère à 
l'égard de fes petits , 100. — Différences des ha- 
bitudes du coche vis avec celles des autres 
alouettes, 102. — Elle a une fîngulière aptitude 
pour apprendre a chanter un air de mufique. 
Ibid. — Defcription de fes parties intérieures y 
103. — Ses dimenfions, 104. 

Coche vis au Sénégal. Voyei Grisette. 

Col OMB AUDE ; la petite colombaude des Pro- 
vençaux eft une variété de la fauvette à tête 
noire. Sa defcription. Vohrm IX , 189, 190. 

Coqutllade , oifeau de Provence qui a rap- 
port à l'alouette huppée. — Son chant ; les 
habitudes naturelles. — Sa defcription & fes di- 
menfions. Vol. IX , 109, 110. 

Cou -j Aune, joli oifeau de Saint-Domingue; 
habitudes naturelles. — Il chante agréablement 
pendant prefque tous les mois de l'année. Vol. IX , 
239. — La femelle chante auffi, mais fa voix n'eft 
pas auffi modulée que celle du mâle , 240 — 
Defcription du plumage de cet oifeau. Ibid.— 
Son efpèce n'eft pas fort éloignée de celle des 
fauvettes, 241. — Ses habitudes naturelles, 242. 
i — Difpofîtion fingulière de fon nid qu'il fufpend 
aux branches d'arbres qui s'avancent fur les 
eaux, 243. — Defcription de ce nid, 244. — 
L'efpèce n'en eft pas nombreufe, &paroît indi- 
gène & comme confinée dans l'île de ^aint-Do- 
Biingue, ~ hft femelle pond trois ou quatre 



x Ta BLE 

œufs, & répète Tes pontes plus d'une fois par 

an , 245 y 246. 

Couvée : Exemple qui femble prouver que 
l'inftinct de couver précède dans les oifeaux 
femelles celui de s'apparier. Volume IX, 12. 

Couver. La paffion de couver eft pîus forte dans 
les oifeaux que celle de l'amour; exemple à 
ce fujet tiré du rofïïgnoï. Vol. IX, 123 & fuiv. 

Cravate- jaune, oifeau du cap de Bonne- 
efpérance , qui a rapport à fa calandre oiî grofle 
alouette. — Sa defcription. — Ses dimenfions. 
Vol. IX, 77 cV fui van tes. 

Cujelieïi; différences du cujelier & de l'a- 
louette. Vol. IX , 35. ■ — Il fe perche fur les arbres 9 
tandis que l'alouette ordinaire ou mauviette ne 
fe pofe ordinairement qu'a terre, 37.—- Raifon 
pourquoi les alouettes , & même les cujeliers 
fe perchent difficilement. — On appelle le cuje- 
lier alouette de bois , parce qu'il niche dans les 
terres incultes qui avoifîne les taillis, ou à l'en- 
trée des jeunes taillis, lbid. Le chant du cujelier 
jreiTembre beaucoup plus au chant du rorTignol 
qu'à celui de l'alouette , & il fait entendre fa 
voix, non -feulement le jour , mais pendant la 
Kuit , comme le rofîignol , 38. — L'efpèce du 
cujelier , quoique plus petite que celle de l'a- 
louette, eft cependant moins nombreufe. — Il 
fait fa première ponte bien plus tôt que l'a- 
îouette ordinaire , & l'on voit des petits cujeliers 
en état de voler dès la mi - mars. lbid. — Les 
petits cujeliers font difficiles à- élever 1 fur - tout 



DES MATI È RES. X) 

dans les pays un peu froids, comme l'Angle- 
terre, 39. — Habitudes naturelles du cujelier; 
il s'élève très-haut en chantant, fait fon nid à 
terre. — Defcription de fes parties intérieures & 
extérieures. — Différences du mâle & de îa 
femelle, 40. — I/efpèce en eft répandue depuis 
Pltalie jufqu'en Suède. — Ces oifeaux font aflez 
gras en automne, & leur chair eft alors un fort 
bon manger, 41/ — Dimenfîons du cujeïier 9 
42. 
Cul- Blanc. Voye\ Motteux. 

D 

Demi-fins : genre d'oifeaux auquel nous avons 
donné ce nom , parce que leur bec fait la 
nuance entre les becs fins & les becs forts des 
petits oifeaux. Volume X, 1. 

Demi-pin, mangeur de vers. Sa defcription» 
■ — On le trouve en Penfilvanie où iï n'eft qu'oi- 
feau de palfage. — Sa grandeur. Vol. X , 1 & fuiv* 

Demi-pin noir & bleu. Sa defcription. — $& 
I grandeur. — - Il fe trouve aux Indes, Ko/.X, 7- 

Demi- P^N noir & roux. Sa defcription. Vol:X? 
9. — Ses dimenfîons. — Il fe trouve dans l'A- 
mérique méridionale, 10. 

Demi-fin à huppe & gorge Maudits. If *er 
trouve dans l'Amérique méridionale. — Sa des- 
cription j fes dimsnfions. Vol.X, 17* 18» 



tô T A 



BLE 

F 

Jl'arlouse ( la ) s'appeïie auffi alouette des prés* 
• — Sa defcription , Volume IX, 43. — Différen- 
ces du mâle & de la femelle, 45. — Ses habitu- 
des naturelles; elle a ie chant agréable , quoi- 
que moins varié que celui du cujelier. — Les 
femelles farloufes ont un chant ; exemple à ce 
fujet, 46. — L'efpèce n'en eft pas nombreufe, 
parce que cet oifeau ne vit pas long- temps. Ibid* 
• — Il fe nourrit d'infe&es auffi-bien que de grai- 
nes, 47. — Niche pîus ordinairement dans les 
prés bas & marécageux. — Il pofe fon nid à 
terre & le cache très - bien. — Defcription de 
quelques parties intérieures de îa Farîoufe , 48. 
— On peut les nourrir en domefticité unique- 
ment avec des graines ; J'efpèce en eft répan- 
due de l'Italie jufqu'en Suède. Ibid. 49. — Di- 
menfîons de la farîoufe, 50. 

Farlouse ; Variétés de la farîoufe. Vol. IX, 51 
& fui van te s* 

Farlouse blanche. Sa defcription. Vol. IX ? 51. 

Farloîjzanne , oifeau de la Louifîane qui a 
beaucoup de rapport avec la farîoufe. Sa def- 
cription. Vol. IX ? 52, 53. 

Fauvettes. Portrait & caractères principaux 
des fauvettes. — Elles arrivent au moment où 
les arbres développent leurs feuilles & fe difper- 
fent dans toute l'étendue de nos campagnes & 
de nos bp>$, yçL IX ^ i(L§ &/«(>. -*- Leur plumage 



des Mat i è re s. xiij 

eft obfeur & terne, à l'exception de deux ou 
trois efpèces qui font légèrement tachetées; tou- 
tes les autres n'ont que des teintes plus ou moins 
fombres , de blanchâtre , de gris & de roufsâ- 
tre, 170. — Prefque toutes les fauvettes partent 
en même temps au milieu de l'automne, 175. 
^— Leur nourriture dans l'état de liberté. — Elles 
engraiffent beaucoup dans le temps de la faifoiï 
de la maturité -des graines du fureau > de l'yè- 
bïe, &c. lbld. — Dans toutes les efpèces dé fau- 
vettes ; les petits , quoique fans plumes , quit- 
tent ie nid quand on y touche 7 207 cV [uiv. 

Fauvette (la) proprement dite , ou ïa fau- 
vette commune , eft de la grandeur du rolïï- 
gnoL — Sa defcription ; fes dimenfions , fes ha- 
bitudes naturelles. Volume IX, 171. — Le mâîe, 
dans cette efpèce-, prodigue à fa femelle mille 
petits foins pendant qu'elle couve ; il partage 
fa foilieitude pour les petits qui viennent d'é-» 
clore , 173. — Defcription du nid dans lequel 
la femelle pond ordinairement cinq œufs qu'elle 
abandonne îorfqu'on les a touchés, — Il n'eîl pas 
poiïïbïe de lui faire adopter les œufs d'un autre 
oifeau. lbid. — Nature de cette fauvette , 174, 
■ — Defcription de quelques parties extérieures 
& intérieures de cet oifeau, 175 & fuiv* 

Fauvette , petite fauvette ; fes différences avec 
la grande fauvette commune. — Son chant ou 
plutôt fon refrain. — Sa defcription. — Ses ha- 
bitudes naturelles. — Defcription de fon nid , 
dans lequel la femelle pond quatre œufs fond 
blanc-fale avec des taches vertes & verdâtres, 



XIV 



Ta BLE 



répandues en plus grand nombre vers ïe gros 
bout. — Defcription de quelques parties extérieu- 
res & intérieures 1 de cet oifeau. Volume IX , 
1*78 cV fui vaines. 

Fauvette à tète noire. Vol. IX , 181. — Les petits 
dans cette efpèce font pendant tout Pété très- 
fembfabies , par le plumage , au bec-figue ; expli- 
cation d'un pafîage d'Arifrote à ce fujet , 184. 
1 — de toutes les fauvettes , c'ëft celle qui a Je 
chant îe plus agréable & îe pluscontinu ; il tient 
un peu de celui du rofiîgnol, & dure bien plus 
long- temps pendant l'été, 185. — Le maie couve 
les œufs lorfque la femelle eft fatiguée, 186. — 
Le nid eft placé près de terre dans un taillis , 
foigneufement caché , dans [.'quel îa femelle pond 
quatre ou cinq œufs d'un brun léger. — Efte ne 
fait communément: qu'une ponte dans nos pro- 
vinces , cV deux en Italie & dans tes climats plus 
chauds. Jbid. — Elle fe nourrit de petits fruits 
îorfque les infectes lui manquent ; elle eft très- 
grafle, & d'un goût délicat en automne, 187. 
— On peut aiféme: t l'élever en cage; elle eil 
capable d'affection; les petits cirfi élevés, s'ils 
font à portée d'entendre le rofïïgnol , perfection- 
nent leur chant. Ibid. 188. — Celles qui font en 
liberté partent au mois de feptembre , & celles 
qui font en cage s'y agitent fur- tout pendant la 
nuit, comme fi elies fentoient qu'elles ont un 
voyage a faire. Ibid. — L'efpèce en eft allez com- 
mune dans toutes les parties de l'Europe jufqu'en 
Suède i, à l'exception de l'Angleterre où elle eft 
rare. Ibid. — Defcription de quelques parties 
intérieures de cette fauvette, 189, 1^0. 



V B S M A T+1E RE S. XV 

FAUVETTE babillarde ( la ) chante prefque fans 
cefte au printemps; fes autres habitudes natu- 
relles. Volume. IX, 195. — Elle eft prefque tou- 
jours en mouvement, 197. Et pofe fon nid près 
de terre. Ibid. — Ses œufs font verdâtres , poin- 
tillés de brun. — Elle fe nourrit principalement 
d'infedles aquatiques & de chenilïes , 198 cV fuiv. 
— Sa defcription. — Elle s'apprivoife aifcment, 
& demeure volontiers autour des habitations , 
199. — Manière de l'élever en cage où elle vit 
huit ou dix ans , 200. 

Fauvette bleuâtre de Saint-Domingue ; fa def- 
cription. /-V. IX, 237, 238. 

Fauvette de Cayenne à go^ge brune & ventre 
jaune. Sa defcription. Vol. IX, 237. 

Fauvette de Cayenne à queue rouffe. Sa def- 
cription. Vol. IX , 236. 

Fauvette (la) d:s Jîpes - ne fe trouve que 
fur îes autes montagnes, elle tR beaucoup plus 
grotte que toutes îes autres fauvettes. — Sa def- 
cription, VoL IX , 226. — Ses d, m envions à l'exté- 
rieur & à l'intérieur. — Sa nourriture , 227. — 
Ses habitudes naturelles, 228, 229. 

Fauvette des bois; elle refiemble beaucoup à 
la fauvette d'hiver appelée mouchet par Bélon. 
VoL IX, 201. — Son chant, 202. — Ses habitudes 
naturelles. — Defcription de fon nid , dans le- 
quel on trouve ordinairement quatre ou cinq 
oeufs d'un bleu célefte, 203. — On élève ai- 
fément les petits. — Ces fauvettes font hardies 



Xvj Table 

& courageufes. — Defcription de cet oifëauj 

204, 205. 

Fauvette (îa) des ro féaux chante dans les 
nuits chaudes du printemps comme le roiïignoi. 
Vol. IX, 206. — Defcription de foh nid, dars le- 
quel la femelle pond ordinaire me 1 t cinq œufs 
d'un blanc fale, marbré de brun, plus foncé & 
plus étendu vers le gros bout, 207. — Cette 
fauvette fe nourrit des infeétes qui voltigent fur 
les eaux, 208. — Ses dimènfions & fa defcrip- 
tion , Hua 1 . 209. 

Fauvette d'hiver ; toutes les fauvettes partent 
au milieu de l'automne ; la fauvette d'hiver 
arrive au contraire dans cette même faifon. 
Vol. IX , 2 1 8. — Elle patte avec nous tout l'hiver ; 
fon plumage eil varié de noir, de gris & de 
brun-roux, 220. — Sa defcription. *— Ses habi- 
tudes naturelles, 32&1. — Son naturel femble 
participer du froid & de i'engouvdiilement de la 
faifon. — Son ramage , fa nourriture pendant 
l'hiver, 222, 223. — Elle difparoît au prin- 
temps, & retourne au no d ou fur les hautes 
montagnes pour y paiîcr Pété & faire fon nid. 
Jbid. — Defcription de ce nid, dans lequel on 
trouve ordinairement quatre ou cinq œufs 
d'un joli bleu-clair, uniforme & fans taches, 
224. — On peut élever aifément cette fauvette 
en cage. lbid. — Cette fauvette , ainfi que 
l'alouette pipi , font les feules efpèces de petits 
oifeaux à bec effilé qui reftent en France pen- 
dant l'hiver, 225. 

Fauvette du cap de Borme-efpérance* Sa def- 
cription. VqL IX ? 232,. 



t> b s Matj ères, xvi; 

FAUVETTE (petite) du cap de Bonne-efpérance. S$ 
description, Volume IX, 233, 

Fauvette grife. — Defcription de fon nid, 
dans lequel la femelle pond cinq œufs, fond gris- 
verdâtre , femés de taches roufsâtres & brunes, 
plus fréquentes au gros bout. — Defcription de 
la femelle & du mâle, tant à l'extérieur qu'à 
l'intérieur. Vol. IX 5 191 & fuit*. 

Fauvette (petite) rouffk ; erreur de Béïon au 
fujetdu nom de cet oifeau. Vol. IX, 211. — Iî 
produit ordinairement cinq petits, 212. — Ses 
teufs font d'un brun-verdâtre avec des taches 
plus ou moins ciaires. — Et on trouve ordinai- 
rement fon nid près des habitations. — Defcrip* 
tion de ce nid, 213. — Defcription de i'oifeau, 
qui eft un des plus petits du genre des fau*. 
vettes, 214. 

FAUVETTE tachetée; elle ne diffère des autres 
fauvettes que par quelques taches noires qu'elle 
a fur la poitrine. — Ses dimenlioas & fa def- 
cription. Vol. IX, 215. — Elle eft plus commune 
en Italie qu'en France, 216. — Ses habitudes 
naturelles. — Elle fe lailfe prendre avec fe$ 
petits plutôt que de les abandonner, 217. 

Fauvette tachetée de la Louifiane. Sa de& 
çription. Vol. IX, 233, 

Fauvette verdâtre de la Louifiane. Sa defcrip-* 
tion. Vol. IX, 235. 

Figuiers ; oifeau dont le genre eft très-nonu 
fereux & voifin de celui du bec-figue, •— Leurf 



xvîij Table 

caradères généraux. — Nous en connoîfibnâ 
cinq efpèces. dans ies climats très -chauds de 
l'ancien continent, & vingt-neuf efpèces dans 
ceux de l'Amérique, qui toutes diffèrent de 
celles de l'ancien continent par des caradères 
marqués. Vol. IX, 40 1 . — Les figuiers du nouveau 
continent font en général plus gros que ceux 
de l'ancien. — Ce font des oifeaux erratiques 
qui vont au nord pafîer l'été à la Caroline & en 
Virginie, & retournent enfuite dans les con- 
trées plus chaudes. — Leurs habitudes natu- 
relles, 412. — Outre les vingt-neuf efpèces de 
figuiers , qui fe trouvent en Amérique , on en 
peut compter encore cinq autres qui fe trou- 
vent dan| la feule province de la Louifiane , 
465 cV fui pan tes. 

Figuiers^ variétés dans Tefpèce des figuiers de 
l'ancien contînent. Vol. IX , 409 & fuiv. 

Figuier à ceinture du Canada. Defcription du 
mâle & de la femelle. Vol. IX, 444, 445. 

Figuier à cravate noire de Penfilvanie. Sa def- 
cription. Vol. IX, 436. 

FIGUIER à g orge blanche de Saint Domingue. 
Defcription du mâle & de la femelle. Vol. IX , 4 1 8. 

Figuier à gorge jaune de la Louifiane. Defcrip- 
tion du mâle & de la femelle. Vol. IX, 419. 

FIGUIER à gorge orangée d'Amérique. Defcrip- 
tion du mâle & de la femelle. Vol. IX, 422. 

FIGUIER à poitrine rouge de Penfilvanie. Defcrip* 
ûon du mâle & delà femelle. Vol. IX, 452, 453. 



des Matières. xlx 

Figuier à tête cendrée de Penfîlvanie. Sa defcrip- 
tion. Volume IX, 424. 

Figuier à tète jaune d'Amérique. Sa defcnp* 
tion. VoL IX, 438. 

Figuier à tête rouge de Penfîlvanie, Sa defcrîp- 
tion. VoL IX, 416. 

Figuier à tète ronfle de fa Martinique. Sa des- 
cription. VoL IX , 450 & fuiv. 

Figuier aux ailes dorées de Penfîlvanie. Sa d'efc 
cription. VoL IX, 457. 

Figuier aux joues noires de Penfîlvanie. Sa def» 
cription. Vol. IX , 427 , 428. 

Figuier bleu de Madagafcar , efpèce nouvelle, 
Defcription du maie & de la femelle. Vol.'I% , 409, 

Figuier bleu de Saint-Domingue. Sa defcription, 
VoL IX, 446, 447. 

Figuier brun de ïa Jamaïque. Sa defcription, 
VoL IX , 426. 

Figuier brun & jaune de la Caroline. Sa des- 
cription. Vol.YK, 431. 

Figuier cendré à collier de l' Amérique fepten- 
trionale. Sa defcription. VoL IX, 442 & fui»* 

Figuier cendré a gorge jaune de la Jamaïque. S3 
defcription. VoL IX, 440, 441. 

Figuier (le) couronné d'or, eft de paMage ev/ 
Penfîlvanie tk demeure plus au nord en Amé- 
rique pendant l'été. Sa defcription* VoL IX , 4-69* 



XX 



Table 



FIGUIER de l'île de Bourbon. Voye\ SlMON$ 
petit Simon. 

FIGUIER de Madagafcar. Voyez CllÈRIC. 

Figuier des fapins de la Caroline. Sa dectip* 
tion & fes habitudes naturelles. Volume IX 5 
433 & fuivantes. 

Figuier du Sénégal. Ses dimenfions & defcrîp- 
tion du mâle & de la femelle. Vol. IX , 410 &fuiv. 

Figuier gris -de- fer de Penfifranie. Sa defcrip- 
tion. Vol. IX, 454.- — Différences de la femelle & 
du mâle , 455. — Coniïruûion de leur nid. — ■ 
On doit rapporter à cette efpèce le figuier donné 
dans les planches enluminées, //.° 704, fig. i> 
fous la dénomination de figuier à tête noire de 
Cayeiuie, 456. 

F1GU.IEE. huppé de -Cayenne. Sa defcription, 
Vil. IX p 462. 

Figuier noir de Cayenne. Sa defcription. 
Vol. IX, 463. 

f 1 G u 1 E R olive de Cayenne. Sa defcription, 
Vol. IX , 464. 

Figuier orangé de la Guyane. Sa defcription. 
Vol. IX, 461. 

FlGU 1ER protonotaire. Sa defcription. VolAX , 465. 

F I G U -1 E R tacheté d'Amérique. Sa defcription. 
Vol. IX, 414. 

Figuier tacheté de jaune de Saint Domingue. 
Defcription du mâle & de la femelle. Vol. IX , 
429,430. 

Figuier 



DES MA T I à RE S. XX) 

Figuier varié de Peniilvanie. Sa defcription. 
Volume. IX , 448 , 449. 

Figuier vert & blanc de Saint-Domingue. Sa 
defcription. Vol. IX, 421, 

Figuier vert & jaune de l'ancien continent. Sa 
defcription. Vol. IX, 403. 

Figt ( le ) de Provence n'eft point un bec-figue, 
mais fe rapporte piutôt à l'alouette. — Sa des- 
cription ■& fes habitudes natureiles. Vol. IX , 283. 

FlTERT. Voy&i TRAQUET de Madagafcar. 

FOUDIJALA ; efpèce de rofïïgnol qui fe trouve 
à Madagafcar. Sa defcription & fes dimeniions. 
Vol. IX, 166, 167. 

Fourmeiron (le) de Provence, doit plutôt 
fe rapporter au roffignol de muraille qu'au tra- 
quet. VoL IX, 319. 



Gorge-bleue; fes refîemblances & fes diffé- 
rences avec le rouge-gorge. Vol. IX , 301. — Diffé* 
rences des lieux qu'habitent ces deux oifeaux, 
302. — Habitudes naturelles de la gorge-bleue. 
— Defcription de fon nid, 303. — Son chant- 
pendant la nuit. — Elie chante différemment 
en différens temps, 304. — Elle aime autant à 
fe baigner que le rouge-gorge, & fe tient plus 
que lui près des eaux. ibiâ. — Différences entre 
les adultes & les petits, & du mâle à la femelle, 
305. — Ces oiieaux perdent leurs riches cou- 
leurs dans l'état de captivité, 306. — Manière 

Oifcaux j Tome X, E 



» • f T'T 



XXI) 1 A B L E 

de les prendre. — Ils font bons à manger, -h» 
L'efpèce n'en eft nombreufe nulle part, quoi- 
qu'elle foit répandue prefque dans toute l'Eu- 
rope , depuis fEfpagne en Suède. Ibid. 307. 

Grimpereaux (fes) ne fe fervent pas de 
ieur bec pour frapper les arbres. — Leurs carac- 
tères généraux. Vol. X, 219. — Leur efpèce 
s'eft répandue, par les terres du Nord, dans fes 
deux continens. — Ils fui vent fur ïe tronc des 
arbres les pics & les méfanges, pour profiter des 
relies de leur chaile. — lis vivent uniquement 
d'infectes, & leurs efpèces font plus abondantes 
dans les climats chauds, 220 & fuiv. 

rimpereau (îe) proprement dit : fa petiteiïe 
& fon mouvement prefque continuel. Vol. X % 
224. — Il refte toute Tannée dans fon pays. 
— H habite dans un trou d'arbre, 226. — C'efl-" 
Jà où la femelle pond & couve fes œufs, qui 
font ordinairement au nombre de cinq, & quel- 
quefois de fix ou fept ; ces œufs font cen- 
drés , marqués de points & de traits d'une cou- 
leur plus foncée , 227. — Le grimpereau eft 
allez fauvage & fait fa principale demeure dans 
les bois. — Il n'a qu'un petit cri fort aigu & 
fort commun. — « Son poids, fa grofîeur , ia des- 
cription , 228. — Ses djménfions * 229. — Et 
celle de quelques-unes de fes" parties intérieu- 
res, 230, 231.-— Variétés dans cette efpèce ? 
232. 

GniMPE RE AU de muraille ( îe ) fait dans les 
rochers & les murailles tout ce que le grimpe- 
reau commun fait dans les ambres. Vol. X , 233 



& 



. des- Matières, xxiït 

ftùv. ■— Leur voï, leur nourriture, leurs climats 
& leurs habitudes naturelles, 235. — Defcrip- 
tion du mâle & de la femelle, 237. — - Leurs 
dimenfions, 238, 239. 

ORISETTE ou Cochevis du Sénégal. — Sa def- 
cription & Tes dimenfions. — Différences de ïa 
femelle & du mâle. Volume IX, 112 & fuip. 

Guit-GTJits , ( les ) oifeaux du nouveau con- 
tinent qui ontrappoit aux grimpereaux. — Leurs 
caractères généraux. Vol. X , 290. 

GuïT-GUIT (le ) noir & bleu du Bréfiï. Sa des- 
cription. Vol. X, 291. — Différences de la femelle 
& du mâle. — Leurs dimeniions. — Variété dans 
cette efpèce; defeription de cette variété, 294 &* 
fuiv. — Le nid du guit-guit noir &bleu, eil fait 
en forme de cornue, 296. 

Guit-guit (le) noir & violet du Bréfil. Sa def' 
cription & fes dimenfions. Vol. X, 308 , 309. 

GUIT-GUIT (îe-) varié d'Amérique ed un bef 
oifeau. Sa defeription , fes dimenfions. Vol. X , 
306,307. 

GuiT - GUIT vert 6* bleu à tète noire d'Amérique. 
Sa defeription & fes dimenfions. Vol. X, 298 , 299. 
— - Variétés dans cette efpèce & leur defeription , 
30Q & fuiv. 

Guit-guit vert tacheté de Cayenne. Defeription 
du mâle & de la femelle. — - Leurs dimeifions» 
VoL X, 304 & fu'w % 



xxiv Table 

h 

Habit -uni ; oifeau de ïa Jamaïque , dont ïe 
plumage eft de couleur uniforme. Volume. X } 
je. — Sa defeription, 20. 

Hausse-col. Voyt\ Alouette de Virginia 

L 

Lavandière ; reffemblances & différences do 
la lavandière & des bergeronnettes. Volume, IX , 
362. — Caractères communs à la lavandière & 
aux bergeronnettes , 364. _ — DifcufTion critique 
au fujet du nom grec mai appliqué à fa lavan- 
dière, lbid. — Eiie n'a point de nom dans cette 
langue, 365. — Sa defeription. « — Ses habitudes 
naturelles.' — Origine de ion nom , 366. — Dif- 
férences du mâle & de la femelle, 367. — Elle 
fait fon nid à terre , ordinairement au bord des 
eaux , 369 ■ — Defeription de ce nid , dans ïe-* 
quella femelle pond quatre ou cinq œufs blancs, 
femés de taches brunes , & ne fait communé- 
ment qu'une nichée par an. • — Leur affection 
& leurs foins pour leurs petits font remarqua^ 
blés 9 370. — Ces oifeaux mangent très- goulû- 
ment «Si ne vivent que d'infectes, 371 — Dif- 
férences du mouvement de leur queue lorfqu'ils 
volent & lorfqu'iis font pofés, 372. — Manière 
de les prendre, lbid, — Leur voix , leur cri , 
leur chamailiis en automne , 373. — Ils fembient 
être très-fenfibles au plaifir de leur fociété en- 
tr'eux. — Ils partent en octobre pour parler l'hi- 
ver dans des climats plus chauds ? 374 — l/çf. 



bes Matières, xxv 

pèce elt, non -feulement répandue en Europe , 
mais on la retrouve en Afrique , en Aiie & 
jufqu'aux Philippines, 375, 

Locustelle ; efpèce d'alouette encore plus 
petite que l'alouette pipi. — On l'appelle en 
Angleterre, alouette des fautes. — Sa defcription^ 
Volume IX , 59. 

LULU. Voyei PETITE ALOUETTE huppée. 

M 

Mésanges; dîfcufîîon critique fur ce qu'a dît 
Pline au fujet des mefanges, qu'elles étoient du 
genre des pics. Volume X, 78 & Çuiv. — Carac- 
tères généraux des mélanges & leurs habitudes 
communes. — Manière dont elles entament les 
graines pour les manger, 83 — Elles fe nour- 
rirent de graines sèches & d'œufs d'infectes dans 
h. mauvaife faifon , & mangent auffi la chair des 
petits oifeaux morts, 84. — ■ Elles tuent même 
ceux qui font languiflans , fu fient - ils de leur 
efpèce y & leur percent le crâne pour en man- 
ger la cervelle; cette cruauté n'eft pas toujours 
juftiriée par le befoin , car elles fe la permet- 
tent dans une volière où elles ont en abon- 
dance la nourriture qui leur convient , 85. — * 
Pendant l'été, elles mangent des infe&es , des 
graines ce des fruits durs. — Quoiqu'en général 
les mefanges foient un peu féroces, elles aiment 
néanmoins la fociété de leurs femblabks , 86. 
— Mais elles fembîent craindre de s'approcher 
de fort près. — Les mefanges font plus fécondes 
qu'aucun autre genre d'oifeaux. — Manière donc 



xvj Table 

eîîes attaquent & dont elles fe défendent trés- 
vivement & avec acharnement , 87. — Manière 
de les prendre en grande quantité. Ibid. 88. — 
£]ïes donnent dans tous les pièges , fur - tout 
dans îe temps de leur arrivée , 89. — Les femelles 
pondent jufqu'à dix -huit ou vingt œufs. Ibid. 
00. — Toutes les méfanges du pays ont des mar- 
ques blanches autour dts yeux, 91. — Autres 
caractères généraux des méfanges du pays , 92. 
■ — Différens oifeaux avec lefqueïs les méfanges 
ont quelques conformités. Ibid. 53. — Plufieurs 
efpèces de méfange font répandues dans l'an- 
cien continent, depuis le Panemarck & ïa Suède 
jufqu'au cap de Bonne-efpérance, 94. - — Pres- 
que toutes font des amas & des provifîons, foie 
dans l'état de liberté, foit dans ïa volière; exem- 
ples à ce fujet, 96. — Il y en a qui reviennent 
tous les foirs coucher dans le même trou d'ar- 
bre, 97. — Leur chair eft en général un fort 
mauvais manger, à l'exception de quelques ef- 
pèces. Ibid. — Les méfanges des plus grottes ef- 
pèces pèfent une once , & celles des plus petites 
ne pèfent que deux ou trois gros, 98. 

MÉSANGE. ( grofie ) Voyei CHARBONNIÈRE. 

Mésange. ( petite ) Voyex petite Char- 
bonnière. 

MÉSANGE amoureufe (la) fe trouve à la Chine; 
elle s'éloigne des méfanges par la longueur & 
la forme de fon bec. — Le mâle & ïa femelle 
ne ceflent de fe careOer. Vol. X, 189. — Sa des- 
cription ,190. — Son poids & fes dimenfions , 
191. 



des Matières, xxvij 

MÉSANGE à ceinture blanche; elle a été envoyée 
de Sibérie. — Sa defcription & fes dimenfions. 
Vol. X, 173. 

Mésange à collier. Sa defcription & fes dimen- 
fions. — Elle fe trouve à ïa Caroline. Vol. X, 
183 & fuiv. 

Mésange à crmipion jaune de Virginie. Ses ha* 
bitudes naturelles ; fa defcription & fes dimen- 
fions. Vol. X, 184 & fuiv. 

Mésange à longue queue ; cet oifeau eft très - petit 
& aune très-longue queue. Vol. X, 159. ■ — Ses 
habitudes naturelles. — Sa nourriture , 1 6a *— Sa 
comparaifon avec les autres méfanges. — • Manière 
dont elle fait fon nid. — Forme & texture de 
ce nid. — Les pennes de fa longue queue fe 
détachent avec facilité , & tombent au plus léger 
froinement, 163 — Cette mélange pond de dix 
à quatorze œufs, & quelquefois jufqu'à vingt; 
ils font de la grofleur d'une noifette environnés 
d'une zone rougeàtre fur un fond gris , lequel 
devient plus clair vers le gros bout. — Ses nabi** 
tudes naturelles. — Son chant eft agréable ait 
printemps. — Elle quitte rarement les bois pour 
venir dans les jardins , 166. — Defcription 6c 
dimenfions du maie & de la femelle, & de quel- 
ques parties intérieures du mâle, 168 & fuiv* 

MÉSANGE bleue; fa defcription, Vol. X, 127 & 
fuh\ — Dégâts qu'elle fait fur les arbres fruitiers, 
— Son naturel ; fon appétit pour la chair. — Son 
nid , dans lequel la femelle pond en très-grand 
nombre & jufqu'k vingt-deux œufs ,131. — Eile 
ne fait qu'une couvée. — Eiie renonce aifémetie 

P iv 



xxviij Taule 

fes œufs, & , dans ce cas , elle recommence une 
autre ponte. — Son gazouillement, fon grince- 
ment , fes habitudes naturelles. Ibid. — Différen- 
ces de îa femelle & du mâle. — Ses dimenfions 
& defcription de quelques-unes de fes parties 
intérie-uses, 133, 134. 

Mésange (groffe) bleue ; fa defcription d'après 
Aldrovande. VoL X, 187 & fu'w. 

MÉSANGE (ïa) grife couronnée d'écarïate , en- 
voyée par M. Muller , paroît être une variété 
du roitelet. VoL X , 76. 

Mésange grife à gorge jaune de ïa Caroline. 
Defcription du mâle & de la femelle , & leurs 
dimenlîons. VoL X, 186 & fuiv. 

MÉSANGE huppée ; description de fa huppe. — 
Le corps de cette méfange exhale une odeur 
agréable qu'ellecontradte fur les genièvres. VoLX, 

175. — Ses habitudes naturelles & folitaires^ 

176. — Elle eft défiante, & on en prend rare- 
ment au trébuchet. — Elle refufe conftamment 
la nourriture en captivité. — Elle fe nourrit 
d'infectes, & eft très-féconde. — Elfe eft plus 
commune en Normandie que dans les autres 
provinces de France. — Sa defcription, 178. 
1 — Ses dimensions, 179, 180. 

Mésange huppée de la Caroline; fes habitudes 
naturelles, fa nourriture. VoL X, 181. — Defcrip* 
tion du mâle & , de la femelle , & leurs dimen- 
fions, 182 , 183. 

MÉSANGE monftache. VoL X, 135. Defcription du 



des Ma t i k re s. xxlx 

tnâle & cb ïa femelle , & îeurs dimenfions 9 
139,140. 

MÉSANGE (la) noire paroît n'être qu'une 
variété dans i'efpèce de la méfange amoureufe 
de la Chine. Vol. X, 192. 

MÉSANGE Pendaline. Voyei PENDULINE. 

Mésange petit- deuil du cap de Bonne-efpé< 
rance. Sa defeription ; fes rapports avec la mé- 
fange à longue queue. — Ses habitudes natu- 
relles. — Forme de fon nid , dans lequel le 
mâle a un petit logement féparé où il fe tient 
pendant que la femeiie couve. Vol. X, 171. 

Mésange remifr Voye\ Remiz. 

Mottexjx ; cet oifeau eft ainfi nommé, parce 
qu'il fe tient prefque toujours fur les mottes* 
— Ses autres habitudes naturelles. Vol. IX, 
341. — Sa defeription, 34g. — Différences du 
mâle & de la femelle. — Leurs cris, 345. — . 
Defeription du nid du motteux, dans lequel la 
femelle pond cinq à fix œufs d'un blanc bleuâtre 
clair, avec un cercle au gros bout d'un bleu 
plus mat. lbid. — • lis font gras en automne & 
fort bons à manger, 347. ■ — Manière de les 
prendre en quantité, lbid. On trouve cet oifeau 
en Europe depuis l'Italie jufqu'en Suède , & il. 
y a apparence que Pefpèce eft même répandue 
beaucoup dIus loin dans les pays méridionaux , 

348. 

Motteux. Variétés dans Pefpèce du Motteux» 
Vol. IX, 350 & pàv. — Le motteux ou ad* 
tlçiiic roufsâtre, Sa defeription ; 353, 354. — Le 

Py 



xxviij Table 

fes œufs, & , dans ce cas , elle recommence une 
autre ponte. — Son gazouillement , fon grince- 
ment , fes habitudes naturelles. Ibià. — Différen- 
ces de la femelle & du mâle. — Ses dimenfions 
& defeription de quelques-unes de fes parties 
intérie-uses, 133, 134. 

Mésange (groffe) bleue ; fa deferiptian d'après 
Aldrovande. Vol. X, 187 & fu'w. 

MÉSANGE (ïa) grife couronnée d'écarïate , en- 
voyée par M. Mulier , paroît être une variété 
du roitelet. Vol. X , 76. 

Mésange grife à gorge jaune de ïa Caroline. 
Defeription du maie & de îa femelle , & leurs 
dimenlîons. Vol. X, 186 cV fuîv. 

MÉSANGE huppée ; description de fa huppe. — 
Le corps de cette mélange exhale une odeur 
agréable qu'eiiecontracle fur les genièvres. Vol.X, 

175. — Ses habitudes naturelles & folitaires r 

176. — Elle eft défiante, & on eh prend rare- 
ment au trébuchet. — Elle refufe constamment 
la nourriture en captivité. — Elle fe nourrit 
d'infectes, & eft très-féconde. — Elle eil plus 
commune en Normandie que dans les autres 
provinces de France. — Sa defeription, 178. 
1 — Ses dimenfions, 179, 180. 

Mésange huppée de ïa Caroline; fes habitudes 
naturelles, fa nourriture. Vol.X, 181. — Defcrip< 
tiondu mâle &, de la femelle, «Scieurs dimen- 
fions, 182 , 183. 

MÉSANGE mouftache. Vol. X, 135. Defeription du 



des Ma t i k re s. xxlx 

tnâle & ds la femelle , & leurs dirnenfions , 
139,140. 

MÉSANGE (la) noire paroît n'être qu'une 
variété dans l'efpèce de la méfange amoureufe 
de la Chine. Vol. X, 192. 

MÉSANGE Pendaline. Voyez PendULINE. 

Mésange petit- deuil du cap de Bonne-efpé* 
rance. Sa defeription ; Tes rapports avec la mé- 
fange à longue queue. — Ses habitudes natu- 
relles. — Forme de fon nid , dans lequel le 
mâle a un petit logement féparé où i! fe tient 
pendant que la femelle couve. Vol. X, 171. 

Mésange remi$ Voyez Remiz. 

Motteux ; cet oifeau eft ainfi nomme, parce 
qu'il fe tient prefque toujours fur les mottes* 
— Ses autres habitudes naturelles. Vol. IX, 
341. — Sa defeription, 34g. — Différences du 
mâle & de la femelle. — Leurs cris, 345. — 
Defeription du nid du motteux, dans lequel la 
femelle pond cinq à fix œufs d'un blanc bleuâtre 
clair, avec un cercle au gros bout d'un bleu 
plus mat. Ibid. — > Ils font gras en automne & 
fort bons à manger, 347. — Manière de les 
prendre en quantité. Ibid. On trouve cet oifeau 
en Europe depuis l'Italie jufqu'en Suède , & il. 
y a apparence que l'efpèee efl: même répandue 
beaucoup dIus loin dans les pays méridionaux , 

348. 

Motteux. Variétés dans l'efpèce du Motteuxl 
Vol. IX, 350 & fuiv. — Le motteux ou cul* 
ihviç roufsâtre, Sa defeription, 353, 354. — Le 

Py 



xxx Table 

motteux ou ail-blanc roux. Defcription du rnaïè" 
& de la femelle. Vol. IX, 354 cV fuiv. 

Motteux (grand) du cap de Bonne-efpérance. 
Sa defcription. Vol. IX, 357. 

Motteux brun-verdàm du cap de Bonne-efpé- 
rance. Sa defcription. Vol. IX , 358. 

Motteux du Sénégal. Sa defcription. Vol. IX 7 

359. 
2MOUGHET. Voye\ Fauvette d'hiver. 

O 

; CEnanthe. Me'prife des Naturalises au fujet 
de ce nom œnanthe, qui ne doit point être appli- 
qué au motteux. Vol. IX, 349. 

Oiseaux. Les efpèces d'oifeaux, qui ont le bec 
fort & qui vivent de grains, font aufll nombreufes 
dans l'ancien continent qu'elles le font peu dans 
îe nouveau , & au contraire les efpèces qui ont 
le bec foibîe & vivent d'infecles font beaucoup 
plus nombreufes dans le nouveau continent que 
dans l'ancien. Vol. X, 1. 

OISEAU brun à bec de grimpereau. Defcription du 
bec & du plumage de cet oifeau , qui a rapport 
aux foui-mangas, & fes dimenfions. Vol. X, 
287 cV fuiv. 

QlSJZA\J pourpre à bec de grimpereau , qui a rapport 
aux foui-mangas. Sa defcription & fes dimen- 
fions. Vol. X, 278 & fuiv. 

OISEAU rouge à bec de grimpereau , qui a rapport 
aux foui-mangas. Vol. X ? 282, — Sa defcription 



DES MATIERES. XXX] 

& Tes dimenfions, 284. t- Variété dans cette 
■efpèce , & defcription de cette variété. Ibid. 
& fuiv* 

P 

Passerine. Voyci Fauvette gfifc* 

Passerinette. Voyez petite Fauvette. 

Pendu une (fa) eft une efpèce de méfange 
qui, comme le remiz, fufpend fon nid. — Elle 
eft bien connue en Languedoc. Vol. X, '355. 
— Différences de la penduline & du remiz. — ■ 
Defcription du nid , qui eft très - gros. — Def- 
cription de Poifeau & fes dimenfions , 157 
& fuiv. 

Petit-deuil. Voyez Mésange petit-deuiL \ 

Pipi. Voyez Alouette-pipi. 

Pitchou, petit oifeau qui fe trouve en Pro- 
vence, &• dont Pefpèce eft voifîne de celle des 
fauvettes. — Ses dimenfions. Vol. IX, 230. — - 
Ses habitudes naturelles ; origine de fon nom 
pitchou , & fa defcription. lbid. 231. 

Pitpits, oifeaux du nouveau continent ; leurs 
reflemblances & leurs différences avec le figuier. 
Vol. X , 21. — Iï y a cinq efpèces dans le genre 
despitpits, toutes de ïa Guyane ÔVdu BréftI 5 22, 

Pitfit à coiffe bleue. Sa defcription. Vol.X } 29. 
Pitpit bleu. Sa defcription. Vol. X, 24. 
Pitpit bleu. ( Variété du ) Vol. X, 25, 26. 
Pitpit parié. Sa defcription, Vol.X^ 27. 

P vj 



xxxij Table 

Pitpit vert Sa description. Ko/. X, 23. 

Pivote ( la) ortolam de Provence , n'eft point 
un bec -figue, mais refîembîe pîus à l'alouette 
des prés; elle fuit les ortolans. Vol. IX, 284. 

Pouillot , très petit oifeau d'Europe, fort feirv- 
blabïe aux petits- figuiers d'Amérique. VoL X , 
32.. — Sa nourriture. — Sa defcription , 34. — 
Ses habitudes naturelles. — Il conftruit fon nid 
avec autant de foins qu'il le cache, 35. — li effc 
en forme de boule. ■ — Raifon de cette forme 
fphérique , 36. — La femelle pond quatre ou 
cinq œufs , d'un blanc terne piqueté de rou- 
geâtre. — La voix de cet oifeau varie beaucoup , 
& comme il la fait entendre prefque continuel- 
lement, on lui a donné le nom de chantre , 37 
fr fuiv. —- Son mouvement eft encore plus coa- 
tinu que fa voix , car il ne ceife de volti- 
ger de branche en branche. — Autres habitu- 
des naturelles du pouillot, dont l'efpèce, quoi- 
que très -petite & foibïe, eft répandue jufqu'en 
Suède & dans la Grèce , 39, 40. 

Pouillot ( le grand); il eft moins petit d'un 
* quart que le pouillot commun ; leurs différen* 

ces. — - Defcription du grand pouillot, VqU X ^ 

41. 

R 

Rémi Z. Vol. X , 141.' — Art recherché que le 
remiz emploie dans la conftruclion de fon nid, 
144. — • Il le fufpend avec du chanvre , de 
i'ortie , &e. & le îaifie bercer à l'air. — Son 
naturel déliant & rufe\— « G» n'en prend jamais 



des Mati k res xxxiij 

dans ïcs pièges. — Defcription de ce nid, 146. 
■ — La femelle ne pond que quatre ou cinq œufs 
d'un beau blanc avec la coque tranfparente. — 
Elle fait ordinairement deux pontes chaque an- 
née, & c'elt principalement dans les lieux ma- 
récageux que ces oifeaux s'établiiTent , 149. — 
On les voit communément en Pologne & dans 
quelques provinces de l'Allemagne. — Defcrip- 
tion du remiz , 152. ■ — Différences de la femelle; 
leurs dimenfîoKS, 153 & fuiv. 

Roitelet. Vol. X, $%. — Sa petiteffe, fa déli- 
catetTe , fa vivacité, fan cri, 62. — - La femelle 
pond fîx à fept œufs , qui ne font guère plus gros 
que des pois, dans un petit nid fait en boule 
creufe. — Leur nourriture, 64. — Leurs habi- 
tudes naturelles tant en été qu'en hiver & dans 
leurs voyages, 65. — Ils font dans un mouve- 
ment prefque continuel ; ils prennent différen- 
tes attitudes lorfqu'ils font pofés, 66. — Ils fe 
{aident approcher de très* près — On les prend 
à ïa pipée , 67. — L'efpèce paroît être répandue , 
non feulement dans prefque toute l'Europe ; 
mais encore dans une grande parne de ï'Alîe 9 
& même en Amérique. Hit. 68. — Sa cou- 
ronne ou fo huppe. — Defcription de fon plu- 
mage. — Différences de la femelle & du mâle, 
69 cV fuir. — Le poids du roitelet eft de 96 à 
i2o grains. — -Dimenfions & defcription de fes 
parues intérieures, 70, 71. 

Roitelet. ( variétés du ) Le roitelet de Penfyl- 
vanie. Vol. X, 69. — Le roitelet rubis de Penfyl- 
vanie. — Sa defcription , 72. — Différence du 
maie & de h femelle de cette variété; leurs 



XXXIV T A B L E 

[ dimenfions, 73.— Le roitelet à tète rouge du cap 
de Bonne - efpérance. Sa defcription , 74. ■ — Le 
roitelet méfange de doyenné , qui eft encore plus 
petit que notre roitelet , 76. • — Ses habitudes 
ïyjtureHes. — Sa defcription & fes dimenfions. 
ibid. 77. 

Rossignol; portrait du rofïïgnoî & de fon 
chant. Vol. IX , 115 & fu'w. — II chante la nuit & 
même avec pius d'éclat que le jour, parce que 
fa voix n'eil: ofFufquée par aucune autre voix» 
• — Il efface tous les autres oifeaux par fes fon s 
moelleux & flûtes , & par la durée non interrom- 
pue de fon ramage , qu'il foutient quelquefois 
pendant vingt fécondes. — La fphère que rem- 
plit la voix du roffignol , n'a pas moins d'un 
mille de diamètre, fur-tout îorfque l'air eft cal- 
me ; ce qui égale au moins la portée de la voix 
humaine. — Cependant cet oifeau ne pèfe pas 
une demi - once , 123. — Les mufcles du iarinx , 
ou fi l'on veut du gofier, font plus forts à pro- 
portion dans ie roffignol que dans tout autre 
oifeau , & plus forts dans le mâîe qui chante , que 
dans la femelle qui ne chante point. -— il com- 
mence à chanter vers le 8 ou le 10 d'Avril, & 
ne cefFe que vers la fin de Juin. — Ceux qui 
font captifs, continuent de chanter pendant neuf 
ou dix mois, 124. — Ils chantent la plus grande 
partie de l'année , lorfqu'on fût faire régner 
autour d'eux un printemps perpétuel , qui re- 
nouvelle incelfamment leur ardeur , fans leur 
offrir aucune occaiion de l'éteindre; c'eft ce qui 
arrive aux roffignoïs que l'on tient en cage, 
même a ceux que l'on prend adultes : on en a 
vu qui fe font mis à chanter de toutes leurs 



des Matières, xxxv 

forces peu d'heures après avoir été pris. Manière 
de ï j s nourrir en domefticité , 125. — Ils font 
^fenfibles à l'harmonie , & font tous leurs efforts 
pour l'emporter fur les autres chants; exemple 
à ce fujet, 126. — Tous les roffignols ne chan- 
tent pas également bien; il y en a dont. le ra- 
mage eft li médiocre , que les amateurs ne veu- 
lent point les garder. — Raiîons de la différence 
de ramage dans les oifeaux de même efpèce. — « 
Parlé le mois de Juin, le roîngnol ne chante plus, 
& il ne lui refïe qu'un cri rauque , 129. — Il 
y a quelques femelles de roffignol qui chantent; 
exemple à ce fujet. lhid, — On a vu des hommes 
imiter très- bien le chant du rofîignol en lifflaxit. , 
130-6* fulv. — Manière de faire bien chanter cet 
oifeau en cage , 133. — Il chante en captivité 
pendant toute l'année , à l'exception du temps 
de la mue , & même il chantera mieux que dans 
l'état de liberté , parce que l'on peut encore per- 
fectionner fon chant en lui faifant entendre celui 
des autres oifeaux & des inftrumens. lhid. — - 
Faits merveilleux au fujet des roffignols, 135. — 
Manière de faire ceifer & de renouvelier le chant 
du roffignol dans telle faifon que l'on voudra 
13e, 137. - — -L'étendue de ce chant eft corn- 
prife dans une feule octave, 138. — Cet oifeau 
devient à la longue capable d'attachement, lhid m 
— Il s'attache même fortement parce qu'il s'at- 
tache difficilement , 139. — Le roffignol voyage 
feul, arrive feu! au printemps , & s'en retourne 
feuî en automne, & n'a point de penchant à la 
fociété. — Car il ne fourrrè aucun de fes pareils 
dans le terrein qu'il s'eft approprié pour nicher, 
140, — On a obfervé que ia djftance des nids ds 



xxxv j Table 

roffignols eft beaucoup moindre dans ïes pays 
où la nourriture abonde. Ibid> — Ces oifeaux com- 
mencent à faire ieurs nids vers la fin d'avril ou 
au commencement de mai; conftruction de ieurs 
nids; endroits où ils les placent de préférence , 
141. — Dans notre climat , la femelle pond ordi- 
nairement cinq œufs d'un brun verdâtre, Se 
dont le brun domine au gros bout. — La femelle 
couve feule, le maie ne prend jamais fa place. 
• — Au bout de dix-huit ou vingt jours d'incu- 
bation , les petits commencent à écfore. ^- On 
a obfervé que le nombre des mâles roffignols qui 
éclofent, eft plus que double de celui des femelles. 
■ — En moins de quinze jours les petits roffignols 
font couverts de plumes, & c'eft alors qu'il faut 
féparer ceux que Ton veut élever, 142. — lis 
font deux pontes par an , & même trois Iorfque 
î'automne eft beau. — Dans les pays chauds, ils 
en font jufqu'à quatre, & par tout les dernières 
pontes font les moins nombreufes. — On a trouvé 
moyen de les faire nicher en captivité. — Ma- 
nière d'y réufïîr , 143. — Les roffignols ne ref- 
tent point en France pendant l'hiver , & il eft 
probable qu'ils parlent dans les pays chauds de 
l'A fie , 145. — Mais en Europe comme en Aile , 
il y a des contrées qui ne Itur conviennent point, 
&où ils ne s'arrêtent jamais, 147. — Ceux que 
Ton tient en cage, s'agitent beaucoup au printemps 
& en automne , fur- tout la nuit aux époques ordi- 
naires marquées pour leurs migrations. Ibid. — 
L'efpèce du roffignol appartient excluiivement à 
l'ancien continent , 148. — Le roffignol dort pen- 
dant le jour dans la faifon où il chante la nuit, 
150. — - Mouvemens fpomancs du corps du rofe 



n es Ma t ï h re s. xxxvij 

gnol, 151.' — Ses habitudes naturelles, 152.-— 
Les roffignols viventjufqu'à dix - fept ans en 
domefticité ; exemple à cefiijet : ie roffignoi , qui 
a vécu dix fept ans, commença à grifotfner dès 
Page de fept ans ; a quinze , il a voit des pennes 
entièrement blanches aux ailes & à la queue; les 
jambes avoient beaucoup groiïï, iîavoitdes efpèces 
de nodus aux doigts , & il chantoit néanmoins 
comme dans fon plus bel âge , 154. — Ces oifeaux 
font curieux quoique timides, tous les chants Se 
même tous les bruits les font approcher, 156. — ■ 
Sont très-bons à manger lorsqu'ils font gras , 158. 
— Différences & caractères diftinftifs des mâles 3c 
des femelles. Ibid % 159. — Defcription des par- 
ties extérieures & intérieures de ces oifeaux, & 
leurs dimenfions. Ihid. & feiv. — Il y a variété 
de grandeur daas cette efpèce , 162, — En An» 
jou, il e\x une race de roffignols beaucoup plus 
gros que les autres , laquelle fe tient & niche 
dans les charmilles. — Cette race, de Grands roîli- 
grioïs eft auiïi fort commune en Siléfie, 163. 

Rossignol blanc; il s'en trouve en Italie & en 
France. Vol. IX, 164. 

Rossignol de muraille ; eomparaifon de fon 
chant avec celui du roffignoi. Vol. IX, 247. — 
Ce n'ell que par le chant qu'il y a quelque rap- 
port entre ces deux oifeaux, 249. — Le roffi- 
gnoi de muraille fe pofe fur les tours & les 
combles des édifices inhabités, même au milieu 
des villes, fur les clochers; on le trouve auiïî 
dans Pépaiffeur des forets les plus fombres, 250, 
— Ses autres habitudes naturelles. — Sa gran- 
deur , fa defcription, 251. — Différences du 



* » • 



X XXV UJ 



Table 



mâle & de ïa femelle, 252. ■ — lîs nichent 
dans les trous de muraille, de rochers ou d'ar- 
bres creux ; leur ponte eft de cinq ou fix œufs 
bleus. Ibid. — Son naturel eft fauvage ; ion 
ïnftind folitaire, 253. — Et ton caractère trille, 
254. — On peut l'élever en cage en le pre- 
nant jeune, — Manière de lé nourrir , 255. — 
Sa nourriture dans l'état de liberté. Ibid. — Il 
part de France au mois d'octobre, & refte en 
Italie jufqu'à ia fin de novembre. Ibid. — Va- 
riétés dans cette efpèce , 256 6V fuiv. 

ROSSIGNOL de muraille d'Amérique. Sa defcrip- 
tion. Vol. IX, 258, 259. 

Rouge- gorge. Vol. IX, 285. Sa nourriture 
& fes habitudes naturelles, 286 & fuiv. — Il 
n'eft pas d'oifeau plus matinal que le rouge- 
gorge, 289. — Et il eft peut-être le dernier à 
s'endormir le foir. — On le prend aifément, 
car il eft peu défiant & fort curieux. 291. — 
Manière de les prendre en quantité. — Ils 
font exceîlens à manger. Ibid. — L'efpêce en 
eft répandue dans toute l'Europe, depuis l'Ef- 
pagne j ufqu'en Suède, 292. — Différences des 
petits aux adultes pour les couleurs du plumage. 

— ils partent fans s'attrouper, & feul à feuî, 
293. — Il en refte quelques-uns pendant l'hi- 
ver en France , & ceux-ci s'approchent alors des 
habitations, 294. — Ils ne craignent point de 
s'approcher des hommes 6c d'entrer même 
dans les maifons, où ils font très- familiers, 295. 

— Leur nourriture dans cet état de domefticité , 
296. — Defcriptkm du plumage du rouge- 
gorge, 298, 290. 



des Matières, xxxlx 

Rouge -GORGE bleu de l' Amérique feptentrio- 
naie, Vol. IX, 308. — C'eft. une efpèce très- 
voiiine du rouge gorge d'Europe. — Ses di men- 
ions & fa defcription. — Différences du maie 
& de la femelle , 309. — Son naturel, fa nourri- 
ture, fon nid, 310. 

Rouge -queue; difçuiïion critique au fujet des 
oifeaux qui ont du rouge dans leur plumage. 
Vol. IX, 261. — Différences du rouge -queue 
& du rofïïgnol de muraille. — Sa defcription, 
266. — Différences du mâle & de la femelle, 
268. — Leur arrivée au printemps & leurs ha- 
bitudes naturelles. — Defcription de leur nid , 
269. — La femelle pond cinq ou \ fix œufs 
blancs variés de gris. — L'efpèce eft" très- voifine 
de celle du roffignol de muraille. — Il n'a , 
pour ainfi dire, ni chant ni ramage. — Son natu- 
rel. Ibid. — Sa chair eft très- grade & bonne 
fur la fin de l'été , 270. — Il n'en refte aucun 
pendant l'hiver en France. Ibid. 

ROUGE-QUEUE de la Guyane; efpèce voifine de 
celle du rouge-queue d'Europe. Volume IX ^ 

271. 

ROUSSELINE. Voyei ALOUETTE de marais. 



Simon; (petit) oîfeau du genre des figuiers, 
ainfi nommé à l'île de Bourbon. — - Sa defcrip- 
tion. Vol. IX, 407. — Ses habitudes naturelles. 
— La femelle pond ordinairement trois œufs qui 
font bleus. — Sa nourriture, 408. 

Sirli, oiîeau du cap de Bonne-efpérance, qui 



xl Table 

diffère des alouettes par fon bec recourbé, maïs 
qui a plufieurs rapports avec elles. — Sa defcrip- 
tion & fes dimenfions. Volume. IX, 91, 92. 

Sittelle ou Torchepot; difcuîïïon critique 
au fujet des noms donnés à cet oifeau. Vol. X , 
194 & fuiv. — Ii frappe les arbres même avec 
plus de bruit que les pics & les méfanges. — 
Il grimpe fur les arbres comme les grimpereaux. 
• — vSes caractères principaux & fes habitudes com- 
parés a ceux de pîufieurs autres oifeaux, 198. 

— Cet oifeau refte dans le pays qui l'a vu naître ; 
il s'approche l'hiver des habitation?. — Manière 
dont il fe tient & dort dans la cage, 199. — Ses 
habitudes naturelles dans l'état de liberté , 200. 

— Son chant au printemps. — Etabliflement de 
fon nid dans les trous des arbres, 201. — La 
femelle pond cinq , fix ou fept œufs fond blanc- 
faie, pointillé de roufsâtre. — Elle ne quitte pas 
fa couvée & attend que le mâle lui apporte à 
manger. — I's vivent d'infecles, & auflî d'aman- 
des , de noifettes , &c. Us ne font ordinairement 
qu'une ponte par an, 203. — Cris de cet oifeau 
& quelques autres bruits finguliers qu'il fait en- 
tendre > 204. — Diiférences du mâle & de la 
femeiîe; leurs deferiptions & leurs dimenfions , 
206 & fuiv. 

Sittelle. ( variété de la) Vol. X, 207 & fuiv. 

— La petite Jittelle. Sa defeription , 208 & fuiv, 

— La Jittelle du Canada. Sa defeription & ^es 
dimenfions, 209 & fuiv. — La Jittelle- à huppe 
noire de la Jamaïque. Sa defeription & fes habi- 
tudes naturelles , 211. — La petite fittdle à huppe 
noire de la Jamaïque. Son indication 3 212. — La 



des Matières. xlj 

fittelle à tête noire dz la Caroline. Ses habitudes 
naturelles, fa defcription & fes dimeniions, 213 
& fui v. — La petite patelle à tête brune de la Ca- 
roline. Sa defcription & fes dimeniions, 2 14 &fuip. 

SlTTELLE ( grande) à bec crochu. Sa defcription. 
Vol. X, 216. — Ses dimeniions ; elle fe trouve 
à la Jamaïque ,217. 

SlTTELLE grivelét; elle fe trouve dans la Guyane 
hoilandoife. — Sa defcription , fes dimenfions , 
VoL X , 217. 

Soui-MANGAS ; oifeaux de l'ancien continent 
qui ont rapport aux grimpereaux. Fol. X ? 243 
y fuiv. 

SOUI-MANGA à collier du cap de Bonne -efpë- 
rance. Sa defcription. — Ses dimeniions. — Dif- 
férences de la femelle & du maie. VoL X, 254 
& fuiv* 

S OUI -M AN G A à longue queue & à capuchon violet 
du cap ûq Bonne - efpérance. VoL X, 276. — - 
Sa defcription, 277. — Ses dimenfions, 278. 

Soui-MANGA ( le) de l'île Bourbon , n'en: proba- 
blement qu'une variété d-'âge ou de fexe du foui- 
manga rouge, noir & bianc du Bengaie. VoL X 3 

2 73- 
Soui- MANGA de Madagafcar. — Defcription du 

mâle & de la femelle , & leurs dimenfions. Kb- 
lume X, 243 cV fuiv, — Le foui-manga de l'île 
de Luçon , doit être rapporté à cette efpèce 
comme variété. — Sa defcription & fes dimen- 
fions, 245, 246. 

Soui-manga de toutes couleurs , de Ceyian $ fa 
defcription. VoL X , 269 , 270. 



tiu 



Table 



fiOUI-MANGA marron - pourp ré ta poitrine rouge des 
Philippines. — Defcripticn du mâle & delà fe- 
melle. — Leurs dimenfions. Vol. X , 246,— 
Variétés dans cette efpèce. 247 & fuiv. 

SOUI M AN G A olive à gorge pourpre des Philippines» 
Sa defeription, fes dimenfions. Vol. X, 260 & 
fuiv. — Ses variétés & leurs defeiptions, 264. 

Soui-MAN G A pourpre des grandes Indes. Sa de?- 
cription Vol. X, 253 '& fuiv. 

S OUI- M AN G A rouge , noir & blanc du Bengale. 
Vol.X, 271. Sa defeription & fes dimenfions, 

272, 273. 

Soui-manGA vert à gorge rouge du cap de Bonne- 
eipérance; iî chante auiïï bien que notre roiïï- 
gnoL Vil. X 9 270. « — Ga defeription & fes dimen- 
fions, 271. 

SOUI- M AN G A vert-doré changeant, à longue queue 
du Sénégal. Sa defeription & fes dimenfions. 
Vol. X, 278 & fuiv. 

SOUI-MANGA ( grand ) vert à longue queue du 
cap de Bonne-efpérance. Sa defeription, Vol. X , 
280, 281. — Différences du maie & de la fe- 

■ nielle, lbid. 282. 

SOUI-MANGA violet à poitrine rouge. Sa deferip* 
tion. Vol. X, 251. — Ses dimenfions , 252. 

Spipolette ; efpèce d'alouette un peu plus 
grofle que la farioufe. — Ses habitudes & fa def- 
eription. Vol. IX, 61 cV fuiv. — Elle fait fonnid 
fur des buifTcns bas , au contraire des autres 
alouettes qui le font à terre. — manière de les 



des Ma tiares, xliij 

élever en domefticité. — Lear chant eft agréa« 
ble, 63. — Elles vont de compagnie avec ïes 
piwfons, & partent & re ienne;*t a\ec eux, 64. 
v — Defcription & dimentious de ia fpipoiette. 
Ibid. 

Sucrier. ; oifeau de l'Amérique, qui a rapport 
aux grimpereaux & aux guit-guits de l'Améri- 
que. -■ — Il fe nourrit du lue doux & vifqueux 
des cannes à fucre. Vol. X , 309. —- Defcrip- 
tion du mâle. — Le fucrier de Cavenne ; fii 
defcription ,iii voix, 310. — Variétés dans l'ef- 
pèce du fucrier, 312 S* fuivautes. 

X arier. ReiTembïanees & différences du tarier 
au traquet. Vol. IX, 323 & fuiv. — ■ Dimen- 
iions k defcription du tarier, 325. — Différences 
du mâle & de la femelle, 326. r- Elle pond 
quatre ou cinq œufs d'un blanc-faie, piqueté de 
noir. — Le tarier eft d'un naturel auiïi foîi- 
taire & encore plus fauvage que le traquet. 
Ibid. — Son efpèce eft moins nombreufe. — . 
Il eft très-bon à manger vers la tin de l'été % 
3^7< 

Tarier ou Traquet du Sénégal, Sa defcrip- 
tion. Vol. IX, 328. 

TORCHEPOT. Voyei SlTTELLE. 

Traîne-buisson. Voyez Fauvette d'hiver. 

Traquet ; oifeau qui eft toujours en mouve- 
ment 5 comme le traquet d'un moulin. — Ses 



écîiv T^i ble 

habitudes naturelles & Ton cri ; il eft aîfe à 
prendre aux gluaux. Vol. IX, 311 & fui?. — 
Pifcufïïon critique au fujet du nom que les 
anciens donnoient à cet oiieau. — Sa defcrip- 
tion , 3 13 & fu'w. — Son nid eft difficile à trou- 
ver; la femelle y pond cinq ou fix œufs d'un 
vert-bleuâtre, avec de légères taches rouffes peu 
apparentes, mais plus nombreufes vers le gros 
bout, 316. — Le traquet eft très-foîitaire ; fou 
naturel eft fauvage, & ton inftincl paroît obtus, 
,318. — Iï ne prend aucune éducation dans 
Fétat de domefticité. — Ces oifeaux font très- 
tons à manger lorfqu'ifs font gras, 319. — I?s 
partent dès ie mois de feptembre dans les pro- 
vinces feptentrionales de France , pour palier 
l'hiver dans des climats plus chauds, 320. 

Traquet (grand) dont le pays eft inconnu. 
Volume IX, 331. 

Traquet d'Angleterre. Sa defcription & fes dif- 
férences avec le traquet commun. Volume IX, 
321. 

Traquet à lunette ; oifeau de l'Amérique mé- 
ridionale. Sa defcription. Vol. IX, 337 cV fu'w. 

Traquet de l'île de Lucon. Sa defcription. 
Vol. IX, 329. 

Traquet de Madagafcar. Sa defcription. 
Vol. IX, 333. 

Traquet des Philippines. Sa defcription. 
Vol. IX, 331. 

Traquet (grand) des Philippines. Sa defcrip- 
tion, Velumz IX, 330. 

Traquet 



DES MAT! ERES. xh 

TRAQUET du cap de Bonne-efpérante. Sa cfefcrip- 
tion. Volume IX , 335. 

Troglodyte (le) efl appelé vulgairement & 
improprement roitelet. Fol. X, 43. — Difcufc 
fron critique à ce fujet. — II reile d'ans nos pro- 
vinces pendant l'hiver, & fe gîte dans ies trous 
des murs, 45. — Ses autres habitudes natu- 
relles; ion voi. — Ses dimenOons ; fa defcrip- 
tion; fon chant; fa gaieté même en hiver, 47, 
■ — Sa manière de vivre dans cette faifon ri- 
goureufe. — Son naturel, 49. — Il fait ordinai- 
rement fon nid dans les bois près de terre. — 
Conftruction & forme de ce nid, dans ïequel 
la femelle pond neuf à dix œufs blancs-ternes, 
avec une zone pointillée de rougeâtre au gros 
bout. — Les petits quittent le nid , avant de 
pouvoir voler, 51 — Cet oifeau fait deux pon- 
ces en Italie. — Il vient avec le rouge -gorge à 
la pipée, 53. Il chante très tard & du plus 
grand matin. — H vit foîitairement , & les 
mâles en été fe battent & fe pourfuivent. — L ? ef~ 
pèee en eft répandue par -tout en Europe , 54 
& fuiv* 

Troglodyte (le) ou Roitelet de Buenos- 
ayres , & le Troglodyte de la Louifiane , plan- 
ches enluminées, n.° 730, fig. 1 & 2, paroif- 
fent être les repréfentans en Amérique de notre 
troglodyte d'Europe. — Leur defcription. 
Ko/. X, 56, 57. 

G if eaux s Tome X* Q 



KÎVJ T A B 1 B, &C, 

V 

Variole, oifeau des environs de la Plata en 
Amérique, qui a rapport aux alouettes. — Sa 
defcription & fes dimenfîons. Vol. IX, 89. 

Vinette. L'oifeau appelé vintttt en Bourgogne 
eft le même que le bec-figue. VoL IX ; 277. 

VlTE.EC. Voyei MQTTEUX. 



Fin de la Table des Matières* 





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